JameS har­den L’IN­VRAI­SEM­BLABLE MÉ­TA­MOR­PHOSE

Mondial Basket - - Special Point Guards -

UN SIMPLE CHAN­GE­MENT DE POSTE A PRO­PUL­SÉ JAMES HAR­DEN, DÉ­JÀ CONSI­DÉ­RÉ COMME L’UNE DES PLUS GRANDES STARS DE NBA, DANS LA COURSE AU TITRE DE MVP. IL PEUT SE TAR­GUER DE BATTRE DES RE­CORDS OF­FEN­SIFS AVEC SES RO­CKETS, QUI VONT À COUP SÛR MAR­QUER L’HIS­TOIRE DE LA FRAN­CHISE. SON REPOSITIONNEMENT EN ME­NEUR A CONSTI­TUÉ UN COUP DE GÉ­NIE. SI­GNÉ MIKE D’ANTONI.

James Har­den a sup­po­sé que Mike D’Antoni plai­san­tait. « A notre pre­mier ren­dez-vous, il m’a dit : «Je­vais fai­re­de­toiun­point­guard.» Je l’ai re­gar­dé et j’ai ba­fouillé : «De­quoi­par­lez-vous?» Il m’a ré­pon­du que j’al­lais dis­tri­buer 15 passes par match et je l’ai re­gar­dé à nou­veau, pen­sant qu’il était fou… » Ce pa­ri dingue est de­ve­nu une réa­li­té et le ré­sul­tat est au­jourd’hui écla­tant. Le bar­bu est de­ve­nu le meilleur pas­seur de la Ligue avec 11.2 as­sists en moyenne (il en dis­tri­buait 7.5 avant). OK, ça ne fait pas le compte an­non­cé mais c’est bien mieux que les spé­cia­listes de la chose comme Rus­sell West­brook (10.4) ou John Wall (10.7). Ajou­té à sa puis­sance de feu in­sen­sée (29.2 pts à 44.1%), cet al­truisme fait du n°13 de Hous­ton une arme of­fen­sive unique, avant-gar­diste. Et sur­tout un can­di­dat prio­ri­taire dans la course au titre de MVP, comme le me­neur du Thun­der. Pour ses dé­buts au poste, sous les ordres de son nou­veau coach, l’an­cien com­père de Dwight Ho­ward (27 ans) a com­pi­lé 41 points et 15 passes. C’était contre Cleve­land le 1er no­vembre. Le voi­ci af­fi­ché aux cô­tés de Ma­gic John­son sur le « Sports Cen­ter » de ESPN. Le len­de­main, di­rec­tion le Ma­di­son Square Gar­den, à New York. Sur la pre­mière pos­ses­sion, le n°3 de la draft 2009 trouve Ryan An­der­son pour un 3-points ou­vert. Quelques dribbles plus tard, il at­tend que Clint Ca­pe­la glisse der­rière un écran puis lui passe le bal­lon en lob. Il trouve en­suite Tre­vor Ari­za. James Har­den fi­ni­ra la soi­rée avec 15 passes et 30 points. Que le na­tif de Los Angeles car­tonne n’a rien, en soi, d’éton­nant mais la fa­ci­li­té avec la­quelle il a pris le contrôle du jeu et la fa­çon dont Coach D’Antoni a trans­for­mé son re­gistre dé­passent l’en­ten­de­ment. En huit sai­sons dans la Ligue, Har­den n’avait été « qu’une » ma­chine à sco­rer (28.9 pts, Top 3 de la NBA). Ses passes rendent soudainement son jeu ar­tis­tique, lu­mi­neux, clair­voyant. Et sa pro­duc­tion ter­ri­fiante, pour ceux qui avaient dé­jà l’ha­bi­tude de suer pour dé­fendre sur le shoo­ting guard in­te­nable qu’il était. L’ar­rière des Ro­ckets reste l’un des joueurs of­fen­sifs les plus per­for­mants par­mi ceux qui uti­lisent au moins 30% des pos­ses­sions de leur équipe. Mais il af­fiche dé­sor­mais un taux de passes cal­cu­lé à 51%. Trois gar­çons seule­ment ont ter­mi­né une sai­son avec un taux d’as­sists su­pé­rieur à 50% de­puis 2000 : Steve Nash, Ch­ris Paul et Ra­jon Ron­do, tous des point guards tra­di­tion­nels. Dé­tes­té pour ses voyages in­ces­sants sur la ligne des lan­cers francs et ses grosses la­cunes dé­fen­sives, « The Beard » a cal­mé tout le monde. Il a dé­pas­sé le roi Ha­keem Ola­ju­won pour le re­cord de triple-doubles de la fran­chise texane. Mar­ty­ri­sant les Knicks une nou­velle fois, le soir du ré­veillon du Nou­vel An, il en­voya 53 points (re­cord per­so), 17 passes (là en­core, un re­cord) et 16 re­bonds ! Le deuxième triple-double à 50 