L.A. LA­KERS

Mondial Basket - - Édito -

LEB­RON à L.A., AL­LER SIMPLE POUR LES éTOILES

pour la troi­sième fois en quinZe ans de Car­rière, leB­ron james (33 ans) ChanGe d’équipe. il va suivre les traCes des lé­Gendes pourpre et or après avoir re­joint la mY­thique fran­Chise Ca­li­for­nienne des la­kers pour 154 m$ sur 4 ans. in­fa­ti­GaBle, le « King » A dé­ci­dé d’en­riC­hir un peu plus sa lé­Gende. il est dé­ter­mi­né à éCrire un der­nier Cha­pitre Convain­Cant, mÊme si son Bour­reau de­puis trois ans, Gol­den state, semBle tou­jours plus im­Bat­taBle…

Après la Fi­nale NBA per­due par les Ca­va Ca­va­liers le 8 juin face à Gol­den State (0-4 (0-4), le troi­sième re­vers en quatre sai­son sai­sons contre ce même ad­ver­saire - pour un suc­cès -, LeB­ron James (33 ans) sa­vait qu’il ét était à un nou­veau tour­nant dans sa car­riè car­rière. Cette équipe quipe de Cle­ve­land n’était plus com­pé­ti­tive du­rant l’ère post-Ky­rie Ir­vin Ir­ving. Le trade conclu le 8 fé­vrier vrier der­nier n’a pas chan­gé la donne. Les Cavs se sont déb dé­bar­ras­sés d’Isaiah Tho­mas, qui n’avait pas trou­vé sa place dans le ves­tiaire et sur le ter­rain, mais les ad­di­tions de Jor­dan Clark­son et Lar­ry Nance Jr (Rod­ney Hood a été ac­quis dans une autre tran­sac­tion) n’ont pas per­mis d’évi­ter un scé­na­rio écrit à l’avance. Le Gol­den State du qua­tuor Ste­phen Cur­ry-Klay Thomp­son-Ke­vin Du­rant-Dray­mond Green était im­bat­table ou presque (Hous­ton n’était pas loin de créer la sur­prise en fi­nale de Confé­rence, me­nant 3-2). Le « King » se sa­vait dans une im­passe. Et un « King » dans une im­passe est un « King » qui n’hé­site pas à chan­ger d’air, quitte à s’éloi­gner de ses roots. Il avait fran­chi le pas en 2010, créant un séisme dans la Ligue. Il a re­mis le cou­vert cet été, sans ap­pré­hen­sion puisque ce­la fai­sait des mois que son dé­mé­na­ge­ment à Los An­geles était an­non­cé. Parce qu’il ne pour­ra pas en­tendre plus d’hor­reurs qu’il y a huit ans, lors­qu’il fan­fa­ron­nait avec ses potes Dwyane Wade et Ch­ris Bosh à Mia­mi. Et parce qu’il a of­fert un titre à Cle­ve­land, ce qui consti­tuait la mis­sion d’une vie. « LBJ » s’est en­ga­gé en fa­veur des La­kers, pour 154 mil­lions de dol­lars sur 4 ans, contrat pré­pa­ré le 1er juillet et si­gné le 9. Dan Gil­bert, le prio­prio des Cavs, où il avait si­gné son re­tour en 2014, lui a sim­ple­ment sou­hai­té bonne chance. Le clash de 2010 est de l’his­toire an­cienne. Il n’y a pas eu, cette fois, de crise, de cris ni de larmes. La « Dé­ci­sion 2 » de LeB­ron était at­ten­due. Elle n’a sur­pris per­sonne. La Cle­ve­land Con­nec­tion lui a sim­ple­ment dit au re­voir. En sa­chant que James res­te­ra un kid d’Akron et qu’il oeu­vre­ra vrai­sem­bla­ble­ment pour le bien de l’or­ga­ni­sa­tion et de la com­mu­nau­té lo­cale lors­qu’il au­ra rac­cro­ché ses bas­kets. Vaincre son en­ne­mi ju­ré, les War­riors ? Une opé­ra­tion tou­jours plus com­pli­quée puisque le double te­nant du titre vient de s’of­frir l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur pivot de la Ligue, DeMarcus Cou­sins, pour une bou­chée de pain. Mais au moins, LeB­ron va es­sayer. Il avait be­soin d’une nou­velle aven­ture. Si pos­sible au so­leil. Et L.A. lui offre un cadre de vie tip-top, à lui et à sa fa­mille. Ac­ces­soi­re­ment, il as­soi­ra sa lé­gende dans une fran­chise my­thique où l’ont pré­cé­dé d’illustres gloires qui pos­sé­daient sen­si­ble­ment la même au­ra. Tout ça pour dire qu’il est à sa place. Il y avait plu­sieurs op­tions (Hous­ton, Phi­la­del­phie) qu’il a très vite igno­rées. « LBJ » n’a pas hé- si­té long­temps avant de choi­sir l’équipe la plus em­blé­ma­tique de la Ligue avec Bos­ton et Chi­ca­go. Il y a le « big mar­ket » que re­pré­sente Los An­geles, avec sa constel­la­tion de stars toutes ac­ti­vi­tés confon­dues, la proxi­mi­té d’Hol­ly­wood - le cham­pion NBA 2016 rêve lui aus­si de ci­né­ma, sous une forme ou une autre, lui qu’on at­tend tou­jours de voir dans un « Space Jam 2 », pour nour­rir un peu plus la com­pa­rai­son avec Mi­chael Jor­dan -, le so­leil et la mer, qui fe­ront le plus grand bien à ses proches. Le bien de sa fa­mille consti­tuait une prio­ri­té, que LeB­ron avait iden­ti­fiée de­puis long­temps. Mais le chal­lenge spor­tif de­vait aus­si l’em­por­ter. Et le na­tif d’Akron s’at­taque à une aven­ture plus que sti­mu­lante. Ra­me­ner au som­met une fran­chise dont le nom seul fait rê­ver mais qui vient de lou­per les playoffs pour la cin­quième an­née nnée de suite, après avoir ter­mi­né 11e à l’Ouest. Pro­jet ex­ci­tant, fas­ci­nant… et un peu ef­frayant, sa­chant que l’un des plus bi­joux de la Ligue vient ient de trou­ver le meilleur écrin pos­sible. La su­per­srs­tar du bas­ket US va s’of­frir un bain de sur­mé­mé­dia­ti­sa­tion (et la pres­sion qui va avec). Le roi de la hype s’ins­talle sur le trône qui capte le plus de lu­mière. At­ten­tion les yeux, ça va scinn­tiller et faire cau­ser… Du­rant les trois heures es qui ont sui­vi la mise en vente de son maillot t aux La­kers, ce­lui-ci a vu un pic d’achat de 60% % com­pa­ré à ce­lui qu’avait connu son maillot t aux Ca­va­liers après son re­tour il y a quatre étés. Ma­gic John­son, le pré­sident des La­kers, avait an­non­cé une mé­ga grosse re­crue pour l’été 2018 ou 2019. Il a te­nu pa­role et ob­te­nu gain de cause. L’af­faire a été bou­clée ra­pi­de­ment, sans que les dis­cus­sions traînent. Et sans que ce­la s’ébruite. LeB­ron ne vou­lait pas de cette pu­bli­ci­té. Pas cette fois. A 33 ba­lais, le triple cham­pion NBA et double cham­pion olym­pique n’a plus be­soin de prou­ver quoi que ce soit. Ni de po­lé­mi­quer avec qui que ce soit. Il sait ce qu’il vaut et fait ce qu’il veut, ce dont il a en­vie, en lais­sant ses dé­trac­teurs, ceux qui se gaussent de son bi­lan de 3-6 en Fi­nales, s’amu­ser sur les ré­seaux so­ciaux. Il n’ira pas plai­der sa cause comme un Ke­vin Du­rant qui prend vi­si­ble­ment très à coeur les cri­tiques, lui à qui on re­proche d’avoir op­té pour la so­lu­tion de fa­ci­li­té en re­joi­gnant l’équipe qui ga­gnait. Ma­gic John­son ne per­dra pas de temps, lui non plus, avec les dis­cus­sions sté­riles. Il est al­lé ren­con­trer LeB­ron pour fi­na­li­ser son trans­fert et il était ra­vi d’as­so­cier la tra­jec­toire de l’ai­lier ico­nique à celle de l’équipe lé­gen­daire dont il s’était vu confier la res­pon­sa­bi­li­té, par Jea­nie Buss, le 21 fé­vrier 2017. James est son pre­mier gros coup. Il a lou­pé Paul George (que tout le monde voyait dé­jà à La­ker­land) et Kawhi Leo­nard (idem, mais lui se­ra en fin de contrat en 2019), deux gar­çons ori­gi­naires de Ca­li­for­nie. Mais il a ob­te­nu le meilleur joueur du cir­cuit et ce­la de­vrait dé­jà en faire taire quelques-uns. « Je n’ai pas eu be­soin de lui par­ler de notre or­ga­ni­sa­tion très long­temps. Il connais­sait dé­jà l’équipe, peut-être même mieux que moi. Il connais­sait chaque joueur, le coach, Luke Wal­ton, les forces et les fai­blesses du groupe… » Ce qui ne se­ra une sur­prise pour per­sonne : le néo-La­ker est un vrai pas­sion­né qui connaît tout du cham­pion­nat. Son pas­sé comme son pré­sent. Pour la pe­tite anec­dote, Ma­gic était telle

