BacK to Bu­si­ness !

SI GOL­DEN STATE A RE­TROU­Vé IN EX­TRE­MIS SON IDEN­TI­Té DE JEU, CELLE QUI AVAIT FAIT DE LUI UN CHAM­PION NBA EN 2015, LE RE­TOUR Dé­BUT AVRIL DE KE­VIN DU­RANT, MEILLEUR SCO­REUR DES WAR­RIORS, AP­POR­TAIT EN­CORE PLUS DE CER­TI­TUDES DANS LA RE­CON­QUêTE DU TITRE. EXPLICA

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Il ne faut pas lais­ser Ke­vin Du­rant seul, trop long­temps. Si­non, il peut faire des bê­tises. Et sur­tout, il en dit énor­mé­ment… Absent du ros­ter de Gol­den State après le 28 fé­vrier, à cause d’une bles­sure mal­heu­reuse au ge­nou su­bie dans un choc avec son co­équi­pier Za­za Pa­chu­lia à Washington, « KD » a beau­coup fait par­ler de lui. Si la po­lé­mique avec son ex-com­plice Rus­sell West­brook s’est at­té­nuée - il n’a pas joué le der­nier match à Ok­la­ho­ma Ci­ty, le 20 mars -, le MVP 2014 a sor­ti une car­gai­son d’idio­ties à propos des joueurs exemp­tés de matches par leur coach, dé­si­reux de leur ac­cor­der du re­pos. Il s’est fait al­lu­mer par quelques mé­dias, à com­men­cer par la té­lé et quelques consul­tants qui n’ont pas trou­vé ses propos très co­hé­rents et en­core moins per­ti­nents. Mais on avait compris de­puis un mo­ment que Du­rant était meilleur bal­lon en main que de­vant un mi­cro, quand il s’agit de dé­battre d’un su­jet de fond. Le monde de la balle orange vit, gros­so mo­do, dix mois sur douze avec Ke­vin Du­rant mais on pour­rait très bien s’en pas­ser pen­dant quatre mois, hors ter­rain bien en­ten­du. Comme bas­ket­teur, il est ir­rem­pla­çable et d’ailleurs, les War­riors ont connu quelques sou­cis pen­dant un mois (ce­lui de mars), sans leur su­per­star. Faut-il être sur­pris ? La réponse est non ! « KD » avait dis­pu­té 59 matches de­puis le 25 octobre et il était le meilleur sco­reur de la « Dub Na­tion » avec ses 25.3 points en moyenne, en shoo­tant à 53.7% et en flir­tant avec les 38% der­rière l’arc. Si on ajoute ses 8.2 re­bonds, 4.8 passes et 1.6 contre par ren­contre, on peut com­prendre les ra­tés de la ma­chine « War­riors » à Washington, Chi­ca­go, face à Bos­ton, à Min­ne­so­ta et dans le Texas, contre San Antonio. Steve Kerr avait de­van­cé les pro­blèmes du­rant le dé­pla­ce­ment dans l’Il­li­nois, le 2 mars. « Je ne suis pas sur­pris que ça se passe sur ce trip. Sans « KD », on risque de connaître

« Si notre aS­SiS­tant coach Willie Green avait bat­tu ke­vin du­rant danS ce p’tit duel en un contre un, j’au­raiS été in­quiet… » Steve Kerr (coach Gol­den State)

des mo­ments dif­fi­ciles. » La dé­faite 87-94 a fait ré­agir l’ar­rière Klay Thomp­son : « On doit s’ajus­ter sans Ke­vin. On n’a au­cune ex­cuse. On se­ra meilleurs quand il re­vien­dra mais on a suf­fi­sam­ment de ta­lent pour être au ni­veau pen­dant son ab­sence. » Une ré­ac­tion sen­sée. Faut-il rap­pe­ler que les Ca­li­for­niens avaient été cham­pions NBA en 2015 sans Du­rant et que la sai­son sui­vante, la même équipe avait éta­bli le re­cord ab­so­lu de vic­toires dans la Ligue en sai­son ré­gu­lière (73), tou­jours sans le na­tif de Washington ? Mais les temps changent…

