HOUS­TON SUR LE PAS DE TIR

HOUS­TON EST UN TOP CHALLENGER À L’OUEST EN SAI­SON RÉ­GU­LIÈRE. MAIS À L’AP­PROCHE DES PLAYOFFS, LE MÊME PRO­BLÈME RESURGIT AVEC UNE DÉ­FENSE TOU­JOURS PERMÉABLE. POUR CONTI­NUER DE JOUER LEUR RÔLE D’OUT­SI­DER, LES RO­CKETS SE SONT OF­FERT LOU WILLIAMS. SUF­FI­SANT PO

Mondial Basket - - Edito -

«Le troi­sième meilleur re­cord de la Ligue en jouant du bon bas­ket, c’est bien et c’est en­cou­ra­geant car on sait qu’on peut faire encore mieux. On a une marge de pro­gres­sion », ex­pli­quait James Har­den au mo­ment de ran­ger les af­faires le 15 fé­vrier. Pour­tant, les Ro­ckets ve­naient de se faire éta­ler chez eux par Mia­mi (109-117), mal­gré le 15e triple-double du bar­bu ce soir­là (38 pts, 12 rbds, 12 pds) ! Le n°13 avait joué 42 mi­nutes pour com­pen­ser l’énième bles­sure du me­neur Pa­trick Be­ver­ley, rem­pla­cé dans le ba­ck­court par Co­rey Bre­wer. Le coach de Hous­ton, Mike D’An­to­ni, ne fai­sait pas confiance au jeune Ty­ler En­nis, re­cru­té l’été der­nier. Bre­wer et En­nis ont fi­na­le­ment bou­clé leurs va­lises pour re­joindre les La­kers lors des trades hi­ver­naux. Le pre­mier échan­gé contre Lou Williams, le se­cond contre Mar­ce­lo Huer­tas (cou­pé dans la fou­lée). Les Texans avaient be­soin d’un ar­rière ca­pable de sou­la­ger le bar­bu, qui est au four et au mou­lin chaque soir. Un James Har­den qui touche énor­mé­ment la balle et qui perd beau­coup trop de bal­lons (5.8 par match). Cou­rant fé­vrier, pen­dant la trêve, le GM Da­ryl Mo­rey

s’ac­ti­vait sans re­lâche. Pa­trick Be­ver­ley a fait plu­sieurs al­lers-re­tours à l’in­fir­me­rie au cours des quatre pre­miers mois de com­pé­ti­tion. L’année 2017 est com­pli­quée pour lui (mal­gré une perte de poids pour être plus ra­pide) et Hous­ton avait be­soin d’as­su­rer le coup dans la pers­pec­tive des playoffs. En chi­pant Lou Williams aux La­kers, les Ro­ckets en­voient un si­gnal fort à la Wes­tern. Ils se bat­tront jus­qu’au bout afin d’ob­te­nir le meilleur fau­teuil pour la post­sea­son. « On veut jouer notre meilleur bas­ket et créer notre mo­men­tum, ex­plique Ryan An­der­son. Notre ob­jec­tif est de ga­gner une bague. On peut battre tout le monde et on l’a prou­vé. A nous d’être ré­gu­liers et d’amé­lio­rer nos stats dé­fen­sives. » Meilleur pas­seur de la Ligue (11.3 pds) et 2e meilleur sco­reur NBA der­rière son an­cien coé- qui­pier Rus­sell West­brook (29.2 pts), James Har­den est dé­jà à 200%. Il est éga­le­ment le meilleur re­bon­deur des Texans (8.3 prises) ! Pour­tant - et cu­rieu­se­ment -, Coach D’An­to­ni ne met­tait pas la pres­sion sur ses di­ri­geants. Le groupe lui don­nait sa­tis­fac­tion. L’ar­rière cinq fois All-Star livre une sai­son de MVP dans son nou­veau rôle de pas­seur-sco­reur et au­tour de lui, tout le monde s’est mis au dia­pa­son. En dé­pit des bles­sures (Clint Ca­pe­la, Eric Gor­don, Ryan An­der­son), les Ro­ckets n’ont ja­mais flanché et ils main­te­naient une dis­tance rai­son­nable avec Gol­den State et San An­to­nio en tête de la Confé­rence Ouest. Ils ai­me­raient al­ler cher­cher leur voi­sin texan pour avoir l’avan­tage du ter­rain sur deux tours de playoffs. Da­ryl Mo­rey se de­man­dait comment ai­der l’équipe à fran­chir un autre pa­lier. « On était bien au mois de dé­cembre avec de très belles vic­toires. Ça a été un peu plus dif­fi­cile par la suite. Il faut res­ter concen­tré sur le pro­gramme à ve­nir, sur­tout quand on joue chez nous. » Le sco­ring n’est pas une fin en soi mais il est très dif­fi­cile de dé­fendre sur une équipe qui shoote comme Hous­ton. Ou comme les War­riors, avec les­quels les Ro­ckets partagent le po­dium des points ins­crits et le ra­ting of­fen­sif. « On a une chance, à nous de la sai­sir. Il faut fi­nir en trombe », lance Mo­rey.

