« IM­POS­SIBLE DE DÉ­PAR­TA­GER RUS­SELL WEST­BROOK ET JAMES HAR­DEN POUR LE TITRE DE MVP » KOBE BRYANT

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LE JEUNE RE­TRAI­TÉ KOBE BRYANT PORTE UN RE­GARD POIN­TU SUR LA NBA, QU’IL A QUIT­TÉE IL Y A MOINS D’UN AN. LE « BLACK MAM­BA » EST UN OB­SER­VA­TEUR TOU­JOURS AUS­SI PAS­SION­NÉ MAIS IL AD­MET NE PAS ÊTRE IN­TÉ­RES­SÉ PAR UN RÔLE DE DI­RI­GEANT ALORS QUE LES LA­KERS, SON ÉQUIPE DE TOU­JOURS, VIENNENT DE ME­NER LEUR RÉ­VO­LU­TION. ÉCOU­TEZ…

MON­DIAL BASKET : Kobe, quels sont les joueurs ac­tuels que tu ap­pré­cies ? Kobe BRYANT : Il y en a trois en par­ti­cu­lier que j’adore re­gar­der, Rus­sell West­brook, James Har­den et Kawhi Leonard. Par cer­tains de ses mou­ve­ments et sa po­si­tion sur le ter­rain, Kah­wi me res­semble un peu dans le jeu. J’adore cette gé­né­ra­tion ! J’aime bien aus­si Ky­rie Ir­ving.

MB : Cette sai­son est ex­cep­tion­nelle en termes de per­for­mances in­di­vi­duelles. Comme West­brook, qui était proche d’ali­gner un tri­ple­double de moyenne, Har­den et Leonard, que tu viens de ci­ter, LeBron James et Isaiah Thomas tirent leur équipe vers le haut… Si tu de­vais choi­sir « The MVP », qui pren­drais-tu ? K.B. : Je pense sin­cè­re­ment que James Har­den et Rus­sell West­brook de­vraient être élus coMVP. C’est im­pos­sible d’en choi­sir un vu leur sai­son. C’est du ja­mais vu ! Et cha­cun d’entre eux re­con­naî­tra que l’autre a réus­si lui aus­si une an­née in­croyable. Ce se­rait plus juste de leur don­ner le tro­phée à tous les deux.

MB : Devin Booker qui plante 70 points contre Bos­ton, ça t’ins­pire quoi ? K.B. : Il faut qu’on ap­pré­cie une telle perf car ça s’est per­du dans les com­men­taires plu­tôt né­ga­tifs qui ont sui­vi, d’au­tant qu’il y avait dé­faite au bout pour Phoe­nix. Ça va res­ter dans les livres d’his­toire. Mar­quer 70 points, c’est beau­coup. Il faut vrai­ment ap­pré­cier le simple fait que quel­qu’un ait fait ça. Et il a dit qu’il ne se fixait au­cune li­mite… Cette dé­cla­ra­tion se perd dans tous les« Est-ce que c’ était bien ou pas?» . Non, écou­tez ce qu’il a dit. «Je­ne­veux pas me fixer de li­mites.-Tu penses que tu peux mar­quer plus de 70 points ?- Oui, pour­quoi pas? Ça au­rait pu être 80, ça au­rait pu être 90…» C’est cette men­ta­li­té qui est très im­por­tante pour la pro­chaine gé­né­ra­tion de joueurs. Il faut qu’ils com­prennent qu’ils ne doivent pas se po­ser de li­mites. Il faut se concen­trer sur ça plu­tôt que sur le reste. Réus­sir ça à 20 ans, c’est gé­nial !

MB : C’est un peu le même dis­cours que tu te­nais, non ? K.B. : Devin a dit qu’il s’était ins­pi­ré de moi. Qu’il avait lu une in­ter­view où je di­sais que ce qui me sé­pa­rait de beau­coup d’autres joueurs,

« Ja­MaIS uN cOach N’EST VE­NU ME DE­MAN­DER DE ME RE­PO­SER » Avec Ma­gic John­son

« ÊtRE pRÉ­SENt tOuS LES JOuRS, cE N’ESt tOut SIM­pLE­MENt paS FaIt pOuR MOI. AU­JOURD’HUI, JE TRA­VAILLE SUR MES PROPRES PRO­JETS. J’AIME ÉCRIRE, FIL­MER, CRÉER, CONSTRUIRE… »

c’était qu’ils pen­saient que mar­quer 30 points était énorme alors que moi, je ne m’étais ja­mais fixé de li­mites. Si j’avais pu en mettre 100…

MB : Ma­gic John­son et ton an­cien agent Rob Pe­lin­ka ont pris les com­mandes des La­kers. Ils rêvent de te voir les re­joindre. Pour­quoi ne t’in­ves­tis-tu pas comme di­ri­geant ? K.B. : Etre pré­sent tous les jours, ce n’est tout sim­ple­ment pas fait pour moi. Au­jourd’hui, je tra­vaille sur mes propres pro­jets. J’aime écrire, j’aime fil­mer, j’aime créer, j’aime construire… L’ima­gi­na­tion est un do­maine dans le­quel je m’in­ves­tis à 100%.

