DRAY­MOND GREEN, L’HEURE DU RA­CHAT

Mondial Basket - - Édito -

DRAY­MOND GREEN, 27 ANS, N’A PAS DE TEMPS À PERDRE POUR RE­CON­QUÉ­RIR LE TITRE NBA. LA SAI­SON RÉ­GU­LIÈRE N’A PAS ATTÉNUÉ LA DOU­LEUR DE L’ÉCHEC DANS LES FI­NALES 2016 FACE À CLE­VE­LAND. L’AI­LIER SENT FORT DE GOL­DEN STATE SE TOUJOURS RES­PON­SABLE DE CE COUAC. AUS­SI, LES PLAYOFFS 2017 SONT POUR LUI, PLUS QUE POUR TOUT AUTRE WAR­RIOR, L’OC­CA­SION DE SE RA­CHE­TER. AU PRIX FORT.

Il y a un joueur - un seul joueur - en NBA qui pense toujours que s’il avait par­ti­ci­pé au Match 5 des Fi­nales 2016 (3-4 contre Cle­ve­land), Gol­den State au­rait gar­dé le titre ac­quis en juin 2015 (4-2 contre le même ad­ver­saire). Ce joueur, c’est Dray­mond Green. L’un des meilleurs dé­fen­seurs de la Ligue. Il suf­fit, pour s’en convaincre, de re­gar­der la ma­nière dont l’ai­lier fort de 27 ans a at­ta­qué les playoffs 2017 face à Port­land (4-0 pour les War­riors). Pied au plan­cher, le bras ferme, la main ten­due pour contrer tout ce qui bou­geait dans la ra­quette des Ca­li­for­niens. « Dray » a trop mor­flé l’été der­nier. Il a en­vie de se ra­che­ter, per­sua­dé que sa sus­pen­sion au prin­temps 2016 a coû­té le back-to-back à la « Dub Na­tion » (qui me­nait 3-1 avant de se faire ren­ver­ser, un scé­na­rio ja­mais vu à ce stade de la com­pé­ti­tion), et sait que la ré­demp­tion passe par l’ob­ten­tion du titre 2017. Et uni­que­ment le titre. Ces playoffs, il les vit comme une psy­cho­thé­ra­pie. Comme si la sai­son ré­gu­lière n’avait pas exis­té. Comme si l’ac­qui­si­tion d’une deuxième bague était le seul moyen d’échap­per aux

dé­mons qui conti­nuent de le han­ter la nuit. Même s’il dit toujours : « C’est fait. C’est du pas­sé. Je suis concen­tré sur les playoffs 2017, dé­ter­mi­né à re­ga­gner le titre. » Le double AllS­tar rap­pelle aus­si : « La post­sea­son, c’est une suite d’exa­mens. A chaque tour, tu passes un nou­vel exa­men pour at­teindre le ni­veau su­pé­rieur. Cette an­née, je veux réus­sir tous mes exa­mens, al­ler jus­qu’au bout, comme en 2015. » Il s’y est pré­pa­ré à sa ma­nière, du­rant les mois qui ont pré­cé­dé la phase fi­nale. On ne se re­fait pas quand on s’ap­pelle Dray­mond Green. « Big mouth », cham­breur, tra­sheur et trol­leur de­vant l’Eter­nel, a ré­col­té une quin­zaine de tech­niques, avec deux dis­qua­li­fiantes et une éjec­tion. Re­cord de tech­niques cette sai­son en­core, même si son coach, Steve Kerr (qui a dû prendre congé de son équipe pen­dant les playoffs à cause d’une maladie sur la­quelle on n’a eu plus de pré­ci­sions), a ten­té de le cal­mer, ne lui ac­cor­dant « que » 32.5 mi­nutes de temps de jeu par match. Le n°23 des War­riors dit avoir ap­pris de sa sus­pen­sion en Fi­nales face à Cle­ve­land. Il veut s’en per­sua­der : « Ça ne se ré­pé­te­ra pas, même si je sais que les coaches ad­verses vont m’en­voyer des mecs sur le râble pour me faire dis­jonc­ter. Je sais beau­coup mieux me maî­tri­ser au­jourd’hui. » « Dray » ne veut pas re­vivre le scé­na­rio cau­che­mar­desque des playoffs 2016. Il avait pris une faute fla­grante au 1er tour en ré­pon­dant à une pro­vo­ca­tion de Mi­chael Beas­ley dans la série face à Hous­ton (4-1). En fi­nale de Confé­rence Ouest (4-3 face à Ok­la­ho­ma Ci­ty après avoir été me­né 1-3), il avait été rap­pe­lé à l’ordre par la pa­trouille pour avoir cha­touillé le pi­vot néo-zé­lan­dais du Thun­der Ste­ven Adams. Puis il tom­ba dans le pan­neau face à LeB­ron James en Fi­nales, lors du Match 4 à Cle­ve­land. On connaît la suite, une dé­bâcle mal­gré son re­tour lors du Game 6 dans l’Ohio. A titre per­son­nel, il s’of­frit un Match 7 su­blime (32 pts, 15 rbds, 9 pds, 2 ints) à l’Oracle Are­na, où il tom­ba avec les siens à l’is­sue d’un duel au sus­pense in­sou­te­nable (89-93).

