TO­RON­TO VOTE IBAKA

LES RAPTORS éTAIENT MOINS AF­FA­MéS CETTE SAI­SON. DE­VANT L’UR­GENCE DE LA SI­TUA­TION, MASAI UJIRI A AGI. LE PRé­SIDENT DE TO­RON­TO A FAIT SON MAR­CHé à OR­LAN­DO ET RA­ME­Né SERGE IBAKA AU CA­NA­DA. LE CONGOLAIS DOIT AP­POR­TER DE L’EX­Pé­RIENCE, DE L’éNER­GIE ET SUR­TOUT D

Mondial Basket - - Edito -

Une se­maine avant la trade deadline, To­ron­to a fait le move in­dis­pen­sable pour se don­ner une chance de re­le­ver la tête dans l’Eas­tern Con­fe­rence. Le bi­lan était dé­ce­vant avec 57% de vic­toires et une 5e place dans la Confé­rence, der­rière Cle­ve­land, Bos­ton, Wa­shing­ton et At­lan­ta. A la mi-fé­vrier, les Raptors ve­naient d’en­chaî­ner trois dé­faites face à Min­ne­so­ta, De­troit et Chi­ca­go. Le titre de di­vi­sion de l’At­lan­tic était pro­mis à Bos­ton, ce qui obli­geait la fran­chise ca­na­dienne à scru­ter le mar­ché. Masai Ujiri, le GM pas­sé pré­sident en sep­tembre 2016, a pris des ren­sei­gne­ments sur trois ai­liers forts car c’est bien dans le front­court qu’il fal­lait du ren­fort. Da­ni­lo Gal­li­na­ri (Den­ver), Taj Gib­son (Chi­ca­go) et Serge Ibaka (Or­lan­do) ont tous été convoi­tés, ap­pro­chés, et c’est ce der­nier qui a été choi­si. Un trade a en­voyé l’ai­lier Ter­rence Ross, sixième homme de l’équipe, en Flo­ride après 5 ans au pays à la feuille d’érable. Gé­né­reux, To­ron­to a lais­sé un 1er tour de draft 2017 des Clip­pers dans l’affaire. Si Serge Ibaka (27 ans), qui était ar­ri­vé au Ma­gic en juin 2016 - block­bus­ter deal avec Ok­la­ho­ma Ci­ty im­pli­quant Er­san Ilya­so­va, Vic­tor Ola­di­po et Do­man­tas Sa­bo­nis -, dé­boule chez les Raps, c’est pour ap­por­ter de l’ex­pé­rience et de la du­re­té en dé­fense, no­tam­ment ses blocks. Pré­ci­sé­ment ce pour quoi Or­lan­do l’avait fait ve­nir (on nous an­non­çait monts et merveilles avec le re­cru­te­ment de la paire Ibaka-Bis­mack Biyom­bo…). Que son sé­jour à Dis­ney­world s’achève pré­ma­tu­ré­ment n’y change rien, Ibaka af­fiche tou­jours 8 ans de pré­sence dans la Ligue et il a la culture des playoffs dans le sang. En sé­lec­tion es­pa­gnole, il a pris goût à la vic­toire. Le Congolais d’ori­gine avait joué une Fi­nale NBA avec Ok­la­ho­ma Ci­ty en 2012 contre Mia­mi (1-4). Trois fois All-De­fen­sive First Team et deux fois meilleur contreur au Thun­der, il for­mait un vrai « Big Th­ree » avec Ke­vin Du­rant et Rus­sell West­brook. Il y a huit mois, le pré­sident de To­ron­to, Masai Ujiri, avait dé­jà ten­té de faire ve­nir le cham­pion d’Eu­rope

