PHI­LA­DEL­PHIE

Mondial Basket - - Édito -

UN ATOUT JEU­NESSE QUI N’A PAS DE PRIx

PHI­LA­DEL­PHIE A ÉVI­TÉ UN GROS TRANS­FERT PEN­DANT L’ÉTÉ. IL S’AGIT MAIN­TE­NANT DE MON­TER EN PUIS­SANCE AVEC LA CLASSE JEUNE IN­CAR­NÉE PAR BEN SIM­MONS, MARKELLE FULTZ ET JOEL EM­BIID. LE NOYAU DUR D’UNE ÉQUIPE QUI VIENT D’AT­TEINDRE LES DE­MI-FI­NALES DE CONFÉ­RENCE EST ET QUI EN­TEND RI­VA­LI­SER AVEC LES MEILLEURES FRAN­CHISES.

En­core une fois, les Sixers ont joué la carte de la so­brié­té. Pas de dé­penses in­utiles, pas de trans­fert qui fait du bruit, quelques dé­parts, au­tant d’ar­ri­vées, deux draf­tés. Et sur­tout, des free-agents im­por­tants qui ont re­si­gné. Les ru­meurs an­non­çaient la ve­nue de la su­per­star de San An­to­nio Kawhi Leo­nard. Ce der­nier pour­sui­vra sa car­rière au Ca­na­da. Phi­la­del­phie va suivre sa feuille de route. Et faire confiance à cette classe jeune qui vient de ra­me­ner la fran­chise de Penn­syl­va­nie en playoffs après cinq ans d’ab­sence (1-4 contre Bos­ton en de­mi-fi­nales de Confé­rence Est). Le staff de Brett Brown re­par­ti­ra avec le même noyau dur et per­sonne ne se­ra mis sur la touche. Phil­ly compte tou­jours sur son trio ga­gnant Markelle Fultz-Ben Sim­mons-Joel Em­biid, même si le pre­mier n’a joué que 14 matches la sai­son der­nière (plus 3 en playoffs, au 1er tour contre Mia­mi) et s’est re­trou­vé à la li­mite du trade. Le pick n°1 de la draft 2017 n’a pas vrai­ment eu l’oc­ca­sion de se mon­trer, tou­ché à l’épaule pen­dant la ma­jeure par­tie de l’exer­cice écou­lé. Mais le me­neur de 20 ans a les crocs. Il va re­ve­nir pour ten­ter de s’af­fi­cher à son meilleur ni­veau, pour jus­ti­fier son rang à la draft et pour ras­su­rer les sup­por­ters des Sixers comme le front of­fice. Son coach, Brett Brown, croit plus que ja­mais en lui : « Je suis par­ti­cu­liè­re­ment op­ti­miste à son su­jet. Je suis sûr qu’il va faire une grande sai­son. Je crois to­ta­le­ment en lui et je suis très ex­ci­té par la pers­pec­tive de le voir avec nous au camp d’en­traî­ne­ment. L’idée de l’en­tou­rer de coaches et d’as­sis­tants, qui al­laient et ve­naient, du­rant toute la pé­riode de son in­dis­po­ni­bi­li­té a été brillante. Joel (Em­biid) est proche de lui. Markelle a pu suivre un pro­gramme in­di­vi­dua­li­sé et ça lui se­ra bé­né­fique. Je suis ra­vi de le re­voir en NBA, pour mon­trer pour­quoi il a été choi­si en pre­mier lors de la draft. » On at­ten­dra de le re­voir à l’oeuvre avant de dis­ser­ter sur sa pro­duc­tion de l’an pas­sé (7.1 pts, 3.1 rbds, 3.8 pds sur un peu plus de 18 mn, ce qui était dé­jà in­té­res­sant). En l’état, Phi­la­del­phie voit s’ou­vrir un bou­le­vard de­vant lui. Le dé­part de LeB­ron James aux La­kers re­bat les cartes dans la Confé­rence Est. Il offre des pers­pec­tives al­lé­chantes à une équipe qui aligne trois jeunes ta­lents qui viennent de par­ti­ci­per à la post­sea­son au terme de leur pre­mière sai­son com­mune, ré­com­pen­sée d’une belle 3e place (der­rière To­ron­to et Bos­ton). On rap­pelle que Ben Sim­mons, 1er choix de la draft 2016, avait connu une sai­son blanche pour cause de bles­sure au pied droit (cin­quième mé­ta­tarse frac­tu­ré). Et que Joel Em­biid, pick n°3 de la pro­mo 2014, n’avait joué que 31 matches avant l’édi­tion 2017-18. Il est sous contrat jus­qu’en 2021, Ro­bert Co­ving­ton jus­qu’en 2022, Markelle Fultz jus­qu’en 2022, Ben Sim­mons jus­qu’en 2021, Da­rio Sa­ric jus­qu’en 2021. C’est pro­met­teur, for­cé­ment pro­met­teur. Les Sixers sont l’équipe qui monte à l’Est !

