LE PA­LACE D’AU­BURN HILLS A FER­MÉ

LE PA­LACE D’AU­BURN HILLS RES­TE­RA À JA­MAIS AT­TA­CHÉ À L’HIS­TOIRE DES « BAD BOYS » DES PIS­TONS, DEUX ÉPOQUES ET DEUX GÉ­NÉ­RA­TIONS TO­TA­LE­MENT DIF­FÉ­RENTES. IL N’Y AVAIT QUE LA SALLE DE DE­TROIT POUR PER­METTRE D’ÉCRIRE UNE TELLE SA­GA. LE PA­LACE VIENT DE FER­MER. S

Mondial Basket - - Édito - Isiah Tho­mas

Les salles amé­ri­caines ont toutes une his­toire. Du moins, la plu­part d’entre elles. Elles l’ont écrite avec le temps, grâce aux ac­teurs et aux lé­gendes du jeu. Le spec­tacle a illu­mi­né le par­quet, les titres ont gar­ni la salle des tro­phées (pour les meilleures des fran­chises). De­troit en fait par­tie. Le Pa­lace d’Au­burn Hills était un mo­nu­ment de la Ligue. La page est dé­sor­mais tour­née, après 29 sai­sons de NBA : la sai­son pro­chaine, les Pis­tons joue­ront au Lit­tle Cae­sars, au coeur de la ville de De­troit. Ils par­ta­ge­ront une are­na flam­bant neuve avec les Red Wings, l’équipe de NHL. Le Pa­lace était devenu une salle my­thique grâce aux « Bad Boys » de Chuck Da­ly qui avait of­fert un pre­mier titre à la fran­chise en 1989 (4-0 contre les La­kers) avant de réus­sir le back-to-back douze mois plus tard, toujours avec la même équipe au­tour du phé­no­mène Isiah Tho­mas (4-1 contre Port­land). Pour les Chi­ca­go Bulls de Mi­chael Jor­dan, ce Pa­lace était vite devenu un ring, avec une foule très hos­tile. Même si John Sal­ley, l’un des « Bad Boys », avait dé­cla­ré au mo­ment d’inau­gu­rer les lieux, en 1988 : « Avant, on jouait de­vant des ou­vriers de l’au­to­mo­bile. Main­te­nant, on va jouer de­vant les pa­trons des usines au­to­mo­biles. » Ce sont les boss de l’in­dus­trie au­to qui avait fi­nan­cé le pro­jet, à 30 miles de De­troit down­town. Sal­ley se fai­sait l’écho des « vrais » Pis­tons - joueurs et fans - qui vi­braient de­puis 1978 au coeur de « Mo­tor Ci­ty », au Pon­tiac Sil­ver­dome, dans une salle chaude comme la braise, avec les cols bleus au pre­mier rang. Ils s’of­fraient une place pour 3 $ ! Les cols blancs étaient alors in­vi­sibles. Le Pa­lace s’im­po­sa comme l’une des salles les plus mo­dernes de la Ligue avec une ca­pa­ci­té de plus de 23 000 places. Isiah Tho­mas et ses pe­tits co­pains al­laient vite lus­trer le par­quet pour en faire un ter­rain glis­sant et casse-gueule pour leurs ad­ver­saires. Et notamment « MJ ». Les pe­tits co­pains en ques­tion s’ap­pe­laient Bill Laim­beer, Rick Ma­horn, Joe Du­mars, Den­nis Rod­man, tous des « killers » dès qu’ils re­vê­taient le jer­sey de « Mo­town ». La Fi­nale 1989 leur don­na l’oc­ca­sion de prendre leur re­vanche sur les La­kers qui les avaient bat­tus en 1988 (4-3). Dans l’arène la plus bruyante de toute la Ligue, les Pis­tons dé­mo­lirent mé­ti­cu­leu­se­ment le « show­time » de Pat Ri­ley avec un Ma­gic John­son « out » à par­tir du Match 2 (By­ron Scott, lui, lou­pa toute la série). Les co­gneurs ren­voyèrent les An­ge­li­nos, pri­vés de leur ba­ck­court ha­bi­tuel, à la mai­son avec un « sweep ». Le Pa­lace avait seule­ment un an et il cou­ron­nait dé­jà une équipe vieille de 48 ans !

LES GRANDS MO­MENTS DU PA­LACE

En 1990, les Bulls de Mi­chael Jor­dan viennent jouer un Match 7 au Pa­lace, en fi­nale de Confé­rence Est. Pas l’idéal pour Chi­ca­go. Sur­tout que le conten­tieux entre les deux fran­chises durent de­puis des an­nées. Les Pis­tons re­tardent le sacre an­non­cé de « Sa Ma­jes­té » en lui pas­sant ré­gu­liè­re­ment sur le râble en playoffs. Bren­dan Ma­lone, as­sis­tant de Chuck Da­ly à De­troit, a ima­gi­né les fa­meuses « Jor­dan Rules ». Les « Bad Boys » ont pour mis­sion de conte­nir Mike et de li­mi­ter son rayon­ne­ment en le cou­pant de ses par­te­naires. Ce Game 7 du 3 juin 1990 est un vrai tra­que­nard, dans la plus pure tra­di­tion du Pa­lace. Scot­tie Pip­pen pré­texte une mi­graine pour justifier sa mé­forme. Il shoote à 1/10 et laisse De­troit contrô­ler le match. Les Bulls sont une nou­velle fois éli­mi­nés par une dé­fense in­trai­table (74-93). Deux jours plus tard, les « Bad Boys » re­çoivent les Trail Bla­zers dans leur salle pour le Game 1 des Fi­nals. C’est une chan­teuse « jeune et in­con­nue », pour re­prendre les mots du spea­ker du Pa­lace, qui in­ter­prète l’hymne amé­ri­cain. Son nom est au­jourd’hui connu dans le monde en­tier : Ma­riah Ca­rey. Les joueurs de Rick Adel­man ne pè­se­ront pas plus lourds que les La­kers dans cette Fi­nale 1990 (4-1). Le Pa­lace fait toujours

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