l’Homme QUi ne Perd Pas le nord

DA­VID WEST S’INS­CRIT DANS LA LI­GNÉE DES VIEUX ROUTIERS DU CIR­CUIT NBA QUI ONT GA­GNÉ UNE BAGUE DE CHAM­PION APRÈS DES SAI­SONS DE LA­BEUR DANS LA LIGUE. KE­VIN WILLIS ET MI­CHAEL FINLEY L’AVAIENT PRÉCÉDÉ À SAN AN­TO­NIO, À 35 ET 40 ANS. VOI­LÀ L’AN­CIEN HORNET COUR

Mondial Basket - - LIFE WITH - Par Ar­mel Le Bes­con, en­voyé spé­cial à Oak­land

Il y a quelques bons clients pour les mé­dias à Gol­den State. Da­vid West en fait par­tie, au même titre qu’Andre Iguo­da­la. Il n’a pas de livre de Ste­phen King dans sa va­lise mais il reste un fi­dèle du « Wall Street Jour­nal », lui qui fait par­tie des di­ri­geants d’une com­pa­gnie d’éner­gie, Zoe­tic Glo­bal, im­plan­tée no­tam­ment au Sal­va­dor et au Gha­na. Pla­ton et Nietzsche n’ont plus au­cun se­cret pour le vieux phi­lo­sophe des par­quets qui, à 37 ans - en août -, a rem­por­té sa pre­mière bague de cham­pion NBA, après une sai­son chez les War­riors. A l’écou­ter, on n’a pas l’im­pres­sion que cet or­ne­ment était une fi­na­li­té dans sa vie de bas­ket­teur. « De­puis deux ans, j’ai plus en­vie de pri­vi­lé­gier un confort de vie, plu­tôt que de pour­suivre un ob­jec­tif pu­re­ment spor­tif », di­sait-il au cours des Fi­nales NBA. C’est pour cette rai­son qu’il avait quit­té In­dia­na, à l’été 2015, et re­joint San An­to­nio. Mais alors, pour­quoi n’est-il pas res­té dans le Texas si le cadre de vie lui conve­nait ? « Il y a eu un coup de fil de « KD » et puis l’ex­ci­ta­tion de me dé­fon­cer pour un nou­veau groupe, plus jeune, ho­mo­gène et qui pra­ti­quait un bas­ket fun, fait d’adresse et d’al­truisme. Une pers­pec­tive qui me fas­ci­nait », ré­pond West qui était pas­sé à cô­té de sa de­mi-fi­nale de Confé­rence Ouest contre Ok­la­ho­ma Ci­ty, avec les Spurs, en mai 2016 (2-4). Il n’a au­cun re­gret après avoir chan­gé de spot. « J’ai re­trou­vé avec Steve Kerr ce que j’ai connu le temps d’une sai­son avec Gregg Po­po­vich à San An­to­nio. Une vé­ri­table har­mo­nie entre la vie spor­tive et la vie quo­ti­dienne. Ce sont deux en­vi­ron­ne­ments as­sez uniques si on les com­pare à ce qui se pra­tique ailleurs dans la Ligue », ajoute le 18e choix de la draft 2003 qui avait pas­sé quatre sai­sons à In­dia­na après avoir évo­lué huit ans à La Nou­velle-Or­léans, où il fut deux fois All-Star. Da­vid West est sû­re­ment plus épa­noui, au­jourd’hui, en de­hors des ter­rains de bas­ket, même s’il avoue : « A mon âge, on ne nie pas qu’un titre de cham­pion est im­por­tant, sur­tout quand on n’a rien ga­gné après au­tant d’an­nées dans la Ligue. Mais il y a tel­le­ment d’autres voies à ex­plo­rer pour trou­ver des sa­tis­fac­tions per­son­nelles au jour le jour ! » On se sou­vient qu’il y a deux ans, il avait fait une croix sur sa der­nière an­née de contrat à 12 mil­lions de dol­lars chez les Pa­cers pour ral­lier San An­to­nio qui ne lui of­frait « que » 1,2 mil­lion. Il fit la même chose l’été der­nier à Oak­land, pa­ra­phant un contrat de 12 mois à 1,5 mil­lion. L’ar­gent n’a plus trop d’im­por­tance pour lui : « J’ai fait mon beurre, j’ai mis as­sez de cô­té. Ce n’est pas le po­gnon qui va chan­ger quoi que ce soit dans ma vie. J’en ai suf­fi­sam­ment pour le res­tant de mes jours. Etre utile

