LIFE WITH

YOGI FERRELL, UN LILLIPUTIEN EN NBA

Mondial Basket - - Edito - Par Ar­mel Le Bes­con

Tom Crean, le coach de l’uni­ver­si­té d’In­dia­na, a bos­sé des an­nées avec Yogi Ferrell après l’avoir vu évo­luer au ly­cée du Park Tu­dor, à Indianapolis. Ef­fec­tuer un pas­sage chez Crean est une ré­fé­rence pour les jeunes pros­pects mais Yogi Ferrell n’en a ja­mais eu la preuve. « Pour moi, il de­vait faire au mi­ni­mum 10 ans de NBA, dit Coach Crean. Alors oui, j’ai été cho­qué, sur­tout le soir de la draft. » La draft dont il parle est celle de juin der­nier. Ferrell est un mys­tère. An­non­cé à 6 pieds, il est en réa­li­té à 5’10 sous la toise du Draft Com­bine de Chi­ca­go. A peine 1,78 mètres. Aus­si, il est je­té de cette pre­mière sé­lec­tion. Grâce à quelques bons tuyaux, Yogi tra­verse le pays d’Est en Ouest pour faire des tryouts. Seize équipes le voient au taf. Trois seule­ment sont in­té­res­sés pour la draft. Deal de chiens à la clé. « Ils vou­laient que je signe un draf­tand-stash. C’était un ac­cord bi­don pour m’en­voyer dans un pa­ckage de joueurs. J’ai trou­vé ça dé­gueu­lasse. Je n’ai pas ac­cep­té. » Brook­lyn a dé­grais­sé dès le 1er juillet, alors les Nets le signent pour leurs sum­mer leagues et le trai­ning camp d’oc­tobre. Yogi est cou­pé une pre­mière fois le 21 oc­tobre et en­voyé en D-League, à Long Island, la suc­cur­sale de Brook­lyn. Rap­pe­lé le 9 no­vembre, il re­vient dans l’équipe de Ken­ny At­kin­son avant d’être à nou­veau cou­pé le 8 dé­cembre. « Quand tu as 23 ans et que tu es trim­bal­lé ain­si, tu es for­cé­ment dans le doute. Je me voyais partir en Eu­rope car mon agent avait des contacts là-bas. » Les Nets ont pré­fé­ré si­gné un com­bo guard plus grand et plus ex­pé­ri­men­té, Spen­cer Din­wid­die. En jan­vier, Keith Krei­ter, l’agent en ques­tion, passe un coup de fil à Da­vid Blatt, au­jourd’hui coach en Tur­quie, à Darüs­sa­fa­ka. L’ex-entraîneur de Cle­ve­land ne pro­met rien mais comme par mi­racle, quelques heures après ce coup de fil en Eu­rope, c’est Don­nie Nel­son, le ge­ne­ral ma­na­ger de Dal­las, qui contacte Krei­ter. « J’étais par­ti pour un nou­veau tryout », ra­conte Yogi. Les Ma­ve­ricks ont per­du coup sur coup, en jan­vier, De­ron Williams et J.J. Ba­rea. Mark Cu­ban lui signe un contrat de 10 jours avant que Rick Car­lisle ne le bom­barde star­ter face à To­ny Par­ker, fu­tur Hall of fa­mer, le 29 jan­vier. Ré­sul­tat : une vic­toire de +4 (105101) pour les Mavs à San An­to­nio. Yogi score 9 points, dis­tri­bue 7 passes et réus­sit 2 inter- cep­tions sans perdre le moindre bal­lon ! « Je n’avais rien à perdre, dit-il. Quand tu as faim, tu es prêt à tout. » Même à dé­vo­rer Cle­ve­land. Le len­de­main, il plante 19 points face à Ky­rie Ir­ving, qui shoote à 35%. Dal­las en­chaîne par une nouvelle vic­toire (104-97) avec un me­neur roo­kie qui n’a qu’un lais­ser-pas­ser de quelques jours en guise de contrat NBA. Face aux Sixers (vic­toire 113-95 le 1er fé­vrier), Yogi poste encore 11 points, as­sor­tis de 5 as­sists. Puis il prend feu à Port­land : 32 pions, 5 of­frandes, 2 tur­no­vers (vic­toire 108-104 le 3 fé­vrier). Dal­las était re­ve­nu dans la course aux playoffs à l’Ouest grâce au Ferrell Tour. Quatre matches, quatre vic­toires. Cu­ban se de­man­dait même pour­quoi le n°11, né à Green­field, dans l’In­dia­na, n’avait pas été « Player of the week. » « Un scan­dale », af­fir­ma le vo­lu­bile Texan qui n’avait sans doute pas vu les stats de Ste­phen Cur­ry. Mark Cu­ban a vite convo­qué Keith Krei­ter pour pro­po­ser un vrai contrat de 2 ans à Yogi Ferrell. Coach Car­lisle est ha­bi­tué à jouer avec des pe­tits à Dal­las, no­tam­ment Ba­rea. Les deux lil­li­pu­tiens pour­raient être as­so­ciés sur quelques sé­quences quand les Mavs vou­dront jouer vite. Mo­ra­li­té de l’his­toire, Yogi ? « C’est un mes­sage qui peut ins­pi­rer beau­coup de joueurs. Il faut tou­jours croire en soi. Quand j’ai si­gné ce contrat de 2 ans, c’était, je crois bien, le plus beau jour de ma vie. » Les Nets, su­perbe lan­terne rouge toutes Confé­rences confon­dues, ont en­voyé un mes­sage par le biais de leur coach, Ken­ny At­kin­son. « Fé­li­ci­ta­tions, Yogi. C’est mé­ri­té. Tu as bien tra­vaillé. » Avec le dé­part de De­ron Williams, cou­pé par Dal­las le 23 fé­vrier (et an­non­cé à Cle­ve­land), c’est un bou­le­vard qui s’ou­vrait de­vant lui.

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