MATCH 1 FI­NALES : BRU­TAL ET MOR­TEL

ON PEUT ÊTRE CHAM­PION DE LA CONFÉ­RENCE EST ET CONNAÎTRE UN RÉ­VEIL BRU­TAL QUAND ON PASSE À L’OUEST ! C’EST CE QUI EST AR­RI­VÉ À CLE­VE­LAND POUR L’OU­VER­TURE DE LA SÉ­RIE CONTRE GOL­DEN STATE DANS LA BAIE DE SAN FRAN­CIS­CO. UNE VING­TAINE DE BALLES PER­DUES ONT ÉTÉ

Mondial Basket - - NEWS - Par Ar­mel Le Bes­con, en­voyé spé­cial à Oak­land

On au­rait ai­mé par­ler d’un cham­pion NBA dé­fen­dant son titre bec et ongles dès l’ou­ver­ture de la sé­rie, no­tam­ment avec LeB­ron James, mais « le King » lui-même nous fit com­prendre que cette pre­mière chro­nique en di­rect de San Fran­cis­co n’avait de va­leur que si on évo­quait la per­for­mance de « KD ». Ke­vin Du­rant, évi­dem­ment. Parce que Cle­ve­land n’avait pas exis­té dans ce Game 1. Et parce que « LBJ », qui dis­pu­tait sa sep­tième Fi­nale consé­cu­tive, avait per­du sa match-up face à l’ai­lier de Gol­den State. LeB­ron prit quand même le temps de faire un peu d’his­toire pour rap­pe­ler le contexte ex­trê­me­ment dif­fi­cile dans le­quel se re­trou­vait Cle­ve­land face à l’ogre de la Wes­tern. « On parle d’une des meilleures équipes de l’his­toire, qui a as­sem­blé des pièces in­es­ti­mables pour se his­ser à un ni­veau ir­réel en sai­son ré­gu­lière et en playoffs de­puis un mo­ment. Un épou­van­tail qui, l’été der­nier, a en­core ajou­té à son ros­ter l’un des plus grands ta­lents of­fen­sifs de la Ligue, avec l’in­tel­li­gence de jeu qu’on lui connaît. Et c’est ça qui nous était op­po­sé. Il s’agit de sa­voir comment com­battre face à ça… » Le 1er juin, James et les Ca­va­liers n’avaient pas trou­vé les armes pour stop­per ou ra­len­tir Ke­vin Du­rant, Ste­phen Cur­ry et leur bande à l’Oracle Are­na. Ils furent même in­ca­pables de ré­agir quand les War­riors « dé­ci­dèrent » de les en­fon­cer en moins de 4 mi­nutes, au dé­but du troi­sième quart-temps, avec un run de 13-0 ! Gol­den State se ré­ga­la sur du jeu de tran­si­tion

après avoir mar­ty­ri­sé Cle­ve­land à l’in­té­rieur, le temps d’une mi-temps, la pre­mière (42-16 dans la ra­quette). Tout ce­la en ex­ploi­tant au maxi­mum les bal­lons per­dus par les Cavs (21 pts). Puisque LeB­ron James nous in­ci­tait à par­ler de Ke­vin Du­rant, on s’at­tar­da sur la re­crue choc des War­riors qui n’avait plus mis les pieds en Fi­nales NBA de­puis cinq ans (1-4 contre Mia­mi avec Ok­la­ho­ma Ci­ty). De­puis, il avait fi­ni meilleur joueur de la sai­son ré­gu­lière (2014) mais Ste­phen Cur­ry lui avait suc­cé­dé, avec deux titres de MVP pour dé­co­rer son sa­lon (2015 et 2016). Quand on lui de­man­da ce qu’il pen­sait de son duel avec LeB­ron James, qui avait tour­né à son avan­tage (38 pts-9 rbds8 pds contre 28 pts-15 rbds-8 pds), « KD » ré­pon­dit hum­ble­ment : « J’ai es­sayé de jouer aus­si dur que pos­sible face à lui mais on sait ce qu’il est ca­pable de faire et puis ce n’est pas qu’une match-up entre lui et moi, c’est d’abord une op­po­si­tion Gol­den State contre Cle­ve­land. Je fais ma part de bou­lot. » Un bou­lot énorme des deux cô­tés du ter­rain avec une dé­fense de fer, qui for­ça le « King » à shoo­ter à 45% et 33% der­rière l’arc. Des chiffres

