TER­RAIN DE JEUX POUR MONTAGNARDS EN HERBE

TER­RAIN DE JEUX POUR MONTAGNARDS EN HERBE

Montagnes - - SOMMAIRE - Textes et pho­tos Guillaume Val­lot

Avec quatre guides et trois moniteurs d’es­ca­lade pour cinq cents ha­bi­tants, Ai­guilles, chef-lieu du Queyras, fait fi­gure de pe­tit Cha­mo­nix lo­cal. On y trouve de quoi se nour­rir, se lo­ger et même se re­faire une santé tout en pra­ti­quant la rando sous toutes ses formes, la cas­cade de glace ou l’al­pi­nisme hi­ver­nal. Un joyeux dia­logue entre Ni­co­las, Syl­vain, Da­mien, Pas­cal et leurs clients nous en ap­prend beau­coup plus. « Mais grave ! » comme on dit ici.

LA POUDRE AP­PAR­TIENT À CEUX QUI SE LÈVENT TÔT !

Pe­tit ma­tin de mars, Ai­guilles dort en­core. Dans la salle du pe­tit dé­jeu­ner, une di­zaine de montagnards des villes chu­chote afin de ne pas ré­veiller Joëlle, l’au­ber­giste qui a fi­ni tard la veille. Juste en face, la bou­lan­ge­rie Les nuits blanches est dé­jà al­lu­mée et les gra­ti­fie d’une ba­guette crous­tillante. « Miam, slurp, on se croi­rait un groupe de contre­ban­diers qui pré­pare un coup ! » lance l’un des ran­don­neurs en cro­quant dans sa tar­tine au miel du pays. « C’est que la poudre ap­par­tient à ceux qui se lèvent tôt, lance guille­ret le guide Ni­co­las Ber­nard en en­trant dans la salle voû­tée. Alors ? Vous êtes prêts ? » « Pas de pro­blème, “gui­dos”, ré­torquent en choeur les at­ta­blés. On est re­mis d’aplomb ! » Avant leur grande sor­tie de fin de sé­jour avec guides, cette bande d’amis es­time avoir soi­gneu­se­ment ré­pé­té ses gammes. « Ah tiens, s’en­quiert Syl­vain Pus­nel, un brin go­gue­nard, vous avec fait quinze mi­nutes de ra­meur de­puis le nou­vel An et en­quillé des vins chauds ?! » Une jeune Pa­ri­sienne s’of­fusque, morte de rire. « Non mais tu nous prends pour des Mar­seillais ! Dès le pre­mier soir, pas de temps à perdre, on est al­lés se dé­cras­ser à la cas­cade de glace du vil­lage, bien au chaud sous les pro­jec­teurs. Dites, les gars, elle s’agran­dit d’an­née en an­née la struc­ture ar­ti­fi­cielle ou je rêve ? » La jeune femme ne rêve pas. Sous l’égide de Pas­cal Gi­raud un autre guide du voi­si­nage, ce qui n’était qu’un ri­deau de glace il y a dix ans est de­ve­nu un vé­ri­table Ice Park. Avec de la lo­ca­tion de ma­té­riel sur la place du vil­lage, des ini­tia­tions et des ani­ma­tions or­ches­trées par le syn­di­cat d’ini­tia­tive, la tren­taine de lignes de glace et dry du WI3 au M7 ac­cueille bien du monde de dé­cembre à fin mars. « On a vu que c’était de­ve­nu payant. C’est pour faire face aux dé­penses ? » « Exac­te­ment, pré­cise Pas­cal, la mai­rie ne peut plus faire sans. Et al­lez, pour deux eu­ros cin­quante la jour­née en groupe, c’est loin d’être du ra­cket. Quand on pense aux an­nées que vous avez pas­sé à vous y écla­ter gra­tui­te­ment, cha­cun peut bien faire ce pe­tit geste pour ga­ran­tir l’en­tre­tien et la pé­ren­ni­té du site, non ? En­suite, pour grim­per “sau­vage et gra­tos”, al­lez donc éplu­cher le to­po du père Val­lot : y’a de quoi faire dans le Haut-Guil ! Et si­non, vous avez bien pro­fi­té des belles condi­tions an­ti­cy­clo­niques de ces jours der­niers ? »