ment an-

« JE SUIS CONTENT DE FAIRE PAR­TIE DE CETTE CULTURE ET DE ME METTRE EN QUêTE POUR QUE CETTE FRAN­CHISE GAGNE DE NOU­VEAUX TITRES » LeB­ron James

xieux qu’il est ar­ri­vé au ren­dez-vous avec une heure d’avance… Il peut se pin­cer, c’est de­ve­nu une réa­li­té : après 15 ans de NBA dont 11 dans l’Ohio, trois titres de cham­pion, quatre titres de MVP et toute une ri­bam­belle de ré­com­penses, le « King » est dé­sor­mais un élé­ment de sa for­ma­tion. « C’est comme un rêve de­ve­nu réa­li­té pour moi, a ex­pli­qué la re­crue pourpre et or dans une vi­déo pos­tée sur Unin­ter­rup­ted. Vous sa­vez, en gran­dis­sant, j’ai été fan des Dal­las Cow­boys (NFL), des Chi­ca­go Bulls et des New York Yan­kees (MLB). Et j’ai tou­jours eu le sen­ti­ment que les Los An­geles La­kers étaient l’une de ces fran­chises his­to­riques. Avoir la chance de jouer dans une équipe avec au­tant d’his­toire, avoir la pos­si­bi­li­té d’être as­so­cié à Ma­gic John­son, quel­qu’un que j’ad­mi­rais quand j’étais plus jeune - je vou­lais faire des « no-look pass » comme Ma­gic, je vou­lais faire des contre-at­taques et jouer fa­çon show­time comme Ma­gic, wow… Que tout ça se concré­tise main­te­nant, c’est gé­nial. Je suis heu­reux de faire par­tie de tout ce­la. Les La­kers sont une fran­chise his­to­rique, comme tout le monde le sait, une fran­chise qui a eu l’ha­bi­tude de col­lec­tion­ner les titres. Et c’est ce que nous al­lons es­sayer de faire à nou­veau. Je suis content de faire par­tie de cette culture et de me mettre en quête pour que les Los An­geles La­kers gagnent de nou­veaux titres. »