Quatre dé­faItes SANS « KD » EN MARS

Bob Myers, le GM, a pa­ré au plus pres­sé pour rem­pla­cer la re­crue choc de l’in­ter­sai­son 2016. D’où une confu­sion et un im­bro­glio lorsque les War­riors ont si­gné, le 28 fé­vrier, le me­neur es­pa­gnol Jo­sé Cal­de­ron qui ve­nait d’être li­bé­ré par les La­kers. En l’es­pace de quelques heures, Myers se ren­dit compte de la mau­vaise pioche avec le coup dur qui frap­pa l’ex-ai­lier du Thun­der à D.C. Fi­na­le­ment, Gol­den State a cou­pé Cal­de­ron (au­jourd’hui à At­lan­ta) deux heures plus tard pour en­ga­ger un ai­lier, Matt Barnes, lui même sa­cri­fié à Sa­cra­men­to après le block­bus­ter trade qui a ex­pé­dié DeMar­cus Cou­sins à New Or­leans. On par­la d’« un ouf de sou­la­ge­ment » dans l’en­tou­rage de l’équipe à Oak­land. Si on ne rem­place pas Ke­vin Du­rant, on peut au moins ob­te­nir un ai­lier ex­pé­ri­men­té. A 37 ans, Barnes a pas mal voya­gé (Clip­pers deux fois, Sa­cra­men­to deux fois, New York, Phi­la­del­phie, Gol­den State une pre­mière fois, Phoe­nix, Or­lan­do, La­kers, Mem­phis). L’ami Matt fut star­ter au Ma­di­son Square Gar­den et les War­riors bat­tirent les Knicks (112-105) pour ob­te­nir leur pre­mière vic­toire sans « KD ». Coach Kerr an­non­çait dé­jà que Matt Barnes ne se­rait pas tou­jours dans le star­ting five (quel­qu’un le croyait ?). La preuve au match sui­vant : le rookie Pa­trick McCaw, un shoo­ting guard, était dans le cinq de dé­part. C’est Andre Iguo­da­la, en sortie de banc, qui sau­va Gol­den State à At­lan­ta (119-111) avant un bref re­tour à la mai­son de 48 heures, pour af­fron­ter Bos­ton.

Les Cel­tics, épa­tants à l’Est ? Une nou­velle dé­faite (99-86) pour les fi­na­listes 2016, avec des « Splash Bro­thers » à 4/17 à 3 points ! L’équipe fit 6/30 der­rière l’arc. C’était le pre­mier re­vers de la sai­son à l’Oracle Are­na contre une équipe de la Confé­rence op­po­sée pour les War­riors. Ce se­ra la seule car il n’y au­ra plus de faute de goût face à l’Eas­tern. Ke­vin Du­rant, de son cô­té, avait par­lé pour la pre­mière fois, juste avant ce match du 8 mars. On com­prit qu’il lui fal­lait du re­pos mais qu’il n’était pas ac­ca­blé par cette bles­sure, même si elle est tom­bait au mau­vais mo­ment, dans la der­nière ligne droite avant les playoffs. Coach Kerr, lui, était un peu moins se­rein : « C’est un mo­ment dif­fi­cile dans le ca­len­drier et ça l’est en­core plus avec la bles­sure de « KD ». On doit trou­ver des so­lu­tions et ne pas pa­ni­quer. Il faut se re­mettre au bou­lot. » Gol­den State n’eut pas plus de réus­site à Min­ne­so­ta (102-103) mal­gré un Klay Thomp­son à 30 points. Les War­riors en­chaî­nèrent avec un back-to-back à San Antonio où Steve Kerr écar­ta tous ses All-Stars : Curry, Thomp­son, Green et Iguo­da­la. Ce re­trait lais­sa la place à Barnes et McCaw, no­tam­ment. S’il était en­nuyé par la pers­pec­tive d’évoluer sans les lea­ders du ves­tiaire ca­li­for­nien, Matt Barnes jus­ti­fiait la dé­ci­sion de son coach : « On pense plus aux mois de mai et juin qu’au mois de mars… » Ce choix fit po­lé­mique avec les chaînes de té­lé qui re­trans­met­taient l’af­fiche, de­ve­nue un pseu­do-choc. Mais les War­riors avaient la tête ailleurs. Gol­den State s’est re­lan­cé en jouant une sé­rie d’équipes de l’Est à Oak­land. Des proies fa­ciles : Phi­la­del­phie, Or­lan­do, Mil­wau­kee. Après avoir re­noué avec le suc­cès contre les Sixers, l’équipe de la baie de San Fran­cis­co ob­tient son troi­sième titre de di­vi­sion consé­cu­tif contre le Ma­gic (122-92), le 16 mars. Le ba­ck­court re­trouve des sen­sa­tions avec un Ste­phen Curry à 25 points et un Klay Thomp­son à 29. Face à Mil­wau­kee, le groupe confirme qu’il joue « the right way » et pour la pre­mière fois, Steve Kerr éva­lue Ke­vin Du­rant au shoot, sans op­po­si­tion. « Il est en net pro­grès », dit-il. Nous sommes le 18 mars.

