LUNE DE MIEL

SOUS LE SO­LEIL DE LA BAY AREA

Mondial Basket - - STORY -

ON NE PARLE PLUS DES « SPLASH BRO­THERS » CHEZ LES WAR­RIORS. POUR­TANT, STE­PHEN CUR­RY, LA SU­PER­STAR DE GOL­DEN STATE, N’A RIEN PER­DU DE SON POU­VOIR ET EN­CORE MOINS DE SON TA­LENT. MAL­GRÉ L’AR­RI­VÉE D’UN DES MEILLEURS JOUEURS DU MONDE - KE­VIN DU­RANT - À SES CÔ­TÉS, « BA­BY FACE » RESTE LE MO­TEUR, LE CER­VEAU ET LA CONSCIENCE DE LA « DUB NA­TION ». NOU­VEAU POR­TRAIT DU DOUBLE CHAM­PION NBA.

Nous sommes le 16 juin 2015. Gol­den State bat Cle­ve­land 105-97 lors du Match 6 des Fi­nales et rem­porte son pre­mier titre NBA en qua­rante ans. Cette équipe, c’est celle de Ste­phen Cur­ry, le MVP in­con­tes­té de la Ligue. Une for­ma­tion qui a éta­bli un re­cord de 16-8 en playoffs après avoir rem­por­té 67 matches de sai­son ré­gu­lière. Les War­riors fonc­tionnent en mode « Splash Bro­thers » avec le ba­ck­court de rêve com­po­sé de Steph Cur­ry et Klay Thomp­son. La sai­son sui­vante, tou­jours pas ras­sa­sié, le pre­mier mène la « Dub Na­tion » à un re­cord ab­so­lu de 73 vic­toires pour 9 dé­faites. Avant d’échouer en Fi­nales (3-4), dans l’acte II contre Cle­ve­land. Le me­neur californien avait ar­ro­sé son sup­por­ting cast après un deuxième titre de meilleur joueur de la Ligue car il ne pou­vait en être au­tre­ment au terme d’un exer­cice où il avait éta­bli un re­cord avec 402 th­ree-points shots réus­sis. Mais il pas­sa un été pour­ri après une dé­faite très amère, in­con­ce­vable lorsque Gol­den State me­nait 3-1 dans la sé­rie face aux Ca­va­liers de LeB­ron James puis­qu’un re­vi­re­ment to­tal n’avait ja­mais été vu à ce stade de la com­pé­ti­tion. Quelque chose était cas­sé dans l’équipe. Il fal­lait le ré­pa­rer. Et vite. Beau­coup d’autres su­per­stars NBA - car de tout temps, ça a été le cas - au­raient frei­né des quatre fers, prô­nant un « Wait and see ». Le n°30 des War­riors, lui, n’a pas hé­si­té une se­conde. Le ren­fort de Ke­vin Du­rant était un ca­deau du ciel. C’était la pièce qui man­quait pour ali­gner une mi­ni-« Dream Team ». Effacer le dé­but d’un mi­ni-trau­ma­tisme. Et re­don­ner la ba­nane à tout le monde dans la baie de San Fran­cis­co. « Steph n’a po­sé au­cune condi­tion à la ve­nue de Ke­vin, nous a as­su­ré Bob Myers, le ma­na­ger ge­ne­ral de Gol­den State. Au contraire, il a tout fait pour être là et ac­cueillir Ke­vin les bras ou­verts. C’est là qu’on voit l’in­tel­li­gence de ce gar­çon. Une su­per­star qui pos­sé­dait deux titres de MVP, qui était All-NBA Team, au­réo­lée de toutes sortes de re­cords in­di­vi­duels à seule­ment 28 ans. Il vou­lait que Du­rant le re­joigne pour ga­gner avec une équipe en­core plus forte. Il n’y a pas eu d’his­toire d’ego avec Steph. » Da­vid Al­dridge, grand re­por­ter pour le groupe Tur­ner et NBA TV, ex­pli­quait pour­quoi le n°7 de la draft 2009 avait ac­cep­té aus­si vite et aus­si ai­sé­ment l’ar­ri­vée d’un ex-fran­chise player, quatre fois meilleur sco­reur et une fois MVP de la Ligue. « Dray­mond Green a dit qu’il fal­lait en fi­nir avec les « Splash Bro­thers ». Ça n’avait rien à voir avec la per­son­na­li­té de Klay ou Ste­phen. Dray­mond était sim­ple­ment per­sua­dé qu’il fal­lait pas­ser à autre chose dans le jeu pour re­con­qué­rir le titre. C’est pour ce­la que Ke­vin était le bien­ve­nu. Ste­phen a tout fait pour que ça se passe bien. » Quand on de­mande à Shaun Li­ving­ston, le back-up de Ste­phen Cur­ry, à qui « ap­par­tient » dé­sor­mais cette équipe, sa ré­ponse claque. « C’est l’équipe de Ke­vin, Ste­phen et Dray ! » Green est un élé­ment fon­da­men­tal. Il n’est pas étran­ger au lien qui s’est noué entre les deux su­per­stars du bas­ket US, même si celles-ci se connais­saient dé­jà (aven­ture com­mune avec les USA en 2010 en Tur­quie). Sa pré­sence fut dé­ter­mi­nante pour par­faire la co­ha­bi­ta­tion. Quand il a fal­lu re­ca­drer « KD » en cours de sai­son, ce n’est pas Cur­ry qui est al­lé au char­bon mais le meilleur dé­fen­seur de l’équipe : l’ai­lier fort. Il n’y a pas eu de clash. Parce que Green n’est pas une su­per­star. Et parce qu’il est res­té dans son rôle. Gar­dien du temple, d’un état d’es­prit, avec la tchatche et le grain de fo­lie qu’on lui connaît. Lors­qu’on avait com­men­cé à par­ler de Du­rant dans la Bay Area, il avait pré­ve­nu : « C’est un ex­cellent joueur mais… » C’est un ex­cellent joueur mais c’était à lui de s’in­té­grer dans un ves­tiaire qui avait dé­jà ga­gné. Et où la no­tion de col­lec­tif était sa­crée. La grande gueule Green n’al­lait pas lais­ser qui­conque foutre le boxon, quel que soit son CV. « C’est aus­si pour ce­la qu’il n’y a pas eu de pro­blème pour in­té­grer Ke­vin aux cô­tés d’une su­per­star comme Cur­ry », re­prend Da­vid Al­dridge. Ste­phen lâ­cha un « Wel­come ! » sin­cère, au-de­là des po­li­tesses d’usage chez les Amé­ri­cains. Si Green est le chien qui aboie et le lion qui ru­git, un lea­der émo­tion­nel, Cur­ry est