les cadres sont res­tés

Au­teur d’une grosse sai­son 2017-18, le shoo­teur J.J. Re­dick (34 ans) a rem­pi­lé pour 12 mois et 12,3 mil­lions de dol­lars. Le sni­per ori­gi­naire du Ten­nes­see a eu un gros im­pact of­fen­sif en Penn­syl­va­nie, bat­tant son re­cord au sco­ring avec 17.1 points de moyenne, à 46% de réus­site (pas­sés à 18.2 pts à 44.4% sur les 10 matches de playoffs). A 3 points, il fai­sait va­loir un jo­li 42% en sai­son ré­gu­lière. La fran­chise est consciente de l’im­por­tance d’un ar­tilleur comme l’an­cien Ma­gic, Buck et Clip­per dans son fa­meux « Pro­cess », la stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment mise en place par son an­cien GM, Sam Hin­kie, au­tour du monstre Joel Em­biid et qui vise à créer une ar­ma­da pour al­ler cher­cher le titre sur le long terme. Brett Brown te­nait ab­so­lu­ment à conser­ver le 2e meilleur mar­queur de l’équipe (der­rière les 22.9 pts de moyenne du pivot ca­me­rou­nais Joel Em­biid). « J’adore le coa­cher et j’avais très en­vie de conti­nuer à le faire. Je pense que tout le monde dans cette ville - et sur­tout ses co­équi­piers - savent ce qu’il ap­porte aux Sixers. Tout le monde pro­fite de ce dont Joel (Em­biid) et Ben (Sim­mons) pro­fitent lors­qu’ils jouent avec un gars comme lui. » L’aven­ture Phil­ly conti­nue, donc, pour Re­dick qui s’ap­prête à dis­pu­ter sa 13e sai­son NBA, lui qui avait été draf­té 11e en 2006 par Or­lan­do. Même to­po pour l’in­té­rieur vé­té­ran Amir John­son (31 ans), qui a lui aus­si pa­ra­phé un nou­veau contrat d’un an. Ce n’est évi­dem­ment pas la si­gna­ture la plus clin­quante de cette free-agen­cy 2018 mais l’an­cien Pis­ton, Rap­tor et Cel­tic fai­sait un bon back-up à Joel Em­biid. Pas­sé Sixer le 8 juillet 2017, John­son ap­porte sa du­re­té et sa com­ba­ti­vi­té près du cercle. Son lea­der­ship au­près des roo­kies est ap­pré­cié, plus que ses stats qui n’ont rien de clin­quant (4.6 pts-4.5 rbds sur un peu moins de 16 mn). Le pivot de 2,06 m a ac­cep­té une grosse baisse

de sa­laire, lui qui tou­chait 11 mil­lions de dol­lars la sai­son pas­sée. Les Sixers lui ont pro­po­sé le mi­ni­mum vé­té­ran, à 2,4 mil­lions. John­son a dis­pu­té 13 sai­sons NBA après avoir été re­te­nu en fin de se­cond tour, le soir de la draft 2005. Il a par­ti­ci­pé à 50 matches de playoffs du­rant sa car­rière, un vé­cu qui est tou­jours bon à prendre dans un ves­tiaire comme ce­lui des Sixers.

WIL­SON CHAND­LER SIXIÈME HOMME ?

