CLE­VE­LAND, INJURY LAND

Mondial Basket - - Edito - Par Ar­mel Le Bes­con

MAL­GRÉ LES BLES­SURES DE JOUEURS CLÉS POUR SON SYS­TÈME, CLE­VE­LAND VIT COMME UN CHAM­PION NBA QUI SE PRÉ­PARE À ME­NER UNE DURE BA­TAILLE EN PLAYOFFS. COACH LUE VEUT LA POLE À L’EST, LEB­RON VEUT DU JEU ! PAS DE PITIÉ POUR LES CAVS…

Le cham­pion NBA sor­tant ai­me­rait ré­cu­pé­rer le plus vite pos­sible ses deux star­ters, J.R. Smith (frac­ture du pouce) et Ke­vin Love (dos). On peut le com­prendre quand on voit la suite du pro­gramme. L’ai­lier fort a joué bles­sé trois matches après un choc re­çu à Wa­shing­ton en fé­vrier. Ré­sul­tat : le Californien a ter­mi­né sur une jambe contre Den­ver le 11 du même mois avant de pas­ser sur le billard à New York, entre les mains du pro­fes­seur Da­vid Alt­chek, trois jours plus tard. Le ge­nou gauche était sa­le­ment amo­ché et ça né­ces­si­tait, au bas mot, six se­maines d’ar­rêt. Désa­bu­sé, LeB­ron James ac­cu­sait le coup : « C’est as­sez en­nuyeux… On est ha­bi­tués aux bles­sures mais cette sai­son est la pire de toutes. On peut avoir des bles­sés. Toutes les équipes en ont mais quand tu perds deux star­ters, ça com­mence à faire beau­coup. » Quand on sait que les dé­fec­tions de ces deux joueurs au­jourd’hui à l’in­fir­me­rie pour une longue du­rée s’ajou­taient à l’in­dis­po­ni­bi­li­té de Mo Williams (pouce lui aus­si), sa­chant qu’Iman Shum­pert (che­ville) et Ch­ris An­der­sen ont été eux aus­si frap­pés par le mau­vais sort (li­ga­ments croi­sés, sai­son ter­mi­née, ce qui a peut-être pré­ci­pi­té son trans­fert à Char­lotte), on com­prend mieux pour­quoi LeB­ron James a dû se dé­pen­ser sans comp­ter chaque soir avec une moyenne de 37 mi­nutes de temps de jeu. « Je me re­po­se­rai quand je se­rai à la re­traite ! », di­sait-il avant d’em­bar­quer pour La Nouvelle-Or­léans, pour son 13e

All-Star Game, alors que Cle­ve­land ve­nait de se re­faire la ce­rise avec un jo­li 7-1. Après une vic­toire pro­bante contre In­dia­na (113-104 le 15 fé­vrier), le « King » dres­sait le bi­lan men­suel des Ca­va­liers. « C’est exac­te­ment la ma­nière dont on vou­lait jouer. Les gars sont juste ex­cel­lents. D’ailleurs, c’est dom­mage que le break soit in­ter­ve­nu à ce mo­ment-là (ndlr:du16au23) car on avait un ex­cellent rythme et je ne vou­drais pas qu’on le perde. » Mais le triple cham­pion NBA n’est pas sans savoir que cer­tains ti­raient la langue après 55 matches de sai­son ré­gu­lière. « La cou­pure a aus­si des avan­tages. Ça donne à cha­cun l’op­por­tu­ni­té de soi­gner les pe­tits bo­bos, toutes les choses de cette na­ture. Ca per­met aus­si de dé­com­pres­ser. En es­pé­rant que le groupe re­vienne plus fort. »

