ROOKIE : MALCOLM BROGDON (MIL­WAU­KEE)

MaLCOLM BROGDON

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LES éTU­DIANTS QUI AT­TER­RISSENT EN NBA AU BOUT DE LEUR CUR­SUS UNI­VER­SI­TAIRE SONT DE PLUS EN PLUS RARES. à 24 ANS, MALCOLM BROGDON, LE ME­NEUR DES BUCKS, EST EN PASSE DE S’IM­PO­SER COMME LE « STEAL » DE LA DER­NIÈRE DRAFT. Bé­Né­FI­CIANT DE L’AB­SENCE DE JOEL EMBIID, IL SE POSITIONNAIT EN FA­VO­RI POUR LE TITRE DE ROOKIE DE L’AN­NéE. IL FAU­DRA SUIVRE EN PLAYOFFS CE­LUI QUI EST DE­VE­NU LE CHOU­CHOU DE JASON KIDD EN PER­SONNE.

Mil­wau­kee et Jason Kidd ont-ils réus­si le hold-up par­fait de la der­nière draft ? Malcolm Brogdon, choi­si en 36e po­si­tion à sa sortie de Virginia, ne cor­res­pond pas aux cri­tères du Rookie of the year stan­dard. Le me­neur a dé­jà 24 ans et il en a pas­sé cinq à la fac. C’est un « vieux », un gars plus âgé de deux ans que ses par­te­naires Gian­nis An­te­to­kounm­po et Ja­ba­ri Par­ker. Mais les chiffres peuvent ra­con­ter des his­toires bien dif­fé­rentes… Le point guard de Mil­wau­kee est un can­di­dat sé­rieux au titre de Rookie de l’an­née 2017. Avec ses 42.8% à 3 points, il me­nait la danse sta­tis­tique des dé­bu­tants dans cette ca­té­go­rie, tout en se clas­sant 3e meilleur mar­queur (10.3 pts) et meilleur pas­seur (4.3 pds) par­mi les roo­kies. Si Joel Embiid était consi­dé­ré comme le grand fa­vo­ri pour le tro­phée, une bles­sure au ge­nou l’a contraint à stop­per sa sai­son après 31 matches. Le plus pe­tit nombre de ren­contres jouées par un Dé­bu­tant de l’an­née est de 50 : c’était le to­tal at­teint par Pa­trick Ewing en 1985-86. Vince Car­ter en avait lui aus­si dis­pu­té 50 mais c’était lors d’une sai­son am­pu­tée par un lock-out, en 1998-99. L’exi­gence mi­ni­male, jouer la moi­tié de la sai­son (41 matches), semble rai­son­nable, une norme que Embiid ne pour­ra pas ho­no­rer. « Je pense que Joel est un joueur très ta­len­tueux, dé­clare Jason Kidd, l’entraîneur des Bucks. S’il jouait, il au­rait pro­ba­ble­ment concou­ru avec Malcolm parce que c’est un gar­çon do­mi­nant. Ce n’est pas à moi de dé­ci­der, les jour­na­listes votent… Ce se­ra in­té­res­sant. Je pense que même dans les sa­lons de coif­fure, il y a dé­bat sur la re­crue de l’an­née ! » Les Bucks n’ont eu qu’un Rookie de l’an­née dans leur his­toire, quand Ka­reem Ab­dul-Jab­bar avait sur­vo­lé l’exer­cice 1969-70 après avoir été choi­si en n°1 de la draft. Le Croate Da­rio Sa­ric (12.9 pts, 6.4 rbds, 75 ren­contres dont 30 comme star­ter) au­ra son mot à dire dans la com­pé­ti­tion mais Malcolm par­ti­ra avec l’avan­tage de dis­pu­ter les playoffs dans un rôle de me­neur ti­tu­laire, ac­quis et af­fi­né tout au long de la sai­son (73 matches dont 26 comme star­ter). « Je m’en fiche, en fait, avance Brogdon. Je ne m’en sou­cie guère. Ce qui m’im­porte le plus, c’est qu’on fasse les playoffs. Si je reste bien

« IL ESt tOU­JOURS SOUS CONtRÔLE. ON LE VOYaIt DÉ­JÀ QUaND IL ÉtaIt À VIRGINIa. IL SE BAT DES DEUX CÔ­TÉS DU TER­RAIN, IL N’A PAS PEUR, C’EST UN GA­GNEUR » Jason Kidd

« Avoir un coAch qui A non seule­ment joué en nBA mAis qui A Aus­si fAit une grAnde cAr­rière, C’est une sourCe d’en­sei­gne­ments in­ta­ris­saBle pour un Jeune Joueur » malcolm Brogdon