AI­GUILLES, UN VIL­LAGE CEN­TRAL POUR RAYONNER EN QUEYRAS

« Mais grave ! On s’est fait deux jours à Abriès pour re­trou­ver nos sen­sa­tions en hors-piste, re­prend un quin­qua­gé­naire gre­no­blois. C’est fou cette sta­tion : avec un té­lé­siège et trois té­lé­skis, tu ac­cèdes à un im­mense ter­rain de jeux. Sans par­ler de la quan­ti­té de pou­dreuse en sous-bois ! Dans le Haut-Guil, vous avez pas­sé un pacte avec le diable ou quoi ? » « Ah ah ! Tu se­rais pas un peu ja­loux l’Isé­rois ? s’ex­clame Da­mien Tron, le qua­trième guide en ac­ti­vi­té au vil­lage. Non, non, pas de diable ici, juste un couple d’amis qui s’ap­pellent Re­tour d’Est et Mé­lé­zin… » (voir en­ca­drés) « En tout cas, le troi­sième jour, nous étions en cannes pour notre pre­mière rando à skis en au­to­no­mie, pour­suit le Gre­no­blois. Mais on n’a pas joué les ma­rioles, on a été sa­ge­ment faire un pe­tit pè­le­ri­nage à l’Es­pace Mon­tagne et Sé­cu­ri­té en face du vil­lage. » « Vous en avez pro­fi­té pour tes­ter vos ré­flexes au D.V.A. Park? » « On les a tous trou­vés du pre­mier coup ! » s’ex­clame An­dré, le ma­ri de la Pa­ri­sienne. Dans un cer­tain cha­hut, il res­sort que les nom­breuses traces de pas dé­jà pré­sentes dans la neige au­raient bien ai­dé la re­cherche. « La pro­chaine fois, his­toire de cor­ser un peu l’af­faire, vous pour­rez aus­si plan­quer vos ap­pa­reils en plus des boîtes émet­trices en­fouies à de­meure. Si­non, la ran­don­née pro­pre­ment dite sur la Lauze s’est bien pas­sée? »

RE­PRISE EN AU­TO­NO­MIE ET EN DOUCEUR À L’ES­PACE MON­TAGNE ET SÉ­CU­RI­TÉ

« Ni­ckel. Nous sommes re­mon­tés dans le bois de Ma­ras­san par l’an­cienne piste rouge qui mène à Pey­nin 2 000. C’est comme un stade : il y avait plu­sieurs traces de mon­tée plus ou moins raides. Cha­cun a pu se mettre la dose qui lui conve­nait. En sor­tant de la fo­rêt, un stra­tus a failli nous faire faire de­mi-tour. La pla­quette-to­po de la mai­rie et les ba­lises rouges qui in­diquent l’iti­né­raire nous ont bien ser­vi. Et nous sommes ar­ri­vés grou­pés à la ca­bane de ber­ger, fin du ba­li­sage de mon­tée. Là, ça s’est dé­ga­gé et on s’est sé­pa­rés. Une par­tie du groupe a sui­vi la des­cente “of­fi­cielle” avec re­tour sur Ai­guilles, tan­dis que l’autre a pous­sé jus­qu’au col de la Lauze. » « Bien vu ça ! Du vil­lage, ça vous fait un bon mille mètres de dé­ni­ve­lée. Spé­ciale, hein, l’am­biance un peu fan­to­ma­tique avec les an­ciens tire-fesses. » « Mais oui ! Quel dom­mage, le do­maine de­vait être gé­nial quand il tour­nait. Mais bon, c’est chouette aus­si une mon­tagne qui re­vient comme ça, à la na­ture. Du col, on a hé­si­té à ti­rer jus­qu’au som­met de la Lauze à 2 880, car le triangle nord som­mi­tal avait l’air tout poudre. Mais comme nous avions ren­dez­vous chez Pi­lou au bar d’Abriès, on a pré­fé­ré bas­cu­ler di­rec­te­ment. Dis donc, il n’est pas évident à trou­ver le pas­sage fi­nal entre les barres ro­cheuses au-des­sus du ca­ra­va­neige ! » « En ef­fet, il n’y a pas beau­coup de pièges en Queyras, ac­corde Syl­vain. Ni gla­ciers, ni sé­racs, ni cre­vasses. À part les ava­lanches dont il faut se mé­fier au plus haut point, au ni­veau re­lief, seules quelques barres ro­cheuses en fo­rêt peuvent sur­prendre. D’où l’in­té­rêt de bien étu­dier la carte… ou de se faire ac­com­pa­gner par un guide ! »