MB : Est-ce un non dé­fi­ni­tif aux appels des La­kers ? K.B. : Je suis tou­jours là pour ré­pondre au té­lé­phone. Rob est un ami, proche des miens de­puis tou­jours et notre re­la­tion est ex­cel­lente. Donc, on peut tou­jours s’ap­pe­ler et Ma­gic aus­si. Les La­kers sont ma fa­mille, je se­rai tou­jours dis­po­nible pour Jea­nie Buss (ndlr:la­pro­prié­taire) et pour cette fran­chise. Ils savent très bien que je me si­tue seule­ment à un coup de té­lé­phone. Je reste tou­jours aux alen­tours…

MB : Avec 48 637 mi­nutes de pré­sence sur les par­quets NBA, tu es le 6e joueur le mieux clas­sé de tous les temps. Que pen­ses­tu des mises au re­pos des stars ac­tuelles, comme ce qu’ont fait les War­riors et les Ca­va­liers, une mé­thode uti­li­sée aus­si par Gregg Po­po­vich chez les Spurs ? K.B. : Quand on manque un match, il y a tou­jours un ga­min qui est là et qui ne ver­ra pas son joueur pré­fé­ré, ain­si qu’une fa­mille qui a dé­pen­sé de l’ar­gent, et c’est com­pli­qué… Donc, si on est en me­sure de jouer, il faut jouer.

MB : Ne penses-tu pas que les sai­sons sont trop longues et qu’on tire beau­coup trop sur un joueur comme LeBron James, qui porte sans cesse son équipe ? K.B. : LeBron a tel­le­ment fait pour ce sport qu’il a ga­gné le droit de se re­po­ser. Il a ga­gné ce droit… Il a tel­le­ment éle­vé ce sport !

MB : Tu n’as ja­mais de­man­dé à te re­po­ser en pleine sai­son ré­gu­lière ? K.B. : Ja­mais un coach n’est ve­nu me de­man­der de me re­po­ser. Il va­lait mieux, d’ailleurs…

MB : C’est sans doute ce manque de re­pos et tes bles­sures qui ont pré­ci­pi­té la fin de ta car­rière, non ? K.B. : Fi­na­le­ment, cette bles­sure au ten­don d’Achille était

une bonne chose puisque ça m’a ré­veillé. J’ai pris conscience que ma car­rière tou­chait à sa fin. Je de­vais me pré­pa­rer et ne pas lais­ser les choses se dé­rou­ler de­vant moi de ma­nière pas­sive.

MB : On t’a vu au Staples Cen­ter pour la pré­sen­ta­tion de la sta­tue de Sha­quille O’Neal. Quel type de gars est-il, alors que vos re­la­tions ont par­fois été ten­dues ? K.B. : Nous avons en­ten­du beau­coup d’his­toires à propos de Shaq. Mais on n’a pas as­sez dit à quel point c’était un grand joueur ! Le plus do­mi­nant que j’aie connu. C’était un gars hy­per fun qui ado­rait ra­con­ter des blagues et faire mar­rer ses co­équi­piers. Avant le coup d’en­voi d’un match, il ap­puyait sur l’in­ter­rup­teur. C’était fi­ni, la ri­go­lade… Plus de blagues. Il vou­lait do­mi­ner.

MB : As-tu un sou­ve­nir par­ti­cu­lier avec lui, une anec­dote ? K.B. : Je me sou­viens d’une sé­rie de playoffs contre San Antonio en 2001. Il vient me voir dans le bus et me dit : «Passe-moi­la­balle très tôt ce soir, passe-moi la balle dès le dé­but .» Je lui de­mande ce qui se passe et il me ré­pond :« Quand j’ étais ga­min, David Robinson n’ était pas très gen­til avec moi .» Je sa­vais que la sé­rie était dé­jà dans la poche !

MB : La hache de guerre est donc en­ter­rée ? K.B. : Je vou­lais le re­mer­cier parce que j’ai ap­pris énor­mé­ment au­près de lui. J’ai dit à ses en­fants :« Vous de­vez sa­voir que votre père était très mé­chant. Très, très mé­chant !» Puis avant de nous em­bras­ser, je l’ai fé­li­ci­té.

Avec Rus­sell West­brook

Avec Sha­quille O’Neal Avec Devin Booker

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