du temPs Pour construire

Les La­kers ne par­ti­ront peut-être pas à la conquête d’une ban­nière de cham­pion dès 2018 mais ils en­tendent s’en ap­pro­cher, en po­sant les fon­da­tions du fu­tur. En l’état, ces War­riors en mode « Ke­vin Du­rant-DeMarcus Cou­sins » ont tout sim­ple­ment trop d’avance. Les Ca­li­for­niens ont ten­té d’at­ti­rer Paul George et Ch­ris Paul pour es­sayer de ri­va­li­ser mais tous deux ont dé­ci­dé de re­si­gner dans leurs clubs res­pec­tifs, Oklahoma Ci­ty et Hous­ton. LeB­ron James en a pris note. Il at­tend se­rei­ne­ment la suite des opé­ra­tions, cer­tain que les La­kers pour­ront at­ti­rer d’autres stars. Des gar­çons qui s’en­gouf­fre­ront dans la brèche ou­verte par sa si­gna­ture. Car jouer avec le « King », c’est l’as­su­rance de tu­toyer les som­mets. L’an­cien Ca­va­lier a af­fir­mé qu’il n’avait au­cun pro­blème avec le fait d’être « la pre­mière tête d’af­fiche à fran­chir la porte ». Il a même ras­su­ré Ma­gic John­son en lui di­sant qu’il était prêt à « (se) mon­trer pa­tient ». Il veut s’ins­crire dans la du­rée à L.A. Construire pa­tiem­ment et de­ve­nir un « conten­der » so­lide et fiable, pas ten­ter un « one-shot » sans len­de­main. Pour lui, les La­kers pos­sèdent toutes les condi­tions pour y ar­ri­ver : le spot, l’his­toire, les re­cru­teurs, les ac­tifs et le pla­fond sa­la­rial. Il ne manque plus que les joueurs fai­sant la dif­fé­rence ! Les An­ge­li­nos ont sur­tout blin­dé leur ef­fec­tif avec des contrats d’un an, en at­ten­dant la free-agen­cy de 2019 où l’ami Kawhi Leo­nard se­ra l’un des élé­ments les plus convoi­tés. Ra­jon Ron­do (me­neur, 32 ans, ex-New Or­leans), JaVale McGee (pivot, 30 ans, ex-Gol­den

« JE PENSE QUE LES FANS DE­VRONT êTRE PA­TIENTS CON­CER­NANT L’AL­CHI­MIE DE L’éQUIPE. CAR LES JOUEURS VONT éVO­LUER EN­SEMBLE POUR LA PRE­MIèRE FOIS » Ma­gic John­son (pré­sident des La­kers)

