OKLAHOMA CI­TY

Mondial Basket - - Édito -

GOOD JOB, GE­NE­RAL MA­NA­GER !

« C’EST PLUS QUE DE LA LOYAU­TÉ. J’AI SUR­TOUT LE SEN­TI­MENT DE FAIRE LE BON CHOIX » Paul George

SAM S PRESTI, LE GE­NE­RAL MA­NA­GER D’OKLAHOMA CI­TY, A RÉUS­SI UN COUP DE MAÎTRE. IL A NON SEULE­MENT RÉ­SI­GNÉ PAUL GEORGE MAIS AUS­SI ÉCONOMISÉ 73 MIL­LIONS DE DOL­LARS EN SE SÉPARANT DE CARMELO AN­THO­NY. ET LE BANC S’EST REN­FOR­CÉ AVEC DEN­NIS SCHRÖDER ET NERLENS NOEL.

Après une fin de sai­son ra­tée (éli­mi­na­tion 4-2 contre Utah au 1er tour des playoffs) et alors que tout le monde l’an­non­çait à Los An­geles, « chez lui », Paul George a créé la sur­prise en ac­cep­tant 137 mil­lions de dol­lars sur 4 ans, avec une « player op­tion » pour la qua­trième an­née, pour res­ter à Oklahoma Ci­ty. L’ai­lier de 28 ans avait re­joint le Thun­der le 6 juillet 2017 en pro­ve­nance d’In­dia­na, échan­gé contre Vic­tor Ola­di­po et Do­man­tas Sa­bo­nis. Très cour­ti­sé par les La­kers, qui es­pé­raient l’as­so­cier à LeB­ron James, « PG » a mis fin au sus­pense et au feuille­ton le 6 juillet, un an pile après son ar­ri­vée à « OKC ». Le n°13 a ex­pli­qué qu’il consi­dé­rait que son « de­voir (n’était) pas ac­com­pli ». En ces temps troubles, où la si­gna­ture d’un DeMarcus Cou­sins à Gol­den State ajoute à l’exas­pé­ra­tion des fans et des mé­dias, ex­cé­dés par la concen­tra­tion de stars dans la Bay Area, on peut sa­luer la loyau­té d’un gar­çon en­vers une fran­chise où tout le monde ne le voyait ef­fec­tuer qu’un court sé­jour, en bon mer­ce­naire des par­quets. Qu’il n’est donc pas. Paul George a dé­jà tra­ver­sé beau­coup de choses dans cette Ligue. Il a at­teint une forme de ma­tu­ri­té. Qui lui dicte de se mon­trer pa­tient et de pri­vi­lé­gier la sta­bi­li­té. C’est la rai­son pour la­quelle il a rem­pi­lé au Thun­der. « C’est plus que de la loyau­té, di­sait-il. J’ai sur­tout le sen­ti­ment de faire le bon choix. Je pense que c’est le meilleur en­droit pour moi à ce stade de ma car­rière, après huit ans de NBA. J’ai l’oc­ca­sion de rap­por­ter un titre dans une ville qui n’en a ja­mais fê­té. Ils m’avaient ac­cueilli les bras ou­verts. Je veux leur rendre ça. Je veux qu’ils connaissent l’eu­pho­rie qui s’em­pare de vous quand vous de­ve­nez cham­pion. On peut réa­li­ser ça ici. Je veux faire par­tie de quelque chose d’unique. On a com­men­cé à y tra­vailler. Je pense que je peux contri­buer à créer quelque chose d’his­to­rique à Oklahoma Ci­ty. » Les fans du Thun­der peuvent souf­fler, sans pour au­tant rê­ver d’une consé­cra­tion à court terme, vu l’ar­ma­da as­sem­blée par les War­riors.