points au cours des 41 der­nières an­nées (il a re­joint Rus­sell West­brook). C’était aus­si la pre­mière fois qu’un joueur s’af­fi­chait à plus de 50 pions, 15 prises et 15 ca­viars dans un match. Un mois plus tard, il ré­ci­di­vait qua­si­ment : 51 points, 13 re­bonds et 13 passes contre Phi­la­del­phie. L’entraîneur de San Antonio, Gregg Po­po­vich, a confes­sé à ESPN qu’il ne re­gar­dait que le jeu d’une équipe : les Ro­ckets. Car « Har­den est in­croyable ». Les chiffres sont as­tro­no­miques. Mike D’Antoni est plei­ne­ment conscient du fait qu’il a trans­for­mé un bou­li­mique de shoots en un vé­ri­table monstre : « Mes at­tentes le concer­nant sont très élevées, je ne sais pas s’il peut les dé­pas­ser mais il joue ter­ri­ble­ment bien. Il a re­pris le poste de me­neur et il com­prend ce que nous re­cher­chons. Il est très in- tel­ligent. » Har­den, grand fa­vo­ri pour le titre de MVP 2017 avec Rus­sell West­brook, rou­gis­sait presque : « Le coach connaît l’at­taque, c’est son do­maine. Il sait ce qu’il veut et ça marche. Je me sens plus à l’aise dans ce rôle. J’ai tou­jours été créa­teur, je le suis re­de­ve­nu et il rend mon tra­vail beau­coup plus fa­cile. Je n’ai plus à faire des ki­lo­mètres pour al­ler cher­cher le bal­lon. Je le monte moi-même. » James voit vé­ri­ta­ble­ment le jeu comme un me­neur. La question est de sa­voir si dans des playoffs ser­rés, il n’au­ra pas ten­dance à re­prendre ses an­ciennes ha­bi­tudes et à s’ex­pri­mer de fa­çon in­di­vi­dua­liste… Har­den va de­voir res­ter concen­tré et sur­tout en bonne san­té. Son poi­gnet fra­gile le han­di­ca­pait en fin de sai­son ré­gu­lière. « C’est pro­ba­ble­ment ma meilleure sai­son de­puis que je suis à Hous­ton. La plus fun, aus­si. Tout le monde est bien, sur la même lon­gueur d’ondes. » Avec Ryan An­der­son, Eric Gor­don et leurs com­pères, le cham­pion du monde et cham­pion olympique s’éclate. Tel­le­ment qu’ils ont bat­tu le re­cord de tirs à 3 points réus­sis sur une sai­son, une marque éta­blie par les War­riors - une sa­crée ré­fé­rence - l’an­née der­nière (1 078). Har­den est en­tou­ré de shoo­teurs. Il est in­dis­pen­sable d’écar­ter le jeu et de des­ser­rer les dé­fenses. Il le fait à mer­veille. L’an­cien ar­rière du Thun­der est de­ve­nu le pre­mier joueur de l’his­toire de la NBA à mar­quer 2 000 points et à dé­li­vrer des passes dé­ci­sives gé­né­rant 2 000 autres points au cours de la même sai­son. « Il y a beau­coup d’es­paces, beau­coup plus d’oc­ca­sions d’al­ler au cercle, c’est plus fa­cile de trou­ver les gars, com­mente l’in­té­res­sé.

Avant, c’était plus em­bou­teillé. On doit res­pec­ter nos shoo­teurs. Je veux les trou­ver dans de bonnes po­si­tions et même sa­voir où ils sont avant de leur pas­ser la balle. Si­non, vos ad­ver­saires vous le font payer. » Quelle que soit la po­si­tion dans la­quelle il est ali­gné, Har­den brille. Dans ce re­gistre de me­neur com­plet, il at­teint le som­met mais évoluer dans un autre ne l’au­rait pas cha­gri­né. « Je suis un joueur. Je suis un joueur de basket. Point guard, shoo­ting guard, small for­ward, peu im­porte. Je veux juste avoir un im­pact sur le jeu. » Et dire que dans les stats of­fi­cielles, la men­tion « PG » ne fi­gure tou­jours pas de­vant son nom !

james har­den est de­ve­nu le pre­mier joueur de l’his­toire de la nBa à mar­quer 2 000 points et à dé­li­vrer des passes dé­ci­sives gé­né­rant 2000 autres points dans la même sai­son

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