WASHINGTON EN LETTRES CA­PI­TALES

WASHINGTON A REM­POR­TÉ SON PRE­MIER TITRE DE DI­VI­SION APRÈS 38 ANS D’AT­TENTE ! IL FAL­LAIT RE­MON­TER À 1979 POUR TROU­VER LA DER­NIÈRE BAN­NIÈRE DE DI­VI­SION, DU TEMPS DES BULLETS. À PRÉ­SENT, LES WI­ZARDS VEULENT CROIRE EN LEUR BONNE ÉTOILE EN PLAYOFFS.

Mondial Basket - - Inside Team -

Pe­tite éclair­cie dans le ciel de Washington, le 28 mars, quand les Wi­zards se sont im­po­sés au Staples Cen­ter de Los Angeles, face aux La­kers. Cette 46e vic­toire de la sai­son of­frait aux Ma­gi­ciens leur pre­mier titre de di­vi­sion de­puis 1979, soit 38 ans de di­sette et autres in­fa­mies, toutes ces an­nées où la fran­chise de la ca­pi­tale fé­dé­rale a été à la peine. Un titre de di­vi­sion chez les War­riors ou les Ca­va­liers n’avait au­cune va­leur, quelques se­maines plus tôt à Oak­land et Cleve­land, mais à Wash’, on n’a pas bou­dé son plai­sir après une très longue at­tente. Cer­tains fans portent en­core le jer­sey de Wes Un­seld, ce­lui d’El­vin Hayes ou ce­lui de Bob Dan­dridge, les der­niers di­no­saures du titre de di­vi­sion ob­te­nu il y a près de 40 ans, à une époque où les Bullets (fu­turs Wi­zards), en­traî­nés par Dick Mot­ta, avaient at­teint et rem­por­té les Fi­nales NBA 4-1 face aux Su­per­so­nics de Seat­tle (fu­tur Ok­la­ho­ma Ci­ty). Les Wi­zards ne le crient pas sur tous les toits mais ils nour­rissent des es­poirs pour la cam­pagne de post­sea­son 2017, eux qui ont lou­pé la pré­cé­dente. Comme le clai- ronne John Wall, « c’est bien d’avoir rem­por­té ce titre de di­vi­sion car ça n’avait pas été fait de­puis très long­temps. C’est au moins quelque chose qu’on peut ap­pré­cier. C’est bien pour le coach (ndlr:ScottB­rooks) qui réus­sit ça dès sa pre­mière an­née avec nous. Mais on a des ob­jec­tifs bien plus grands et tout reste à faire. » Coach Brooks, qui avait été re­mer­cié il y a deux ans au Thun­der, s’ap­puie sur un jeu d’at­taque où les deux ar­rières, John Wall (26 ans, 7e sai­son NBA) et Brad­ley Beal (23 ans, 5e sai­son), s’en donnent à coeur joie pour réus­sir de gros car­tons. Ce ba­ck­court est l’un des plus pro­li­fiques de la Ligue avec une moyenne de 43.6 points chaque soir, ce qui est com­pa­rable à la pro­duc­tion des « Splash Bro­thers » de la West Coast (Ste­phen Curry-Klay Thomp­son chez les War­riors). Ce titre de la Sou­theast ar­ra­ché au nez et à la barbe d’At­lan­ta (lau­réat en 2015), Mia­mi (toutes les an­nées entre 2011 et 2016 sauf 2015), Or­lan­do (der­nière cou­ronne en 2010) et Charlotte (ja­mais sa­cré) lave un af­front bien plus grand en­core : ces 38 ans d’at­tente consti­tuaient un re­cord par­mi les quatre sports ma-

« ON A EN­FIN MIS tOut LE MONDE D’ac­cORD aVEc cE tItRE DE DI­VI­SION. MAIN­TE­NANT, ON A D’AUTRES BUTS EN PLAYOFFS » Brad­ley Beal (ar­rière)

jeurs aux Etats-Unis (foot­ball amé­ri­cain, ba­seball, ho­ckey-sur-glace, basket) ! Le shoo­ting guard Brad­ley Beal était fa­ti­gué d’en­tendre tou­jours par­ler de la même chose. « On nous l’a suf­fi­sam­ment ra­bâ­ché… C’est ter­mi­né, main­te­nant. On nous di­sait aus­si qu’il fal­lait ga­gner 50 matches dans la sai­son. On en­ten­dait sans cesse qu’il fal­lait tout don­ner pour ter­mi­ner à la 1ère place ou à la 2e place de la Confé­rence. Au moins, on a en­fin mis tout le monde d’ac­cord avec ce titre de di­vi­sion. C’est un dé­but. Main­te­nant, on a d’autres buts en playoffs. On va don­ner le meilleur pour le pro­chain dé­fi. » Entre 1979 et cette sai­son 2016-17, Washington af­fi­chait un solde - lar­ge­ment né­ga­tif - de 1 259 vic­toires pour 1 727 dé­faites ! Pas de quoi ras­su­rer les fans. La fran­chise avait été 2e de dif­fé­rentes di­vi­sions sept fois et 3e quatre fois. Dans la conti­nui­té, les Bullets puis les Wi­zards furent 4es ou der­niers 26 fois ! Au­jourd’hui, ils de­viennent les pre­miers chal­len­gers de Cleve­land, te­nant du titre, au même titre que Bos­ton et To­ron­to. Coach Brooks est vrai­ment fier de ce groupe : « Washington n’avait pas connu un tel bon­heur de­puis pra­ti­que­ment 40 ans et c’est la com­bi­nai­son du tra­vail de cha­cun des joueurs. Je suis heu­reux d’avoir pu ac­com­plir ça avec eux. On a es­sayé de faire du mieux pos­sible tout au long de la sai­son. Mais on ne s’ar­rê­te­ra pas à ça, on veut être per­for­mants en playoffs. »

