Jean Troillet dé­tient avec Erhard Lo­re­tan le re­cord de vi­tesse de l’as­cen­sion de l’Eve­rest en 1986 par la face nord : 43 heures, al­ler et re­tour. Guide de mon­tagne (de­puis 1969), ma­rin, il a été l’équi­pier de Laurent Bour­gnon sur Pri­ma­gaz. Pho­to­graphe pou

Montagnes - - IN­TER­VIEW -

ils me disent : « Nous, on a vo­lé des por­tables, on paye notre dette, mais on a l’im­pres­sion que ce n’est pas le cas de tout le monde. » Alors j’es­saye de leur dire qu’il ne faut pas tou­jours re­gar­der à l’ex­té­rieur mais bien en eux-mêmes et je les em­mène en mon­tagne, on fa­brique des igloos, on va sur des som­mets, ils adorent ça, ils sont tout fous d’être là-haut, puis on re­des­cend et là ils prennent le bus pour re­trou­ver la pri­son. Certes ils doivent payer pour les conne­ries qu’ils ont faites, mais il faut aus­si leur don­ner les moyens de se ra­che­ter. Je ne crois pas aux re­li­gions mais je crois aux forces de l’es­prit. Je ne peux l’ex­pli­quer mais c’est vrai qu’avec Erhard, au som­met de l’Eve­rest, on sen­tait une pré­sence, peu­têtre que notre cer­veau était dé­ran­gé, mais ce­la ne suf­fit pas pour dé­crire ce que nous res­sen­tions.

Tu songes à la mort ? Oh la mort, c’est quand on ar­rête de rê­ver, et c’est vrai que je connais des gens qui n’ont plus de rêves, ce sont des morts de­bout, ils su­bissent leur vie… Il faut avoir des rêves, il faut aus­si faire en sorte de les réa­li­ser. C’est ce que je fais et fe­rai tout le temps qui me se­ra don­né.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.