DER­NIÈRE DANSE AVEC LA STAR

MEILLEUR SCO­REUR DE LA SAI­SON ET MVP DE LA LIGUE, MI­CHAEL JOR­DAN A SOR­TI LE GRAND JEU POUR RE­METTRE SES BULLS EN MODE « WINNERS ». UNE SAI­SON PAS SI RÉ­GU­LIÈRE QU’IL DO­MINE UNE NOU­VELLE FOIS EN TIRANT LE TAU­REAU PAR LES CORNES. SES DOUZE MATCHES À 40 POINT

Mondial Basket - - SAISON RÉGULIÈRE -

Les Bulls dé­butent leur sai­son en se tor­dant les bas­kets sur les par­quets. Six vic­toires et quatre dé­faites avant d’en­ta­mer un voyage pé­rilleux à l’Ouest. Scot­tie Pip­pen, qui ne joue pas, dé­cide d’ac­com­pa­gner l’équipe, his­toire de s’évi­ter l’hi­ver gla­cial de Chi­ca­go. Il en pro­fite pour en re­mettre une couche contre Jer­ry Krause et an­nonce qu’il ne joue­ra plus pour les Bulls. Am­biance… De son cô­té, Mi­chael Jor­dan est - comme à son ha­bi­tude - très mo­ti­vé pour main­te­nir les doubles cham­pions sor­tants en haut de l’af­fiche. En té­moignent ses 49 points, son re­cord cette sai­son­là, contre les Clip­pers en double pro­lon­ga­tion. Il mar­que­ra tous les points en « over­time » et les 13 der­niers du match. Les Bulls pa­tinent ce­pen- dant au dé­mar­rage : 56.4% de vic­toires en no­vembre. Ils oc­cupent même la 6e place de leur Confé­rence. « Mi-no­vembre, j’ai dû pas­ser sous les pro­jec­teurs té­lé, pré­ci­se­ra Phil Jack­son, pour ex­pli­quer nos dé­faites face à Cle­ve­land et Wa­shing­ton. Je n’ai pas per­du es­poir mais les autres équipes sentent en nous l’ani­mal bles­sé. »

C’EST FI­NI, ON NE VA PLUS PERDRE ! MI­CHAEL JOR­DAN

Cha­cun étale ses doutes au grand jour. Jor­dan ne fait-il pas, à 35 ans, la sai­son de trop ? La « tri­angle of­fense » si sou­vent van­tée et pré­sen­tée comme la tac­tique im­pa­rable n’est-elle pas la plus grosse ar­naque du siècle ? Den­nis Rod­man, sou­dai­ne­ment si calme, n’a-t-il pas la tête ailleurs ? To­ni Ku­koc, tou­jours aus­si bou­deur, en quête d’une place dans le cinq et en conva­les­cence après une opé­ra­tion au pied, va-t-il re­trou­ver la forme ? Phil Jack­son, dont le dé­part en fin de sai­son a été confir­mé par Jer­ry Krause et Jer­ry Reins­dorf, n’es­til pas en train d’ex­pé­dier les af­faires cou­rantes ? Stop ! Mi­chael Jor­dan, iné­vi­ta­ble­ment, a mis fin à la po­lé­mique. Il lui a suf­fi d’un en­tre­tien avec Scot­tie Pip­pen. « Scot­tie, tu veux jouer avec nous ou pas ? Je vais te mon­trer qu’on peut se pas­ser de toi », glisse-t-il en guise de dé­fi à son fi­dèle lieu­te­nant. Les autres, Phil Jack­son se char­ge­ra de les re­mettre à leur place. En pla­quant le clas­se­ment des meilleurs re­bon­deurs de la Ligue sous le nez de Rod­man, par exemple ! Mike est as­su­ré de gla­ner son dixième tro­phée de meilleur mar­queur quelques se­maines plus tard, Den­nis s’ins­talle dans son fau­teuil de meilleur re­bon­deur ha­bi­tuel. Pip­pen a lui aus­si com­pris le mes­sage. Les Bulls na­viguent à 12 vic­toires pour 9 dé­faites quand ils com­mencent à ren­ver­ser la va­peur, rem­por­tant huit vic­toires consé­cu­tives et 11 sur 12 au mo­ment de re­ve­nir à la mai­son, en dé­cembre. Lors des deux der­niers matches de la sé­rie vic­to­rieuse, Jor­dan plante 47 points contre les Hawks et 41 contre les Ma­ve­ricks. Les fans ont tou­jours ré­pon­du pré­sent et le 15 dé­cembre contre Phoe­nix (31 points de « MJ »), les hommes de l’Il­li­nois en­re­gistrent leur 500e match à gui­chets fer­més. C’est la plus longue sé­rie de la Ligue. L’ef­fet « Sa Ma­jes­té », non ? Faut dire que Mike vient de dé­pas­ser Moses Ma- lone (27 409 points) pour ar­ra­cher la 3e place des sco­reurs « all time ». Cinq cents, c’est aus­si le nombre de vic­toires rem­por­tées par Phil Jack­son, marque éta­blie le 23 dé­cembre contre les Clip­pers. Le re­cord le plus ra­pide de l’his­toire de la NBA. Jus­qu’au re­tour de Pip­pen à la mi-jan­vier, Mi­chael main­tient les Bulls à 26 vic­toires pour 12 dé­faites. Jor­dan s’im­plique, re­met de l’ordre sur et en de­hors du par­quet et ça re­part en­core plus fort ! Il fait sa­voir à tout le monde qu’il est l’heure. « C’est fi­ni, on ne va plus perdre ! » Chi­ca­go n’al­lait lais­ser à per­sonne le soin d’oc­cu­per le fau­teuil de lea­der à l’Est. Non, Chi­ca­go n’est pas vieillis­sant. Et sur­tout pas le n°23 ! Les cinq meilleures équipes de l’Est sont aus­si les cinq meilleures dé­fenses. Hawks, Knicks, Heat, Pa­cers et Bulls ont oc­cu­pé, à tour de rôle, le fau­teuil du « Par­rain » de l’Est. La plai­san­te­rie a pris fin quand les Tau­reaux ont (en­fin) re­trou­vé leur