State), Lance Ste­phen­son (ar­rière-ai­lier, 27 ans, ex-In­dia­na) et Mi­chael Beas­ley (ai­lier, 29 ans, exK­nicks) ont été si­gnés juste après l’an­nonce de l’ar­ri­vée de James. Le shoo­ting guard Ken­ta­vious Cald­well-Pope (25 ans) a lui pro­lon­gé d’un an. Ra­jon Ron­do s’est en­ga­gé pour un an et 9 mil­lions de dol­lars. Le cham­pion NBA 2008 au­rait dé­cla­ré : « Si LeB­ron va à L.A, je vais à L.A. » Le vé­té­ran est im­pa­tient de ser­vir de men­tor au jeune me­neur star­ter, Lon­zo Ball, mais aus­si et sur­tout de ga­gner au­près de James, qu’il n’avait pas épar­gné par le pas­sé : « Vous met­tez n’im­porte quel groupe de joueurs au­tour de LeB­ron, vous con­nais­sez le ré­sul­tat. Il est al­lé huit fois d’af­fi­lée en Fi­nales. Il est en­core tôt, évi­dem­ment, et je ne pro­mets rien mais je veux ga­gner. Rien d’autre. » Ma­gic John­son a in­sis­té sur le fait qu’il était sa­tis­fait de l’ef­fec­tif construit cet été au­tour de LeB­ron James, alors que les ob­ser­va­teurs s’in­ter­ro­geaient sur ce cu­rieux as­sem­blage de fortes têtes (et de gar­çons qui ont eu un dif­fé­rend par le pas­sé avec le « King », on pense à Ron­do et Ste­phen­son). Il s’at­tend à des dif­fi­cul­tés, ce ne se­ra pas for­cé­ment tout rose dès le dé­but : « Je pense que les fans de­vront être pa­tients con­cer­nant l’al­chi­mie du groupe. Car les joueurs vont évo­luer en­semble pour la pre­mière fois. Ça va prendre au moins un mois ou deux - plus pro­ba­ble­ment près de trois - pour que cha­cun com­prenne vrai­ment com­ment jouer avec l’autre. » Le GM Rob Pe­lin­ka, plus por­té sur l’as­pect tech­nique, a ex­pli­qué que « prendre les War­riors à leur propre jeu (était) un piège. Per­sonne ne va les battre en pra­ti­quant le même bas­ket. C’est pour­quoi on vou­lait ajou­ter des élé­ments dé­fen­sifs et de la du­re­té. » Dé­fendre, c’est bien, mais il fau­dra aus­si plan­ter des points… Ken­ta­vious Cald­well-Pope, Bran­don In­gram, Kyle Kuz­ma et Lance Ste­phen­son ne pour­ront pas re­gar­der leur lea­der pas­ser en force et en­quiller les pa­niers. Mais le GM des La­kers est sûr de son plan. Par­ti­san d’une ap­proche glo­bale, avec des gar­çons s’in­ves­tis­sant dans tous les com­par­ti­ments du jeu, il se jus­ti­fiait ain­si : « On ne vou­lait pas si­gner des spé­cia­listes de l’at­taque ou de la dé­fense. Il y avait une sorte d’ur­gence, tout le monde de­man­dait où étaient nos shoo­teurs. Pour moi, c’est un abus de lan­gage car on ne cher­chait pas un type de shoo­teur ou d’at­ta­quant par­ti­cu­lier. On vou­lait des joueurs com­plets pou­vant pro­té­ger notre pa­nier et mettre des shoots. Des gars comme Ken­ta­vious (Cald­well-Pope) et Josh (Hart), qui a prou­vé qu’il pou­vait dé­fendre et mettre de­dans. Ron­do est un joueur te­nace, c’est bien connu. On veut cette men­ta­li­té. » Si Hart, « KCP », In­gram et Kuz­ma pro­gressent en­core, ça pour­rait le faire. Ils étaient tous les trois à plus de 36.5% de réus­site à 3 points la sai­son pas­sée. Les ar­ri­vées de Ra­jon Ron­do, Lance Ste­phen­son et LeB­ron James of­fri­ront des fe­nêtres de tir plus im­por­tantes à tout le reste de l’équipe. Ce qui doit faire, en prin­cipe, aug­men­ter son pour­cen­tage de réus­site aux shoots.

le gang des « éner­vés »

Rob Pe­lin­ka, an­cien agent de Kobe Bryant, est per­sua­dé d’avoir ob­te­nu des pé­pites du­rant cette in­ter­sai­son. « Un gar­çon comme JaVale McGee change la géo­mé­trie du jeu. Sa com­bi­nai­son unique - taille et vi­va­ci­té de pied - nous per­met­tra de jouer vite des deux cô­tés du ter­rain. Et puis il y a sa ca­pa­ci­té à pro­té­ger le cercle et à créer des angles en at­taque, sur pick and roll, qui four­ni­ra de nom­breuses so­lu­tions à Coach Wal­ton. » McGee, c’est un drôle de zo­zo mais aus­si 7.5 points, 4.8 re­bonds et 1.5 contre en moyenne sur dix sai­sons, qui ont dé­bou­ché sur deux bagues de cham­pion rem­por­tées avec les War­riors. Il quitte une top team pour une top team en puis­sance. L’ave­nir ap­pa­raît plus in­cer­tain mais il a dé­jà rem­pli son CV et il conti­nue d’évo­luer dans un cadre de rêve.

