Dwight Ho­ward RE­TOUR À LA MAI­SON

DWIGHT HO­WARD VA EN­FIN JOUER POUR SA FRAN­CHISE DE COEUR. DANS LE VI­SEUR D’AT­LAN­TA DE­PUIS PLU­SIEURS SAI­SONS, IL Y A SI­GNÉ UN CONTRAT DE 70 MIL­LIONS SUR 3 ANS. « D8 » VA TEN­TER D’HIS­SER SA VILLE NA­TALE AU NI­VEAU SU­PÉ­RIEUR, À L’IMAGE D’UN LEB­RON JAMES AVEC C

Mondial Basket - - ZOOM - — Par Léo An­sel­met­ti —

C’est un gros coup pour At­lan­ta. Trop sou­vent se­vré de bal­lons à Hous­ton, Dwight Ho­ward a dé­ci­dé de ne pas ac­ti­ver sa « player op­tion » et de re­joindre la ville de son en­fance. Le pi­vot de 30 ans avait du mal à ca­cher son émo­tion du­rant son dis­cours d’in­tro­duc­tion, dans le quar­tier où il a gran­di. « Je suis sim­ple­ment heu­reux d’être de re­tour à la mai­son. Je veux re­mer­cier ma fa­mille, mes amis et l’or­ga­ni­sa­tion des Hawks de m’avoir of­fert cette chance. Ça me donne des fris­sons… Pour re­ve­nir au top, il faut re­ve­nir là où tout a com­men­cé. Je me sens bien, c’était le bon mo­ment pour jouer à At­lan­ta. C’est un nou­veau dé­part pour moi. Mes prières ont été exau­cées. Je suis al­lé à l’école à deux mi­nutes d’ici. »

Après un long sé­jour à Or­lan­do (8 ans), un bref pas­sage à Los An­geles (1 an) et trois sai­sons à Hous­ton, Dwight Ho­ward conti­nue de nour­rir de grandes am­bi­tions pour la suite de sa car­rière. Il a pro­fi­té de ce dé­mé­na­ge­ment en Géor­gie pour chan­ger de nu­mé­ro, tro­quant le 12 contre le 8. Ce choix se­rait ins­pi­ré par la Bible où le 8 est « sy­no­nyme de ré­gé­né­ra­tion ». Après une aven­ture en de­mi-teinte dans le Texas (2 pre­miers tours de playoffs, une fi­nale de Confé­rence Ouest), « D8 » es­père mon­trer qu’il peut en­core évo­luer au ni­veau qui lui a per­mis d’être huit fois All-Star et trois fois meilleur Dé­fen­seur de la Ligue. C’est en tout cas ce qu’es­père son nou­veau coach, Mike Bu­den­hol­zer : « Il peut avoir un énorme im­pact chez nous. S’il com­prend bien son rôle, il peut nous ame­ner à un autre ni­veau. Nous croyons avoir les in­gré­dients pour réus­sir quelque chose de spé­cial tous en­semble. » Il fau­dra faire mieux, en tout cas, que la sai­son der­nière où Ho­ward a af­fi­ché son plus pe­tit nombre de points de­puis sa sai­son roo­kie : 13.7 par match.

Après sa si­gna­ture chez les Hawks, le cham­pion olym­pique de Pé­kin est re­ve­nu sur son pas­sage chez les Ro­ckets, où son as­so­cia­tion avec James Har­den n’au­ra ja­mais don­né sa pleine me­sure. Ou du moins, pas sur la du­rée. « Ça avait vrai­ment bien com­men­cé. Ça ne s’est pas ache­vé comme on le vou­lait mais cette si­tua­tion est ter­mi­née pour moi. Ça a fa­çon­né mon ca­rac­tère. J’ai en­du­ré beau­coup de choses, beau­coup de peines, beau­coup de trucs ont été dits sur moi pu­bli­que­ment… Et c’était faux. J’ai ap­pris com­ment gé­rer ça et ça m’a ren­du plus fort. La chose que je dé­teste en­tendre, c’est que je suis un can­cer pour un ves­tiaire, un gars qui di­vise le groupe. Je n’ai ja­mais été comme ça, j’ai tou­jours été quel­qu’un qui vou­lait ras­sem­bler. En­tendre ce mot, « can­cer », m’a vrai­ment bles­sé car je ne suis pas du tout comme ça. »

