IN­TER­VIEW RUDY GOBERT

LE PI­VOT D’UTAH VA AT­TA­QUER SA CIN­QUIÈME SAI­SON NBA DANS UN COS­TARD DIF­FÉ­RENT. IL EST DÉ­SOR­MAIS LE FRAN­CHISE PLAYER DU JAZZ APRÈS LE DÉ­PART DE GOR­DON HAY­WARD À BOS­TON. MEILLEUR CONTREUR DE LA LIGUE, ALL-NBA SE­COND TEAM ET ALL-DEFENSIVE FIRST TEAM LA SAISO

Mondial Basket - - Édito -

MON­DIAL BAS­KET : Rudy, com­ment as-tu pas­sé l’in­ter­sai­son ? Rudy GOBERT : J’ai pris un peu de re­pos, pour ré­cu­pé­rer de la sai­son der­nière et des playoffs, où j’avais été bles­sé. Mais très vite, je me suis re­mis au tra­vail. Dès le mois de juin, en fait.

MB : Qu’est-ce que tu as fait exac­te­ment cet été ? R.G. : En juin, j’ai tra­vaillé une bonne se­maine à Pa­ris, avec Sa­cha Gif­fa. C’est là que j’ai croi­sé Ni­co ( Ba­tum). Il s’en­traî­nait avec Jo­seph Go­mis. Je suis en­suite al­lé à Los An­geles pour un tra­vail très spé­ci­fique. Là-bas, je re­trouve par exemple mon os­téo­pathe, Fa­brice Gau­tier (ndlr:an­cie­nos­téo­del’équi­pe­deF­rance, no­tam­ment), tout en fai­sant du bas­ket. En juillet, c’était dif­fé­rent, j’ai beau­coup plus voya­gé entre la France - j’avais mon camp de bas­ket à Saint-Quen­tin (Aisne) -, les Etats-Unis et le Bré­sil, pour un autre camp de bas­ket (avec RaulNe­to,le­me­neur­bré­si­lien­du Jazz). En août, en­traî­ne­ment à nou- veau à Salt Lake Ci­ty, avec du tra­vail phy­sique. Le pro­gramme était bien char­gé.

MB : On voit que ce n’était pas de tout re­pos. Est-ce que tu as ap­por­té quelques nou­veau­tés à ces en­traî­ne­ments ? R.G. : Oui, bien sûr. Il faut va­rier un peu, alors je fais de la boxe, no­tam­ment, et du yo­ga. J’ai deux profs spé­ci­fiques pour ces deux dis­ci­plines. En fait, j’aime bien la boxe. J’avais com­men­cé il y a deux ans mais cet été, j’en ai fait beau­coup plus. C’est im­por­tant pour la coor­di­na­tion des mou­ve­ments et la ra­pi­di­té. Je prends ça comme du bo­nus dans mes en­traî­ne­ments. Pour le yo­ga, c’est la même chose. Tout ce tra­vail, c’est dans le but d’être tou­jours plus dur et ef­fi­cace.

MB : Au-de­là du ren­for­ce­ment mus­cu­laire, as-tu pris un peu de poids ? R.G. : Oui, un peu, je passe à 260 pounds à peu près (ndlr:ilap­proche les117kg). Ce sont de bons ki­los. Je suis vrai­ment en très bonne condi­tion pour at­ta­quer la sai­son. Ça dé­montre que j’ai bien tra­vaillé.

MB : Quels sont tes ob- jec­tifs cette an­née ? R.G. : Ce sont avant tout des ob­jec­tifs d’équipe. Les ob­jec­tifs per­son­nels, c’est bien, mais je veux avant toute chose qu’on re­tourne en playoffs. On doit être dans le Top 8 à l’Ouest et je suis confiant pour y par­ve­nir. On va le faire car on a l’ex­pé­rience de la sai­son der­nière, qui va nous ai­der. Et puis on a une équipe équi­li­brée avec les ren­forts qui sont ar­ri­vés. On a les moyens d’al­ler en post­sea­son, comme l’an pas­sé.

