• 3 mo­dèles pour le wa­ke­surf

Vous rê­vez de de­ve­nir un sur­feur sans avoir à ra­mer pen­dant des heures ? Alors le wa­ke­surf est fait pour vous ! Fa­cile d’ap­pren­tis­sage et par­ti­cu­liè­re­ment lu­dique, ce sport nau­tique connaît un en­goue­ment crois­sant et re­tient l’at­ten­tion des construc­teurs

Moteur Boat Magazine - - SOMMAIRE - T TE EX X TE: JULIEN BRIC CO. PHOTOS: ÉDOUARD DES G REZ, L’ AU­TEUR ET DR.

Sur le sec­teur des loi­sirs nau­tiques liés à la plai­sance, le wa­ke­surf est – avec le stand-up paddle – la dis­ci­pline qui monte. Mé­lange de wa­ke­board et de surf, ce sport consiste à sur­fer lit­té­ra­le­ment la vague de sillage du ba­teau et, pour l es plus ex­pé­ri­men­tés, s’es­sayer à quelques fi­gures, comme des ro­ta­tions à 360° ou en­core des sauts. Outre les spé­ci­fi­ci­tés de la planche (voir en­ca­dré), le wa­ke­surf se dif­fé­ren­cie prin­ci­pa­le­ment du wa­ke­board par deux as­pects : le pra­ti­quant a les pieds libres, ces der­niers ne sont pas main­te­nus à la planche par des chausses, et il est ame­né à lâ­cher son pa­lon­nier pour évo­luer à la seule puis­sance de la vague, comme un vé­ri­table sur­feur. Le suc­cès de cette dis­ci­pline ex­trê­me­ment l udique s’ex­plique par l’ab­sence d’im­pact pré­ju­di­ciable comme c’est par­fois l e cas en wa­ke­board. Les pra­ti­quants l es moins té­mé­raires et ceux d’un cer­tain âge voient là un bon moyen de s’adon­ner au plai­sir de la glisse tout en pré­ser­vant leurs ar­ti­cu­la­tions.

Un mar­ché en pleine crois­sance

Loi­sir en vogue, le wa­ke­surf est éga­le­ment un mar­ché flo­ris­sant pour les construc­teurs de ba­teaux spor­tifs. Certes, ce­lui-ci est en­core mar­gi­nal en France, mais de l’autre cô­té de l’At­lan­tique, aux États-Unis, la vente de « ba­teaux de glisse » connaît une crois­sance à deux chiffres sur les cinq der­nières an­nées, la plus forte sur le seg­ment des ba­teaux spor­tifs mo­to­ri­sés en in­bord, se­lon le rap­port réa­li­sé par la NMMA – équi­valent amé­ri­cain de la Fé­dé­ra­tion des in­dus­tries nau­tiques. L’es­sor de ce mar­ché est lar­ge­ment por­té par l’en­goue­ment pour la pratique du wa­ke­surf ; le phé­no­mène conti­nue au­jourd’hui de pro­fi­ter aux té­nors spé­cia­li­sés (Ma­li­bu, Mas­terC­raft, Cor­rect Craft, etc.) qui voient leurs ventes pro­gres­ser et qui ont su faire évo­luer leurs mo­dèles pour ré­pondre à cette nou­velle de­mande. Le gâ­teau se par­tage de­puis peu avec des marques plus gé­né­ra­listes. Celles-ci ont bé­né­fi­cié d’une pe­tite ré­vo­lu­tion ini­tiée en fé­vrier 2015 par le mo­to­riste Vol­vo Pen­ta : la trans­mis­sion For­ward Drive. Il s’agit d’une pro­pul­sion par em­base dont les hé­lices en contre-ro­ta­tion sont orien­tées vers l’avant du ba­teau et qui per­met de fa­vo­ri­ser la pratique des sports nau­tiques, plus par­ti­cu­liè­re­ment celle du wa­ke­surf. Ain­si, des marques phare telles que Four Winns, Re­gal, Cha­par­ral ou en­core Co­balt n’ont pas tar­dé à adop­ter la trans­mis­sion in­no­vante de Vol­vo et gar­nir leurs ca­ta­logues res­pec­tifs d’un ou de plu­sieurs mo­dèles grif­fés « Surf Édi­tion ». Le géant Sea Ray, s’il tente éga­le­ment de sur­fer sur cette ten­dance, fait fi­gure de cas iso­lé. Son mo­dèle 230 SLX-W, dé­voi­lé cette an­née (es­sai dans MB n° 328 S), uti­lise en ef­fet une trans­mis­sion en V-drive et se dote de quelques ar­ti­fices tech­no­lo­giques « mai­son » pour gé­né­rer et sculp­ter une grosse vague de sillage. Quant à Bay­li­ner, il a fait le choix d’ab­sor­ber la jeune et pro­met­teuse marque Hey­day, dont nous avons pu tes­ter le mo­dèle WT-1 en avant-pre­mière. Le wa­ke­surf reste un mar­ché spé­ci­fique, avec des ba­teaux spé­ci­fiques.