Pour sou­la­ger leur masse sa­la­riale, les Nuggets ont cé­dé Wil­son Chand­ler (ils éco­no­mi­se­ront 50 mil­lions de dol­lars en sa­laires et luxu­ry tax). L’ai­lier de 31 ans avait été lan­cé par New York, qui l’avait draf­té 23e en 2007. Les Sixers ab­sorbent son contrat - 12,8 mil­lions de dol­lars pour l’an­née à ve­nir - et re­çoivent éga­le­ment un deuxième tour de draft, à exer­cer en 2021. Le deal pro­fite au­tant à Den­ver, qui écarte la me­nace de la luxu­ry tax, qu’à Phi­la­del­phie, qui ré­cu­père un vrai 3. Les Sixers avaient échoué pré­cé­dem­ment dans leurs ten­ta­tives de re­cru­te­ment à ce poste, jusque-là confié à Ro­bert Co­ving­ton (12.6 pts l’an der­nier). Ils au­raient pu ob­te­nir mieux (et plus jeune) mais le re­tour du vé­té­ran à l’Est va ai­der l’équipe. Le coach en est per­sua­dé : « Quand vous re­gar­dez l’ADN du joueur mo­derne, il y cor­res­pond. Il peut dé­fendre sur plu­sieurs postes et mar­quer à 3 points(ndlr :35.8% sur les douze der­niers mois, sa deuxième me il leur­per­fenc ar­rière ). La po­ly­va­lence des on jeu est ex­trê­me­ment im­pres­sion­nante .» Bon dé­fen­seur et shoo­teur re­la­ti­ve­ment fiable, Chand­ler a af­fi­ché une moyenne de 10 points, 5.4 re­bonds et 2.2 passes sous le maillot de Den­ver. Il va en­ta­mer sa 13e sai­son NBA et sem­blait ra­vi de po­ser ses va­lises à Phi­la­del­phie, équipe contre qui il avait per­du deux fois la sai­son der­nière : « Je suis un fan de ce groupe dans son en­semble. J’avais dit à l’un de mes an­ciens co­équi­piers à Den­ver, après un match contre eux :« Mec, ces gars-là jouent sa­cré­ment dur…» » Wil­son Chand­ler a ajou­té qu’il était im­pres­sion­né par les deux stars de l’équipe, Joel Em­biid et Ben Sim­mons, et qu’il avait hâte d’évo­luer avec J.J. Re­dick, Ro­bert Co­ving­ton ou en­core Da­rio Sa­ric. « Je pense que cette équipe ob­tien­dra une chance de jouer le titre, d’al­ler en Fi­nales. Elle a été construite dans cette op­tique », a-t-il dé­cla­ré lors de sa si­gna­ture, pré­ci­sant qu’il était prêt à en être le sixième homme.

CIAO, BRYAN COLANGELO

L’in­ter­sai­son 2018 a aus­si été mar­quée par trois pertes dont cha­cun ju­ge­ra l’im­por­tance. La pre­mière était de­ve­nue un peu iné­luc­table après une sombre af­faire de tweets pos­tés sur de faux comptes (sa femme au­rait « ba­lan­cé » en uti­li­sant les in­fos qu’il lui four­nis­sait). Le pa­tron des opé­ra­tions bas­ket de la fran­chise, Bryan Colangelo, a re­mis sa dé­mis­sion. Sa po­si­tion était de­ve­nue in­te­nable. L’af­faire res­semble à une blague et LeB­ron James, dont le nom cir­cu­lait aus­si dans la ci­té de l’amour fra­ter­nel, n’a pas man­qué de se mo­quer de lui en confé­rence de presse : « Est-ce que j’ai vu les mes­sages de Dan Gil­bert (ndlr: pro­prié­taire des Cle­ve­land Ca­va­liers) sur Twit­ter ? Non, je ne suis pas sur les ré­seaux so­ciaux en ce mo­ment. Je ne suis pas au cou­rant de ça. C’était son vrai compte, par contre ? » Une ques­tion qui a bien fait rire les jour­na­listes. La bou­lette de Colangelo en­tache un peu l’image de ces Sixers qui s’étaient re­fait une vir­gi­ni­té

