« C’EST DUR D’IMA­GI­NER RE­VE­NIR À DE­TROIT ET NE PAS JOUER AU PA­LACE D’AU­BURN HILLS »

Mondial Basket - - Vintage - RICK CAR­LISLE (COACH DES PIS­TONS DE 2001 À 2003)

la dif­fé­rence, met­tant les vi­si­teurs au sup­plice. Isiah Tho­mas a don­né une iden­ti­té et une his­toire à cette en­ceinte, comme Joe Du­mars, joueur em­blé­ma­tique de la fran­chise de 1985 à 99. Tous deux n’ont por­té qu’un seul maillot, ce­lui des Pis­tons. Den­nis Rod­man quit­ta le Mi­chi­gan en 1993 pour re­joindre les Spurs de Da­vid Ro­bin­son. Chuck Da­ly, le coach aux 63.3% de vic­toires, fait ses adieux à De­troit en 1992 pour coa­cher la « Dream Team » à Bar­ce­lone (puis les Nets, alors à New Jer­sey) et les en­traî­neurs qui sui­vront ne trou­ve­ront ja­mais les bons pis­tons pour faire fonc­tion­ner le mo­teur de De­troit. Il faut at­tendre la no­mi­na­tion de Rick Car­lisle en 2001 pour l’en­tendre ru­gir à nou­veau, avec des cy­lindres neufs. Car­lisle est élu Coach of the year en 2002-03. Il cède aux ap­pels d’In­dia­na après un échec cui­sant en fi­nale de Confé­rence (4-0 pour les Nets de Ja­son Kidd). Lar­ry Brown dé­barque à son tour à Au­burn Hills et réus­sit un coup de maître dès sa pre­mière sai­son à « Mo­tor Ci­ty ». Les Pis­tons ont as­sem­blé une nou­velle équipe de « Bad Boys » avec Ben Wal­lace, Ri­chard Ha­mil­ton, Chaun­cey Billups et Ra­sheed Wal­lace, ar­ri­vé en cours d’an­née en pro­ve­nance d’At­lan­ta. Le star­ting li­neup est une « tue­rie » avec le jeune Tay­shaun Prince en swing­man. Chaque Pis­ton est im­pré­gné, ha­bi­té du « De­troit D ». Les La­kers sont vite plom­bés, étouf­fés, as­phyxiés en Fi­nales NBA (4-1), sur­tout avec la perte de Karl Ma­lone. Sacre flam­boyant au Pa­lace, avec un « DJ » (John Ma­son) dé­ve­lop­pant un style unique pour pré­sen­ter les lo­caux. Quand on réa­lise nos in­ter­views avec les joueurs ou les coaches en « press confe­rence », la cloche « Big Ben » ré­sonne en­core pour rap­pe­ler l’an­cien Apol­lon des lieux. L’are­na était pas­sée du « my­thique « au « my­thique cultis­sime » avec des ef­fluves du jeu des au­then­tiques « Bad Boys » et une at­mo­sphère chauf­fée à blanc par John Ma­son. Les « Bi-Bi-Bi-Billuuuuups !!! », « De-Troit, Basketball ! », « Donggggg-Big-Ben-Wal­lace » et « Sheeeeed Wal­lace » agré­mentent les soi­rées NBA grâce à ce DJ qui fait cra­cher le feu au lance-flammes et ce, jus­qu’au cin­quième étage du Pa­lace. Aus­si sa­vou­reux qu’une crème brû­lée ! La Ligue fi­ni­ra par re­ca­drer le prin­cipe de pré­sen­ta­tion des fran­chises, qui s’étaient mises à co­pier. C’était né­ces­saire avant que toutes les are­nas ne fi­nissent par flam­ber…