au­près des plus jeunes, ici chez les War­riors, c’est hy­per gra­ti­fiant. Des gars comme Pa­trick McCaw, Ian Clark, Da­mian Jones et James Mi­chael McA­doo sont de­man­deurs de conseils. Si je peux les ai­der, je le fais avec grand plai­sir. Si je peux ai­der une en­tre­prise dans le pri­vé, c’est la même chose. Je ne peux plus ré­su­mer ma vie au bas­ket. Je ne le veux plus. » Quand on de­mande au na­tif de Tea­neck (New Jer­sey) de com­pa­rer les deux fran­chises dans les­quelles il vient de vivre une sai­son pleine, il ré­flé­chit, avant de ré­pondre : « Fran­che­ment, je ne vois pas beau­coup de dif­fé­rences, dans le mode de fonc­tion­ne­ment tout du moins. Que l’on parle de l’ap­proche des joueurs, avec un ob­jec­tif com­mun - la conquête du titre NBA -, ou de la mé­thode de tra­vail des coaches, les deux fran­chises se res­semblent. C’est pour ça que j’au­rais très bien pu res­ter à San An­to­nio. Coach Po­po­vich sou­hai­tait que je m’ins­talle… Mais c’est aus­si pour ça que je suis ve­nu à Gol­den State. » On a com­pris que West n’au­rait pas po­sé ses snea­kers ailleurs. Son in­ves­tis­se­ment de bas­ket­teur va dé­sor­mais de pair avec une ou­ver­ture sur un monde qu’il a peu­têtre trop long­temps igno­ré. Coach Kerr l’a ap­pe­lé pour 13 mi­nutes de jeu en moyenne dans ces playoffs 2017. En troi­sième ro­ta­tion in­té­rieure der­rière Za­za Pa­chu­lia, JaVale McGee et Dray­mond Green, car le front­court californien est peuplé. « Quel bon­heur de jouer avec des types comme ça !, souf­flait le vé­té­ran. C’était une bonne op­por­tu­ni­té. Et un ré­gal d’être par­mi des gars aus­si pleins de vie et tou­jours hy­per po­si­tifs ! » Steve Kerr pré­ci­sait avant le Match 4 à Cle­ve­land que Da­vid West était « un lea­der au sein du ves­tiaire. Il est très im­por­tant, no­tam­ment pour Dray­mond (Green), en tant que men­tor et guide. On a de la chance de l’avoir. » Le seul re­gret du n°3 ? « Ne pas avoir pu em­por­ter ma bonne vieille Lexus LX 470 à Oak­land. Elle n’au­rait pas sup­por­té les mon­tagnes. Je l’au­rais ache­vée… », ri­gole Da­vid West. Une voi­ture qu’il s’était of­ferte lors­qu’il fut draf­té il y a 14 ans ! Cette Lexus res­tée dans la mai­son de Ra­leigh, en Ca­ro­line du Nord, au­rait plus de 132 000 miles au comp­teur. « Elle est aus­si vieille que moi », conclut West qui ira la faire rou­ler cet été. Avec une bague de cham­pion au doigt ? « Non. Je ne suis pas bling-bling. » On avait re­mar­qué, Da­vid.

« J’AI AS­SEZ D’AR­GENT POUR LE RES­TANT DE MES JOURS. ÊTRE UTILE AU­PRÈS DES PLUS JEUNES, ICI CHEZ LES WAR­RIORS, C’EST HY­PER GRA­TI­FIANT »

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