CoaCH lue veut la Pole Po­SI­tIon

Si le re­tour de J.R. Smith était pré­vu pour le mois de mars, ce­lui de Ke­vin Love n’in­ter­vien­dra pas avant fin mars-dé­but avril. Il pour­rait jouer quelques matches (7 sont au pro­gramme des Cavs en avril) avant le dé­but des playoffs où il se­ra, dit-on, à 100%. Cle­ve­land n’a aucune cer­ti­tude pour l’ins­tant. Ni avec ses joueurs bles­sés, ni avec le ti­ming im­po­sé dans la Confé­rence Est où Bos­ton est tou­jours dans la course pour le meilleur spot (37-20 contre 3916). Le coach, Ty­ronn Lue, s’est ex­pri­mé à ce su­jet : « C’est im­por­tant de gar­der la 1ère place de la Confé­rence. On joue mieux quand on est à la mai­son. En playoffs l’an pas­sé, nous n’avions pas per­du un match à la Q-Are­na avant les Fi­nales (ndlr:4-3 contre Gol­den St a te, dé­faite 97-108 dans leGame4). Nos fans et toute la ville de Cle­ve­land sont un vé­ri­table atout pour nous. » Coach Lue garde aus­si en tête l’ul­time com­bat en Fi­nales NBA face aux War­riors, qui avaient l’avan­tage du ter­rain. C’est bien son équipe qui avait rem­por­té le titre sur un Game 7, après avoir ef­fa­cé un dé­fi­cit de 3-1, du ja­mais vu à ce ni­veau. « Mais on sait aus­si - et notre équipe le sait mieux que qui­conque - que si on veut être cham­pion, on doit être ca­pable de ga­gner à l’ex­té­rieur. » Et pour ce­la, que faut-il ? « Je dois prendre soin de la san­té des gars, pour­suit Lue. Leur état de forme est la chose la plus im­por­tante pour moi main­te­nant. On a as­sez de joueurs sur le car­reau comme ça. » Ce­la sous-en­tend une bonne ges­tion du ros­ter, en di­mi­nuant le temps de jeu de LeB­ron James comme ce­lui de Ky­rie Ir­ving (35.2 mn) qui n’a pas été épar­gné par le pas­sé. Avant de gé­rer l’ef­fec­tif, il fau­drait pou­voir gé­rer les matches, his­toire de rap­pe­ler pro­gres­si­ve­ment le « King » et le me­neur sur le banc. Un luxe que peuvent se per­mettre Steve Kerr à Gol­den State et Gregg Po­po­vich à San An­to­nio. Ty­ronn Lue ne jouit pas du même pri­vi­lège avec une ro­ta­tion plus faible. Iman Shum­pert a in­té­gré le cinq en lieu et place de J.R. Smith en shoo­ting guard. Chan­ning Frye a rem­pla­cé le All-Star Ke­vin Love au poste de po­wer. Richard Jef­fer­son (ai­lier), DeAndre Lig­gins (deuxième ar­rière), Kay Fel­der (me­neur) et Jordan McRae (shoo­ting guard) peuvent être sol­li­ci­tés à tout mo­ment pour rendre ser­vice. Heu­reu­se­ment pour Cle­ve­land, le ge­ne­ral ma­na­ger Da­vid Grif­fin avait tra­dé en dé­but d’année pour ren­for­cer le groupe, ob­te­nant la gâ­chette Kyle Kor­ver (ex-At­lan­ta) et le swing­man Der­rick Williams (ex-Mia­mi). Ces deux joueurs sont les deux back-ups les plus im­por­tants de l’équipe dé­sor­mais. Deux gar­çons aux­quels Lue peut don­ner une ving­taine de mi­nutes par match.

Cle­ve­land n’a PaS bou­gÉ avant LA TRADE DEADLINE

Da­vid Grif­fin cher­chait un vrai bo­nus (et pas un bouche-trou) pour al­ler au bout de la sai­son ré­gu­lière sa­chant que la ro­ta­tion se­ra res­treinte à sept joueurs en

« C’EST IM­POR­TANT DE GAR­DER LA PRE­MIÈRE PLACE DE LA CONFÉ­RENCE. on Joue mIeuX Quand on eSt À la maI­Son. l’an PaS­SÉ en PlaYoFFS, nouS n’avIonS PaS Per­du UN MATCH AVANT LES FI­NALES » Ty­ronn Lue (coach Cle­ve­land)

playoffs. En dé­but d’année, LeB­ron James choui­nait ici et là dans les mé­dias (voirle der­nier« Mon­dial Bas­ket »), ce qui lui a va­lu une charge de Charles Bark­ley qui l’a trai­té de « pleur­ni­chard ». « LBJ » a re­mis Sir Charles à sa place en le fai­sant pas­ser pour un « ha­ter » et un type sans scru­pules mais Grif­fin n’a pas pour au­tant ré­pon­du à la de­mande du « King » qui ré­cla­mait l’ad­di­tion d’un me­neur rem­pla­çant. De son cô­té, le GM des Cavs vou­lait un play­ma­ker, pas né­ces­sai­re­ment un me­neur pur, un joueur ca­pable d’ôter une par­tie de la pres­sion au duo James-Ir­ving. N’ayant pu trou­ver l’oi­seau rare, Grif­fin s’est abs­te­nu de conclure tout deal hâ­tif avec une autre fran­chise. Il laisse Coach Lue gé­rer la si­tua­tion avec le même groupe jus­qu’au bout des 82 matches. Cle­ve­land n’a pas bou­gé d’une oreille (sauf sur les dos­sier Kor­ver et Williams, donc, deux élé­ments ob­te­nus les 7 jan­vier et 9 fé­vrier) mais on sait que le cham­pion en titre s’est in­té­res­sé à la si­tua­tion de Car­me­lo An­tho­ny, las­sé par la mé­dio­cri­té new-yor­kaise et dont les Knicks cher­chaient à se dé­bar­ras­ser. Un trade avec Ke­vin Love était dans les tuyaux mais c’est Da­vid Grif­fin qui gar­dait la main et comme il n’était pas de­man­deur, cet échange n’est pas de­ve­nu une réa­li­té. L’affaire était plus com­pli­quée à partir du mo­ment où le Californien était bles­sé. Dans l’esprit de Grif­fin, « Me­lo » au­rait en­le­vé une part de la res­pon­sa­bi­li­té du sco­ring à LeB­ron James mais il n’au­rait pas été ca­pable de sou­la­ger le « King » et

