MacG­lide : l’an­ti­fou­ling au­to­col­lant à la si­li­cone

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE - TEXTE: FRAN­ÇOIS PA­RIS. PHOTOS: P IER RICK CON TIN.

Les al­ter­na­tives en ma­tière de pein­tures sans bio­cide se dé­ve­loppent. Si la plu­part d’entre elles sont conçues sous forme li­quide, le MacG­lide se pré­sente à la fa­çon d’un adhé­sif à col­ler sur les oeuvres vives.

Pre­nez un spé­cia­liste de l’adhé­sif (Mac­tac), as­so­ciez-le à un lea­der du monde de la chi­mie et des pein­tures (PPG), et vous ob­tien­drez un duo dont le pro­duit s’avère un sé­rieux concur­rent aux pein­tures an­ti­fou­ling. Né de cette union, le MacG­lide est un re­vê­te­ment de ca­rène an­ti­sa­lis­sure, for­mu­lé à base de si­li­cone. On connais­sait jus­qu’à pré­sent le co­ve­ring des­ti­né aux oeuvres mortes et ses nom­breux avan­tages, sur­tout vis-à-vis d’une pein­ture de coque. Moins cher à taille égale, fa­cile à en­tre­te­nir et à ré­pa­rer en cas d’ac­croc, le co­ve­ring offre en outre un choix qua­si in­fi­ni en ma­tière de tex­tures et de cou­leurs, sans ou­blier qu’il est pos­sible de réa­li­ser son co­ve­ring sur me­sure, à l’ins­tar des ba­teaux de course qui af­fichent, voiles com­prises, le lo­go ou le nom de leurs spon­sors.

Un dis­po­si­tif étanche pour se pro­té­ger de l’os­mose

Conçu pour rem­pla­cer l’an­ti­fou­ling, l’adhé­sif MacG­lide est im­per­méable à l’eau de mer. Un dé­tail loin d’être ano­din pour les ba­teaux neufs qui, grâce à ce dis­po­si­tif étanche, leur per­met­tra de se pro­té­ger de l’os­mose. Un autre avan­tage pour les uni­tés neuves dé­pour­vues d’an­ti­fou­ling est que, une fois le film adhé­sif re­ti­ré, l’état de sur­face est iden­tique à ce­lui d’ori­gine, ce qui est im­por­tant pour la re­vente. Le MacG­lide, com­mer­cia­li­sé sous forme de rouleau de 0,60 mètre de large par 25 mètres de long, s’ap­plique bande par bande. Évi­dem­ment, la ca­rène d’un voi­lier se­ra plus fa­cile à cou­vrir que celle d’un ba­teau à mo­teur, do­tée de vi­rures, de re­dans et d’angles plus ou moins vifs (voir notre en­ca­dré sur la pose). Les bandes sont re­liées entre elles par un ver­nis de scel­le­ment qui as­sure au sys­tème une étan­chéi­té par­faite. Ce ver­nis pos­sède les mêmes pro­prié­tés an­ti­sa­lis­sure que le film et ne dif­fère de ce der­nier que par sa for­mu­la­tion, en l’oc­cur­rence li­quide. Il sert éga­le­ment à pra­ti­quer d’éven­tuelles ré­pa­ra­tions lo­ca­li­sées. Contrai­re­ment à un film des­ti­né aux sur­faces si­tuées au-des­sus de la flot­tai­son, le MacG­lide ne s’étend pas. « Il ne s’ap­plique pas en ten­sion. On le laisse vivre », pré­cise Franck, le po­seur d’AderNau­tique qui oeuvre sur la ca­rène d’un Lo­mac 710 IN, ba­teau qui ser­vi­ra pour nos tests. Ce se­mi-ri­gide offre une sur­face mouillée d’en­vi­ron 10 m2. Il se­ra en lo­ca­tion toute la sai­son, de mai à oc­tobre, amar­ré dans le port de Di­nard. Pré­ci­sion im­por­tante : il n’échoue­ra pas, contrai­re­ment à la plu­part des mouillages si­tués dans ce port – un point qu’il ne faut pas né­gli­ger… Le plai­san­cier qui sou­haite op­ter pour le MacG­lide doit en ef­fet te­nir compte de plu­sieurs contre-in­di­ca­tions. La pre­mière, c’est qu’il faut évi­ter au film le moindre ac­croc qui fra­gi­li­se­rait l’en­semble de la pro­tec­tion. On pros­cri­ra donc le sys­tème si le ba­teau échoue, est ré­gu­liè­re­ment sur re­morque et s’il croise à une vi­tesse su­pé­rieure à 30 noeuds (cette vi­tesse maxi­male pour­rait être por­tée à 40 noeuds après va­li­da­tion des tests cou­rant de l’an­née). Pour les ma­nu­ten­tions, il convien­dra d’op­ter pour un gru­tage avec des mor­ceaux de mo­quette là où les sangles por­te­ront. La si­li­cone étant par dé­fi­ni­tion glis­sante, il se­ra éga­le­ment né­ces­saire de bien as­su­rer les sangles entre elles, ain­si qu’au ba­teau… En re­vanche, le MacG­lide est com­pa­tible avec les eaux froides et chaudes. Il pré­sente de nom­breux avan­tages, à com­men­cer par son ab­sence d’im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment. Mac­tac an­nonce éga­le­ment une ré­duc­tion de 10 % de la consom­ma­tion de car­bu­rant. Pour l’heure, il nous est im­pos­sible de don­ner une quel­conque échelle d’ef­fi­ca­ci­té, puisque nous n’avons pas eu l’oc­ca­sion de tes­ter gran­deur na­ture ce film. Par ailleurs, le fa­bri­cant an­nonce qu’un simple coup d’éponge (cô­té doux) suf­fit au cas où un film gras se se­rait dé­po­sé après une longue pé­riode d’in­ac­ti­vi­té. Il pré­cise aus­si que les sa­lis­sures se re­tirent toutes seules à par­tir de 5 à 6 noeuds.