LES LA­KERS ONT RA­TÉ LE COCHE

On l’a dit, la dé­ci­sion de Paul George de res­ter à la Che­sa­peake Ener­gy Are­na en a sur­pris plus d’un. Beau­coup pen­saient que les La­kers ré­cu­pé­re­raient ai­sé­ment le small for­ward free-agent, sa­chant que le 10e choix de la draft 2010 avait dé­jà été ap­pro­ché par la fran­chise ca­li­for­nienne l’été der­nier. Cette an­née, une éven­tuelle ar­ri­vée de « PG » à La­ker­land avait fait du bruit. Tel­le­ment qu’un cé­lèbre avo­cat de la ville, Jacob Em­ra­ni, a car­ré­ment in­ves­ti dans une cam­pagne de re­cru­te­ment, ache­tant des pan­neaux pu­bli­ci­taires à son ef­fi­gie. En pure perte, donc. Mais les his­to­riens pour­ront ajou­ter cette anec­dote à la lé­gende pourpre et or. Ap­puyée par le ha­sh­tag « #PG2LA », la cam­pagne uti­li­sait des jeux de mots plu­tôt mar­rants comme « Can’t spell Purple & Gold wi­thout PG » (Je ne peux pas épe­ler « Purple & Gold » sans les lettres « PG ») ou en­core « PG2LA + The King = Ano­ther ring » (« PG » à « L.A. » + le « King » = une autre bague). Si vous cher­chez un avo­cat qui a de l’es­prit à dé­faut d’avoir le nez fin, un con­seil : bet­ter call Jacob… Ma­gic John­son, le pré­sident des La­kers, et Rob Pe­lin­ka, son GM, ont échoué dans ce dos­sier. Ils se conso­le­ront avec LeB­ron James. Paul George, lui, était dé­jà pas­sé à autre chose. Il ne re­garde pas en ar­rière. Il n’a au­cun re­gret. Et pas plus d’états d’âme. « J’ap­pré­cie le fait que la La­ker Na­tion ait sou­hai­té que je re­vienne à la mai­son et que je joue de­vant elle (ndlr: il est né à Palm­da le, en Ca­li­for­nie). Je vou­lais re­ve­nir il y a un an, avant de re­joindre Oklahoma Ci­ty. Mal­heu­reu­se­ment pour eux, je n’ai pas été trans­fé­ré chez les La­kers. Ils n’ont pas pu me ré­cu­pé­rer, j’ai été trans­fé­ré au Thun­der et ce­la s’est avé­ré être une op­por­tu­ni­té ma­gni­fique pour moi », a-t-il dé­cla­ré dans le troi­sième et der­nier épi­sode de la mi­ni-sé­rie de ESPN « My Jour­ney ». Dans le camp George, on n’a pas ter­gi­ver­sé. Pro­lon­ger au Thun­der était le meilleur choix pos­sible, le choix du coeur : il es­time y avoir construit une fa­mille et une grande ami­tié est née entre le me­neur Rus­sell West­brook

et lui. C’est avec le MVP de la Ligue 2017 et sep­tuple All-Star qu’il veut vi­ser le titre de cham­pion à court terme. Et en­suite ? Il n’ex­clut rien. En tant que Ca­li­for­nien, il n’écarte pas la pos­si­bi­li­té de mi­grer un jour sur la Côte Ouest. Et por­ter le maillot jaune des La­kers. Mais avant ce­la, il a en­core de belles choses à réa­li­ser à Oklahoma Ci­ty, avec « Russ ».

