GIANNIS Antetokounmpo LE PRÉ­DA­TEUR

LES AMÉ­RI­CAINS NE SAVENT PAS PRO­NON­CER SON NOM, NI SON PRÉ­NOM D’AILLEURS. MAIS ILS EN SONT FOUS. ILS VOIENT EN LUI LE BAS­KET­TEUR AB­SO­LU DU FU­TUR, COIN­CÉ SUR LE PE­TIT MAR­CHÉ QU’EST MIL­WAU­KEE. DE­PUIS LE DÉ­PART DE JA­SON KIDD, GIANNIS ANTETOKOUNMPO SE CHERCHE

Mondial Basket - - Futur -

Il en coû­te­ra 50 000 $ d’amende à Ma­gic John­son pour avoir dé­cla­ré que le « Greek Freak » « (se­rait) MVP, cham­pion et (met­trait) Mil­wau­kee sur la carte ». Re­mar­quez, Kobe Bryant avait tweeté « MVP » en dé­but de sai­son sur le compte de Giannis Antetokounmpo. Tout le monde drague l’ai­lier des Bucks et ses per­for­mances n’en fi­nissent plus d’écla­bous­ser la pla­nète basket. Reste que le Grec a en­core pas mal de tra­vail à ef­fec­tuer s’il veut mar­cher un jour dans les bas­kets de LeB­ron ou celles du « Black Mamba ». Kobe est d’ailleurs le mo­dèle dont il veut s’ins­pi­rer et l’homme avec le­quel il veut bos­ser en prio­ri­té. « Se don­ner à fond ne suf­fit pas, il faut at­teindre le ni­veau su­pé­rieur. Lorsque Kobe me par­lait, je voyais bien sa ma­nière de me re­gar­der et je res­sen­tais ce qu’il vou­lait dire. Je veux lui pi­quer des trucs et ap­prendre tout ce qu’il faut faire pour ga­gner. Je veux ac­qué­rir la « Mamba Mentality ». Peu im­porte ce qui se pas­sait dans sa vie, Kobe débarquait sur le ter­rain et il tuait les gens. Il se don­nait à fond et son équipe gagnait. Il a ob­te­nu cinq titres. Je veux ap­prendre ce qu’il faut faire pour ga­gner et de­ve­nir un lea­der. Je vais lui de­man­der si je peux al­ler à Los An­geles l’été pro­chain pour tra­vailler avec lui. » Après avoir évo­lué sous les ordres de Ja­son Kidd, re­mer­cié le 22 jan­vier der­nier, Giannis se cherche donc un nou­veau men­tor à l’ap­proche des playoffs. Ce­lui qui a ti­ré les Bucks à bout de bras (les siens sont im­menses) et qui a long­temps été dans la MVP Race, après avoir été dé­si­gné MIP l’an pas­sé, sem­blait mar­quer le pas, à l’image de Mil­wau­kee. Le double All-Star avait per­du sept de ses dix der­niers matches sous le coa­ching in­té­ri­maire de Joe Prun­ty alors qu’il en avait ga­gné dix et per­du trois dès le li­mo­geage de Kidd. Son pro­blème au ge­nou droit fait boi­ter les Bucks (il a aus­si été tou­ché à la che­ville droite le 21 mars). Ce ge­nou est trop sol­li­ci­té. Le n°34 de Mil­wau­kee fait par­tie des garçons qui jouent le plus cette sai­son et for­cé­ment, ça tire. Troi­sième meilleur mar­queur NBA avec 27.5 points de moyenne, le « Greek Freak » - qui n’a ja­mais

été un vrai clutch player - se sent beau­coup mieux au­jourd’hui dans le rôle du sco­reur. Plus pa­tient, le pré­da­teur tra­vaille sa proie. Il lui reste ce­pen­dant beau­coup de bou­lot pour s’of­frir un vrai shoot à 3 points, où il émarge à seule­ment 29.8%. Si Antetokounmpo aug­men­tait son pour­cen­tage à un res­pec­table 33-34%, les dé­fen­seurs de­vraient le gar­der de plus près et lui of­fri­raient plus d’es­pace pour les dé­pas­ser, quand il fonce au pa­nier. Le n°15 de la draft 2013 mène la Ligue pour les ten­ta­tives de tirs à moins de 1,50 m du pa­nier tout en se clas­sant au 2e rang des drives par match pour les joueurs de plus de 2,10 m. Et une fois qu’il est à l’intérieur, il est presque im­pa­rable, conver­tis­sant 64.6% de ses tirs dans la pein­ture (6e de la Ligue), ce qui se tra­duit par 16.4 points dans la ra­quette par match, la plus grosse moyenne de­puis Sha­quille O’Neal du­rant la sai­son 2004-05 - et le re­cord pour un non­pi­vot de­puis 1996-97. Ses 120 dunks cal­cu­lés avant la pause du All-Star Game sont sym­bo­liques. Dans une Confé­rence Est très ou­verte, Antetokounmpo de­vait ra­me­ner les Bucks en playoffs (ils n’y sont pas al­lés deux fois de suite de­puis 2003 et 2004) et pas­ser le 1er tour (ils n’ont pas avan­cé en de­mi­fi­nales de Confé­rence de­puis 2001). Les di­ri­geants de la fran­chise du Wis­con­sin ont bien com­pris que leur pé­pite va­lait 100 M$ - ils ont mi­sé sur lui jus­qu’en 2021, ex­ten­sion de 4 ans si­gnée en sep­tembre 2016 - et qu’il fal­lait ren­ta­bi­li­ser cet in­ves­tis­se­ment ra­pi­de­ment. Mais at­ten­tion, ses pre­miers signes d’éner­ve­ment suite au li­cen­cie­ment de Ja­son Kidd sont au­tant de cli­gno­tants rouges. Giannis a mis un peu de ket­chup su­cré dans son ke­bab épi­cé : « Tant que Mil­wau­kee pren­dra les bonnes dé­ci­sions et qu’on se­ra can­di­dat au titre, je n’irai nulle part. C’est chez moi, c’est calme, je m’y sens bien. Je ne connais rien d’autre que la loyau­té et c’est ce que vante cette fran­chise. J’es­père ap­por­ter de la joie aux fans et à la ville avec un titre. » Just do it !

« JE VEUX AC­QUÉ­RIR LA « MAMBA MENTALITY ». PEU IM­PORTE CE QUI SE PAS­SAIT DANS SA VIE, KOBE DÉBARQUAIT SUR LE TER­RAIN ET IL TUAIT LES GENS. IL SE DON­NAIT À FOND ET SON ÉQUIPE GAGNAIT »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.