SAN AN­TO­NIO SORT VI­VANT DU PA­LACE, PAS IN­DIA­NA

Le Pa­lace est re­de­ve­nu une place forte, avec un en­vi­ron­ne­ment hos­tile, dans les an­nées 2000. Même de pas­sage pour une ou deux an­nées, les joueurs y font leur trou der­rière ce star­ting li­neup de rêve : Billups-Ha­mil­ton-Prince-Ra­sheed et Ben Wal­lace. On pense à Meh­met Okur. Mais le 19 no­vembre 2004, pour la ve­nue d’In­dia­na, la salle vit le pire mo­ment de son his­toire. Les Pa­cers de Rick Car­lisle n’ont pas di­gé­ré l’éli­mi­na­tion dans la der­nière fi­nale de Confé­rence face à « Mo­town » (2-4). Le match dé­gé­nère à quelques se­condes de la fin quand Ron Ar­test, devenu Met­ta World Peace, pousse Ben Wal­lace dans la ra­quette avant d’al­ler co­gner quelques spec­ta­teurs dans les tri­bunes. Onze joueurs sont im­pli­qués dans cette rixe, la pire de l’his­toire de la Ligue. Neuf sont sé­vè­re­ment sanc­tion­nés avec la ba­ga­telle de 146 matches de sus­pen­sion au to­tal. Onze mil­lions de dol­lars de sa­laires sont per­dus par les gar­çons pri­vés des ren­contres en ques­tion. Sept mois plus tard, le Pa­lace re­trouve les Fi­nales NBA, cette fois face à San An­to­nio. On a les deux meilleures dé­fenses de la Ligue en op­po­si­tion et le tour­nant de cette série in­ter­vient à Au­burn Hills, le 19 juin 2005, lors du Match 5. Ce choc est un com­bat de poids lourds. Au­cune des deux équipes ne mène ja­mais par plus de 4 points d’écart. On va lo­gi­que­ment en over­time avant que « Big Shot Rob » (Hor­ry), dé­jà hé­roïque en playoffs à Hous­ton et chez les La­kers, n’éteigne la lu­mière du Pa­lace (vic­toire 96-95 des Spurs). Les Pis­tons fi­ni­ront par perdre cette Fi­nale 4-3 mais c’est en­core leur salle qui a of­fert le meilleur spec­tacle.

TOUS NE SONT PAS NOS­TAL­GIQUES…

De­puis la sai­son 2009-10, les fans ont com­men­cé à dé­ser­ter une en­ceinte qui en­re­gis­trait d’ex­cel­lentes af­fluences (par­mi les meilleures de NBA). La crise éco­no­mique a ra­va­gé le Mi­chi­gan et plus en­core De­troit, qui est une ville en faillite. Ha­mil­ton, Prince et Ben Wal­lace sont les der­niers di­no­saures de la belle époque mais il n’y a plus de « Bad Boys ». Cette sai­son, le Pa­lace n’a pas été une salle im­pre­nable, même si le bi­lan « at home » res­tait po­si­tif (24-17). In­suf­fi­sant pour re­vivre des nuits ma­giques en playoffs. Rick Car­lisle, au­jourd’hui coach de Dallas, est ve­nu jouer une der­nière fois au Pa­lace le 15 fé­vrier. On lui a évi­dem­ment de­man­dé son sen­ti­ment après être pas­sé par toutes les émo­tions dans cette are­na. « C’est dur d’ima­gi­ner re­ve­nir à De­troit et ne pas al­ler au Pa­lace d’Au­burn Hills pour jouer un match de bas­ket. Mais d’après ce que j’ai pu en­tendre, la nou­velle salle est très jo­lie. » Le maillot du shoo­ting guard Rip Ha­mil­ton a été re­ti­ré le 26 fé­vrier, lors de la vi­site de Bos­ton. San An­to­nio est ve­nu une der­nière fois à Au­burn Hills le 10 du même mois. Gregg Po­po­vich, le coach des Spurs, n’éprou­vait au­cune nos­tal­gie à l’idée de dé­guer­pir du Pa­lace. « Les ob­jets in­ani­més ne comptent pas », dit-il de ma­nière pé­remp­toire. Et sans faire de sen­ti­ment. C’est le même état d’es­prit qui anime l’ac­tuel coach des Pis­tons, Stan Van Gun­dy, qui, c’est vrai, n’a pas écrit l’his­toire du Pa­lace. Ar­ri­vé en 2014, il n’a qu’une seule cam­pagne de playoffs avec la fran­chise à son ac­tif (« sweep » au 1er tour contre Cle­ve­land l’an der­nier). « Je n’éprouve pas de sen­ti­ments par­ti­cu­liers pour toutes les mai­sons que j’ai ven­dues et où mes en­fants ont gran­di. Aus­si, je ne suis pas plus nos­tal­gique de ces pierres ou de l’acier (du Pa­lace). Des gens ont cette nos­tal­gie des lieux mais ce n’est pas mon cas », concluait un Stan Van Gun­dy heu­reux comme tout que Tom Gores, le pro­prio de la fran­chise, lui ait trou­vé un nou­veau buil­ding à De­troit. Tous les Pis­tons cham­pions NBA en 1989, 1990 et 2004 ont été in­vi­tés au Pa­lace le 10 avril, pour le der­nier match, face à Wa­shing­ton. Il y eut beau­coup d’émo­tion, n’en dé­plaise à Van Gun­dy. Celle des fans qui ont fait vivre la salle avec ces ac­teurs de­ve­nus cham­pions. C’était la ma­gie du Pa­lace. Celle de faire de cols bleus du bas­ket d’au­then­tiques cham­pions NBA. Avec en plus l’éti­quette « Bad Boys ».

L’équipe cham­pionne en 2004 (4-1 contre les L.A. La­kers) : Lar­ry Brown (coach), Ri­chard Ha­mil­ton, Ben Wal­lace, Chaun­cey Billups, Ra­sheed Wal­lace

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