Car s’il y a bien des do­maines dans les­quels il vaut mieux ne pas faire de vague, là, c’est tout le contraire. L’ap­pren­ti sur­feur dé­sire la plus grande et la plus belle dé­fer­lante de sillage pos­sible. Qu’est-ce qui fait la sin­gu­la­ri­té d’un ba­teau de wa­ke­surf ? D’abord, la mo­to­ri­sa­tion in­bord, en trans­mis­sion V-drive sur la grande ma­jo­ri­té des ba­teaux de glisse ou avec l’em­base For­ward Drive, comme men­tion­né pré­cé­dem­ment. Il est vi­ve­ment dé­con­seillé – et le plus sou­vent im­pos­sible – de pra­ti­quer le wa­ke­surf avec un ba­teau mo­to­ri­sé en hors-bord. La vague de sillage gé­né­rée par un hors-bord n’a ni la forme ni la taille né­ces­saire pour pou­voir être sur­fée. De plus, la proxi­mi­té de l’hé­lice, orien­tée vers le pra­ti­quant, pose un réel pro­blème de sé­cu­ri­té en cas de chute ; le même aver­tis­se­ment peut être adres­sé à l’en­contre des trans­mis­sions avec em­base en Z-drive trop ex­po­sées, en rai­son de l’ab­sence de plage de bain par exemple. La plu­part des construc­teurs spé­cia­li­sés et cer­taines marques grand pu­blic, à l’image de Sea Ray, ont concen­tré une par­tie de leurs ef­forts à peau­fi­ner un des- sin de ca­rène pro­pice à la pratique de la dis­ci­pline, en tra­vaillant sur l’orien­ta­tion des flux d’eau à l’ar­rière du ba­teau.

Une vague d’in­no­va­tions

Ces mo­dèles se ca­rac­té­risent par une pléiade d’ar­ti­fices : ils em­barquent des bal­lasts souples ou ri­gides pou­vant at­teindre plu­sieurs cen­taines de litres et des­ti­nés à les­ter l’uni­té pour gros­sir la vague ou l’ac­cen­tuer sur un bord ; ils dis­posent éga­le­ment de leurs propres sys­tèmes de flaps, guillo­tines et autres ap­pen­dices mé­ca­niques ho­ri­zon­taux ou ver­ti­caux, qui servent es­sen­tiel­le­ment à mo­du­ler la forme de la vague (plus raide, moins d’écume, etc.). Ces in­no­va­tions, mais aus­si le rem­plis­sage ou le vi­dage des bal­lasts, sont gé­né­ra­le­ment as­so­ciées à une ins­tru­men­ta­tion de pointe qui per­met de les gé­rer sim­ple­ment et ef­fi­ca­ce­ment. Le ré­gu­la­teur de vi­tesse in­tègre lui aus­si la pa­no­plie des équi­pe­ments. Il en existe des mo­dèles ba­siques et d’autres plus so­phis­ti­qués, avec la pos­si­bi­li­té de

confi­gu­rer des pro­fils per­son­na­li­sés qui mé­mo­risent les pré­fé­rences du sur­feur ; il suf­fit d’abais­ser la ma­nette des gaz et l’or­di­na­teur de bord gère l’ac­cé­lé­ra­tion et la vi­tesse en consé­quence. La tour de trac­tion est pré­sente, bien sûr, mais elle n’a ici que peu d’in­té­rêt, contrai­re­ment au wa­ke­board, où il est pré­fé­rable d’avoir un point d’an­crage en hau­teur dès lors que l’on exé­cute des sauts. Une grande ca­pa­ci­té d’ac­cueil et de places as­sises, de nom­breux ran­ge­ments et un poste de pi­lo­tage confor­table mu­ni d’un in­ver­seur pré­cis, comptent par­mi les autres sin­gu­la­ri­tés de ces ba­teaux de wa­ke­surf mo­dernes. En­fin, les performances de ces uni­tés peuvent pa­raître faibles et sur­prendre au re­gard des puis­sants V8 (de 300 à plus de 500 ch) qui prennent place dans les cales moteur. La trans­mis­sion en V-drive et les pro­fils des hé­lices uti­li­sés ne fa­vo­risent pas, il est vrai, une vi­tesse de pointe éle­vée et tra­duisent une tout autre fi­na­li­té. L’ob­jec­tif étant d’ex­traire ra­pi­de­ment de l’eau un ba­teau ame­né à être for­te­ment char­gé, la puis­sance du moteur est ici ex­ploi­tée dans les bas et moyens ré­gimes. Le couple du moteur prime sur la vi­tesse maxi­male, d’au­tant que l’al­lure à la­quelle se pratique le wa­ke­surf se si­tue entre 8 et 9 noeuds.