« LEB­RON JAMES EST AL­Lé HUIT FOIS D’AF­FI­LéE EN FI­NALES. IL EST EN­CORE TôT, éVI­DEM­MENT, ET JE NE PRO­METS RIEN MAIS JE VEUX GA­GNER. RIEN D’AUTRE » Ra­jon Ron­do

Con­cer­nant Lance Ste­phen­son, la si­tua­tion est as­sez drôle. L’ex-Pa­cer est un peu consi­dé­ré comme le ri­val de LeB­ron, lui qui es­sayait de le faire sor­tir de son match en lui souf­flant dans l’oreille ou en lui por­tant un coup dis­cret dans les par­ties, avant de se tordre de dou­leur au sol au moindre contact… Cette as­so­cia­tion ar­rache quelques sou­rires et toute la Ligue a hâte de la voir à l’oeuvre. Lance est im­pa­tient lui aus­si : « C’est drôle de se re­trou­ver dans la même équipe, en ef­fet. Je suis très im­pa­tient de voir ce qu’il va ap­por­ter aux La­kers. Je veux juste jouer avec lui. C’est l’un des meilleurs élé­ments de l’his­toire du bas­ket, ça va être in­croyable. J’ai été sur­pris qu’il signe à Los An­geles. Je pense qu’il vou­lait du chan­ge­ment. Il m’a ten­du la main, il aime mon jeu, évo­luer en­semble va être gé­nial. J’ai vrai­ment hâte d’être sur le par­quet à ses cô­tés ! » L’an­cien ar­rière-ai­lier d’In­dia­na fait lo­gi­que­ment pro­fil bas. Ça n’a pas em­pê­ché Rob Pe­lin­ka d’être plu­tôt élo­gieux à son su­jet. « Il a connu l’exi­gence et la ri­gueur des playoffs. Il va nous ap­por­ter un cer­tain tran­chant, une cer­taine confiance et de la du­re­té. Sa po­ly­va­lence, sa ca­pa­ci­té à jouer sur plu­sieurs postes et ses qua­li­tés de play­ma­ker sont des in­gré­dients clés pour le style de jeu que nous al­lons mettre en place la sai­son pro­chaine. » En plus de pous­ser la balle, Ste­phen­son pour­ra faire va­loir son grain de fo­lie et sa com­ba­ti­vi­té, lui qui tour­nait à 9.2 points en sor­tie de banc à In­dia­na. Dans ce gang de joueurs « éner­vés », on re­trouve une per­son­na­li­té bien af­fir­mée en la per­sonne de Mi­chael Beas­ley, qui re­vient de loin. Com­ment ces gar­çons ré­pu­tés exu­bé­rants et ca­rac­té­riels vont-ils s’en­tendre dans le ves­tiaire et sur le ter­rain ? LeB­ron va-t-il de­voir faire la po­lice ? Ne se las­se­ra-t-il pas des bourdes des uns et des pi­tre­ries des autres ? Les coups de gueule son­tils évi­tables ? Beas­ley as­sure que tout va bien se pas­ser. Na­tu­rel­le­ment ! Il pointe du doigt le vé­cu im­por­tant de ses nou­veaux par­te­naires. « On au­ra 14 gars en de­hors de LeB­ron, 14 gars qui savent com­ment jouer au bas­ket. Si tout le monde ar­rê­tait de ju­ger les joueurs, no­tam­ment moi, on com­pren­drait que des gar­çons comme Nick Young, J.R. Smith et Lance (Ste­phen­son) savent com­ment pra­ti­quer ce sport, s’en­tendre avec les autres et ga­gner des matches. Ce­la n’a rien à voir avec la ma­tu­ri­té. » Nu l doute, ce­pen­dant, que les pro­jec­teurs se­ront bra­qués toute la sai­son sur ces « ac­teurs de té­lé-réa­li­té » qui se­ront flan­qués tan­tôt sur le banc, tan­tôt aux cô­tés du nou­veau « King » de L.A., sur le par­quet. Une drôle de « Dream Team ». Mais une « Dream Team » tout de même va­li­dée par « LBJ » qui a eu son mot à dire sur tous les trans­ferts, évi­dem­ment. « LeB­ron a ga­gné des titres. Il a joué neuf Fi­nales, dont huit d’af­fi­lée. Vous pen­sez qu’avec Rob (Pe­lin­ka), on ne va pas lui de­man­der son avis ? Bien sûr qu’on va le lui de­man­der. Parce qu’il connaît les joueurs mieux que nous », a dé­cla­ré Ma­gic John­son.