Le Roo­kie de l’an­née 2004, très sou­vent gê­né par des bles­sures, a l’air de s’être cor­rec­te­ment soi­gné. Il a dis­pu­té 76 des 87 matches des Ro­ckets la sai­son der­nière. Ses ge­noux et son dos le laissent dé­sor­mais tran­quille. De quoi lui re­don­ner confiance : « Trente, c’est le nou­veau 20. C’est comme ça que je le vois. Mon corps est en bonne san­té, j’ai hâte de li­vrer une sai­son pleine et de re­de­ve­nir do­mi­nant. C’est vrai­ment un nou­veau dé­part pour moi, je veux chan­ger le cours de ma car­rière, faire que la der­nière par­tie soit meilleure que la pre­mière. »

Ses dé­cla­ra­tions ont évi­dem­ment ras­su­ré la di­rec­tion, le staff et l’en­tou­rage des Hawks, qui le lui ont fait sa­voir. « Grant Hill (ndlr : ac­tion­naire) a joué un rôle im­por­tant. Qu’il croie en moi, que le GM Wes Wil­cox et Mike Bu­den­hol­zer croient en moi, ça me donne en­core plus de confiance. Après la sai­son écou­lée, j’ai un peu dé­pri­mé pen­dant quelques jours. Ils m’ont ai­dé à me sen­tir mieux de nou­veau. »

L’in­ter­sai­son des Hawks a été mou­ve­men­tée. Jeff Teague a été trans­fé­ré chez les Pa­cers et Al Hor­ford est par­ti à Bos­ton. « D8 » est conscient qu’il au­ra une tâche com­pli­quée : il s’agit moins de faire ou­blier les neuf an­nées pas­sées par ce der­nier dans la ra­quette d’At­lan­ta que de his­ser cette for­ma­tion à un ni­veau su­pé­rieur, elle qui n’a dis­pu­té qu’une fi­nale de Confé­rence Est en neuf par­ti­ci­pa­tions aux playoffs de­puis 2007. « Al a li­vré neuf su­perbes an­nées ici. Je pense qu’une nou­velle ère s’ouvre. C’est un nou­veau dé­part pour tout le monde. On compte sur moi pour ai­der les Hawks à rem­por­ter le titre. »

L’an­cien triple meilleur dé­fen­seur de la Ligue ne pense d’ailleurs plus qu’à ça : dé­cro­cher ce fa­meux tro­phée qui s’était re­fu­sé à lui lors des Fi­nales NBA 2009 (1-4 contre les Lakers). « Je vais faire mon maxi­mum pour rap­por­ter le titre à la mai­son. Je sais que ça ne va pas être fa­cile mais j’ai bos­sé ex­trê­me­ment dur cet été. J’ai tour­né la page de la sai­son der­nière et je veux

re­ve­nir avec une men­ta­li­té dif­fé­rente. »

L’ar­rière-ai­lier Kent Ba­ze­more a dé­cro­ché une pro­lon­ga­tion (70 M$ sur 4 ans). On at­tend l’ex­plo­sion de l’Al­le­mand Den­nis Schrö­der à la mène. At­lan­ta va re­par­tir au com­bat avec un groupe qui ne manque pas de vé­cu et de « skills » (Kirk Hin­rich, Jar­rett Jack, Kyle Kor­ver, Paul Mill­sap, Tia­go Split­ter…) mais il fau­dra un « D8 » en mode superstar et bull­do­zer in­ar­rê­table pour es­pé­rer al­ler loin lors de la cam­pagne 2016-17. Dwight Ho­ward peut-il re­de­ve­nir « Su­per­man » pour son grand re­tour dans la Confé­rence Est, quatre ans après son dé­part ?

Dans l’im­mé­diat, il veut af­fi­cher un état d’es­prit ir­ré­pro­chable. Ce­lui qui est dé­jà en­tré dans le Top 30 de l’his­toire pour les re­bonds (27e) et les contres (21e) met les choses au point : « Beau­coup de gens me voient sou­rire, ri­go­ler… Ils pensent que je m’en fiche mais je dé­teste perdre. Et je dé­teste voir d’autres joueurs bran­dir le tro­phée de cham­pion NBA alors que j’ai tra­vaillé ex­trê­me­ment dur pour le sou­le­ver. »

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