TRIAL EN AL­TI­TUDE

Moto Crampons - - La Une -

UNE VI­RÉE DANS LE VER­DON, NOR­MA­LE­MENT, C’EST UN PLAN EN OR MAS­SIF. LA FRAέCHEUR DES GORGES, LES POINTS DE VUE IMPRENABLES, LES SENTEURS SAU­VAGES DU MAQUIS… LORSQUE, DE PLUS, LA COM­BINE T’EST VEN­DUE PAR UN BON GÉANT AU SOU­RIRE AVE­NANT, TU NE PEUX FAIRE QU’UNE SEULE CHOSE : SI­GNER ! BIEN MAL NOUS EN A PRIS…

Ah, il sait y faire, le fourbe ! Tout a com­men­cé par un in­no­cent coup de té­lé­phone à la ré­dac : « Dites, les Pa­ri­gots, ça vous di­rait de vous mettre au vert ? J’ai ou­vert un par­cours ex­trême dans mes terres, à Boade, je vous in­vite à ve­nir vous y ba­la­der. Je vous four­nis les mo­tos. Là, y a deux types qui sont ve­nus de Saint- Trop’ pour s’y col­ler. Tu ver­rais leur tronche : ils sont ren­trés HEU- REUX ! » Au bout du fi l, l’iné­nar­rable Maya. Faut- il en­core pré­sen­ter Pa­trick Féraud, le pro­prié­taire du su­perbe do­maine de 800 hec­tares ni­ché au creux du Ver­don, conces­sion­naire Be­ta et or­ga­ni­sa­teur in­fa­ti­gable d’épreuves plus ma­giques les unes que les autres ? Non ! Car jus­qu’à pré­sent, des 5 Jours du Ver­don à l’en­du­ro Maya Maroc en passant par les 5 Jours de la Blanche, les ren­dez- vous pro­po­sés par l’ogre à l’ac­cent chan­tant ont tou­jours été à la hau­teur de la sta­ture du per­son­nage : ÉNORMES !

LE CHOIX DES ARMES

Donc, tu penses bien, on ne s’est pas mé­fi és. En plus, le bon­homme nous a pris par la corde sen­sible. Car en ce mois de juin, ça sent dé­jà les va­cances. En­fi n jus­te­ment, pas en­core pour tes ser­vi­teurs. En Pa­ri­gots for­cés, on est plus souvent ha­bi­tués aux 50 nuances de gris… C’est- à- dire les couleurs cha­toyantes du bé­ton cras­seux, le plus souvent écra­sé sous un pla­fond écla­tant de cu­mu­lo­nim­bus éter­nel­le­ment gris… Donc là, quand Maya te fait mi­roi­ter le Sud, et qu’au bout du fi l tu en­tends du Mar­cel Pa­gnol dou­blé du chant des ci­gales et de l’odeur du pe­tit jaune, tu ne peux pas dire non. On a donc dit oui. Mais à une condition : n’ayant pas le choix du ter­rain, qu’on ait au moins ce­lui des ma­chines ! To­ta­le­ment igno­rants de la na­ture de la dif­fi culté, on a bé­ton­né le dos­sier tech­nique, avec trois mo­dèles im­pa­rables dès que se pré­sente du fran­chis­se­ment. Si le Maya a tra­cé de la zone es­car­pée, c’est une trial qu’il nous faut. Une op­tion a donc été po­sée sur une Be­ta 250 Evo, la reine de la marche. Si c’est plus en­du­ro, mais avec un zeste de grim­pettes, c’est une pure franchisseuse qui est re­quise. Hop là, par ici la Be­ta 300 RR ! Et en­fi n, si c’est à la fois rou­lant, étroit et tech­nique, c’est un en­gin hy­bride qui se­rait l’idéal. Comme une KTM Freeride 350, par exemple. Ce se­ra donc notre troi­sième ma­chine. La ré­dac­tion de MC ré­pon­dant à l’ef­fec­tif plé­tho­rique de deux jour­na­listes- es­sayeurs- pho­to­gra­phes­mé­ca­ni­ciens- ser­veurs de ca­fé- ci­reurs de pompes, il nous fal­lait un troi­sième lar­ron : « Al­lô, Obé­lix. Tu fais quoi la se­maine pro­chaine ? Ah bon, tu ar­roses les to­mates et tu net­toies la piscine ? Parce que nous, on a un plan en or mas­sif… » Voi­là comment de vrais amis du Nord savent par­ler à leurs vrais amis du Sud !

LE PA­RA­DIS, C ’ EST ICI !

Après 3 heures de TGV et 2 heures de ba­gnole ( ah que c’est loin, le pa­ra­dis !), nous voi­ci à pied d‘ oeuvre. Ni­ché au coeur des Alpes- deHaute- Pro­vence, l’Es­pace Loi­sirs Boade est à lui tout seul une carte

pos­tale. De belles pistes ser­pentent de­vant le ma­ga­sin, avant de dis­pa­raître dans les col­lines. Aus­si loin que porte le re­gard, c’est un en­tre­lacs de maquis et de barres ro­cheuses, le tout do­mi­né par les som­mets des mon­tagnes toutes proches. Dans la cour écra­sée de so­leil, le chien fait dé­jà la sieste, à l’ombre. Un pe­tit tour par l’ate­lier, où des ci­ta­tions de poètes ano­nymes as­sor­ties de fresques des­si­nées au mar­queur im­mor­ta­lisent l’en­droit. Mor­ceaux choi­sis : « L’oxy­gène pour res­pi­rer, la bonne bouffe pour se nour­rir, le Ricard pour se désal­té­rer, la bite pour bai­ser et bien sûr Boade pour zo­ner » - Big Bear. Ou en­core : « Le pa­ra­dis de la zone, ve­nez chez Maya » - L. Gu­bian. C’est sûr, on y est ! L’ac­cueil du maître des lieux fi nit de nous endormir. Sa­vant mé­lange d’Obé­lix ( ce­lui de Gos­cin­ny et d’Uder­zo, pas le nôtre hein, qui a plus des airs d’As­té­rix, d’ailleurs) et de Gar­gan­tua, ce­lui qu’on appelle Maya ne se dé­par­tit ja­mais d’une bon­ho­mie bien­veillante et d’une hu­meur bon en­fant : « Alors les gars, vous al­lez avoir le so­leil pour les pho­tos, c’est pas beau ça ? » Pas dif­fi cile, chez lui l’astre du jour brille sur l’Éden 365 jours sur 365 ! « Et at­ten­dez, avant de par­tir vous al­lez bien vous désal­té­rer un peu, non ? » At­ten­tion, piège ! Car le bon vi­vant a vite fait de confondre la ci­tron­nade et le pas­ta­ga ! D’ailleurs, il ne faut pas se fi er à l’air in­of­fen­sif de notre hôte. Car sous ses airs de ne pas y tou­cher et sa car­casse im­po­sante, l’homme est vo­lon­tiers joueur. C’est le mec qui t’em­mène en pro­me­nade dans la mon­tagne, les so­laires sur le nez et la clope au bec, genre bon père de fa­mille. Et qui, de­vant une zone de ro­chers de ca­libre mon­dial, s’ex­tirpe de la dif­fi culté en deux­trois coups de gaz, le sou­rire aux lèvres. Alors que toi, tu vas y mi­sé­rer un bon quart d’heure !

PAR Le trio in­fer­nal

La thé­ma­tique de cette ran­do : quelle meilleure mo­to pour le fran­chis­se­ment ? Un seul pe­tit ou­bli, fort re­gret­table : le ni­veau re­quis du pi­lote !

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