concen­tré et que je ne me laisse pas dis­traire par cette dis­cus­sion, les choses tour­ne­ront en ma fa­veur. » Le n°13 de Mil­wau­kee n’est pas un joueur fla­shy mais il a un vrai im­pact sur le jeu des Bucks. Tôt dans l’an­née, il avait de­man­dé à Kidd s’il pou­vait dé­fendre sur Kawhi Leonard, quand l’équipe du Wis­con­sin avait af­fron­té San Antonio. Il a aus­si pris LeBron James et il lui a même dun­ké sur la tête ! Tout le monde n’ose pas s’at­ta­quer au « King », su­per­star de la NBA, éga­le­ment ré­pu­té pour sa dé­fense. Mais ce­la ne pose pas de pro­blèmes au na­tif d’At­lan­ta. En tête de ra­quette, il pro­fi­ta d’un dé­but d’écran po­sé par un co­équi­pier pour al­ler au pa­nier. LeBron James le sui­vit pour le contrer par der­rière… mais Brogdon conclut son ac­tion par un re­verse dunk sur la tête du « Cho­sen One ». In your face ! On sur­nomme Malcolm « The Pre­sident » ou « Humble Moses » pour son ap­proche cé­ré­brale du jeu. Il a même pé­té un triple-double contre les Bulls le jour de la Saint-Syl­vestre (15 pts, 12 pds, 11 rbds), re­pla­çant son équipe dans le Top 8 à l’Est à ce mo­ment-là. Il s’of­frait par là-même une jolie pre­mière pour un rookie cette sai­son. « Il est tou­jours sous contrôle. On le voyait dé­jà quand il était à Virginia. Il se bat des deux cô­tés du ter­rain, il n’a pas peur et à me­sure qu’on ap­prend à le connaître, on dé­couvre toute sa du­re­té. C’est un ga­gneur », sa­voure Jason Kidd. Brogdon était res­té une cin­quième an­née chez les Ca­va­liers de Virginia après une bles­sure qui l’avait for­cé à faire une sai­son comme red­shirt (douze mois chez les uni­ver­si­taires sans jouer). Bien lui en avait pris puis­qu’il avait été élu meilleur joueur de l’an­née dans sa confé­rence, l’At­lan­tic Coast, meilleur dé­fen­seur du pays et First Team All-Ame­ri­can en 2016. Son âge « avan­cé » lui a sans doute va­lu cette place au fin fond de la draft. « Res­ter à l’école n’est pas for­cé­ment un mal, re­prend « J-Kidd ». Ça donne l’oc­ca­sion de gran­dir. Il a en­core beau­coup à ap­prendre mais on peut pas­ser quatre ans à l’uni­ver­si­té et avoir tout de suite un im­pact dans la Ligue. Ça ne veut pas dire que ta car­rière sur les par­quets pros se­ra courte. Quand on a 19 ou 20 ans, ça prend plus long­temps pour ap­prendre le basket NBA. » Le suc­cès de Brogdon n’in­flue­ra sans doute pas sur la ten­dance qui consiste à prendre des étu­diants de pre­mière an­née mais ce­la rap­pel­le­ra aux scouts qu’ils ont le droit de s’in­té­res­ser aux joueurs avec quatre ans de cur­sus NCAA. « La draft n’est ja­mais par­faite, ré­sume Jason Kidd. Malcolm est un joueur de basket, un vrai. Par­fois, être plus vieux peut vous han­di­ca­per, pour je ne sais quelle rai­son. Tout le monde…

« Je n’aI Ja­MaIs CoaCHé un Joueur aveC un tel dé­voue­Ment. Il re­pré­sente eXaC­te­Ment Ce Qu’est un atH­lÈte étu­dIant. un mo­dèle sur le ter­rain, dans sa Classe, dans sa Com­mu­nau­té » to­ny Ben­nett (son coach uni­ver­si­taire)

en­fin, cer­taines équipes veulent des jeunes. Je pense que le plus im­por­tant, c’est l’adap­ta­tion. Est-il sous-es­ti­mé ? Je ne sais pas. Je pense que beau­coup de fran­chises étaient in­té­res­sées par son pro­fil et ses qua­li­tés. » Avec la bles­sure au pied de Ben Sim­mons, nu­mé­ro 1 de la draft, absent toute la sai­son chez les Sixers, et la mal­adresse de Bran­don In­gram (le n°2 shoote à 39.9% chez les La­kers), Brogdon avance ses pions. Il pro­fite plei­ne­ment de son temps de jeu. « Je pense qu’il de­vrait être Rookie de l’an­née pour ce qu’il a fait en étant pio­ché au 2e tour, sou­tient en­core Jason Kidd. C’est pro­ba­ble­ment un peu par­tial mais c’est une belle his­toire. C’est un étu­diant du jeu. Il tra­vaille très dur, pas seule­ment sur le ter­rain mais aus­si en de­hors. Il étu­die des vi­déos et il pose des ques­tions. » Malcolm n’a ja­mais ca­ché que Mil­wau­kee fai­sait par­tie des équipes qu’il sou­hai­tait re­joindre. Sa po­si­tion à la draft im­por­tait peu. Il vou­lait jouer pour Jason Kidd, tout sim­ple­ment, cer­tain de pro­gres­ser avec un tel coach. « Les Bucks fai­saient par­tie des équipes où je vou­lais at­ter­rir, en ef­fet, que ce soit au 1er ou au se­cond tour, ra­conte le joueur. Jason est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps et peut-être le meilleur me­neur. Evo­luer au même poste que lui, sous ses ordres, c’est énorme ! J’ap­prends énor­mé­ment. Je ne pou­vais pas es­pé­rer ap­prendre plus de quel­qu’un d’autre. Avoir un coach qui a non seule­ment joué en NBA mais qui a aus­si fait une grande car­rière, c’est une source d’en­sei­gne­ments in­ta­ris­sable pour un jeune joueur. » En at­ten­dant de sou­le­ver, peut-être, un tro­phée ré­com­pen­sant ses dé­buts to­ni­truants dans la Ligue, Malcolm a vu son maillot à Virginia, le n°15, re­ti­ré. Par­ti­cu­liè­re­ment ému, To­ny Ben­nett, son coach au col­lege, avait la larme à l’oeil : « Je n’ai ja­mais en­traî­né un joueur avec un tel dé­voue­ment. Il re­pré­sente exac­te­ment ce qu’est un ath­lète étu­diant. Un mo­dèle sur le ter­rain, dans sa classe, dans sa com­mu­nau­té… » Dif­fi­cile de faire plus beau com­pli­ment.

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