UN DUO DÉ­SOR­MAIS INSÉPARABLE

Au­teur d’une sai­son à 25.4 points, 10.1 re­bonds et 10.3 passes de moyenne (sa deuxième de suite en mode « triple-double »), le n°0 reste le lea­der in­con­tes­table du Thun­der. Il avait joué un rôle ma­jeur dans le trans­fert de « PG » l’été der­nier et il est sans doute in­ter­ve­nu à nou­veau pour ver­rouiller la pro­lon­ga­tion du n°13, qui est de­ve­nu un proche. Paul George le di­sait lui-même, sans re­te­nue : « Au-de­là du fait que c’est l’une des plus belles per­sonnes que j’aie ren­con­trées dans ma vie, la ma­nière avec la­quelle Rus­sell aborde les matches est quelque chose de sti­mu­lant. Ça vous gal­va­nise. On veut y prendre part et bâ­tir des­sus. « Russ » est quel­qu’un avec qui je peux et veux ga­gner et vice ver­sa. Ce choix me comble de joie car je sais qu’ici, j’ai une vraie chance de ga­gner avec l’un des meilleurs joueurs de NBA. » West­brook et sa ré­pu­ta­tion sul­fu­reuse ? West­brookt­brook et son jeu « free­style » ? Rien de ce­la n’a per­tur­bé George, qui adore évo­luer à sess cô­tés, sur les par­quets et en de­hors.ors. Il a trou­vé en lui un point d’ap­pui in­es-in­es­pé­ré.. On n’est pas (en­co­reore ?) au ni­veau du duouo Rus­sell West-West­brook-k-Ke­vin Du­rant maiss le bi­nôme a des ar­gu­ments­ments à faire va-va­loir. L’éner­gie du pre­mier, très dé­con­trac­té sur un ter­rai­nain comme dans la vie, est conta­gieuse. Son en­thou­siasme aus­si.si. S’agit-il de son agres­si­vi­té ssi­vi té na­tu­relle? De son amour pour le jeueu ? Ou simple-sim­ple­mentt de son dé­sir ar­dentnt de rem­por­ter le titre ? Tou­jours est-il que George ai­mee faire équipe avec l’homme le mieux sa­pé de laa Ligue (ou pas, ça dé­pend des goûts de cha­cun).un). Après l’an­nonce de sa pro­lon­ga­tion, il a pos­té une pho­to de lui avec Rus­sell sur son compte Ins­ta­gram. Elle com­por­tait une lé­gen­dende « Un­fi­ni­shed bu­si­ness ». Le tra­vail n’estt pas fi­ni. His­toire de dire qu’ils comptent al­ler très loin en­semble…