2011 et vice-cham­pion olym­pique 2012 au Ca­na­da. Le deal était trop coû­teux à l’époque pour les Raptors. Ibaka fut échan­gé à Or­lan­do le soir de la draft. Cette fois, l’affaire était plus abordable pour l’équipe coa­chée par Dwane Ca­sey. Ujiri connaît Ibaka de­puis plus de 10 ans. Il l’avait re­pé­ré pour la pre­mière fois lors d’une com­pé­ti­tion FIBA en Afrique avec les U18. Le Congolais jouait le titre conti­nen­tal et de­vant Ujiri, il avait plan­té 20 points et pris 20 re­bonds ! « Il va nous ap­por­ter son vé­cu, son ex­pé­rience et sa force en dé­fense », an­nonce Masai. A court terme car To­ron­to n’a aucune ga­ran­tie sur l’ave­nir avec un gar­çon qui se­ra agent libre le 1er juillet pro­chain. Ses émo­lu­ments cette sai­son : 12,2 M$.

UN « BIG TH­REE » EST NÉ À TO­RON­TO

Les deux All-Stars du groupe, Kyle Lo­wry (3e sé­lec­tion) et DeMar De­Ro­zan (idem), sont al­lés se dé­tendre à La Nouvelle-Or­léans avec les joueurs étoi­lés. Quand ils sont ren­trés, ils ont vu un nou­veau n°9 dans le ves­tiaire. Une masse qui pe­sait 15.1 points de moyenne en Flo­ride cette sai­son, avec 6.8 re­bonds et 1.6 contre par match. Le sco­ring d’Ibaka et son spa­cing s’ajou­te­ront aux 27.3 points de De­Ro­zan et aux 22.8 de Lo­wry mais c’est en dé­fense que les deux phé­no­mènes ont be­soin d’aide. « On manque de du­re­té cette sai­son. Serge a cette pré­sence aux contres et aux re­bonds que nous n’avions plus », sou­ligne DeMar De­Ro­zan, star­ter pour la pre­mière fois d’un Match des Etoiles, à NOLA. L’an der­nier, To­ron­to dé­fen­dait mieux (3e de la Ligue). Cette sai­son, l’équipe n’af­fiche pas la même concen­tra­tion et elle ne fait pas les ef­forts quand il le faut, note le coach. « C’est de l’in­dis­ci­pline ou un manque de com­mu­ni­ca­tion et ça nous coûte un pa­quet de vic­toires, dé­plore Dwane Ca­sey. On n’a pas de contreur non plus pour pas­ser ra­pi­de­ment en deuxième ri­deau. » Serge Ibaka est un peu at­ten­du comme le mes­sie. A 27 ans, il reste en pos­ses­sion de toutes ses forces. Son éner­gie doit ap­por­ter une tout autre di­men­sion au front­court des Raptors où le pi­vot Jo­nas Va­lan­ciu­nas pla­fonne un peu, dans sa cin­quième sai­son NBA. Le Li­tua­nien prend des re­bonds (9.9 en moyenne) mais il ne contre pas (0.7) et il reste li­mi­té en at­taque avec ses 12.4 points par match. Moins que l’année pas­sée. Le « Big Th­ree » Lo­wry-De­Ro­zan-Ibaka doit chan­ger le quo­ti­dien de « We the North » avec une dé­fense plus consis­tante. Masai Ujiri es­père in­ver­ser les pro­nos­tics qui voient To­ron­to, fi­na­liste de Confé­rence l’an pas­sé (2-4 contre Cle­ve­land), une pre­mière dans l’his­toire de la fran­chise, faire un ou deux pas en ar­rière. Bos­ton a pris le lea­der­ship de la di­vi­sion et de­vient lo­gi­que­ment le pre­mier out­si­der du

« ON MANQUE DE DU­RE­TÉ CETTE SAI­SON. serGe a Une pré­sence aUx contres et aUx re­Bonds QUe noUs n’aVions pLUs cette année » deMar de­ro­zan

cham­pion en titre. Un rôle que te­naient par­fai­te­ment les Ca­na­diens il y a douze mois. Mais ça, c’était avant… Lou­per la de­mi-fi­nale de Confé­rence se­rait un ter­rible re­tour en ar­rière pour une for­ma­tion qui s’était fait sor­tir deux fois au 1er tour des playoffs en 2014 et 2015.