MB : Qu’est-ce qui te fait dire ça ? R.G. : On garde une bonne os­sa­ture, mal­gré le dé­part de Gor­don Hay­ward chez les Bos­ton Cel­tics. L’équipe garde sa force prin­ci­pale. On avait la meilleure dé­fense la sai­son der­nière et je pense qu’on se­ra en­core meilleurs de ce cô­té-là. Les gars qui ar­rivent dé­fendent dur. On va être meilleurs, no­tam­ment, sur les postes ex­té­rieurs (ndlr:voir­pages82-83) . On peut tou­jours pro­gres­ser et on va le faire, aus­si, sur nos points forts, comme la dé­fense. On s’est construits là-des­sus, c’est l’iden­ti­té de notre équipe main­te­nant.

MB : Est-ce qu’une sé­lec­tion au All-Star Game est dans tes plans ? Le ren­dez-vous de Los An­geles en fé­vrier pro­chain ? R.G. : Oui, bien sûr. Mais pour ce genre de choses, tout est lié à l’équipe. Si on est com­pé­ti­tifs, si les vic­toires s’en­chaînent, je peux être All-Star. Mais il faut réa­li­ser un bon dé­but de sai­son. Je suis prêt, en tout cas !

MB : C’est ta cin­quième sai­son NBA, tu l’abordes dans quel es­prit ? R.G. : Dé­jà, je suis im­pa­tient de com­men­cer. J’aime l’équipe que l’on a, avec

ces gars qui ar­rivent et qui vont nous ap­por­ter leur ex­pé­rience. Il y a la nou­velle salle, éga­le­ment, et le nou­veau centre d’en­traî­ne­ment. Tout a été ré­no­vé, à tous les ni­veaux. Je suis ex­ci­té de re­trou­ver l’am­biance des matches. Tout est op­ti­mi­sé à Utah, on est vrai­ment pla­cés dans les meilleures condi­tions pour don­ner le meilleur de nous-mêmes.

MB : Es-tu prêt à as­su­mer le lea­der­ship du Jazz après le dé­part de Gor­don Hay­ward ? R.G. : Je n’ai au­cune ap­pré­hen­sion pour l’as­su­mer. Le coach, Quin Sny­der, me fait confiance et j’ai la même confiance de la part de mes co­équi­piers. Ils croient en moi comme je crois en eux. Je n’ai au­cun sou­ci là-des­sus. J’as­su­me­rai to­ta­le­ment mon nou­veau rôle dans l’équipe.

MB : Quel est le fa­vo­ri pour le titre NBA ? R.G. : Il y a un su­per fa­vo­ri, Gol­den State, car l’équipe n’a pas été mo­di­fiée. Evi­dem­ment, ils se dé­tachent par rap­port aux autres. Je pense que des for­ma­tions comme San An­to­nio et Hous­ton se­ront là éga­le­ment. Les Ro­ckets ont réus­si un bon coup avec l’ar­ri­vée de Ch­ris Paul. En tout, c’est à l’Ouest que ça se passe en­core. Deux-trois All-Stars sont ar­ri­vés, Jim­my But­ler et Jeff Teague à Min­ne­so­ta… Et Paul George à Ok­la­ho­ma Ci­ty. Ce se­ra en­core plus fort que les sai­sons pré­cé­dentes. Il y a du lourd dans notre Confé­rence !

MB : Utah peut-il se si­tuer entre la 5e et la 8e place dans ce contexte ? R.G. : On ne se fixe pas de place dans la Wes­tern Con­fe­rence. On pren­dra match après match et on ver­ra où on se si­tue plus tard. Chaque ren­contre est un chal­lenge. Il faut le prendre comme tel pour avan­cer.

« Je n’aI au­Cune ap­pré­Hen­sIOn pOur as­su­mer Le Lea­Der­sHIp De L’équIpe. J’ai la confiance du coach, Quin Sny­der, et la même confiance de la part de meS co­éQui­pierS » rudy Gobert (utah Jazz)

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