SPÉCIAL POINT GUARDS : ME­NEURS COM­PLETS

AU­TEUR D’UNE SAI­SON ÉNORMISSIME, RUS­SELL WEST­BROOK DE­VAIT PULVÉRISER LE RE­CORD DE TRIPLE-DOUBLES DÉ­TE­NU DE­PUIS PLUS DE CIN­QUANTE ANS PAR OS­CAR RO­BERT­SON. UN BIG « OH », MISTER RUSS !

Mondial Basket - - News -

Il ne pou­vait y avoir meilleur scé­na­rio pour Rus­sell West­brook - mais ne lui par­lez pas de « re­vanche » - après les dé­parts conju­gués de Ke­vin Du­rant et Serge Iba­ka l’été der­nier. Le me­neur d’Ok­la­ho­ma Ci­ty (28 ans) a réa­li­sé une sai­son énorme, avec une vé­ri­table ava­lanche de triple-doubles, tout en condui­sant son équipe dans le grand huit de la Wes­tern un an après avoir dis­pu­té une fi­nale de Confé­rence face à Gol­den State (3-4 après avoir me­né 3-1, le plus dé­chi­rant des re­tour­ne­ments de si­tua­tion). Le n°0 avait for­gé de­puis long­temps sa ré­pu­ta­tion de sco­reur. « KD » par­ti ( di­vorce consom­mé, sur tous les plans), il a ajou­té, dans sa neu­vième sai­son NBA, un lea­der­ship et un jeu com­plet qui ins­tal­laient le Thun­der par­mi les meilleures équipes de la Ligue, alors que le ros­ter n’avait rien de plé­tho­rique ni de clin­quant. Même Taj Gib­son a trou­vé une place de star­ter dans le front­court après un trade en fé­vrier. Mais voi­là, le n°4 de la draft 2008 était bien ar­mé pour faire la dif­fé­rence des deux cô­tés du ter­rain. Seul ou pas. La jeu­nesse et l’in­ex­pé­rience de l’équipe n’y chan­geaient rien. « Russ » a en­traî­né dans son sillage les Ste­ven Adams, Andre Ro­ber­son, Vic­tor Ola­di­po ou en­core le rookie li­tua­nien Do­man­tas Sa­bo­nis, fils de qui vous sa­vez. Le nou­veau boss d’« OKC » veille au grain. Il sur­veille la mai­son comme un vi­gile, s’oc­cu­per de gé­rer toutes les af­faires, as­su­rant à tous les étages et di­ri­geant avec maes­tria un groupe en­thou­siaste et pro­duc­tif. Ce­la don­nait près de 57% de vic­toires, en­core, cette sai­son, grâce aux ex­ploits d’un play­ma­ker aus­si gé­nial qu’in­con­trô­lable. L’homme (voir son look) est aus­si iné­nar­rable que le bas­ket­teur est in­clas­sable. Ra­re­ment un bon­homme - à l’ex­cep­tion de Mi­chael Jor­dan, Ma­gic John­son et Lar­ry Bird - au­ra au­tant in­fluen­cé le jeu de son équipe en pos­tant des sta­tis­tiques in­di­vi­duelles hors du com­mun. Certes, le sex­tuple All-Star était dé­jà meilleur sco­reur de la Ligue lors de la sai­son 2014-15 avec 28.1 points par match mais il était loin de ses stan­dards d’au­jourd’hui aux re­bonds et aux passes. Cette an­née, c’est aus­si simple qu’ef­fi­cace : il bou­clait la sai­son avec une moyenne en forme de triple-double (31.6 pts, 10.7 rbds, 10.4 pds au 5 avril) ! Il faut dé­pous­sié­rer les livres d’his­toire de la Ligue et par­tir à la re­cherche de di­no­saures pour trou­ver trace d’un tel re­cord. Et on doit re­mon­ter loin dans le temps, à la sai­son 1961-62, pour trou­ver l’em­preinte d’un tel ex­ploit, si­gné Os­car Ro­bert­son. Cin­quante-cinq ans se sont écou­lés de­puis ! « Big O », me­neur de jeu lui-même, était so­pho­more à Cin­cin­na­ti, chez les Royals (fu­turs Sa­cra­men­to Kings). Il si­gna une deuxième an­née fra­cas­sante dans le cham­pion­nat amé­ri­cain avec une moyenne hal­lu­ci­nante, sur une an­née, de 30.8 points, 12.5 re­bonds et 11.4 passes. Une moyenne qu’il ten­ta de ré­édi­ter les sai­sons sui­vantes, échouant de très peu par deux fois (9.9 et 9 rbds en 1964 et 65). Il y avait de l’op­po­si­tion en face, comme au­jourd’hui pour West­brook qui to­ta­li­sait 41 triple-doubles en 2016-17 au mo­ment où nous écri­vions ces lignes, après plu­sieurs coups de chaud. C’était le même to­tal que « Big O » (sur ses 181) lors de ce fa­meux exer­cice 1961-62. Et c’est cette op­po­si­tion mus­clée et ta­len­tueuse, dans une Ligue à 30 fran­chises, qui rend les perfs du MVP du All-Star Game 2015 et 2016 en­core plus mons­trueuses. De nos jours, il y a pas moins de deux top stars (par­fois trois) dans les deux tiers des équipes NBA. Os­car Ro­bert­son avait ter­mi­né sa car­rière à Mil­wau­kee en 1974. Il est dé­sor­mais âgé de 78 ans mais il a tou­jours bon pied, bon oeil. Et il n’éprouve au­cune ja­lou­sie ! Au contraire, les chiffres de « Russ » lui ins­pirent de l’hu­mi­li­té. Il est éga­le­ment très ad­mi­ra­tif de­vant une telle dé­mons­tra­tion de puis­sance. « J’ai tou­jours pen­sé que West­brook était un grand joueur de basket. Je ne crois pas qu’il y ait un ar­rière ca­pable de le battre en un contre un. Beau­coup de spé­cia­listes par­tagent mon avis. » Tou­jours at­ten­tif à ce qui se passe dans la grande Ligue amé­ri­caine, « Big O » ajou­tait : « Il est énorme pour son équipe, ses sup­por­ters et éga­le­ment pour la té­lé­vi­sion. »