re­Joindre les lé­gendes

En 1968, Wilt Cham­ber­lain avait quit­té Phi­la­del­phie pour Los An­geles. En 1975, c’est Ka­reem Ab­dul-Jab­bar qui avait dé­mé­na­gé de Mil­wau­kee. En 1996, Sha­quille O’Neal avait pla­qué le Ma­gic d’Or­lan­do. Au­jourd’hui, c’est LeB­ron James qui ajoute son nom à ces lé­gendes. Les en­jeux sont tou­jours les mêmes. Le n°1 de la draft 2003 ne doit pas s’at­tendre - et il ne le de­mande sur­tout pas - à vivre une pré-re­traite pé­père, en pro­fi­tant de Ve­nice Beach. Il re­joint une fran­chise où la pres­sion est maxi­male. Ici, c’est la vic­toire, si­non rien. James est là pour ob­te­nir des ré­sul­tats. Son âge et son vé­cu n’y changent rien. Si tout se passe bien et que les La­kers re­trouvent leur lustre d’an­tan, il re­join­dra le pan­théon ca­li­for­nien avec les gloires ci­tées plus haut. Mais il y a du bou­lot. Gol­den State pose, en l’état, un pro­blème qua­si in­so­luble. Mais le gar­çon va re­ve­nir à la charge. S’avouer vain­cu n’est pas le style de la mai­son. Ni du joueur, ni de son équipe. Après l’an­nonce de sa si­gna­ture, le coach des La­kers, Luke Wal­ton, confiait : « Je me suis as­sis sous les étoiles et je me suis dit : «Bon­sang,nous avon­seuLeB­ronJames!» Le meilleur joueur du monde est un La­ker. » C’est co­ol mais le fils de Bill se pré­pare sans doute aus­si quelques nuits dif­fi­ciles, comme Ty­ronn Lue avant lui dans l’Ohio… Jouer avec le « King », ce n’est pas tou­jours fa­cile. L’en­traî­ner non plus. As­sis sur un contrat de 154 mil­lions de dol­lars sur 4 ans, « The Cho­sen One » se rap­proche du cap du mil­liard en car­rière. « Si ce­la ar­rive, ce se­ra mon plus grand ac­com­plis­se­ment hors ter­rain. Je veux maxi­mi­ser mes af­faires com­mer­ciales et si j’y ar­rive, je se­rai un ath­lète mil­liar­daire. Hip, hip, hip, hour­ra ! Oh, mon Dieu, je vais être ex­ci­té… » Avec Ron­do et Ste­phen­son, il au­ra deux bons play­ma­kers et dé­fen­seurs à ses cô­tés, ce qui man­quait cruel­le­ment l’an pas­sé à Cle­ve­land. Le « King » est aus­si conscient qu’il ne se­ra pas éter­nel (il au­ra 34 ans en dé­cembre). Il ne pour­ra pas jouer 48 mi­nutes et al­ler au four et au mou­lin ad vi­tam æter­nam. Il fau­dra dé­lé­guer une par­tie de la ges­tion de l’at­taque. Mais on peut être sûr que le qua­druple MVP de la Ligue n’a pas dit son der­nier mot. Après avoir of­fert un pre­mier titre NBA aux Ca­va­liers, le nou­vel ob­jec­tif de LeB­ron est de ra­me­ner une fran­chise his­to­rique au som­met. Il va en pro­fi­ter pour don­ner une nou­velle di­men­sion à son bu­si­ness. C’est un dé­fi XXL. Mais faire ga­gner à nou­veau une équipe avec un tel pas­sé était cer­tai­ne­ment l’un des plus beaux chal­lenges qu’il pou­vait s’of­frir pour la der­nière par­tie de sa car­rière.

Ma­gic John­son (pré­sident des La­kers) et Lance Ste­phen­son

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