Dray­monD Green a mal Dor­mi…

Dray­mond Green sait qu’il a beau­coup à se faire par­don­ner, même s’il n’a ja­mais en­ten­du la moindre cri­tique à son égard dans son en­tou­rage proche. Et en­core moins dans le lo­cker room de Gol­den State. « Ce n’est pas le genre de la mai­son », ex­pli­quait Bob Myers,

le ge­ne­ral ma­na­ger, en cours de sai­son. On sait ce­pen­dant que le meilleur in­ter­cep­teur de la Ligue 2017 a mal dor­mi. D’où son coup de sang - ver­bal - avec Ke­vin Du­rant le 4 fé­vrier à Sa­cra­men­to. Green ne sup­porte pas l’à-peu-près. En­core moins cette an­née. L’an­cien ai­lier d’Ok­la­ho­ma Ci­ty est ve­nu dans la Bay Area pour rem­por­ter son pre­mier titre NBA et « Dray » n’a pas hé­si­té à lui re­mon­ter les bre­telles, ju­geant que « KD » était trop re­lâ­ché. Les playoffs en ligne de mire, Coach Kerr rap­pe­lait que le 35e choix de la draft 2012 était « dans l’ur­gence ». Plus que d’ha­bi­tude. « On a été cham­pions il y a deux ans, il veut re­vivre le même bon­heur cette an­née. Tant qu’il n’au­ra pas ga­gné le titre à nou­veau, il ne se­ra pas en paix avec lui-même. » Port­land a pu s’aper­ce­voir, au 1er tour, que Dray­mond Green était bien en mis­sion. Lors du Match 3 dans l’Ore­gon, il a sor­ti une box score dont il a le se­cret : 9 points, 8 rebonds, 7 as­sists, 2 in­ter­cep­tions, 6 contres, le tout sau­pou­dré à la sauce « Green » avec du trash-tal­king sur Mau­rice Hark­less et Da­mian Lillard. « Qu’est-ce que tu veux ré­pondre à ça ? », s’in­ter­ro­geait « Dame », noyé sous la pres­sion du ba­ck­court des War­riors et dé­mon­té par Green quand il al­lait at­ta­quer le cercle. « Evi­dem­ment qu’il parle, qu’il hurle, qu’il ba­lance des trucs, mais tu ne peux pas dire grand-chose puis­qu’il gagne les matches… Tu ne peux que res­pec­ter ça », s’in­cli­nait le me­neur de Port­land. Dray­mond n’a peur de personne. Il se sent in­vin­cible quand il règne dans la ra­quette. Il s’éclate. Il ju­bile. Il ex­plose. Il éructe. Il saoule l’ad­ver­saire. Le tru­blion n’a ja­mais nié qu’il tra­shait et trol­lait. Il avoue ain­si, pour le­ver toute am­bi­guï­té et ré­pondre à ceux qui disent qu’il n’y a plus de trash-tal­king en NBA : « J’aime ça. Ab­so­lu­ment. Ça fait trop long­temps que je le fais. C’est tout un art, le trash-tal­king… » Un art ap­pris à Mi­chi­gan State. Son coach en NCAA, Tom Iz­zo, ne l’a ja­mais dis­sua­dé de le pra­ti­quer. Da­mian Lillard en conve­nait dans cette série : « Il (Dray) est très fort. Je le com­prends. Quand tu do­mines et que tu gagnes, tu peux te per­mettre d’en ra­jou­ter. Je ne lui en veux pas. » C’est plus qu’un aveu : Lillard fe­rait la même chose s’il en avait les moyens. Mais Al-Fa­rouq Ami­nu, Mo Hark­less et lui-même se sont suf­fi­sam­ment fra­cas­sés sur la for­te­resse « Green » pour com­prendre qu’il n’y avait rien à faire. Pas face à un tel War­rior. Dans cette série, « Dray » s’est af­fi­ché à plus de 4 blocks par match ! On lui de­man­da s’il avait une pré­fé­rence en fi­nale de Confé­rence Ouest ou en Fi­nales NBA. Il ba­laya d’un re­vers de main les dif­fé­rentes hy­po­thèses. « Il faut tous les battre pour être cham­pion. Peu im­porte le mo­ment. Il faut ga­gner à chaque fois. » Le ra­chat est à ce prix. Et « Dray » est per­sua­dé que ce se­ra pour cette an­née.

« On a été cham­piOns il y a deux ans. « dray » veut re­vivre le même bOn­heur. TanT qu’il n’au­ra pas ga­gné le TiTre à nou­veau, il ne se­ra pas en paix » steve Kerr

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