paS­SER uN cap EN pLaYOFFS

Ab­sents de la post­sea­son au prin­temps 2016, les Wi­zards ont frô­lé la cor­rec­tion­nelle, cette an­née en­core, après un dé­but d’exer­cice com­pli­qué. Ils s’af­fi­chaient ain­si à seule­ment 2-8 en no­vembre ! Washington avait in­ves­ti 64 millions de dol­lars sur Ian Ma­hin­mi mais le 8 fé­vrier, le pi­vot « fren­chie », tou­ché au ge­nou, n’avait joué que deux matches. Scott Brooks a dû faire confiance au Po­lo­nais Mar­cin Gor­tat et s’ap­puyer sur les ai­liers Mar­kieff Mor­ris et Ot­to Por­ter, un shoo­teur à 3 points qui a fi­nit par s’ef­fon­drer au mois de mars. Rien de simple, non plus, avec le pi­vot rem­pla­çant Jason Smith, ins­tal­lé une quin­zaine de mi­nutes dans la ra­quette chaque soir, alors que le so­pho­more Kel­ly Oubre as­su­rait le re­lais de Por­ter en small for­ward. « Les gars ont bos­sé dur pour mé­ri­ter leur temps de jeu et ap­por­ter leur contri­bu­tion dans les vic­toires. C’est vrai­ment un groupe tout en­tier qui a réus­si », te­nait à sou­li­gner Scott Brooks. Eli­mi­né par In­dia­na en 2014 et At­lan­ta en 2015, les deux fois en de­mi-fi­nales de Confé­rence et à chaque fois 4-2, Washington pos­sède dé­sor­mais suf­fi­sam­ment d’ex­pé­rience pour re­le­ver le pa­ri d’ac­cro­cher une fi­nale de Confé­rence. La 5e at­taque de la Ligue ne manque pas d’atouts of­fen­sifs. L’équipe reste faible en dé­fense (22e de NBA) et elle ne contrôle pas as­sez le re­bond (21e) avec 43.1 prises en moyenne. Si Beal reste un bon shoo­teur à 3 points (40.4%), Wall est d’abord un joueur de contre-at­taque. Faute de re­bonds, les Wi­zards se privent d’une arme es­sen­tielle avec la pa­no­plie de leur me­neur. L’autre fai­blesse est le manque de contres. Gor­tat est le « meilleur » du ros­ter avec… 0.8 block par match. Si les cinq star­ters émargent à plus de 30 mi­nutes par match, le Fran­çais Ian Ma­hin­mi et le Croate Bo­jan Bog­da­no­vic, ar­ri­vé de Brook­lyn le 27 fé­vrier der­nier, pour­raient ga­gner du temps de jeu en playoffs et ap­por­ter une consis­tance nou­velle en sortie de banc. L’an­cien ai­lier des Nets tourne à 13.7 points sur 23.5 mi­nutes, en shoo­tant à 46.4% et 39% der­rière l’arc. Il s’af­fi- chait à plus de 14 points à « Big Apple ». Ma­hin­mi n’avait par­ti­ci­pé qu’à 26 matches avant d’at­ta­quer le mois d’avril. Lui aus­si re­pre­nait tran­quille­ment avec 17 mi­nutes par soir, pour 5.5 points et 4.7 re­bonds. Il fau­dra plus d’un ex­ploit en playoffs pour créer la sur­prise mais ce­lui réa­li­sé le 25 mars à la Q Are­na, avec une vic­toire 127-115 face à LeBron James et Cie, a ap­por­té de la confiance à Washington. Ce jour-là, les Wi­zards ont trans­per­cé les Ca­va­liers chez eux en shoo­tant à 59.8% ! Per­sonne n’avait réus­si à faire ça cette sai­son contre le cham­pion sor­tant. C’est cette agres­si­vi­té et cette du­re­té que Wash’ veut et doit gar­der du­rant toute la post­sea­son, pour dé­trô­ner le « King » et ses vas­saux. Les Wi­zards joue­ront tous leurs matches à do­mi­cile, au Ve­ri­zon Cen­ter, avec leurs cé­lèbres te­nues « Stars & stripes », qu’ils ont dé­jà por­tées six fois cette sai­son. Est-ce que ce se­ra suf­fi­sant pour attirer Do­nald Trump ? Pas sûr. Pas sûr non plus que ce soit le sou­hait des co­équi­piers de John Wall et de leur coa­ching staff. En 1979, quand les Bullets étaient al­lés cher­cher une place en Fi­nales face aux So­nics, Jim­my Car­ter, alors pré­sident des Etats-Unis, était aux pre­mières loges, der­rière les joueurs de Washington. Cette an­née, les Wi­zards pré­fé­re­ront gar­der leurs fans in­con­di­tion­nels. Des sup­por­ters dé­jà bien ré­com­pen­sés.

« C’EST BIEN D’AVOIR REM­POR­TÉ CE TITRE DE DI­VI­SION CAR ÇA N’AVAIT PAS ÉTÉ FAIT DE­PUIS TRÈS LONG­TEMPS. MAIS ON A DES OB­JEC­TIFS BIEN PLUS GRANDS ET TOUT RESTE À FAIRE » John Wall (me­neur)

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