KE­VIN DU­RANT

Mondial Basket - - ÉDITO -

MEILLEUR SCO­REUR ET RE­BON­DEUR DES WAR­RIORS, KE­VIN DU­RANT A ÉTÉ ÉLU POUR LA DEUXIÈME AN­NÉE DE SUITE MVP DES FI­NALES NBA. IL EST LE SIXIÈME JOUEUR DE L’HIS­TOIRE DE LA LIGUE À OB­TE­NIR LE BILL RUS­SELL TRO­PHY DEUX AN­NÉES CONSÉ­CU­TIVES. « KD » EST TRÈS CLAIR. SON AVE­NIR EST BIEN À GOL­DEN STATE.

MON­DIAL BAS­KET : Ta car­rière prend une nou­velle di­men­sion en­core une fois. Il y a deux ans, tu étais cham­pion olym­pique et meilleur joueur des J.O. de Rio. L’an der­nier, tu étais élu MVP des Fi­nales et tu as ré­ci­di­vé cette an­née. Quel est ton sen­ti­ment ? Ke­vin DU­RANT : Je di­rais que c’est le fruit de mon tra­vail et de mon amour du jeu. J’ai l’im­pres­sion que je dois quelque chose au bas­ket car il m’a sau­vé la vie. En­fin, il l’a chan­gé d’une cer­taine fa­çon. Ce sport m’a per­mis de sor­tir du mau­vais en­vi­ron­ne­ment dans le­quel j’étais four­ré. Je pen­sais que je vi­vrais dans le Ma­ry­land toute ma vie. Et main­te­nant, je voyage à tra­vers le monde ! Je ren­contre des gens dif­fé­rents dans tous les pays, alors je se­rai tou­jours re­con­nais­sant de l’op­por­tu­ni­té que j’ai eue. Après, les titres et ces awards, comme on dit, c’est la ce­rise sur le gâ­teau. Je suis com­blé à chaque fois que ça ar­rive. Ga­gner un titre de cham­pion NBA, c’est le top !

MB : Ga­gner un deuxième titre, est-ce dif­fé­rent de la pre­mière fois ? K.D. : Quand on fait les choses une deuxième fois, les émo­tions ne peuvent pas être au même ni­veau. Mais c’est tou­jours très fort car ça ré­clame tel­le­ment de tra­vail… Sa­voir que ça fi­nit par payer, ça pro­cure for­cé­ment un sen­ti­ment de bon­heur.

MB : Sur­tout que tu es MVP des Fi­nales pour la deuxième fois de suite… K.D. : Oui, bien sûr mais ça fait sur­tout plai­sir d’évo­luer et de ga­gner avec ce groupe de joueurs. Sur­tout vu la fa­çon dont on l’a fait. Cette sai­son a été dif­fi­cile, avec des hauts et des bas, car beau­coup de nos gars ont été bles­sés. Alors, fi­nir le bou­lot par un « sweep », ça file la ba­nane. Je suis heu­reux aus­si pour Nick Young et Quinn Cook qui gagnent leur pre­mier titre. C’est su­per de pou­voir par­ta­ger cette ex­pé­rience que j’ai connue l’an pas­sé, la faire vivre à des joueurs qui n’avaient pas en­core eu cette chance. Il y a un vé­ri­table es­prit de ca­ma­ra­de­rie dans notre ves­tiaire, une vraie fra­ter­ni­té. C’est quelque chose que l’on res­sent très bien quand on est en dé­pla­ce­ment. Et ce n’est pas seule­ment va­lable entre joueurs mais aus­si avec le staff tech­nique et tous les gens qui tra­vaillent pour cette fran­chise. C’est bien de ga­gner aus­si pour ceux qui bossent dans l’ombre.

MB : Comment l’équipe gère-t-elle le fait d’être la for­ma­tion à battre à chaque fois ? K.D. : C’est jus­te­ment là que tu te rends compte que tu évo­lues dans une bonne équipe. Quand tous les autres viennent vers toi. Je parle éga­le­ment de nos ad­ver­saires, des coaches, des fans, des mé­dias qui nous dé­testent… Tout ça donne un sen­ti­ment as­sez par­ti­cu­lier. Tu vois que tous les re­gards se tournent vers toi. Je crois que ça nous rend plus forts. D’une cer­taine fa­çon, on tra­vaille pour être au ni­veau d’un cham­pion tous les jours. Mais je suis bien content d’être dans cette po­si­tion, no­tam­ment en playoffs ! Et je fais tout ce que je peux pour ga­gner ce tro­phée. MB : Outre le tra­vail, qu’est-ce qui vous pousse, entre vous, à ga­gner sai­son après sai­son ? K.D. : C’est un tout. On est tous sur la même lon­gueur d’ondes. Ce que je veux dire, c’est qu’au départ, il y a quelque chose de plus grand que nous-mêmes. Et puis on aime bien être en­semble, que ce soit en de­hors du ter­rain ou sur le par­quet. C’est ex­trê­me­ment im­por­tant si on veut en­tre­voir le suc­cès. Cha­cun tient son rôle, de la meilleure fa­çon qui soit. Si on veut par­ler du jeu, je pense que notre dé­fense a été très so­lide pen­dant la to­ta­li­té des playoffs. On fi­nit avec le titre, ça veut dire que cha­cun a fait du bon bou­lot au quo­ti­dien. On est dans le meilleur en­vi­ron­ne­ment pos­sible.