LES AUTRES ÉQUIPES SENTENT EN NOUS L’ANI­MAL BLES­SÉ PHIL JACK­SON

confi­gu­ra­tion nor­male. Pip­pen, bles­sé et bou­deur et qui me­na­çait de ter­mi­ner sa sai­son ailleurs, a re­mis sa tu­nique le 10 jan­vier (vic­toire contre Gol­den State), après avoir lais­sé Jor­dan te­nir la ba­raque. Et l’équipe de dé­col­ler. Ouf ! C’est évi­dem­ment Mike qui por­tait les Bulls, comme le prouvent à nou­veau ses 45 points quelques matches après le re­tour de Scot­tie pour battre Hous­ton. Charles Bark­ley di­ra : « Quand il te bat, il te le fait sa­voir ! Et il te pié­tine si tu fai­blis. » La force in­domp­table. A la pause du All-Star break, Chi­ca­go a re­dres­sé la barre (34-15). Jor­dan, tou­jours et en­core : MVP du grand show à New York, il en­sei­gne­ra au pe­tit Kobe Bryant quelques le­çons de la vieille école. Au len­de­main du Match des Etoiles et après avoir re­mis les pen­dules à l’heure, les Bulls vont si­gner une sé­rie de huit vic­toires puis une autre de 13, entre le 10 fé­vrier et le 7 avril. Ré­sul­tat : 25-2 ! Dans ce tron­çon, Mike va sor­tir le grand jeu : 42 points pour son re­tour au Ma­di­son Square Gar­den puis, en back-to-back, 41 et 40 points contre Min­ne­so­ta et Hous­ton. L’équipe rouge et noire do­mine à nou­veau la Ligue et en­voie des si­gnaux à tous. Le suc­cès à New York avec un Mike ayant sor­ti du pla­card les bas­kets de son an­née roo­kie ré­sonne comme une stan­ding ova­tion. Une vic­toire à At­lan­ta de­vant 62 046 spec­ta­teurs - un re­cord -, une autre fies­ta à In­dia­na, sans ou­blier un Heat cor­ri­gé au Uni­ted Cen­ter avec, à la clé, 37 points de « MJ » : c’est une dé­mons­tra­tion. Coach Jack­son sait in­té­grer à mer­veille ses joueurs dans son sys­tème in­gé­nieux et dés­in­té­grer mé­tho­di­que­ment les ad­ver­saires. Chi­ca­go af­fiche 80% de vic­toires contre les équipes de la Confé­rence Est, dont un élo­quent 95% de suc­cès « at home ». Contre ceux de l’Ouest, ça se tasse lé­gè­re­ment : 69.2% de vic- toires et 84.6% au Uni­ted Cen­ter. Il fau­dra al­ler les dé­lo­ger ! En mars, Chi­ca­go a dé­jà son ti­cket pour les playoffs. Après avoir car­bu­ré à une ca­dence in­fer­nale de 28.9 points, 5.3 re­bonds, 3.5 passes et 2.07 in­ter­cep­tions, Mike est élu joueur du mois. L’équipe de l’Il­li­nois n’a ja­mais aus­si bien tour­né à cette pé­riode de l’an­née et voit se rap­pro­cher avec un cer­tain dé­ta­che­ment la réa­li­sa­tion du se­cond « three­peat » de l’ère Jor­dan, sy­no­nyme de sixième titre. La seule échéance qui « me­nace » son exis­tence. Pour leur der­nier match de sai­son ré­gu­lière, les Bulls re­çoivent à nou­veau les Knicks. « His Air­ness » se fait un de­voir de conclure cor­rec­te­ment et pro­pre­ment avec 44 points. Il est MVP de la Ligue pour la cin­quième fois, dix ans exac­te­ment après avoir re­çu son pre­mier tro­phée, en 1988. On le glis­se­ra, of course, dans la All-NBA First team et la All-De­fen­sive First team. Il est meilleur sco­reur du cir­cuit pour la troi­sième fois consé­cu­tive, la dixième de sa car­rière… Phil Jack­son in­sis­te­ra : « Quand Jor­dan au­ra pris sa re­traite, il fau­dra don­ner son nom au titre de MVP ! » Plus sobre et dé­jà tour­né vers l’ob­jec­tif fi­nal, l’in­té­res­sé ré­pon­dra : « Ma plus grande fier­té est de ne pas avoir lou­pé un seul match de­puis mon re­tour en 1995-96. Chaque fois que je joue, je sais que je peux m’amé­lio­rer. Sur le plan men­tal et sur le plan du lea­der­ship. » Les Bulls ter­minent le tra­vail avec 62 vic­toires pour 20 dé­faites et le meilleur re­cord en­re­gis­tré de­puis trois sai­sons (203-43, soit 82.5% de vic­toires en trois ans). Les voi­ci fin prêts pour « the last run » !

CHAQUE FOIS QUE JE JOUE, JE SAIS QUE JE PEUX M’AMÉ­LIO­RER. SUR LE PLAN MEN­TAL ET SUR LE PLAN DU LEA­DER­SHIP MI­CHAEL JOR­DAN

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