encore moins Ky­rie en pre­nant les rênes et en por­tant l’équipe sur ses épaules. Et puis si An­tho­ny est un joueur qui ex­celle dans le jeu en iso­la­tion, Cle­ve­land pos­sède dé­jà deux des meilleurs joueurs de la Ligue dans ce do­maine avec James et Ir­ving. On com­prend que ce trade n’ait pas pu se faire en l’état. Fin fé­vrier, les noms du me­neur vé­té­ran De­ron Williams (li­bé­ré par Dal­las) et du pi­vot aus­tra­lien An­drew Bo­gut (en­voyé à Phi­la­del­phie par Dal­las, contre Ner­lens Noel) cir­cu­laient.

un Peu de FrI­ture Sur la lIgne…

Ge­ne­ral ma­na­ger, coach, as­sis­tants : si les cadres d’une fran­chise sont aus­si nom­breux, c’est que tous tiennent un rôle im­por­tant. Ty­ronn Lue n’a pas l’ex­pé­rience de Gregg Po­po­vich à San An­to­nio. Et la ma­nière dont le cas Ke­vin Love a été gé­ré entre jan­vier et fé­vrier pose ques­tion… L’an­cien fran­chise player de Min­ne­so­ta a joué bles­sé trois matches alors que Steve Spi­ro, le pré­pa­ra­teur phy­sique de l’équipe, avait aler­té Lue sur le fait que Love était li­mi­té phy­si­que­ment à l’ap­proche du deuxième ren­dez-vous d’un back-to-back, à Ok­la­ho­ma Ci­ty. « Ke­vin m’a dit qu’il pou-

vait jouer », a pré­ci­sé le coach des Cavs qui lui a don­né 31 mi­nutes de jeu à la Che­sa­peake Energy Are­na. Le n°0 a ter­mi­né avec 15 points et 12 re­bonds dans une dé­faite 118-109. « A cette époque de l’année, les joueurs veulent jouer. Ils sont prêts, ajoute l’entraîneur des cham­pions sor­tants. Il y a l’ap­proche du All-Star Game, la fin de sai­son avec les playoffs der­rière… Ils veulent jouer, mon­ter en ré­gime, être en rythme. » Deux jours plus tard, Love, tou­jours dans le ros­ter face à Den­ver, cette fois dans l’Ohio, al­lait faire le match de trop. Trente-quatre mi­nutes avant ce net­toyage du ge­nou qui prive Cle­ve­land de son qua­druple All-Star au pire mo­ment de l’année. Ce n’est pas la pre­mière fois concer­nant Love. Il y a deux ans, l’ai­lier fort des Ca­va­liers avait aban­don­né l’équipe dès le 1er tour des playoffs avec une bles­sure à l’épaule. Cle­ve­land avait en­chaî­né 10 vic­toires dans ces mêmes playoffs 2015 avant de perdre les Matches 4, 5 et 6 face à Gol­den State en Fi­nales. Mal­gré un rap­pel par­mi les All-Stars cette sai­son à La Nouvelle-Or­léans (une pre­mière de­puis son ar­ri­vée dans l’Ohio), Love était en dif­fi­cul­té de­puis dé­but fé­vrier. Il s’af­fi­chait à 15 points de moyenne et shoo­tait à 33.8% dans le champ. Et seule­ment 26.2 der­rière l’arc. Très loin de ses stan­dards ha­bi­tuels. Il y a bien eu de la fri­ture sur la ligne entre Coach Lue, le trai­ner Steve Spi­ro et le joueur lui-même. Love paie la note au prix fort au­jourd’hui. Cle­ve­land es­père ne pas être en faillite de jeu avant d’en­ta­mer la par­tie la plus im­por­tante du cham­pion­nat. LeB­ron a pré­ve­nu : « Au re­tour du All-Star break, on doit être prêt pour la der­nière étape, se pré­pa­rer à l’in­ten­si­té des playoffs. C’est mon mo­ment fa­vo­ri. » On s’en dou­tait !

Ke­vin Love

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