MB : Une am­biance que l’on a vue lors du Match 3, quand tu as ren­tré des tirs dif­fi­ciles et que Ste­phen Cur­ry, qui vi­vait une soi­rée cau­che­mar­desque, a mon­tré son en­thou­siasme. C’est éga­le­ment ça, l’es­prit des War­riors ? K.D. : Tous les joueurs ap­pré­cient les en­cou­ra­ge­ments de leurs co­équi­piers. On s’en­cou­rage tous entre nous. On est tou­jours ex­ci­té quand on voit un par­te­naire réa­li­ser une su­per ac­tion, un gros contre ou un shoot dif­fi­cile, en­fin, quelque chose de po­si­tif pour l’équipe. Ça fait par­tie du jeu et Steph est bon pour ça. Il est joueur dans l’âme. C’est vrai­ment ça, l’es­prit des War­riors. On ap­porte du fun entre nous, à tra­vers nos ac­tions et nos pa­roles. C’est bon pour tout le monde.

ON AP­PORTE DU FUN ENTRE NOUS À TRA­VERS NOS AC­TIONS ET NOS PA­ROLES. C’EST BON POUR TOUT LE MONDE KE­VIN DU­RANT

MB : Est-ce l’une des rai­sons pour les­quelles tu es ve­nu à Gol­den State ? K.D. : Oui, bien sûr. Je pou­vais le de­vi­ner quand je jouais contre eux et à tra­vers des images té­lé. Et quand tu es au coeur du sys­tème, tu t’aper­çois que c’est bien ça. Ga­gner deux titres de cham­pion NBA consé­cu­tifs, ce n’est pas ano­din. C’est quelque chose que tu veux réus­sir en tant que joueur. Ce « back-to-back » ré­com­pense un état d’es­prit et une éthique de tra­vail.

MB : Il y a deux ans, quand tu avais pris la dé­ci­sion de ve­nir dans la Bay Area, il y avait eu beau­coup de cri­tiques, pas seule­ment de la part des sup­por­ters mais éga­le­ment de la part des joueurs NBA. Quel est ton sen­ti­ment à ce su­jet au­jourd’hui ? K.D. : Les an­ciens joueurs et les joueurs ac­tuels, qui ont beau­coup par­lé, savent comment je me com­porte sur un ter­rain. Ils savent très bien ce que j’ap­porte à une équipe. Je suis tran­quille avec tout ça. Avec ce que j’ai dit au départ et avec ce que je fais main­te­nant. J’es­saie de me concen­trer sur ma car­rière et de don­ner le maxi­mum à mon équipe. Je ne prête plus at­ten­tion à ce qui se dit en de­hors du par­quet.

MB : A ce stade de ta car­rière, est-ce qu’il te reste en­core quelque chose à prou­ver à quel­qu’un ? K.D. : Je ne pense pas avoir en­core quelque chose à prou­ver, en de­hors du fait que je veux être meilleur. Il me reste ce­pen­dant beau­coup de choses à ac­com­plir. Je di­rais que je dois me prou­ver à moi-même que je peux gar­der le même ni­veau sur du long terme, en es­pé­rant connaître d’autres suc­cès. Et puis conti­nuer à pro­gres­ser. C’est tout en ce qui me concerne.

MB : C’est la pé­riode des trans­ferts et tu pou­vais ac­ti­ver une clause pour te re­mettre sur le mar­ché. Que veux-tu voir pour ton équipe cet été ? K.D. : Per­son­nel­le­ment, j’ai­me­rais que Jor­dan Bell de­vienne un joueur en­core plus fort. Et la même chose pour Quinn Cook. On a des an­ciens qui vont re­ve­nir et qui savent ce qu’ils ont be­soin de faire cet été. Bell et Cook sont deux jeunes qui nous ont bien ai­dés tout au long de la sai­son et je suis im­pa­tient de voir comment ils vont évo­luer dans l’op­tique de l’an­née pro­chaine.

CE « BACK­TO-BACK » RÉ­COM­PENSE UN ÉTAT D’ES­PRIT ET UNE ÉTHIQUE DE TRA­VAIL

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