Tra­vailler im­pé­ra­ti­ve­ment sur une ca­rène propre

Le se­mi-ri­gide sur le­quel l’adhé­sif a été ap­pli­qué est neuf, mais les ca­rènes d’oc­ca­sion peuvent re­ce­voir le sys­tème MacG­lide. Il est néan­moins né­ces­saire de tra­vailler sur une ca­rène propre, donc re­mise à nu et dé­bar­ras­sée de l’an­cien an­ti­fou­ling (s’il y en avait un) et

comp­ter 48 heures avant de re­mettre le ba­teau à l’eau, le temps que le film po­ly­mé­rise. Cô­té cou­leurs, le fa­bri­cant pro­pose du noir et du rouge. D’autres co­lo­ris pour­raient voir le jour. Le coût du MacG­lide se cal­cule au mètre car­ré (142 €/m2, li­vré, po­sé). Un de­vis est évi­dem­ment réa­li­sé avant chaque in­ter­ven­tion.

Une pose as­su­rée par un pro­fes­sion­nel

À titre d’exemple, la fac­ture d’une pose pour le Lo­mac 710 IN ex­po­sé chez Di­nard Ma­rine s’élève à 1 562 €, ce qui peut sem­bler cher pour un ba­teau de cette taille, mais ce mon­tant est à mettre en pa­ral­lèle avec la du­ra­bi­li­té du pro­cé­dé, an­non­cée pour cinq ans. Ra­me­né à un coût an­nuel, il n’est que d’en­vi­ron 300 €, ce qui est équi­valent à un an­ti­fou­ling tra­di­tion­nel. La pose du MacG­lide est as­su­rée par un pro­fes­sion­nel uni­que­ment – il peut s’agir d’un conces­sion­naire agréé ou d’un pres­ta­taire. Nous sui­vrons l’évo­lu­tion de l’état de sur­face du MacG­lide sur le Lo­mac 710 IN au fil de la sai­son. En lo­ca­tion chez Di­nard Ma­rine, ce se­mi-ri­gide cor­res­pond par­fai­te­ment au ca­hier des charges im­po­sé par le MacG­lide (pas de ma­nu­ten­tion sur re­morque, pas d’échouage, etc.). ■

AVANT Le Lo­mac 710 IN ex­po­sé chez Di­nard Ma­rine est neuf. Au­cun an­ti­fou­ling n’a ja­mais été po­sé au­pa­ra­vant.

APRÈS En­vi­ron une jour­née a été né­ces­saire pour cou­vrir les oeuvres vives de MacG­lide, y com­pris avec le ver­nis de scel­le­ment.

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