UNE AVA­LANCHE DE POS­SI­BI­LI­TÉS.

« À pro­pos, on se po­sait la ques­tion hier. À quoi tient le re­lief si par­ti­cu­lier du HautQuey­ras, avec ses mon­tagnes aux formes douces et pour­tant éle­vées qui per­mettent de ran­don­ner presque par­tout ? » « En ce qui concerne le re­lief, c’est une par­ti­cu­la­ri­té géo­lo­gique, ex­plique Pas­cal. Le pays fait par­tie de cette zone cen­trale de l’arc al­pin qu’on ap­pelle le “cône d’ac­cré­tion”. C’est un mot bar­bare dé­si­gnant la tranche du plan­cher de Té­thys, l’océan pri­maire qui, à la sur­rec­tion des Alpes, s’est re­trou­vée broyée entre les plaques afri­caine et eu­ro­péenne. Les sé­di­ments de sur­face et les roches dures sous-ja­centes ont été mé­lan­gés et com­posent le re­lief du pays. Comme dans une glace à l’amé­ri­caine, on re­trouve la “crème gla­cée” : les schistes lus­trés for­mant les mul­tiples som­mets ar­ron­dis qui sont un pa­ra­dis pour le ski et

quelques “amandes ca­ra­mé­li­sées” de gab­bro, roche plus dure où l’on peut faire de l’al­pi­nisme ou du ski ex­trême : Vi­so, Bric Bou­chet, Pel­vas, Tête des Toillies. » « En ce qui concerne l’élé­va­tion gé­né­rale, par contre, c’est un peu le mys­tère, pour­suit Ni­co­las. Éro­dé comme il l’est, le Queyras de­vrait être à l’al­ti­tude de son cou­sin géo­lo­gique, le pays brian­çon­nais, qui culmine à 2 900 mètres. Or ici la qua­si-to­ta­li­té des som­mets “flotte” au-des­sus des trois mille. Cette cote moyenne éle­vée – qui nous ga­ran­tit un froid plus in­tense – est une ano­ma­lie tec­to­nique qui n’a pas en­core trou­vé d’ex­pli­ca­tion dé­fi­ni­tive chez les géo­logues. » Un ange passe dans la salle à man­ger. Cha­cun semble un peu rê­ver, cher­chant à lire l’ave­nir dans le marc de son ca­fé. C’est la Pa­ri­sienne, tou­jours la plus im­pa­tiente, qui rompt le si­lence. « Bon c’est bien jo­li la mé­di­ta­tion, mais vous nous em­me­nez où au­jourd’hui? » « Alors, on vous a concoc­té un pe­tit cock­tail d’ac­ti­vi­tés dont vous al­lez nous dire des nou­velles, conclut Syl­vain. Avec moi, c’est hors-piste à Abriès, il est tom­bé en­core dix cen­ti­mètres de poudre cette nuit, ça de­vrait être monstre bon. Avec Ni­co, c’est rando à skis. Je crois que vous al­lez avoir droit à une pe­tite boucle dans le Fond de Pey­nin qui va vous lais­ser des sou­ve­nirs. Pas­cal pro­pose aux gla­ciai­ristes du groupe de vous em­me­ner vers La Mon­ta où une belle cas­cade en 3+/4 de six lon­gueurs vous at­tend. Quant à Da­mien, il em­mène votre va­leu­reuse cor­dée d’al­pi­nistes es­ca­la­der le Bric Bou­chet par l’arête Aca­dé­mique : en hiver, c’est une vraie pe­tite aven­ture ! Ça vous va ou bien ? » Et de ré­pondre en choeur : « Mais graaave ! »