« OKC » EX­PLOSE LES COMP­TEURS

C’était une pre­mière dans l’his­toire de la NBA : si son ros­ter n’avait pas bou­gé (mais Carmelo An­tho­ny a chan­gé d’air), le Thun­der au­rait eu à payer 300 mil­lions de dol­lars en masse sa­la­riale et en luxu­ry tax en 2019. « OKC » n’a pour­tant pas fait de fo­lies au ni­veau du re­cru­te­ment. La fran­chise a donc re­si­gné Paul George pour 137 M$ sur 4 ans. L’ai­lier Je­ra­mi Grant (24 ans) a rem­pi­lé pour 27,3 M$ sur 3 ans. L’in­té­rieur Nerlens Noel, ar­ri­vé de Dal­las pour 2 ans, et le me­neur Ray­mond Fel­ton, re­si­gné, n’ont pas coû­té bien cher (1,7 M$ pour le pre­mier). Alors, à quoi était liée cette ex­plo­sion ? Sor­tez votre cal­cu­lette et ajou­tez le bail de « PG » à ceux de Rus­sell West­brook (35,6 M$ en 2018-19), Carmelo An­tho­ny (27,9, qui a donc pris la porte et qu’on at­ten­dait à Hous­ton), Ste­ven Adams (24,1) and co. Il fal­lait dé­grais­ser et « Me­lo » a été lo­gi­que­ment « sa­cri­fié ». Quid des re­crues ? Après deux sai­sons com­pli­quées chez les Mavs, Nerlens Noel est prêt à re­lan­cer sa car­rière. L’an­cien pivot texan a dé­sor­mais 24 ans. Il a per­du au change après avoir re­fu­sé une offre de 70 M$ sur 4 ans de Dal­las, émise en 2017, mais ça ne l’em­pêche pas de se mon­trer plus mo­ti­vé que ja­mais : « Je veux faire res­sor­tir la rage qui est en moi. Je veux jouer avec éner­gie et joie chaque soir. » On n’at­tend plus grand-chose de Fel­ton mais il fal­lait bien un me­neur back-up… A 34 ans, il s’ef­for­ce­ra de se­con­der Rus­sell West­brook dans la troi­sième ro­ta­tion. Donc, de li­mi­ter la casse en ce qui le concerne. Quelques pas­sages in­té­res­sants la sai­son pas­sée mais pas de quoi se ta­per le cul par terre (6.9 pts, 1.9 rbd et 2.5 pds). Sa pro­lon­ga­tion à 2,4 M$ sur un an ré­joui­ra ses fans, s’il en reste. Le coup de maître du GM, Sam Presti, est in­ter­ve­nu dans le dos­sier Carmelo An­tho­ny, en de­hors du cas Paul George. Chaque par­tie sou­hai­tait le di­vorce. Le coup de gé­nie est d’avoir réus­si à évi­ter un «buyout » ou une « stretch pro­vi­sion » qui au­raient plom­bé la masse sa­la­riale du Thun­der sur une ou plu­sieurs sai­sons. « Me­lo » pou­vait blo­quer tout échange avec sa « no-trade clause » né­go­cié chez les Knicks. Il a ac­cep­té de faire une croix sur cette op­tion à l’unique condi­tion de pou­voir re­joindre les Rockets. Un échange di­rect avec Hous­ton étant im­pos­sible, Sam Presti de­vait trou­ver une équipe ac­cep­tant de ré­cu­pé­rer Carmelo An­tho­ny puis de le cou­per et de prendre à sa charge les 27,9 mil­lions de sa der­nière an­née, l’ai­lier re­fu­sant de lâ­cher le moindre cen­time. Heu­reu­se­ment pour Sam Presti, At­lan­ta vou­lait, de son cô­té, se dé­bar­ras­ser de son me­neur al­le­mand Den­nis Schröder et de ses 46,5 M$ sur 3 ans. La dif­fé­rence entre le contrat d’An­tho­ny (27,9 M$, donc) et ce­lui de Schröder (15,5 M$) va per­mettre à Oklahoma Ci­ty de réa­li­ser de belles éco­no­mies. Et Billy Do­no­van, le coach, dis­po­se­ra d’un sixième homme in­té­res­sant en re­lais de Rus­sell West­brook. Pour mon­ter l’échange, le Thun­der a dû lâ­cher un choix de draft pro­té­gé en 2022. Carmelo An­tho­ny est content lui aus­si puis­qu’il ré­cu­pé­re­ra l’in­té­gra­li­té de son sa­laire après avoir été cou­pé par les Hawks. Den­nis Schröder (25 ans en sep­tembre) ? Il se re­trouve deuxième me­neur der­rière Rus­sell West­brook qui est, pa­raît-il, son joueur pré­fé­ré. Il n’est pas in­ter­dit de pen­ser que les deux peuvent être as­so­ciés sur des sé­quences de « small ball ». A no­ter aus­si l’ar­ri­vée, dans ce deal, du Fran­çais Ti­mo­thé Lu­wa­wu-Ca­bar­rot (23 ans), qui vient de pas­ser deux ans à Phi­la­del­phie et qui de­vra faire ses preuves, dans un rôle de dé­fen­seur, pour jaillir du banc. Au sor­tir de cette in­ter­sai­son, la si­tua­tion éco­no­mique du Thun­der est meilleure mais il de­vra tout de même payer 88 mil­lions de dol­lars en­vi­ron de taxes. Le staff, lui, s’in­té­resse uni­que­ment au vo­let spor­tif. Et il sait que l’équipe compte dé­sor­mais sept joueurs sur les postes d’ar­rières et d’ai­liers. L’opé­ra­tion d’as­sai­nis­se­ment pour­rait se pour­suivre via de nou­veaux échanges qui n’au­ront a prio­ri pas d’im­pact sur le ren­de­ment glo­bal du groupe.

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