en baisse pour le fran­chise player des Ca­va­liers, qui sur­fait sur des pour­cen­tages au­tre­ment plus éle­vés en playoffs à l’Est et qui, cette fois, se re­trou­va em­pê­tré dans les pertes de balle (8) de­vant la dé­fense com­pacte des War­riors. Au­cun de ses co­équi­piers, trop sta­tiques, ne lui of­frit de so­lu­tions en re­lais. Le Game 1 pa­rut fa­cile tant la « Dub Na­tion » do­mi­na les dé­bats, rem­por­tant les quatre pé-

riodes de 12 mi­nutes. « Non, ce n’était pas aus­si fa­cile que vous le dites, souf­fla « KD ». C’est dur de dé­fendre et d’at­ta­quer avec le même im­pact et la même in­ten­si­té à chaque pos­ses­sion. Ça de­mande une concen­tra­tion et une im­pli­ca­tion ex­trêmes. » Une concen­tra­tion qui sem­bla di­mi­nuer lors­qu’après un shoot longue dis­tance dans le troi­sième quart-temps, Du­rant don­na l’im­pres­sion d’ap­po­ser une dé­di­cace à la su­perbe Ri­han­na, toute de noir vê­tue. Celle-ci quit­ta l’Oracle Are­na en ac­cep­tant l’of­frande, sans scru­pules, tout en criant : « Le King reste le King ! » Ri­han­na est tou­jours fan de LeB­ron. Au cô­té de Ste­phen Cur­ry après le match, l’an­cien small for­ward du Thun­der fei­gnit de ne pas se sou­ve­nir de l’in­ci­dent avec la belle, qui avait crié « Brique! » sur une ten­ta­tive de lan­cer du n°35 californien. « Ne tombe pas dans ce piège », lui lan­ça Cur­ry sur le po­dium, en confé­rence de presse. Du­rant n’a pas ra­té son come-back en Fi­nales NBA. Ses 38 points lui ont per­mis d’éga­ler son re­cord en playoffs : il date de 2017 puis­qu’il avait été tout aus­si ins­pi­ré face à Utah en de­mi-fi­nales de Confé­rence Ouest, le 6 mai der­nier (Match 3, vic­toire 102-91). Mais ce sco­ring, ajou­té à ses 8 re­bonds et 8 as­sists sans un seul bal­lon per­du, nous obli­geait à re­mon­ter au 19 juin 2000 : on y trou­vait trace d’un joueur à 41 points en Fi­nales sans au­cun tur­no­ver. C’était Sha­quille O’Neal, op­po­sé à In­dia­na avec ses La­kers (4-2). « Jouer une Fi­nale NBA, c’est le must, rap­pelle Du­rant. C’est à cette place que chaque joueur veut être parce que c’est le plus haut ni­veau du bas­ket. On en rêve quand on est ga­min. Après, je n’en se­rais pas là si mes co­équi­piers n’avaient pas été bons. On ap­pré­cie chaque mo­ment de cette sé­rie. Cha­cun d’entre nous va don­ner le meilleur et faire en sorte de pour­suivre sur la même voie pour per­mettre à l’équipe d’avan­cer. » Si les War­riors par­ta­geaient clai­re­ment le sen­ti­ment de Ke­vin Du­rant, pre­nant du plai­sir à jouer et à ga­gner en­semble, ce n’était évi­dem­ment pas le cas à Cle­ve­land. Tris­tan Thomp­son et J.R. Smith furent trans­pa­rents tan­dis que De­ron Williams et Kyle Kor­ver, deux an­ciens AllS­tars, ne rap­por­tèrent pas un seul point avec un temps de jeu consé­quent (18 et 19 mn). Thomp­son fut même ri­di­cu­li­sé par Steph Cur­ry qui vint lui prendre un re­bond of­fen­sif sur la tête ! L’in­té­rieur ca­na­dien des Cavs avait be­soin de ré­con­fort au­près de Kh­loé Kar­da­shian après un match aus­si ter­rible. Ce n’est pas avec LeB­ron James qu’il al­lait trou­ver la paix et la sé­ré­ni­té né­ces­saires pour re­bon­dir. « Cha­cun doit jouer avec éner­gie et lu­ci­di­té, uti­li­ser sa tête pour être en phase et com­prendre ce qu’on es­saie d’ac­com­plir. » Le mes­sage du n°23 était-il pas­sé ? Cle­ve­land avait 72 heures pour prendre conscience de tout ce qui n’al­lait pas.

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