KLAY THOMP­SON, ATOUT DÉ­FENSE

UN GRAND SHOO­TEUR NE LÂCHE JA­MAIS RIEN. DÉ­MONS­TRA­TION AVEC KLAY THOMP­SON, FLASHÉ À PLUS DE 22 POINTS EN SAI­SON RÉ­GU­LIÈRE ET TOM­BÉ À 14.4 EN PLAYOFFS, AVANT LE DÉ­BUT DES FI­NALES NBA.

Mondial Basket - - NEWS -

Klay Thomp­son a un fan in­con­di­tion­nel en la per­sonne de son coach, Steve Kerr, qui n’a ces­sé de le dé­fendre. Em­pê­tré dans des playoffs moyens sur le plan of­fen­sif, le n°11 des War­riors a dé­bu­té la Fi­nale NBA 2017 sur un piètre 3/16 aux tirs (0/5 der­rière l’arc), rap­por­tant seule­ment 6 points. Mais le fils de My­chal a trou­vé la paix avec les mots de son en­traî­neur, re­ve­nu aux af­faires. « Il a été ex­cep­tion­nel­le­ment bon dans ce Match 1, ar­gu­men­tait Steve Kerr. Vous voyez les chiffres mais j’ai sur­tout re­gar­dé sa dé­fense et ce qu’il a pro­duit balle en main, avec des drives et en cou­pant, a été par­fait. Après, l’adresse aux shoots, c’est autre chose. Je reste convain­cu que lorsque vous jouez vrai­ment bien, vous êtes utile à votre équipe, même si vous n’avez pas de réus­site aux tirs. Ce n’est qu’une ques­tion de temps avant que les shoots fi­nissent par ren­trer. » Cette réus­site qui le fuyait de­puis le 16 avril et l’af­fron­te­ment contre Port­land au 1er tour est re­ve­nue au meilleur mo­ment, dans le Game 2 face à Cle­ve­land, avec 22 points à 8/12, dont 4/7 à 3 points. Con­fir­ma­tion au Match 3 avec 30 pions (11/18 et 6/11 « from down­town »). Des pour­cen­tages en­fin à la hau­teur du ta­lent du shoo­ting guard trois fois All-Star, au­teur de 60 points en sai­son ré­gu­lière, face à In­dia­na, en dé­cembre (le 5, 21/33, 8/14 der­rière l’arc et 10/11 aux lan­cers francs). Thomp­son, des­cen­du du po­dium de­puis l’ar­ri­vée de Ke­vin Du­rant dans la Bay Area, ré­pon­dait aux mé­dias dans un coin du ter­rain, comme Andre Iguo­da­la, Dray­mond Green et Za­za Pa­chu­lia. Un chan­ge­ment de sta­tut at­ten­du. Une ré­tro­gra­da­tion né­ces­saire dans la hié­rar­chie des War­riors pour ce­lui qui for­mait les « Splash Bro­thers », de­puis 2011, avec son co­équi­pier du ba­ck­court, Ste­phen Cur­ry. Le deuxième ar­rière de Gol­den State (27 ans) n’a pas chan­gé de rhé­to­rique pour au­tant. Il parle bas­ket, tech­nique bas­ket plus pré­ci­sé­ment, et éven­tuel­le­ment de son chien, Roc­co, un bull­dog de 5 ans qu’il pro­mène tou­jours sur Muir Beach, à Sau­sa­li­to. JaVale McGee, qui n’a rien d’un psy­cho­logue, classe Klay dans la co­lonne des « mecs dé­con­trac­tés » alors que Ke­vin Du­rant plai­san­tait à peine en dé­but de sai­son en se di­sant « éton­né qu’il pos­sède un té­lé­phone por­table ». Thomp­son est un tai­seux. Et ce n’est pas un deuxième titre NBA qui le fe­ra chan­ger de galaxie. Il porte des snea­kers An­ta par­ti­cu­liè­re­ment hor­ribles mais dit pro­fi­ter d’un spon­sor car « le bas­ket ne du­re­ra pas éter­nel­le­ment. Une car­rière de 10-15 ans est vite pas­sée », rap­pe­lait-il sans fard. Le n°11 de la draft 2011 a réus­si une ma­gni­fique sai­son ré­gu­lière. La meilleure de­puis qu’il porte le jer­sey jaune et bleu. La fran­chise ca­li­for­nienne l’avait draf­té une place der­rière Jim­mer Fre­dette, un autre shoo­teur - per­du de vue après un pas­sage par la Chine - re­te­nu par Sa­cra­men­to. « Je me consi­dé­rais comme le meilleur sni­per de cette draft, dé­clare Thomp­son qui af­fron­tait la con­cur­rence, à l’ar­rière, de Ky­rie Ir­ving, Bran­don Knight et Kem­ba Wal­ker. Chaque gars qui pas­sait avant moi, je le pre­nais comme une gifle. » Main­te­nant, c’est Klay qui met des tartes avec une dé­fense dure, un sec­teur où on ne l’at­ten­dait pas for­cé­ment. Ky­rie Ir­ving et LeB­ron James s’y sont cas­sé les dents. Andre Iguo­da­la, qui n’est pas un tendre quand il s’agit de mettre la pres­sion sur un at­ta­quant, sa­luait la mue de Klay. De­ve­nu un re­quin en la ma­tière. « Il a une ca­pa­ci­té à swit­cher ex­trê­me­ment

