SPÉCIAL POINT GUARDS : ME­NEURS SCOREURS

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FÂCHÉ AVEC SON ADRESSE À 3 POINTS CETTE SAI­SON, STE­PHEN CURRY A RE­TROU­VÉ TOUTES SES SEN­SA­TIONS AUX TIRS… EN L’AB­SENCE DE KE­VIN DU­RANT. AU MEILLEUR MO­MENT, JUSTE AVANT LES PLAYOFFS. PA­RA­DOXAL ?

En ajou­tant Ke­vin Du­rant à leur cinq, les War­riors sa­vaient per­ti­nem­ment qu’il fau­drait par­ta­ger le bal­lon dif­fé­rem­ment. La marque se­rait né­ces­sai­re­ment plus équi­li­brée. Ce­lui qui de­vait le plus en souf­frir, sur le pa­pier, c’était le double MVP en titre, Ste­phen Curry. Et cer­tains ont fi­ni par se po­ser la question : Steph a-t-il « per­du » son shoot à 3 points, sa marque de fa­brique ? En tour­nant à 40% dans l’exer­cice (tous ses ad­ver­saires di­rects si­gne­raient les yeux fer­més pour une telle pro­duc­tion), il af­fi­chait son plus mau­vais pour­cen­tage d’adresse de­puis ses dé­buts dans la Ligue, lui qui tour­nait à 43.7. Le sco­reur ca­li­for­nien n’en fai­sait pas un psy­cho­drame ni une af­faire d’Etat. C’était un pas­sage obli­gé. Réa­jus­te­ment obli­ga­toire. Seule­ment, quand « KD » s’est bles­sé fin fé­vrier, les choses ont chan­gé… En mal, au dé­but, sur la pre­mière par­tie d’une sé­rie de six ren­contres. Les joueurs de Steve Kerr n’ont rem­por­té que deux matches (dé­faites à Washington, à Chi­ca­go, contre Bos­ton, à Min­ne­so­ta et à San Antonio entre le 28 fé­vrier et le 11 mars). Réa­dap­ta­tion, là aus­si, une phase ren­due dé­li­cate par un gros coup de fa­tigue. On a vite ou­blié, parce que Gol­den State a en­chaî­né 11 vic­toires der­rière, mais le n°30 a pro­duit un dé­sastre de basket der­rière la ligne. Du­rant cette pé­riode, il af­fi­chait un épou­van­table 28% dans son hob­by pré­fé­ré. Son jar­din. Lui qui n’avait ja­mais ter­mi­né une sai­son sous les 42% de­puis ses dé­buts pros frô­lait la cor­rec­tion­nelle. Cette an­née, le cham­pion 2015 a cu­mu­lé six matches sans mar­quer plus d’un pa­nier à 3 points en en ten­tant huit au mi­ni­mum. Toutes ces ren­contres se dé­rou­laient à l’ex­té­rieur. « Je manque mes shoots, des shoots que je rentre ha­bi­tuel­le­ment. Il n’y a pas de rai­son… Je vais conti­nuer à les prendre jus­qu’à ce qu’ils rentrent. Je ne vais pas chan­ger ma

« Je ne vaiS paS Chan­ger ma mé­Ca­nique de tir parCe qu’un Soir, Je SuiS mal­adroit »

mé­ca­nique de tir parce qu’un soir, je suis mal­adroit. » Un re­pos sal­va­teur contre les Spurs, le 11 mars, a com­plè­te­ment chan­gé la donne. « C’était la bonne dé­ci­sion vu le ca­len­drier de fou qui nous at­ten­dait. Ce pe­tit break men­tal de 24 heures a été en­core plus bé­né­fique que je ne le pen­sais. Mais je n’ai ja­mais per­du confiance en moi, ni chan­gé quoi que ce soit dans ma pré­pa­ra­tion. » Les War­riors ont ain­si ali­gné onze vic­toires consé­cu­tives et leur lea­der a re­trou­vé son vrai ni­veau. Un ni­veau d’ex­cel­lence. Il re­de­ve­nait la pre­mière op­tion of­fen­sive des Ca­li­for­niens et as­su­rait aus­si son quo­ta de passes dé­ci­sives. La « Dub Na­tion » ne per­dait plus, y compris contre les gros out­si­ders (Ok­la­ho­ma Ci­ty, Hous­ton et San Antonio chez eux, Mem­phis à l’Oracle Are­na). Les chiffres sont pas­sés au vert et même au vert fon­cé pour le sni­per de 29 ans : 27 points de moyenne sur cette sé­rie fi­nale, 50% d’adresse, 7.9 passes et en­fin 46.5% à 3 points, avec 4.8 pa­niers réus­sis der­rière la ligne dans l’ul­time sprint. Le vrai Curry était de re­tour au meilleur mo­ment, en l’ab­sence de Du­rant (en­torse du ge­nou gauche).Ste­phen a été le pre­mier joueur à ins­crire plus de 300 pa­niers à 3 points dans une sai­son, l’an pas­sé (402). Il est au­jourd’hui le pre­mier à réa­li­ser cet ex­ploit deux fois (305 au 5 avril). Le me­neur quatre fois All-Star re­de­vient le vrai pa­tron et à l’ap­proche du mo­ment de vé­ri­té, il ne pou­vait que sou­li­gner les ef­forts de tous ses par­te­naires, même les nou­veaux, dans cette re­nais­sance. « Nous avons bien bos­sé. Les gars se com­plètent. Pa­trick McCaw, Matt Barnes et Ian Clark ont com­pen­sé l’ab­sence de Ke­vin (Du­rant), Andre (Iguo­da­la) joue tou­jours un grand rôle en sortie de banc, nous avons ren­for­cé notre in­ten­si­té et notre at­ten­tion dé­fen­sive, ce qui nous a ai­dés à ali­men­ter notre at­taque. Nous mar­quons des points, peu im­porte si nous met­tons ou man­quons les tirs de fa­çon constante. Nous nous don­nons tou­jours une chance de ga­gner par notre pres­sion dé­fen­sive. Nous avons beau­coup ap­pris sur nous-mêmes mais il y a des choses sur les­quelles nous de­vons tra­vailler pour les playoffs. Nous es­pé­rons pou­voir évoluer à pleine puis­sance car Ke­vin se­ra de re­tour. » Dire que Gol­den State a mieux joué sans Du­rant frôle l’in­cor­rec­tion mais en ce qui concerne Steph Curry, il n’y a pas de doute !

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