le mo­teur de l’équipe dans le jeu, son cer­veau et sa conscience. C’était vrai hier sans « KD », c’est en­core vrai au­jourd’hui avec lui.

un Co­équi­pier mais pas for­Cé­ment un vé­ri­table ami

Bruce Fra­ser tra­vaille avec Ste­phen Cur­ry en conti­nu de­puis trois ans. Il af­firme n’avoir rien chan­gé cette sai­son. Il in­cor­pore de temps à autre Ke­vin Du­rant aux ses­sions d’en­traî­ne­ments avec le na­tif d’Akron, comme ce 11 juin, sous nos yeux, au prac­tice fa­ci­li­ty des War­riors, per­ché sur les toits du Mar­riott Ho­tel à Oak­land. « On al­terne ce type de séances de shoots, où Steph et Ke­vin sont en­semble avec moi, avec d’autres où ils ne le sont pas. Ils ont un gros temps de jeu en­semble en match mais il est né­ces­saire, aus­si, de peau­fi­ner leur en­tente avec leurs co­équi­piers et c’est pour ce­la qu’ils ne sont pas tou­jours tous les deux sur le même shoo­ta­round. » Bruce a plus d’af­fi­ni­tés avec Ste­phen - c’est le temps pas­sé avec lui qui veut ça - mais il a aus­si créé une très bonne re­la­tion avec l’an­cien ai­lier d’Ok­la­ho­ma Ci­ty. « C’est un gar­çon dé­li­cieux, af­firme l’as­sis­tant coach des War­riors. Comme Ste­phen. Le cou­rant est im­mé­dia­te­ment pas­sé entre eux. » Fra­ser confirme que les deux cham­pions du monde 2010 sortent en­semble pour dî­ner quand les hommes de Steve Kerr sont en dé­pla­ce­ment, par exemple. « Ils em­mènent leurs bo­dy­guards quand on est dans de grandes villes comme Los An­geles, New York ou Chi­ca­go. En playoffs, c’est dif­fé­rent car on reste concen­trés au maxi­mum. On pro­gramme plu­tôt des dî­ners avec toute l’équipe à l’hô­tel. Mais Ste­phen prend le soin de dis­cu­ter avec Ke­vin. Très sou­vent. » Est-ce que Cur­ry est ami, pour au­tant, avec le néo-cham­pion NBA ? « Je ne peux pas vrai­ment dire ça…, ex­plique le me­neur qui a le même âge (29 ans), qua­si­ment, que « KD » (ce der­nier les at­tein­dra en sep­tembre). Ami, pas exac­te­ment. On joue en­semble, on se dé-