NormaN Po­well sort reN­for­cé du deal

Quand Ujiri a ré­flé­chi au meilleur trade pos­sible, il a mis dans la ba­lance ses jeunes joueurs. Norman Po­well, Bru­no Ca­bo­clo, Ja­kob Poeltl, Pas­cal Sia­kam, Fred VanV­leet, tous des gar­çons à 23 ans ou moins qui pou­vaient et de­vaient ser­vir de mon­naie d’échange. C’était un sou­ci ma­jeur pour Coach Ca­sey qui croyait beau­coup au po­ten­tiel de Norman Po­well. Il n’est pas le seul. Il suf­fit d’écou­ter le me­neur Kyle Lo­wry pour com­prendre l’im­por­tance du shoo­ting guard so­pho­more. « Je pense que Norm est prêt à sai­sir toutes les op­por­tu­ni­tés. Il a prou­vé qu’il pou­vait jouer à un bon ni­veau et nous ai­der. Il n’y a pas d’ex­cuse pos­sible. C’est à lui de sai­sir sa chance. » Le Californien, cré­di­té de 7.4 points de moyenne sur 53 matches, avait pro­po­sé un conte­nu in­té­res­sant au 1er tour des playoffs l’an pas­sé face à In­dia­na (4-3) mais par la suite, il fut sur­tout spec­ta­teur. Cette sai­son, il a été star­ter 15 fois. Dwane Ca­sey sait qu’il ne l’a pas tou­jours pla­cé dans les meilleures condi­tions. « Une fois, il dé­bute le match, il est bien en rythme. Une autre fois, on l’ap­pelle du banc dans le der­nier quart-temps, il n’est pas dans le rythme. Je pense qu’avec mon staff, on ne lui a pas tou­jours ren­du la vie fa­cile. Mais il faut qu’il com­prenne, de son cô­té, qu’on peut lui don­ner 2 ou 5 mi­nutes en plus à n’im­porte quel mo­ment et que c’est à lui de faire le tra­vail de­man­dé. Il ne faut pas ou­blier qu’il est d’abord là pour faire le sale bou­lot en dé­fense. C’est un gros dé­fen­seur. Ensuite, s’il rentre des tirs, c’est bien aus­si. » Avant le deal qui a ame­né Ibaka à To­ron­to, Po­well jouait un peu plus de 17 mi­nutes par soir. C’est bien lui qui sort ren­for­cé de ce trade. Les di­ri­geants de la fran­chise ca­na­dienne ont pré­fé­ré se sé­pa­rer de leur sixième homme, qui ne pro­gres­sait plus (de 9.9 à 10.4 pts dans sa cin­quième année), pour gar­der l’ar­rière so­pho-

Norman Po­well

more. « Je pense que ça va être plus fa­cile dé­sor­mais concer­nant les ro­ta­tions, avance le na­tif de San Die­go, for­mé à UCLA et draf­té au se­cond tour (46e) en 2015. Je dois pro­duire des deux cô­tés du ter­rain, même si on m’at­tend d’abord en dé­fense. Une porte s’ouvre pour moi mais je suis prêt à m’en­gouf­frer », concluait Norman. L’in­té­rieur Ja­red Sul­lin­ger (ex-Bos­ton), qui avait man­qué 41 matches après une opé­ra­tion du pied gauche, ne se­ra pas le back-up de Serge Ibaka. L’ar­rière-ai­lier des Suns P.J. Tu­cker dé­barque en ren­fort dé­fen­sif. Sul­lin­ger a pris le che­min de l’Ari­zo­na dans le cadre de ce deal avant d’être cou­pé par Phoe­nix.

« Ibaka va Nous aP­Por­ter soN vé­cu, son ex­pé­rience et sa force en dé­fense » Masai Ujiri (pré­sident de to­ron­to)

DeMar De­Ro­zan

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