L’ÉCLO­SION DE CA­PE­LA, HAR­RELL ET DEKKER

Si Hous­ton a chan­gé de sta­tut et créé la sur­prise, il le doit au coa­ching ins­pi­ré de Mike D’An­to­ni, qui a fait du bou­li­mique de shoots

« LES JEUNES ONT SAI­SI LEUR CHANCE. ILS ONT DÉ­MON­TRÉ QU’ILS AVAIENT DU PO­TEN­TIEL. NOUS NE NOUS SOMMES PAS TROM­PÉS SUR EUX » Da­ryl Mo­rey (GM Hous­ton)

James Har­den un top pas­seur, mais éga­le­ment à l’émulation d’un groupe avec les jeunes Clint Ca­pe­la et Mon­trezl Har­rell sur le poste 5, le pi­vot bré­si­lien Nene Hi­la­rio ayant glis­sé sur le banc. Si on ajoute l’ai­lier so­pho­more Sam Dekker, qui ob­tient une ving­taine de mi­nutes de jeu par soir, les ro­ta­tions vont bon train à « Space Ci­ty ». Loin de la phi­lo­so­phie du coach qui tour­nait avec sept joueurs à Phoe­nix il y a une di­zaine d’an­nées. Le jour où Dekker, 18e choix de draft en 2015, à sa sor­tie de Wis­con­sin, a été pro­pul­sé dans le star­ting li­neup (à Mem­phis, à la place de Ryan An­der­son), il a plan­té 30 points. En back-up, l’Apol­lon Mon­trezl Har­rell joue 19 mi­nutes pour près de 10 points et 4 re­bonds tan­dis que le Suisse Clint Ca­pe­la, pas­sé par Cha­lon, a vu bon­dir ses stats : il rap­porte 12 points, 7.5 re­bonds et 1.3 contre en 23 mi­nutes. « Les jeunes ont sai­si leur chance, se ré­jouit le GM, Da­ryl Mo­rey. Ils ont dé­mon­tré qu’ils avaient du po­ten­tiel. On ne s’est pas trom­pés sur eux, ils ré­pondent à nos at­tentes. »

L’équipe qui tire Le pLus à 3 points

Le « run and gun » de Coach D’An­to­ni avait don­né des ré­sul­tats dans l’Ari­zo­na. Il re­vit d’une cer­taine ma­nière dans le Texas avec du « shoo­tout » en ra­fale. Der­rière l’arc, les Ro­ckets al­lument non-stop avec une moyenne de 39.8 tirs pri­més ten­tés par match ! Cle­ve­land et Bos­ton ap­pa­raissent loin der­rière dans cet exer­cice où James Har­den, Eric Gor­don, Ryan An­der­son et Tre­vor Ari­za - et main­te­nant Lou Williams - s’en donnent à coeur joie, avec des pour­cen­tages plus ou moins maî­tri­sés. Le 25 no­vembre à Sa­cra­men­to, Hous­ton a ar­ro­sé 50 fois der­rière la ligne à 3 points ! L’équipe shoote à 36.4% de réus­site der­rière l’arc avec un Ari­za à 35.4%, un Gor­don à 38.5 et un An­der­son à 40.5, alors que « The Beard » shoote à 35.3. Les p’tits jeunes ne bougent pas der­rière cette ligne. De toute fa­çon, il n’y a plus de bal­lons pour eux dans cette po­si­tion ! Da­ryl Mo­rey pense que l’équipe peut vi­ser très haut dans quelques se­maines. « Il y a deux ans, nous étions en fi­nale de Confé­rence (ndlr:1-4 contre Gol­den St a te ,4-3 contre les Clip­pers en de­mi-fi­nales de Confé­rence après avoir été me- nés1-3). L’équipe est plus so­lide cette année com­pa­ré à 2015. Le ros­ter est plus com­plet et James Har­den est dans la course au titre de MVP. C’est un grand lea­der. » Mais Hous­ton ne dé­fend tou­jours pas. Net­te­ment moins bien et moins fort que San An­to­nio et Gol­den State, ses plus gros ad­ver­saires à l’Ouest. Le 23 jan­vier, les Texans ont pris 68 points en pre­mière mi-temps à Mil­wau­kee. Avec la 24e dé­fense de la Ligue et plus de 108 points concé­dés par match, l’équa­tion se­ra in­so­luble en playoffs. Da­ryl Mo­rey le sait. C’est pour ça qu’il s’était ren­sei­gné sur Serge Ibaka. Il se l’est fait souf­fler par To­ron­to. Quand Har­den cher­chait un bar­bier à La Nouvelle-Or­léans, son GM cher­chait un dé­fen­seur dans le pays ! Mais ce der­nier a aus­si réus­si à dé­ga­ger 3,5 mil­lions de dol­lars dans le « cap space », his­toire d’ajou­ter une der­nière pièce dé­fen­sive (un vé­té­ran, par exemple) dans son ef­fec­tif d’ar­tilleurs. Hous­ton doit bou­ger et avan­cer pour ten­ter de rem­por­ter à nou­veau le titre, 22 ans après son der­nier sacre. Le Texas at­tend le suc­ces­seur de Dwight Howard. En es­pé­rant qu’il ait plus d’im­pact et de réus­site !

Clint Ca­pe­la Sam Dekker

Tre­vor Ari­za

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