Klay THomP­son esT Un Tai­seUX. ET CE N’EST PAS UN DEUXIÈME TITRE DE CHAM­PION NBA QUI LE FE­RA CHAN­GER DE GALAXIE

vite, ce qui le rend ef­fi­cace pour mar­quer un me­neur, un deuxième ar­rière ou un ai­lier. Il peut même se dres­ser de­vant un po­wer. » De son cô­té, Thomp­son ex­plique avoir « beau­coup de chance de pos­sé­der une telle en­du­rance pour pas­ser d’un cô­té du ter­rain à l’autre avec la même ef­fi­ca­ci­té ». Du­rant l’été, il pour­ra ad­mi­rer sa bro­chette fa­vo­rite. Celle des gros mar­queurs qu’il a épin­glés tout au long de l’an­née grâce à sa dé­fense. Il re­cen­sait dans le désordre « Rus­sell West­brook, James Har­den, C.J. McCol­lum et LeB­ron James ». Le la­bo tech­nique « SportVU » a cal­cu­lé qu’il par­cou­rait 3,94 km en moyenne dans un match. Ce­la le met­tait au 12e rang, pour les ki­lo­mètres cou­verts, par­mi 400 joueurs de la grande Ligue amé­ri­caine. Tout le monde s’ac­corde à dire que Klay est dé­sor­mais un grand bas­ket­teur NBA. Ce n’est pas une star pour au­tant. « Trop stoïque pour ce­la », ré­torque Steve Kerr. Ron Adams, as­sis­tant coach, dé­crit le shoo­ting guard de ma­nière in­so­lite : « Il aime sco­rer, il aime ga­gner et il aime… son temps libre. Son équa­tion de la vie est as­sez bonne en soi. » Une fois chez lui, Thomp­son pas­se­rait du temps de­vant la té­lé en re­gar­dant du soccer ou du golf. Pour­quoi ? Ré­ponse sur le ton de l’hu­mour : « Tu peux re­gar­der et écou­ter gra­tui­te­ment. » Un joke. Mais per­sonne n’a ri. Si on veut rire avec l’an­cien Cou­gar de Wa­shing­ton State, il faut re­gar­der « Sha­q­tin’ A Fool » où il part en contre-at­taque et fi­nit par lais­ser échap­per le bal­lon. Sha­quille O’Neal se se­rait for­cé, pa­raît-il, à trou­ver une image un peu drôle de ce grand far­ceur qu’est Klay. Dans le Top 50 du « Sha­q­tin’ » 2016-17, il se­rait tout en bas. On ne peut pas ga­gner par­tout ni à tous les coups.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.