couvre, on ac­cu­mule du vé­cu. On se connaît de­puis 2009, on se connaît beau­coup mieux au­jourd’hui, for­cé­ment, mais on ne va pas l’un chez l’autre chaque jour. Je n’irais pas jus­qu’à dire qu’on se fré­quente au point de s’in­vi­ter fré­quem­ment. On n’a pas ce type de re­la­tion. » « KD » (2e choix par Seat­tle, fu­tur Thun­der) était ar­ri­vé dans la Ligue deux ans avant Ste­phen Cur­ry, ju­nior à sa sor­tie de la fac de Da­vid­son il y a huit ans. Du­rant, lui, avait sau­té le pas dès l’is­sue de son an­née fresh­man à Texas, en 2007. Les deux joueurs avaient pas­sé du temps en­semble au sein du Team USA, pour le cham­pion­nat du monde en Tur­quie qui avait cou­ron­né les re­pré­sen­tants de l’Oncle Sam. L’équipe de Mike Kr­zy­zews­ki s’était trou­vé un lea­der en la per­sonne de « KD », Cur­ry jouait une di­zaine de mi­nutes en sor­tie de banc. Le genre d’ex­pé­rience qui fa­ci­lite leurs échanges au­jourd’hui à Oak­land. « Je ne m’en sou­ve­nais pas, ajoute Fra­ser, mais oui, c’était le socle de leur re­la­tion, sur­tout avec « Coach K » qui a tou­jours pri­vi­lé­gié la co­hé­sion et la com­mu­ni­ca­tion entre les joueurs pour at­teindre les ob­jec­tifs fixés. » Les deux gar­çons avaient dé­cro­ché l’or en­semble sur les bords du Bos­phore. En NBA, Ste­phen Cur­ry a ga­gné avant Ke­vin Du­rant. Cham­pion et double MVP de la Ligue, il n’avait plus rien à prou­ver. Il n’avait rien à ga­gner dans une ba­taille d’egos. Aus­si, c’est une re­la­tion saine, entre vrais pro­fes­sion­nels, qui s’est éta­blie entre eux. « KD » a pris as­sez na­tu­rel­le­ment les com­mandes en Fi­nales, jus­qu’à l’ob­ten­tion du titre de MVP, sans que ce­la per­turbe l’équi­libre du col­lec­tif ou la quié­tude du ves­tiaire. Preuve que ces gar­çons jouaient pour l’in­té­rêt gé­né­ral, en bonne in­tel­li­gence. « Ils sont suf­fi­sam­ment grands pour com­prendre que c’est en unis­sant leurs forces qu’ils peuvent ré­gner en NBA, rap­pe­lait Da­vid Al­dridge. Ils s’en­tendent bien, d’abord, sur le ter­rain. On le voit, ils prennent plai­sir à jouer en­semble. Le groupe a ra­pi­de­ment in­té­gré Ke­vin dans le jeu. » Ste­phen Cur­ry a fait des po­diums seul, pen­dant les Fi­nales NBA 2017, comme Ke­vin Du­rant, mais les deux ont aus­si été as­so­ciés, comme à l’is­sue du Match 4 per­du à Cle­ve­land. « Ça ne pose au­cun pro­blème à Steph de par- ta­ger son temps de pa­role avec Ke­vin », as­sure Ray­mond Rid­der, le di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion des War­riors. Si Du­rant ne goûte pas en­core la cui­sine de Ma­dame Cur­ry, c’est parce que les deux su­per­stars californiennes ont des modes de vie bien dif­fé­rents. Ste­phen est ma­rié et il a deux filles, Ke­vin mène en­core une vie de célibataire. « Ils n’ont pas les mêmes sou­cis ni le même mode de fonc­tion­ne­ment dans la vie, tranche le GM Bob Myers. Les pro­blèmes de Steph ne sont pas ceux de Ke­vin et vice vse­ra, c’est une évi­dence. Steph est res­té très fa­mille avec ses pa­rents et beaux-pa­rents, Ke­vin n’a pas du tout les mêmes pré­oc­cu­pa­tions et ac­ti­vi­tés pour le mo­ment. »