du­rant re­vIent de plus en plus dans les Conver­sa­tIons

Gol­den State doit re­prendre la route avec des matches à l’ex­té­rieur du­rant dix jours. A Ok­la­ho­ma Ci­ty (111-95), « KD » reste sur le banc et il as­siste au festival de Klay Thomp­son (34 pts). Les War­riors sont en back-to­back à Dal­las. Ils ob­tiennent leur 28e vic­toire de la sai­son « on the road ». « Du­rant a pas­sé la vi­tesse su­pé­rieure, même s’il n’y a tou­jours pas d’op­po­si­tion avec des joueurs », pré­cise Steve Kerr avant d’af­fron­ter Sa­cra­men­to et Mem­phis à do­mi­cile. On sait, le 26 mars, que « KD » ac­cé­lère le mou­ve­ment pour prendre les tirs. Il a même bat­tu l’as­sis­tant coach Willie Green dans un pick-up game avant le warm-up des War­riors. « Si Willie avait pris le meilleur sur Ke­vin dans ce p’tit duel en un contre un, j’au­rais été in­quiet… », ri­gole l’entraîneur de l’an­née 2016. Les hommes du pro­prio Joe La­cob en­chaînent les vic­toires avant le test, tou­jours sans « KD », à Hous­ton le 28 mars (113-106). Gol­den State ne lâche rien et aligne une troi­sième sai­son consé­cu­tive à 60 vic­toires. C’est seule­ment la sixième équipe de l’his­toire de la Ligue à réa­li­ser cet ex­ploit. Steph Curry a re­trou­vé du jus : « Ce sont des matches avec l’in­ten­si­té de la post­sea­son. L’at­mo­sphère, le jeu, l’op­po­si­tion… Tout nous fait bas­cu­ler en playoffs, dé­jà. » Les Ca­li­for­niens ont un nou­veau back-to-back, tou­jours dans le Texas, à San Antonio. Matt Barnes est star­ter et Pat McCaw sur le banc. Les War­riors sont dé­sor­mais in­tou­chables et en­chaînent avec une neu­vième vic­toire de suite (110-98) sans Ke­vin Du­rant. « On a dû en dé­coudre avec deux for­ma­tions très dures, Hous­ton et San Antonio. Des équipes que l’on peut re­trou­ver plus tard en playoffs. C’est bien de les battre de cette ma­nière, chez elles, à quelques jours du dé­but de la post­sea­son », sou­ligne David West, an­cien Spur. Ke­vin Du­rant a re­nou­ve­lé son p’tit match avec Willie Green, l’as­sis­tant coach, sur le ter­rain de San Antonio. L’ai­lier huit fois All-Star re­trouve le sou­rire. « C’est bon signe ! », souffle Klay Thomp­son. Le 2 avril à Oak­land, les hommes en jaune et bleu rem­portent une on­zième vic­toire de suite (vic­time : Washington). Un suc­cès contre Min­ne­so­ta le 4 et ils au­ront éga­lé leur meilleure sé­rie de vic­toires de la sai­son, qui re­mon­tait à no­vembre avec « KD » : ils étaient res­tés in­vain­cus pen­dant douze matches, du 7 au 28. Ver­dict ? 121-107 contre les Loups. « On a re­trou­vé de l’in­ten­si­té sur nos quatre der­niers matches du mois de mars, sa­vou­rait Ste­phen Curry. On est dans l’in­ten­si­té des playoffs. » Et les War­riors ne lâchent plus rien. Un soir à Chi­ca­go, Klay Thomp­son avait pré­dit que Gol­den State se­rait meilleur au re­tour de Ke­vin Du­rant. C’est vrai. Se­rat-il en­core meilleur avec l’an­cien top sco­reur de la Ligue ? « C’est le but », af­fir­mait Steve Kerr qui es­pé­rait re­lan­cer la su­per­star juste avant la fin de la sai­son ré­gu­lière. Dans l’idéal, on par­lait du 8 avril face aux Pe­li­cans. Soit trois matches contre New Or­leans, Utah et les La­kers avant de dé­bu­ter les playoffs le 15. Les War­riors n’ont pas vrai­ment trem­blé sans leur re­crue phare. Ils se sont ap­puyés sur ce qu’ils fai­saient en 2015 et 2016 avec leur « Big Th­ree » Curry-Thomp­son-Green et un Andre Iguo­da­la en sixième homme de luxe. Le meilleur de la Ligue. Mais le re­tour de « KD » don­ne­ra une di­men­sion sup­plé­men­taire à la « Dub Na­tion ». Du dé­jà vu. On a pu ap­pré­cier le ré­sul­tat lors de la pre­mière par­tie de la sai­son. Quand les Ca­li­for­niens al­laient cres­cen­do dans la Wes­tern Con­fe­rence. Ke­vin Du­rant a dé­mé­na­gé dans la Bay Area pour rem­por­ter sa pre­mière bague de cham­pion. C’est le bon mo­ment pour re­ve­nir en jeu et tout don­ner.

« ON A RE­TROU­VÉ DE L’IN­TEN­SI­TÉ dans nos der­nIers MatCHes du MoIs de Mars. L’IN­TEN­SI­TÉ DES PLAYOFFS » ste­phen Curry

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