PHYSIOLOGIE DE LA (TRÈS) HAUTE ALTITUDE

CERTITUDES ET IN­CER­TI­TUDES

Montagnes - - SOMMAIRE - Dos­sier co­or­don­né par Cé­dric Sa­pin-De­four

La haute altitude de­meure un ter­ri­toire mys­té­rieux. Les Hommes l’ex­plorent de plus en plus, ils s’y rendent aver­tis et tou­jours mieux en­traî­nés, ils en re­viennent char­gés de me­sures et d’em­pi­risme, ex­ploi­tables par des scien­ti­fiques aux connais­sances qui ne cessent de s’af­fi­ner. Mal­gré ce­la, on ne sait pas tout.

Les très hauts som­mets ré­servent leurs lots de sur­prise, par­fois mau­vaises et d’in­cer­ti­tudes qui ne se laissent pas domp­ter. Les car­té­siens n’ont pas en­tiè­re­ment conquis l’Himalaya et les autres contrées à oxy­gène rare. Si l’in­cer­ti­tude a ses charmes et ses adeptes, elle n’est pas tou­jours la bien­ve­nue dans les la­bo­ra­toires des cher­cheurs, mé­de­cins et autres spé­cia­listes de l’ef­fort en haute altitude qui consi­dèrent, à juste titre, que l’alpinisme est suf­fi­sam­ment aléa­toire comme ça. Tout là-haut, l’ap­proxi­ma­tion se paye au prix fort, la ri­gueur scien­ti­fique a pour ob­jet de la ré­duire au maxi­mum. Les al­pi­nistes aus­si veulent com­prendre et pro­gres­ser. Les grandes per­for­mances dans les Alpes, si elles existent en­core, ne se jouent dé­sor­mais qu’à coup de se­condes, de mètres par se­conde ou d’ob­jets vo­lants confi­den­tiels. Le très haut ni­veau de réa­li­sa­tion et d’en­ga­ge­ment, en alpinisme, se joue dé­sor­mais… très haut, là-bas avec l’es­poir et l’am­bi­tion d’ex­por­ter le noble style al­pin. Les meilleurs de nos al­pi­nistes s’en­traînent comme les ath­lètes de haut ni­veau qu’ils sont, ac­com­pa­gnés par les scien­ti­fiques en quête eux aus­si d’ef­fi­cience, d’ex­per­tise et de réus­site. Ta­pis rou­lant, home trai­ner et tests VMAne sont plus des gros mots dans un alpinisme d’ex­cel­lence. L’alpinisme est un uni­vers où la théo­rie du ruis­sel­le­ment s’en­vi­sage. Les connais­sances construites au­tour de la pré­pa­ra­tion des al­pi­nistes d’élite et de leurs re­tours d’ex­pé­rience (« ré­tex » dit-on dans le mi­lieu) pro­fitent au plus grand nombre, ce­lui des al­pi­nistes amateurs, dans des dif­fi­cul­tés et à des al­ti­tudes plus mo­destes. Les vul­ga­ri­sa­teurs sont gé­né­reux, ils par­tagent leurs sa­voirs et sa­voir-faire ac­tuels. Chez Montagnes Magazine, nous sommes pre­neurs de leurs lu­mières. Tour d’ho­ri­zon des certitudes d’au­jourd’hui en ma­tière de physiologie de la haute altitude. On res­pire dé­jà mieux… Ce dos­sier s’or­ga­nise en deux par­ties. Pour ce pre­mier vo­let, l’ex­per­tise de Paul Ro­bach (guide de haute mon­tagne, doc­teur en sciences, la­bo­ra­toire de l’École na­tio­nale de ski et d’alpinisme) sur les mé­ca­nismes d’adap­ta­tion de l’or­ga­nisme en altitude et sur ce qu’il est en­vi­sa­geable de réa­li­ser (ou non) à de tels ni­veaux d’hy­poxie. Le re­tour d’ex­pé­rience du GMHM (Groupe mi­li­taire de haute mon­tagne) sur leur mode de pré­pa­ra­tion et d’en­traî­ne­ment en vue de l’as­cen­sion de la face sud de l’An­na­pur­na en 2015. Le re­gard de Vé­ro­nique Billat (pro­fes­seur à l’Uni­ver­si­té Pa­ris-Sa­clay) sur la pré­pa­ra­tion d’une per­sonne « nor­male » (sans en­traî­ne­ment par­ti­cu­lier) à l’as­cen­sion de l’Eve­rest, pro­to­cole où sen­sa­tions et me­sures sont à l’équi­libre. En août, Jean-Paul Ri­cha­let, Sa­muel Ver­gès et Em­ma­nuel Cau­chy nous fe­ront pro­fi­ter de leurs toutes der­nières re­cherches.

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