après des an­nées de mé­dio­cri­té. Ils vou­laient s’of­frir l’ex­cellent GM des Rockets, Daryl Morey, mais l’af­faire a ca­po­té. En at­ten­dant de trou­ver le nou­veau pa­tron du sec­teur spor­tif, c’est le coach, Brett Brown, qui as­su­me­ra les deux rôles. Mis­sion hy­per com­pli­quée. Un Stan Van Gun­dy ou un Doc Rivers peuvent en té­moi­gner. Deux pré­cieux shoo­teurs ont pris la porte : l’Ita­lien Mar­co Be­li­nel­li (San An­to­nio) et le Turc Er­san Ilya­so­va (de re­tour à Mil­wau­kee). C’est une bonne dose d’ex­pé­rience en­le­vée au ves­tiaire mais les Bleus-Blancs-Rouges ont donc as­su­ré leurs ar­rières avec la dou­blette Re­dick-Chand­ler. Be­li­nel­li a ac­cep­té 2 ans et 12 mil­lions de dol­lars pour re­joindre les Spurs, où il avait évo­lué de 2013 à 2015, Ilya­so­va a si­gné pour 21 mil­lions de dol­lars et 3 ans avec les Bucks. Leurs contrats au­raient été trop lourds à sup­por­ter pour des Sixers qui cherchent à conser­ver une cer­taine flexi­bi­li­té fi­nan­cière et qui dé­bour­se­ront 88 mil­lions de dol­lars en masse sa­la­riale pour le cham­pion­nat à ve­nir (24e NBA). « Be­li » par­ti, il fau­dra trou­ver de la pro­fon­deur sur les postes 2 et 3. Zhaire Smith (16e choix de draft à sa sor­tie de Texas Tech) et Lan­dry Sha­met (26e choix, Wi­chi­ta State) vont ten­ter de grat­ter quelques mi­nutes de jeu. Et tout dé­pend des com­bi­nai­sons avec Ben Sim­mons, qui peut jouer 1 et 3, et Markelle Fultz, com­bo 1-2. Le se­cond au­ra son mot à dire, à condi­tion de re­trou­ver sa mé­ca­nique de tir (40.5% l’an pas­sé). L’adresse de l’ar­rière-ai­lier ita­lien (49.5%, meilleure perf en car­rière, sur 28 matches) est clai­re­ment une perte. Er­san Ilya­so­va, lui, avait su créer des es­paces et le po­wer aus­tra­lien Jo­nah Bol­den (22 ans), qui ar­rive du Mac­ca­bi Tel-Aviv, ap­pa­raît en­core un peu jeune pour sou­te­nir la com­pa­rai­son. Draf­té en 2017, Bol­den a été plu­tôt mé­diocre lors de la Sum­mer League alors qu’il s’y était fait re­mar­quer l’an­née der­nière. Il n’a tou­jours pas joué en NBA puis­qu’il avait été en­voyé en Eu­rope, après son dé­part de UCLA, pour faire ses gammes. On ne va pas trop se fo­ca­li­ser sur une Sum­mer League pas tou­jours si­gni­fi­ca­tive (cha­cun joue per­so pour se faire re­mar­quer), d’au­tant que Bol­den est un gar­çon qui a beau­coup de po­ten­tiel. Le com­pa­triote d’An­drew Bo­gut veut ab­so­lu­ment jouer et réus­sir en NBA, comme il l’a ex­pli­qué avant la Sum­mer League : « C’était le plan de­puis le dé­but et c’est tou­jours mon ob­jec­tif. Je viens à la Sum­mer League pour mon­trer ce que je sais faire. » Dom­mage, pour lui, qu’il ait un peu ra­té le coche… Amir John­son a donc re­si­gné mais l’ai­lier serbe Ne­man­ja Bjelica, qui avait don­né son ac­cord ver­bal pour un contrat d’un an, a fi­na­le­ment dé­ci­dé de s’en­ga­ger à Sa­cra­men­to, ce qui pour­rait lais­ser une chance à Jo­nah Bol­den. Le « Pro­cess » conti­nue et on at­tend de re­trou­ver Phi­la­del­phie dans le Top 4 à l’Est. Puis en playoffs.

Ben Sim­mons

Marke lleFultz

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