P. BE­VER­LEY, FOUTEUR DE M… MAIS PAS QUE

Mondial Basket - - Édito -

L’AR­RIÈRE DE HOUS­TON PA­TRICK BE­VER­LEY A LA RÉ­PU­TA­TION D’ÊTRE UN DÉ­FEN­SEUR DUR. ET AUS­SI CELLE D’ÊTRE UN AGI­TA­TEUR. RE­DÉ­COU­VERTE D’UN « PAT LA RAGE » PLUS VRAI QUE NA­TURE !

Pa­trick Be­ver­ley (28 ans) a connu une en­trée en ma­tière en playoffs plus joyeuse cette sai­son. Sou­ve­nez-vous : il y a quelques an­nées, il bles­sait mal­en­con­treu­se­ment Rus­sell West­brook au ge­nou et la su­pers­tar du Thun­der était « out » pour la post­sea­son. Cette fois, toujours face à Ok­la­ho­ma Ci­ty au 1er tour, l’ar­rière des Ro­ckets a bat­tu son re­cord de points en playoffs dès le Match 1 dans le Texas. Un game de rêve à 21 points (4/6 der­rière l’arc) et 10 rebonds, avec une dé­fense de chien sur le roi du triple-double. « Je me suis ré­ga­lé ! », di­ra-t-il ce soir-là. Pour­tant, le n°2 a vé­cu une drôle de sai­son. Bles­sé au ge­nou gauche en oc­tobre der­nier, il avait dû zap­per la tour­née de Hous­ton en Chine avant de re­ve­nir à la mi-no­vembre. Entre-temps, le nou­veau coach, Mike D’An­to­ni, avait re­vu ses plans et Har­den était devenu me­neur de jeu, avec la re­crue Eric Gor­don (ex-New Or­leans) dans le ba­ck­court. Mais dans l’es­prit de D’An­to­ni, Be­ver­ley n’a ja­mais été la sixième roue du car­rosse. « Sû­re­ment pas, dit le suc­ces­seur de J.B. Bi­ckers­taff sur le banc. Pat est trop im­por­tant dans notre sys­tème de jeu. Il pro­tège James (Har­den) et c’est un gros dé­fen­seur en un contre un. Chaque joueur est unique mais Pat se rap­proche d’un gars comme Ra­ja Bell que j’ai eu à Phoe­nix. » Un type dur sur l’homme, avec des dé- pla­ce­ments la­té­raux ra­pides et une ca­pa­ci­té à bon­dir pour prendre des rebonds. Coach D’An­to­ni pour­suit sa com­pa­rai­son avec Ra­ja Bell : « Pat a le même es­prit de com­pé­ti­tion. Cette qua­li­té ne se trouve pas si sou­vent et c’est un atout dans un sport col­lec­tif comme le bas­ket. » Be­ver­ley boucle sa cin­quième sai­son dans la Ligue. Draf­té au 2e tour par les La­kers en 2009 (42e), il avait été vite tra­dé à Mia­mi où on le ver­sa en D-League. On ne lui donne ja­mais sa chance de jouer en NBA. Il la sai­sit en­fin en 2013, quand Hous­ton le ré­cu­père sur le mar­ché des free-agents pour 280 000 $ ! L’aven­ture est faite de « up and down » car le na­tif de Chi­ca­go a une ré­pu­ta­tion d’agi­ta­teur sur le ter­rain. Les playoffs 2017 ont ra­jou­té aux pro­blèmes - et à la ré­pu­ta­tion - de « Pat la rage ». Il a éco­pé d’une amende de 25 000 dol­lars pour être al­lé prendre la tête d’un fan à Ok­la­ho­ma Ci­ty… « Je

« CHAQUE JOUEUR EST UNIQUE MAIS PAT SE RAP­PROCHE D’UN GARS COMME RA­JA BELL QUE J’AI EU À PHOE­NIX » MIKE D’AN­TO­NI

lui ai dit qu’il ne de­vait pas me man­quer de res­pect. » Daryl Morey, le GM de Hous­ton, est un po­li­tique avi­sé. Il a dit cette sai­son que Pa­trick Be­ver­ley était « le coeur et l’âme de l’équipe » mais en fé­vrier, l’ar­rière des Ro­ckets a bien failli être tra­dé ! New York, Chi­ca­go et Cle­ve­land étaient sur les rangs avec leurs dé­fenses ca­tas­tro­phiques et les Ca­va­liers ont in­sis­té pour un échange avec Iman Shum­pert. Fi­na­le­ment, Morey a bou­gé sur l’aile en lais­sant par­tir Co­rey Bre­wer contre l’ar­rière Lou Williams (ex-La­kers). Coach D’An­to­ni se­rait in­ter­ve­nu pour gar­der son top dé­fen­seur. En dé­but d’exer­cice, les ma­na­gers NBA avaient lis­té les meilleurs dé­fen­seurs sur leur du­re­té. On re­trou­vait le Grizz­ly To­ny Al­len (for­fait pour les playoffs 2017 pour cause de bles­sure au mol­let) à 23.3%, le Spur Kaw­hi Leo­nard à 16.7%, le Thun­der Rus­sell West­brook à 13.3%, son co­équi­pier Ste­ven Adams à 10%, comme le War­rior Dray­mond Green, et le Buck Mat­thew Del­la­ve­do­va à 6.7%. De­vant cette bro­chette, Be­ver­ley s’ex­cla­ma : « Je ne suis même pas dans cette liste ?! Del­ly y est ! Are you kid­ding me ? » Il n’aime pas les tri­cheurs non plus. Pat a trai­té le me­neur es­pa­gnol de Min­ne­so­ta Ri­cky Ru­bio de « plus grand flop­peur du monde »… Quoi qu’il en soit, l’ar­rière pas­sé par l’Ukraine, la Grèce et la Rus­sie croyait toujours en l’étoile de Hous­ton. Cette an­née en­core plus. Il y a dix mois, il était re­tour­né en ban­lieue de Chi­ca­go avec son en­traî­neur, Jeff Pa­glioc­ca, pour, af­firme-t-il, « re­ve­nir aux fon­da­men­taux. C’est toujours mieux chez soi. » Be­ver­ley est un vrai Chi­ca­goan, un mec de la ban­lieue de Buf­fa­lo Grove. Pa­glioc­ca l’a fait bos­ser sur des courses de dingue, en lui fai­sant se sor­tir les tripes. Des crashs tests. C’est nor­mal car « il est toujours un peu fou », pré­tend D’An­to­ni. « Mais c’est de la bonne fo­lie. » On est ras­su­rés, alors.

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