GUIDE PRA­TIQUE

Les géo­logues dis­tinguent le Queyras de l’ouest (Guillestre, combes du Guil, Ar­vieux/Izoard, Ceillac/Font Sancte, Châ­teau/Ville-Vieille, Mo­lines/col Agnel, Saint-Vé­ran/La Blanche) es­sen­tiel­le­ment cal­caire, du Queyras de l’est (Haut-Guil, Ai­guilles, Abriès/Le Roux, Ris­to­las/l’Échalp, Vi­so) où l’on trouve un mé­lange de roches sé­di­men­taires schis­to­sées et de «pé­pites» de gab­bro. Que ce soit pour al­ler vers la fron­tière ita­lienne d’un Vi­so sau­vage ou pour al­ler vers les val­lées riantes des Aigues Agnel et Blanche, Ai­guilles est un camp de base idéal.

Ac­cès :

Re­joindre le Queyras de­puis la vallée de la Du­rance. At­ten­tion à vos GPS : le col de l’Izoard est fer­mé l’hiver. Sur la N94, à 32 km au sud de Brian­çon et à 28 km au nord d’Em­brun, prendre la D902 sur Guillestre. Pour­suivre dans la vallée du Queyras sur la D 947. Trans­port en com­mun : gare SNCF de Mont­dau­phinGuillestre (04 92 46 78 18) puis cars Im­bert.

En­ca­dre­ment :

Les Guides du haut Guil. Bu­reau des Guides (Syl­vain Pus­nel, Ri­chard Clermont) : 06 63 11 60 36.

Hé­ber­ge­ments : Mé­téo Cartes

Ni­co­las Ber­nard : 06 50 40 95 35 - Pas­cal Gi­raud : 06 71 88 23 20 - Da­mien Tron : 06 83 10 82 57 Mul­tiples pos­si­bi­li­tés d’hébergement dans les sta­tions-vil­lage du Queyras. Of­fice de tou­risme du Queyras, 04 92 46 76 18, www.queyras-mon­tagne.com. Se­cours en mon­tagne : 112 Hautes-Alpes: 0836680205, bul­le­tins de pré­vi­sions à 5 jours af­fi­chés quo­ti­dien­ne­ment en sai­son à l’en­trée des of­fices de tou­risme de chaque vil­lage du Queyras. IGN 3637 OT « Mont Vi­so, St Vé­ran, Ai­guilles » IGN 3537 ET « Guillestre, Vars, Ri­soul »

Do­cu­men­ta­tion gra­tuite dis­po­nible à l’Of­fice du Tou­risme :

Pla­quette «Es­pace Mon­tagne et Sé­cu­ri­té», pré­sente le DVA park et les iti­né­raires ski et ra­quette de la Lauze. Pla­quette « Ai­guilles l’Hiver, le Queyras mul­ti­sport », pré­sente en dé­tail la cas­cade et l’Es­pace Lu­dique d’Ai­guilles.

