UNE BIO­GRA­PHIE : « L’ART DE LA VIC­TOIRE »

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La bio de Phil Knight, le fondateur de Nike, est à mettre entre toutes les mains car elle est pas­sion­nante. Elle va in­té­res­ser ceux qui ont un rêve en­tre­preu­neu­rial, ceux qui aiment le sport et ceux qui ont le goût du risque. On a tou­jours le goût du risque quand on fait de la com­pé­ti­tion et ce mode de pen­sée s’im­pose éga­le­ment pour la créa­tion d’une en­tre­prise. Ce livre ne ra­conte pas l’his­toire de Steve Pre­fon­taine, Mi­chael Jor­dan, Ti­ger Woods ou Kobe Bryant, des stars spon­so­ri­sées par la cé­lèbre marque à la vir­gule (le « swoosh »), mais la sto­ry d’un homme, Phil Knight, qui a créé sa so­cié­té en im­por­tant, d’abord, des chaus­sures ja­po­naises sur la Côte ouest des Etats-Unis. Son pre­mier deal, il le conclut avec Bill Bo­wer­man, un entraîneur d’athlétisme au dé­but des an­nées 60. Ce­lui-ci de­vint son as­so­cié et l’ai­da à vendre des « Ti­gers » ja­po­naises qui ap­par­te­naient à Onit­su­ka. Tout au long des 450 pages, on re­vit une for­mi­dable saga en re­trou­vant des per­son­nages comme Jeff John­son, Bob Woo­dell et Rob Stras­ser, qui ont tous été des hommes clés dans le par­cours ex­cep­tion­nel de Knight. Le boss n’élude au­cun pro­blème, comme les fa­meux « sweat­shops » (usines à sueur) dé­cou­verts par des re­por­ters en Chine, des mé­thodes qui dia­bo­li­sèrent l’em­pire Nike. On com­prend vite, aus­si, que Knight a tou­jours eu un en­ne­mi, ci­blant Adi­das dès le dé­but. En 1978, s’adres­sant à ses « bud­dy­faces » (em­ployés) à Bea­ver­ton, il fait cette re­marque, pour les mo­ti­ver à dé­pas­ser Adi­das : « Notre in­dus­trie, c’est un peu Blanche-Neige et les sept nains. Mais l’an­née pro­chaine, l’un des sept nains (Nike) va se ta­per Blanche-Neige (Adi­das)… » Dès 1979, Nike ne ven­dait plus seule­ment des chaus­sures mais éga­le­ment des vê­te­ments pour rat­tra­per Adi­das et en­suite faire mieux que l’en­tre­prise al­le­mande. Phil Knight a quit­té son poste de P-DG de la firme amé­ri­caine en 2006, après 40 ans dans la so­cié­té. En 2006, le chiffre d’af­faires de Nike était de 16 mil­liards de dol­lars et ce­lui d’Adi­das de 10. Il siège tou­jours au con­seil de sur­veillance de Nike et l’en­tre­prise n’a ces­sé de croître à tra­vers le monde, avec plus de 5 000 ma­ga­sins. Cette bio se ter­mine sur un cha­pitre in­ti­tu­lé « La Nuit », qui n’est pas un hap­py end. Il ra­conte que son fils aî­né Mat­thew est dé­cé­dé ac­ci­den­tel­le­ment en 2000 au cours d’une plon­gée dans les eaux pro­fondes du lac Ilo­pan­go, au Sa­val­dor. « So this is the way it ends… » (C’est donc comme ça que ça se ter­mine)

Ar­mel LE BESCON PhilK­night, «L’ art de la vic­toire », E dit ions Hu­go Sport ,452 pages, 19,95€.

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