Trois mo­dèles, trois ap­proches

De la théo­rie à la pratique, nous avons ras­sem­blé et tes­té sur l’étang de La­ca­nau, en Gi­ronde, trois ba­teaux sus­cep­tibles de com­bler les ap­pren­tis sur­feurs. Il s’agit de mo­dèles aux pro­fils très dif­fé­rents, afin de vé­ri­fier la va­rié­té de l’offre sur ce mar­ché de niche et com­pa­rer les atouts – et quelques in­con­vé­nients – de cha­cun. Le pre­mier can­di­dat est l’Axis T22, po­si­tion­né comme un des mo­dèles d’en­trée de gamme dans le ca­ta­logue d’une marque de ré­fé­rence. Le se­cond, le WT-1, pre­mier ba­teau dé­ve­lop­pé parle jeune chan­tier Hey­day, dé­tonne par son ori­gi­na­li­té et son prix ca­non. En­fin, le troi­sième can­di­dat, le C ha par ral227SSX Surf, joue la carte de l’élé­gance, de la po­ly­va­lence et de la trans­mis­sion Vol­vo For­ward Drive. Au cha­pitre des si­mi­li­tudes, et au risque de tuer le sus­pense, les trois as­pi­rants rem­plissent leur fonc­tion pre­mière pour ce su­jet et per­mettent ai­sé­ment la pratique du wa­ke­surf. Ils s’ap­puient éga­le­ment sur des mo­to­ri­sa­tions puis­santes et cou­pleuses, avec la belle so­no­ri­té d’un bloc V8, et quelques in­con­vé­nients au ni­veau de la consom­ma­tion de car­bu­rant qui monte en flèche dans les hauts ré­gimes, ou la taxe dou­lou­reuse sur ces mo­teurs de grosse cy­lin­drée. Un autre point com­mun, plus éton­nant, est qu’au­cun des trois ba­teaux n’a pré­sen­té de coffre suf­fi­sam­ment grand et pro­fond pour en­glou­tir notre planche de test (150 x 56 cm). Au jeu des dif­fé­rences, les écarts de prix sont as­sez im­por­tants entre les ver­sions de base de nos can­di­dats, en­vi­ron 55 000 € pour le Hey­day WT-1, 75 000 € pour l’Axis T22 et 90 000 € pour le Cha­par­ral 227 SSX Surf. Un mo­dèle haut de gamme d’une marque de re­nom, ou en­core le très convain­cant Sea Ray 230 SL X-W, peut al­lè­gre­ment dé­pas­ser 130 000 €. Nos concur­rents se dis­tinguent éga­le­ment par leur po­si­tion­ne­ment. Si l’on de­vait ré­su­mer, voire ca­ri­ca­tu­rer, l’Axis T 22 a le pro­fil d’un ba­teau de club et tous les atouts pour sé­duire les pro­fes­sion­nels. À l’in­verse, le Hey­day WT-1 pré­sente de sé­rieuses la­cunes pour un tel usage, mais son ta­rif ul­tra-com­pé­ti­tif et sa vague im­pres­sion­nante de­vraient sé­duire les par­ti­cu­liers et pas­sion­nés dis­po­sant d’un bud­get li­mi­té. Quant à la ver­sion Surf du Cha­par­ral 227 SSX, elle est à nos yeux très réus­sie, sur­tout au ni­veau de l’in­ter­face simple et claire des com­mandes. Le pack Surf en­ri­chit un peu plus le po­ten­tiel de cet élé­gant mo­dèle qui brille par sa po­ly­va­lence et sa qua­li­té de fi­ni­tion. ■

Nos trois ba­teaux d’es­sais, prêts à faire des vagues sur l’étang de La­ca­nau.

Hey­day et Cha­par­ral ont tous deux de sé­rieux ar­gu­ments pour ri­va­li­ser avec une ré­fé­rence comme l’Axis.

Pa­lon­nier Jobe spécial wa­ke­surf (60 €) Wa­ke­surf Jobe Exus 4.11 (300 €)

Et le gi­let de sau­ve­tage, à ne pas ou­blier ! Il est pos­sible d’en trou­ver à par­tir de 30 € pour un mo­dèle uni­ver­sel, et au-de­là de 100 € pour un mo­dèle ex­pert. Com­bi­nai­son Jobe Port­land 3/2 mm avec zip fron­tal (180 €)

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