ITI­NÉ­RAIRES UNE SÉ­LEC­TION DE CAS­CADES

Sec­teur Saint-Vé­ran / Crête de Cur­let Cas­cade Têtes de Curle (to­po Cas­cade Val­lot 2013 p. 100) Je dé­cris ici Têtes de Curle qui est la plus évi­dente, mais d’autres lignes sont pos­sibles dans cette grande barre qui s’étend jus­qu’à l’aplomb du som­met du pic Cas­ca­ve­lier. Par­king : à l’ex­tré­mi­té sud-ouest du vil­lage de Saint-Vé­ran, piste de la cha­pelle de Clau­sis. Ap­proche : des­cendre au pont Vieux. Prendre à droite la piste de fond vers l’aval sur quelques di­zaines de mètres jus­qu’à l’aplomb du cou­loir de la cas­cade. À vue à tra­vers un mé­lé­zin. Dif­fi­cul­té : Le pre­mier res­saut est le plus dif­fi­cile, 4 à 4+ se­lon la ligne choi­sie, se­cond res­saut 3+.

Sec­teur Mo­lines / Pont de l’Ariane Cas­cade de Ro­sée Cer­vi­cale (to­po Cas­cade Val­lot 2013 p. 114) Très in­té­res­sante à grim­per. Seb Cons­tant la pro­pose dans l’enchaînement de toute la face nord-est du pic de Châ­teau Re­nard. La cas­cade est bien vi­sible en re­mon­tant la route trans­for­mée en piste de fond sur quelques cen­taines de mètres, à l’aplomb du pic 2 907 de Châ­teau Re­nard. Par­king : de Mo­lines, re­mon­ter vers le col Agnel D205, se ga­rer au ter­mi­nus de la route hi­ver­nale, lieu-dit Pont de l’Ariane. Ap­proche : pas­ser en rive gauche, puis suivre le rif de Sou­chière puis plein nord au sor­tir de la fo­rêt. Re­mon­ter une gorge en S à par­tir de 2 400m jus­qu’au pied de la cas­cade 100m plus haut. Dif­fi­cul­té: Le pre­mier res­saut est le plus dif­fi­cile, 4 à 4+ puis re­mon­ter une pente de neige sur 100m tra­ver­ser la grande Rampe pour trou­ver se­cond res­saut 3+ à 4.

Sec­teur Abriès / le Roux Cas­cade Aqua­relle (to­po Cas­cade Val­lot 2013 p. 143) Un ci­gare ver­ti­cal de 25 mètres à faire pâ­lir de ja­lou­sie LA ré­fé­rence de Ceillac, le fa­meux ci­gare du Sombre Hé­ros. Ce­lui-là est plus conti­nu, aé­rien, sau­vage. Tout mieux sauf l’ap­proche, 40 min au lieu de 15… Par­king : Au Roux d’Abriès, de­vant le Cha­let pour Jeunes (sou­vent en­com­bré, ga­rez-vous propre). Ap­proche : piste de la Mon­tette, avi­ser la cas­cade sur le che­min, des­cendre dans le lit du tor­rent et re­mon­ter au pied au mieux et à vue. 30 à 40 min se­lon la neige. Dif­fi­cul­té: une longueur de 35 m consti­tuée d’un socle de 10 mètres et d’un pas­sage ver­ti­cal de 15 m. D’autres lignes plus dif­fi­ciles sont pos­sibles le long du ci­gare. II 5.

Sec­teur Ris­to­las / val­lon de Sé­gure Cas­cade La Com­tesse de Sé­gure (ra­vin de l’Elve) (to­po Cas­cade Val­lot 2013 p.152) La rive gauche du val­lon de Sé­gure pro­pose du ra­vin de l’Elve (ce­lui de la Com­tesse) jus­qu’au coum­bal de Souche Blanche des cas­cades dans des cou­loirs. Par­king : à l’ex­tré­mi­té sud du vil­lage de Ris­to­las, au dé­part de la piste de la ber­ge­rie de Sé­gure. Ap­proche : Suivre en rive droite la piste di­rec­tion Ber­ge­rie de Sé­gure (deux la­cets puis à ni­veau) jus­qu’à voir la cas­cade, des­cendre au mieux dans le lit du tor­rent, tra­ver­ser en rive gauche puis re­mon­ter fa­ci­le­ment au pied de la cas­cade. Dif­fi­cul­té : Le pre­mier res­saut est le plus dif­fi­cile, 3+ à 4+ se­lon la ligne choi­sie se­cond res­saut 3 à 3+.