Cur­ry a ap­pris à Connaître Du­rant

Quand on in­ter­roge Bruce Fra­ser sur la plus grosse dif­fé­rence entre Ste­phen et Ke­vin, il ré­pond par une pi­rouette : « L’un fait 1,91 m et l’autre 2,06 ! Plus sé­rieu­se­ment, l’un est pa­pa et res­pon­sable d’une fa­mille, l’autre n’a pas ces prio­ri­tés-là. Ils ont sur­tout en com­mun l’amour du jeu. Ils adorent le bas­ket, jouer des matches, jouer en­semble, par­ta­ger des vic­toires en pre­nant beau­coup de plai­sir sur le par­quet. C’est ce que je vois en étant sou­vent avec eux. » L’ar­rière Shaun Li­ving­ston, ins­tal­lé à Gol­den State de­puis l’été 2014, ne voit pas de dif­fé­rence fon­da­men­tale entre les deux ve­dettes des War­riors. « Ce sont deux des meilleurs joueurs du monde. Ils ont ap­pris à tra­vailler en com­mun et à jouer en­semble au quo­ti­dien. Moi, ce qui me fas­cine chez eux, c’est leur com­pré­hen­sion du rôle de leurs co­équi­piers. J’ai une grande ex­pé­rience dans cette Ligue et je n’avais ja­mais eu ce fee­ling avec des joueurs de ce sta­tut. On se sent in­ves­ti au­près d’eux car ils im­pliquent tout le monde. Et on connaît leur exi­gence. C’est im­por­tant pour quel­qu’un comme moi. » Steph Cur­ry avait ra­pi­de­ment pri­vi­lé­gié la co­hé­sion de l’équipe quand celle-ci avait pris forme à par­tir de la sai­son 2012-13, avec un re­tour en playoffs - aven­ture conclue par une éli­mi­na­tion en de­mi-fi­nales de Confé­rence Ouest contre San An­to­nio (2-4). « Il a fonc­tion­né de la même ma­nière que les an­nées pré­cé­dentes, sur­en­ché­rit Bob Myers. C’est aus­si pour ce­la que Ke­vin s’est sen­ti ex­trê­me­ment bien par­mi nous dès le dé­but. Steph lui a fa­ci­li­té les choses, d’une cer­taine ma­nière. C’était son équipe mais il a par­ta­gé les res­pon­sa­bi­li­tés avec Ke­vin. » Une com­pli­ci­té évi­dente sur le ter­rain, pas de mots dé­pla­cés en­vers le nou­vel ar­ri­vant, à au­cun mo­ment : Cur­ry a joué à fond la carte de la co­ha­bi­ta­tion in­tel­li­gente pour rem­por­ter un deuxième titre NBA. On est loin des re­la­tions exé­crables entre un Sha­quille O’Neal et un Kobe Bryant à par­tir de 2002. « On ver­ra avec le temps si cette re­la­tion très tran­quille du­re­ra, lance un agent NBA. Il peut y avoir des in­té­rêts di­ver­gents à un mo­ment don­né, qui n’ont rien à voir avec le bas­ket, d’ailleurs. C’est comme ça en NBA. Pour l’ins­tant, ils ont tout in­té­rêt à s’en­tendre et à en­gran­ger des titres en­semble. » Au mo­ment où nous écri­vions ces lignes, les deux com­pères n’ima­gi­naient pas leurs routes se sé­pa­rer à court terme. Ils par­laient pro­lon­ga­tion (de l’aven­ture), Cur­ry at­ten­dant le gros contrat qu’on lui pro­met­tait de­puis des mois. On se sou­vient que To­ni Ku­koc, une vé­ri­table star en Eu­rope, avait été par­ti­cu­liè­re­ment mal

