alerte À Cleve­land

LA FIN DE SAI­SON DES CA­VA­LIERS N’A PAS éTé UN LONG FLEUVE TRANQUILLE. AU POINT QU’ON S’IN­QUIèTE POUR LE CHAM­PION EN TITRE. TRèS Lé­GERS Dé­FEN­SI­VE­MENT, LES JOUEURS DE TYRONN LUE SONT FATIGUéS ET ILS DOIVENT IN­Té­GRER LEURS RE­CRUES, TOUT EN Gé­RANT LES BLESSUR

Mondial Basket - - Inside Team -

Pour la pre­mière fois de­puis la mi-no­vembre, les Ca­va­liers ont per­du la tête de leur Confé­rence au pro­fit des Cel­tics. As­som­més à San Antonio, bat­tus à nou­veau par Chi­ca­go, les cham­pions en titre fi­nis­saient par s’éner­ver. Les joueurs de Tyronn Lue pa­rais­saient un brin fé­briles en cette fin de mois de mars où tout le monde cher­chait à ac­cro­cher le meilleur spot pour les playoffs. LeBron James avait beau dé­cla­rer qu’il se fi­chait du stra­pon­tin sur le­quel il se­rait as­sis à l’en­tame de la post­sea­son, le si­gnal d’alarme pou­vait être ti­ré pour Cleve­land. Une équipe dé­bor­dée en dé­fense et usée phy­si­que­ment, alors qu’il fal­lait tou­jours in­té­grer les re­crues (et faire sans les bles­sés). « Le plus im­por­tant, c’est de bien jouer au basket. S’il y a de la casse et que ça doit dé­bou­cher sur la 2e ou la 3e place, peu im­porte. On doit mieux jouer, c’est la prio­ri­té. Mais je ne suis pas in­quiet », ré­pé­tait « LBJ » qui sait que le groupe est ca­pable de se ré­veiller et de se re­mo­bi­li­ser dans la der­nière ligne droite.

Ils ne dé­fendent plus

De­puis le All-Star break, les Cavs ne dé­fendent plus. Cleve­land est même la deuxième plus mau­vaise dé­fense de la Ligue avec 113 points en­cais­sés par match sur cette pé­riode. On peut tou­jours sor­tir les chiffres qui font mal, ils ex­pliquent les choses mieux que de longs dis­cours. Ils jus­ti­fient aus­si le pes­si­misme qui règne ac­tuel­le­ment au­tour de cette équipe. Les hommes du pro­prio Dan Gil­bert étaient 23es pour les pertes de balle pro­vo­quées et 20es pour le pour­cen­tage d’adresse ac­cor­dé à l’ad- ver­saire. Les dan­gers du « small ball » se res­sentent sur­tout dans la ra­quette. Là, Tris­tan Thomp­son es­saie de faire de son mieux mais il se sent seul. Le pi­vot aus­tra­lien Andrew Bo­gut, qui avait dé­bar­qué le 2 mars, s’est tout de suite bles­sé (frac­ture du ti­bia gauche). In­dis­po­nible pour le reste de la sai­son, il a été cou­pé le 13. Le re­ve­nant Lar­ry San­ders, si­gné le même jour, a été envoyé en D-League et Chan­ning Frye n’est pas un vrai in­té­rieur. C’étaient les vrais maillons faibles des Ca­va­liers. On sait aus­si que Ke­vin Love passe son temps entre l’in­fir­me­rie et la table du ki­né. Une in­sta­bi­li­té qui se re­trouve dans les chiffres : 47 points de moyenne en­cais­sés dans la ra­quette. C’est énorme ! Dix-hui­tième équipe pour les points ad­verses mar­qués dans la ra­quette, 27e pour les re­bonds of­fen­sifs ad­verses, 21e pour les points ad­verses en se­conde chance, 24e aux re­bonds dé­fen­sifs, Cleve­land était à la ra­masse. N’en je­tez plus ! Ten­dons plu­tôt le mi­cro à Tyronn Lue : « Les autres équipes sont plus ra­pides que nous, tout sim­ple­ment… » D’après les sa­vants cal­culs de SportVU, la for­ma­tion de l’Ohio était la moins ra­pide en at­taque et la 26e en dé­fense.

Ils sont fatIgués

Après la lourde dé­faite su­bie face aux Spurs (103-74 le 27 mars dans le Texas), le coach des Cavs a lais­sé en­tendre qu’il était prêt à sa­cri­fier la 1ère place du clas­se­ment à l’Est pour re­po­ser ses stars, fa­ti­guées après un mois de mars très exi­geant. Tyronn Lue ex­pli­quait

de­puIs le all-star break, les Ca­va­lIers ne dé­fendent plus. Cleve­land est la deuxième plus mau­vaise dé­fense de la ligue aveC 113 points en­Cais­sés par matCh sur Cette pé­riode

qu’il avi­se­rait au fil des ren­contres. LeBron James af­fi­chait le 12e plus gros to­tal de mi­nutes jouées en NBA (2 510) et il pas­sait en moyenne 37.5 mi­nutes sur les par­quets. Mais l’ai­lier 13 fois All-Star ne veut pas écou­ter son coach ! Le « King » veut être sur le ter­rain. « Il me dit qu’il a be­soin de se mettre en mode « Playoffs », de monter en puis­sance et en ré­gime », confie l’entraîneur des cham­pions sor­tants, ré­si­gné. Le dé­bat re­sur­git tous les ans, quand les coaches des grosses équipes laissent les superstars sur le banc ou en tri­bunes, au grand dam des spec­ta­teurs qui paient cher leur place pour les voir en ac­tion. « Je dé­teste les ex­cuses, af­firme LeBron. Je dé­teste par­ler des bles­sures ou du ca­len­drier. On avait 17 matches en mars, on a chan­gé de ré­gion six fois en huit jours ? Il faut faire avec. On a les jambes lourdes mais c’est pour ce­la qu’on a un groupe de 15 joueurs. Il est vrai qu’on pa­raît lent face à cer­taines équipes. Il faut qu’on soit en meilleure forme. Ça craint de se dire qu’en mars, on n’est pas dans une forme op­ti­male mais per­son­nel­le­ment, je me sens bien. » Dont acte !