Sec­teur Re­fuge du Vi­so / Pa­lais du Bout du Monde Cas­cades… à Go­go (to­po Cas­cade Val­lot 2013 p. 191) C’est un peu am­biance Four­nel avec en rab’ un re­fuge. Une ap­proche longue (2h à 2h30 de ski de rando), mais un po­ten- tiel de grimpe pour trois ou quatre jour­nées. Des dif­fi­cul­tés va­riées. Sau­vage! Par­king : au ha­meau de l’Échalp, bout de la vallée du Guil. Ap­proche : (skis in­dis­pen­sables) Suivre la route jus­qu’au grand bel­vé­dère du Vi­so, de là des­cendre dans le lit du Guil, qu’on suit au mieux jus­qu’au pied des cas­cades. Le re­fuge du Vi­so est en face des cas­cades rive droite à 2 460 m. Dif­fi­cul­té : Une di­zaine de lignes de 3 à 5+ (voire un 6) de 50 à 150 m.

UNE SÉ­LEC­TION DE RANDOS À SKI.

Sec­teur Châ­teau-Ville Vieille L’Agre­nier (to­po­neige 2012 p. 134) Po­si­tion­né de fa­çon cen­trale quoique peu éle­vé, l’Agre­nier est skiable sur toutes ses faces. Lors­qu’il est cor­rec­te­ment en­nei­gé, le som­met est idéal pour le skieur et ses contre­forts pour le ra­quet­tiste. On peut aus­si agréa­ble­ment le par­cou­rir en traversée ou en boucle. Par­king : ha­meau de Mey­riès. Mon­tée : col de la crèche, puis crête sud. Des­cente : face sud-est par neige trans­for­mée (3.3), cou­loir nord-est (4.1), cou­loir nord-ouest (4.1) et face ouest (3.2).

Sec­teur Saint-Vé­ran Les Mar­ce­lettes en traversée (to­po­neige 2012 p. 228)

Au­tre­fois par­cours «se­cret» des guides du coin, la dé­mo­cra­ti­sa­tion a fait de cet iti­né­raire un clas­sique. Il reste splen­dide par sa lo­gique et son es­thé­tique. Par­king : le Cros (an­cien centre UCPA) sous St Vé­ran. Mon­tée : pont du Mou­lin, ca­bane La­ma­ron, col sud du pic Cas­ca­ve­lier, crête nord-est des Mar­ce­lettes. Des­centes : di­rec­te­ment par la grande pente nord-nord-ouest (3.2), en boucle par le val­lon du Cha­te­lard en sui­vant en ver­sant sud et vers l’est la crête me­nant au som­met Jac­quette puis bas­cule en nord (3.2). La pos­sible pe­tite cas­cade de glace à 2 250m s’évite par la droite.

Sec­teur Ai­guilles Grand Glai­za et Bric Froid en raid (to­po­neige 2012 p. 148 et 152)

Un raid de deux jours par un bi­vouac ita­lien où vous se­rez sans doute seuls… Un grand voyage hi­ver­nal au coeur du Nord-Queyras. Par­king : Ai­guilles pont du Lom­bard. Jour 1 : Ber­ge­rie du Lom­bard, lacs Mal­rif, pic Mal­rif, Grand Glai­za, cou­loir nord, col des Thures (bi­vouac Tor­nior, non in­di­qué sur les cartes fran­çaises). Jour 2: Bric Froid par crête des Thures ou face ouest, des­cente face sud (4.1) jus­qu’au Roux d’Abriès, d’où l’on re­trouve des na­vettes pour la sta­tion et Ai­guilles.