3 MatCHES À 50 POINtS OU PLUS, 13 À 40 OU PLUS !

Le me­neur d’Ok­la­ho­ma Ci­ty avait donc at­teint 41 triple-doubles au 5 avril. Inu­tile de dire que « Big O » ne se fai­sait plus au­cune illu­sion pour son re­cord, d’au­tant que la pile élec­trique du Thun­der dis­po­sait de cinq matches pour conclure l’exer­cice 2016-17. « Je pense même qu’il est le MVP de la sai­son, tran­chait Os­car Ro­bert­son. Il y a quelques an­nées, c’était dur d’être MVP parce qu’il fal­lait être en po­si­tion de ga­gner le titre de cham­pion. Ça a chan­gé. Beau­coup de gens com­prennent ce que si­gni­fie être un MVP. Briller in­di­vi­duel­le­ment et per­mettre à son équipe de ri­va­li­ser avec les meilleurs. Les gens com­prennent bien mieux le basket que par le pas­sé. » « Big O » n’évoque pas une se­conde, pour la ré­com­pense in­di­vi­duelle su­prême, James Har­den, le can­di­dat le plus re­dou­table dans la même course. Il faut rap­pe­ler que lors de cette an­née 1961-62, Ro­bert­son n’avait pas été MVP de la Ligue, mal­gré ses 41 triple-doubles : c’est le Cel­tic Bill Rus­sell qui avait fait main basse sur l’award, en même temps que le titre NBA avec Bos­ton (4-3 contre les La­kers, Cin­cin­na­ti avait été bat­tu 3-1 par De­troit en de­mi-fi­nales de di­vi­sion). « Big O » avait quand même été ré­com­pen­sé via une ci­ta­tion dans la All-NBA First team avec Wilt Cham­ber­lain, El­gin Bay­lor, Bob Pet­tit et Jer­ry West. Il ne com­pren­drait pas que dans le basket mo­derne, on ne donne pas le titre de meilleur joueur de l’an­née à quel­qu’un qui a sco­ré 13 fois entre 40 et 49 points et trois fois 50 points ou plus ! Si on ajoute une qua­ran­taine de matches entre 10 et 14 re­bonds, c’est la taille « Pa­tron » qui convient le mieux au cham­pion du monde 2010 et cham­pion olympique 2012. Le me­neur du Thun­der au­rait du mal à se sa­tis­faire d’une place dans la All-NBA First team puis­qu’il y était dé­jà l’an der­nier ! Il veut plus et il mé­rite plus, évi­dem­ment. Le vote s’an­nonce ser­ré car James Har­den n’a pas mol­li avec Hous­ton, so­lide 3e de la Wes­tern. C’est le spot fi­nal de la fran­chise en sai­son ré­gu­lière qui fe­ra peut-être pen­cher la ba­lance en fa­veur du me­neur des Ro­ckets. Le dé­bat reste ou­vert, tout le monde a son opi­nion sur la question mais West­brook a les fa­veurs de « Big O ». Un peu de lob­bying n’a ja­mais fait de mal dans la MVP Race. C’est en­core plus vrai cette an­née où Rus­sell s’est dé­me­né pour faire ou­blier le dé­part de son « ami » Ke­vin Du­rant.

« Je ne CroiS paS qu’il y ait un ar­riÈre Ca­paBle de Battre WeSt­BrooK en un Contre un » os­car « Big o » ro­bert­son (an­cien dé­ten­teur du re­cord de triple-doubles)

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