Ils re­fusent de pa­nI­Quer

En per­dant un cin­quième match en sept ren­contres, à la toute fin du mois de mars, LeBron James et Ky­rie Ir­ving de­vaient se rendre à l’évi­dence. « On est dans une mau­vaise po­si­tion. Je pense que nous ne sommes pas concen­trés pen­dant 48 mi­nutes et c’est mal­heu­reux », tran­chait le pre­mier. Pour le se­cond, qui ré­cla­mait le re­tour du « plai­sir de jouer en­semble », les Cavs sont face à un mur. « Pour être hon­nête, on se dis­perse un peu mais c’est na­tu­rel, as­su­rait le me­neur quatre fois All-Star. C’est sans doute le pre­mier obs­tacle que l’on af­fronte en­semble. Ça craint vrai­ment lors­qu’on se re­trouve dans une telle im­passe mais on avance quand même, même si ça ne vous pa­raît pas évident. Après le match contre les Bulls (ndlr:dé­faite93-99 dansl’Il­li­noisle30mars), on a en­core avan­cé. Ce n’est pas le mo­ment de pa­ni­quer. Ça va al­ler. C’est sim­ple­ment moche. » De­puis ses dé­buts en NBA, LeBron James n’avait ja­mais connu un mois avec deux chiffres dans la co­lonne Dé­faites. Il faut re­mon­ter à 2003, no­vembre pré­ci­sé­ment, son pre­mier mois dans la Ligue, pour trou­ver trace de 11 dé­faites. Ça fait quand même un peu tache.

Ils ne font plus peur

Qu’il est loin, le temps où la dé­fense des Ca­va­liers mal­me­nait les War­riors en Fi­nales NBA ! Par­ti avec ses cer­ti­tudes de cham­pion, à l’aise en dé­but de sai­son avec la seule force d’un LeBron James tou­jours in­tou­chable, Cleve­land s’est peut-être vu trop beau. Le groupe s’est mon­tré trop confiant en at­ten­dant tran­quille­ment les playoffs. La dy­na­mique s’est cas­sée quand il a fal­lu ré­in­té­grer les bles­sés, J.R. Smith et Ke­vin Love en par­ti­cu­lier, mais aus­si ap­prendre à jouer avec les nou­veaux qu’étaient Kyle Kor­ver (ex-At­lan­ta) et les deux Williams, De­ron (ex-Dal­las) et Der­rick (ex-Mia­mi). Ob­sé­dés par la réus­site de Gol­den State dans l’autre Confé­rence et sans doute aus­si un peu ja­loux du re­cru­te­ment de Ke­vin Du­rant, les Cavs n’ont pas l’es­prit tranquille. Et sur­tout, ils ne font plus peur. L’équipe de Coach Lue s’est in­cli­née contre Gol­den State, San Antonio, Hous­ton, Washington et Bos­ton, pour ne ci­ter que les plus sé­rieux can­di­dats au titre. N’ou­blions pas que les cham­pions 2016 dé­pendent énor­mé­ment de leur adresse à 3 points cette sai­son. Quand les sni­pers ne sont pas au ren- drez-vous, il y a peu de so­lu­tions, pas d’autres sys­tèmes ou de consignes que d’of­frir le bal­lon à « LBJ » et de le lais­ser se dé­brouiller seul. Dans le même temps, Bos­ton, Washington et To­ron­to, les trois prin­ci­paux concur­rents de Cleve­land à l’Est, dé­ve­loppent un jeu plus struc­tu­ré. Ce sont des équipes plus jeunes et sur­tout dé­com­plexées qui n’hé­si­te­ront pas à bous­cu­ler une for­ma­tion ju­gée moins se­reine et do­mi­nante.

MaIs Ils ont un COEur de CHaM­pIon !

Le cham­pion avec un gros coeur est-il ca­pable de réus­sir le back-to-back ? A l’heure ac­tuelle, la réponse tend au né­ga­tif. Mais un tour de playoffs fa­cile peut re­créer une dy­na­mique, ré­veiller le ves­tiaire, of­frir de la co­hé­sion à une fran­chise et un col­lec­tif qui en ont man­qué tout au long de l’an­née à cause des bles­sures. L’in­té­gra­tion des nou­veaux et des ré­édu­qués a per­tur­bé leur quo­ti­dien. Une qua­li­fi­ca­tion ai­sée peut per­mettre de re­trou­ver un zeste de lu­ci­di­té, au moins jus­qu’en fi­nale de Confé­rence. LeBron James, qui a dé­pas­sé Sha­quille O’Neal au clas­se­ment des meilleurs mar­queurs de l’his­toire (7e avec 28 597 points), ré­pète à qui veut l’en­tendre qu’il ne cherche pas d’ex­cuses et qu’il de­mande à ses pe­tits ca­ma­rades de re­mettre le bleu de chauffe. L’ef­fort ne se­ra payant que s’il est col­lec­tif. Ça com­mence en dé­fense. Comme la dé­fense d’un titre de cham­pion NBA !

les dan­gers DU « SMALL BALL » SE res­sentent sur­tout dans la ra­Quette : 47 points en­Cais­sés en moYenne « in the paint ». énorme !

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