Sec­teur Abriès La Mait d’Amunt (to­po­neige 2012 p.152)

In­vi­sible de­puis la vallée, ce som­met pré­sente une face nord-ouest de 800m à 38° max. As­su­ré­ment la plus belle du sec­teur. Elle peut se com­bi­ner avec d’autres ap­proches, no­tam­ment par la sta­tion d’Abriès et Pey­ra Pla­ta pour un ra­tio D+/D- im­bat­table. Par­king : sous le ha­meau du Roux. Mon­tée : Val­pré­veyre, val­lon et col d’Urine, crête sud de la Mait. Des­centes : face nord-ouest (3.3), face sud-ouest (3.2).

SÉ­LEC­TION D’AS­CEN­SIONS EN AL­PI­NISME HI­VER­NAL. Sec­teur Saint-Vé­ran / La Blanche La Tête des Toillies, arête nord-est (to­po Es­ca­lade Val­lot 2016 p. 328)

Une arête es­thé­tique en diable mais qui, dé­jà fris­quette en été, vous lais­se­ra un grand sou­ve­nir si vous vous lan­cez en hi­ver­nale. Dif­fi­cul­té :5 en ro­cher et M 4 à la mon­tée, des­cente en un court rap­pel et à ski sur la Blanche.

Sec­teur Mo­lines / pont de L’Ariane Pic de Châ­teau-Re­nard, face nord (to­po Mixte Cons­tant p. 320 et Cas­cade Val­lot 2013 p. 112)

Une face de 450 mètres qui, par condi­tions sèches, pré­sente plu­sieurs lignes de gou­lotte et mixte, dont Chou­pi­nette et Co­co­lat, WI3+/M3+.

Sec­teur Abriès / Val­prè­veyre La Bric Bou­chet, arête sud-ouest

Aca­dé­mique (to­po Es­ca­lade Val­lot 2016 p. 106)

Une mon­tagne qui « bouche » le HautGuil et offre ses arêtes aux ama­teurs de courses hi­ver­nales et mixtes abor­dables. On peut des­cendre par une des deux voies nor­males pour une traversée di­vine. La face ouest et le cou­loir sud se des­cendent de plus en plus com­mu­né­ment en ski de pente raide. Dif­fi­cul­té :4 max en ro­cher et M 4 à la mon­tée, des­cente 2+ et M2.

Sec­teur Ris­to­las / La Mon­ta Le Pel­vas en traversée par l’arête su­douest (to­po Es­ca­lade Val­lot 2016 p. 114)

Une traversée « com­bo » qui mé­lange al­pi­nisme mixte fa­cile et plu­sieurs pos­si­bi­li­tés de des­centes à ski ; com­modes (cou­loir ouest ; face est) ou dif­fi­ciles (face sud di­recte 5.1, face nor­douest 3.3 à 4.2 To­po­neige 2012 p. 155) Dif­fi­cul­té : 3 en ro­cher et M3 à la mon­tée pour la crête de la Jou­na jus­qu’au som­met (pré­sence de mous­que­tons à de­meure et de spits).

Sec­teur Haut-Guil / L’Échalp L’arête de la Taillante en traversée (to­po Es­ca­lade Val­lot 2016 p. 302 ; to­po­neige 2012 p. 196)

Sur cette mon­tagne «la plus sin­gu­lière des Alpes» se­lon Coo­lidge, la traversée des arêtes était une clas­sique jus­qu’aux an­nées 1980. Certes pour­rie l’été, elle est lé­gè­re­ment plus fré­quen­table l’hiver. Avec la pos­si­bi­li­té de des­cendre un des trois som­mets à ski… Dif­fi­cul­té : 3+/4 en ro­cher et M4 dans le sens sud-nord, 3 et M3 en nord-sud.

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