« STE­PHEN EST UN GAR­ÇON DÉ­LI­CIEUX, COMME KE­VIN DU­RANT. C’EST LA RAI­SON POUR LA­QUELLE LE COU­RANT EST IM­MÉ­DIA­TE­MENT PAS­SÉ ENTRE EUX » BRUCE FRA­SER (AS­SIS­TANT COACH GOL­DEN STATE)

ac­cueilli par Mi­chael Jor­dan et Scot­tie Pip­pen à Chi­ca­go en 1993. Ku­koc était por­té aux nues par Jer­ry Krause, en­ne­mi ju­ré de « MJ » (l’exGM des Bulls s’est éteint en mars der­nier, à 77 ans). Le Croate fut long­temps le souffre-dou­leur de « His Air­ness » et de son lieu­te­nant, qui ne com­pre­naient pas que le triple cham­pion d’Eu­rope - avec Split - em­poche un sa­laire fa­ra­mi­neux dès son ar­ri­vée alors qu’il n’avait rien dé­mon­tré dans la plus grande Ligue du monde (Pip­pen ne ces­sa de ful­mi­ner en com­pa­rant ses émo­lu­ments aux siens). Evi­dem­ment, Cur­ry n’est pas Jor­dan mais il a un pal­ma­rès plus four­ni que ce­lui de Du­rant. Seule­ment voi­là, l’ar­rière à la gueule d’ange a lais­sé son ego de cô­té pour per­mettre à Gol­den State d’ali­gner deux MVP. « Le mot « Ja­lou­sie » n’existe pas chez nous, re­lève Shaun Li­ving­ston. On a tous à y ga­gner. » Steph Cur­ry, meilleur mar­queur des War­riors cette sai­son en­core avec une moyenne de 25.3 points (de­vant Du­rant, 25.1), a donc aban­don­né le sco­ring à l’ex-ai­lier du Thun­der en Fi­nales NBA. Ce­la don­nait 35.2 points de moyenne pour « KD » contre près de 27 au me­neur, qui a réa­li­sé… une bien meilleure Fi­nale qu’en 2016 (22.6 pts à 40.3 et 40%). Dans l’acte III face à Cle­ve­land, le n°30 a shoo­té à 44% dans le champ et près de 39% der­rière l’arc. « Il a su uti­li­ser l’ap­port of­fen­sif d’un shoo­teur comme Ke­vin, note Da­vid Al­dridge. Le rythme, no­tam­ment. Car tout part de Ste­phen, qui dicte le tem­po à suivre. Ke­vin a trou­vé sa place dans ce sché­ma et tout en s’ap­puyant sur cette nou­velle arme, Cur­ry a conti­nué d’im­pli­quer Klay (Thomp­son), avec le­quel la com­pli­ci­té est la même. » « De­puis le mois d’oc­tobre, ra­con­tait le na­tif d’Akron pen­dant les Fi­nales, on a eu du temps pour ap­prendre à se connaître. Tout va bien de ce cô­té-là. Ke­vin est un bon mec. Il a un grand sens de l’hu­mour. Je ne le connais­sais pas, d’ailleurs, sous cet angle. On pour­rait faire un show hu­mo­ris­tique en­semble ! », ri­go­lait-il à l’is­sue d’une confé­rence de presse. Cur­ry avait pas­sé un été tran­quille, il y a douze mois, avec du re­pos, re­fu­sant d’in­té­grer la sé­lec­tion amé­ri­caine pour les Jeux Olym­piques de Rio. Ou presque car il n’avait ces­sé de res­sas­ser cette sa­ta­née Fi­nale per­due. Ce sum­mer 2017 se­ra plus re­lax. Il a été payé en re­tour avec la re­con­quête du titre NBA. C’est ce qu’il re­cher­chait de­puis 2015. C’est ce que cherchent toutes les su­per­stars de la Ligue. Lais­ser une trace dans l’his­toire en em­pi­lant les titres. Ke­vin Du­rant peut d’ores et dé­jà dire mer­ci à Ste­phen Cur­ry, lui qui vient de dé­cro­cher sa pre­mière bague qua­si­ment dix ans après ses dé­buts à Seat­tle. Un che­min long et dif­fi­cile. Sa ren­contre avec le pa­tron des War­riors a per­mis d’écrire le dé­but d’une belle his­toire. Peut-être le dé­but d’une au­then­tique dy­nas­tie.

« STE­PHEN EST RES­TÉ TRÈS FA­MILLE, IL EST MA­RIÉ ET IL A DEUX FILLES. KE­VIN EST CÉLIBATAIRE. ILS N’ONT PAS LES MÊMES SOU­CIS NI LE MÊME MODE DE FONC­TION­NE­MENT DANS LA VIE » BOB MYERS (GM GOL­DEN STATE)

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