GRAND PRIX DE SAINT-MA­RIN

Moto Journal - - SOMMAIRE - PAR NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL Ber­trand Thié­bault PHO­TOS Gold and Goose

La vie sans Ros­si

Le jour vien­dra où Va­len­ti­no Ros­si de­vra lais­ser le gui­don de sa Ya­ma­ha M1 à plus jeune que lui, où les cir­cuits de­vront ap­prendre à vivre sans lui. Mi­sa­no sans son idole, bles­sée, était un peu une ré­pé­ti­tion gé­né­rale.

Tout est jaune, sauf le ciel, gris, pe­sant. Les nuages pleurent en si­lence. Par­tout, sur la route du cir­cuit, de Mi­sa­no Adria­ti­co à Cat­to­li­ca, c’est un dé­fi­lé de fans qui dé­ferlent vers les tri­bunes, ar­bo­rant fiè­re­ment leur sou­tien à leur idole lo­cale, l’icône mon­diale, le dieu bles­sé. Des tee-shirts jaunes, des cas­quettes jaunes, des drapeaux et des sacs à dos jaunes, le tout éle­vé à la puis­sance 46. Le jour où Va­len­ti­no Ros­si ne rou­le­ra plus en Grand Prix ap­proche, chaque jour un peu plus. Le GP de Saint-ma­rin, à quelques ki­lo­mètres de Ta­vul­lia, où ré­side le cham­pion, est presque une ré­pé­ti­tion gé­né­rale, un avant-goût de l’époque post-ros­si. La bles­sure (frac­ture ti­bia-pé­ro­né) et l’in­dis­po­ni­bi­li­té pour plu­sieurs se­maines du Doc­tor sont une tra­gé­die comme le monde du théâtre les ap­pré­cie, avec son sus­pense, ses larmes, ses re­bon­dis­se­ments. Quand Ros­si re­vien­dra-t-il ? Pour­ra-t-il re­trou­ver son ni­veau, se battre en­core de­vant ? Se­ra-t-il en me­sure de bri­guer un dixième titre mon­dial avant de rac­cro­cher le cuir ? Ce titre qui lui échappe sai­son après sai­son de­puis son der­nier ac­quis en 2009… « Le prin­ci­pal en­ne­mi de Ros­si, ce n’est pas Marquez, Do­vi­zio­so ou Viñales, c’est le temps », dé­cla­rait Max Biag­gi.

L’EN­NE­MI, C’EST LE TEMPS

Le temps à Mi­sa­no est hu­mide en ce di­manche ma­tin. Les nuages an­non­cés de­puis le dé­but du week-end lâchent leurs pre­mières trombes d’eau, ac­com­pa­gnées de quelques éclairs. Ça gronde au loin. L’am­phi­théâtre n’est pas plein à cra­quer, mais on est tout de même ve­nu voir ces “jeux du cirque” dont on at­ten­dait tant. Une ba­taille à quatre – voire à cinq – pour une cou­ronne mon­diale et, ce, jus­qu’au der­nier vi­rage du der­nier Grand Prix. Les ru­meurs courent d’une pos­sible vi­site sur le podium du Mes­sie n° 46. Il ne vien­dra pas. Alors, on laisse la place aux ex­pli­ca­tions d’hommes, aux gla­dia­teurs en­core vaillants. A dé­faut de jaune et bleu, on mise sur le rouge, ce­lui de Do­vi­zio­so, Des­mo­do­vi. Ce n’est pas Ros­si, mais ça [4] Idole des jaunes Le jaune reste la cou­leur la plus ten­dance sur les cir­cuits, avec ou sans Ros­si ! [5] Rou­fla­quettes Ça pas­sait, c'était beau… Hé­las, au 7e tour, sur une pe­tite er­reur de frei­nage, Lo­ren­zo, alors en tête, s'est en­vo­lé, bri­sant les pré­cieuses mous­taches de sa mo­to. [6] Pa­ti­neur Viñales, 4e, a tout don­né pour res­ter au contact des lea­ders, mais sa M1, en pro­gres­sion sous la pluie avec le nou­veau châs­sis et le ca­ré­nage à appuis aé­ro, manque en­core de mo­tri­ci­té. Jack Miller est plan­qué juste der­rière. [7] Black out Pe­truc­ci a eu la bonne idée d'en­le­ver la housse de son casque avant le dé­part, parce que me­ner les trois quarts du GP en aveugle, ça ne doit pas être évident !

Même sans Ros­si, même sous la pluie, le pu­blic est ve­nu à Mi­sa­no par so­li­da­ri­té en­vers l'icône bles­sée. De­vant les tri­bunes co­lo­rées de jaune, Da­ni­lo Pe­truc­ci (9) a été im­pé­rial jus­qu'à l'en­trée du der­nier tour sur sa Du­ca­ti. Mais l'ogre Marquez (93) est ve­nu cro­quer l'ita­lien. Un Grand Prix que Va­len­ti­no Ros­si à dû re­gar­der à la té­lé, chez lui, à 12,4 km du cir­cuit.

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[1] Co­lo­ré Les dé­ga­ge­ments du cir­cuit de Mi­sa­no - Mar­co Si­mon­cel­li ont été égayés par les ta­lents d'al­do Dru­di, le de­si­gner de Va­len­ti­no Ros­si. [2] Pré­sent L'ab­sence du Doc­tor n° 46 et la pluie du di­manche n'ont pas trop re­froi­di les sup­por­ters de l'idole de Ta­vul­lia : la fré­quen­ta­tion du GP a été la même que l'an pas­sé, avec Ros­si. [3] We miss you La Ya­ma­ha M1 de Va­len­ti­no Ros­si est res­tée seule au fond du box. Pour lui te­nir com­pa­gnie, un pan­neau avec les sou­tiens de ses plus fer­vents sup­por­ters sur les ré­seaux so­ciaux. Et ils sont nom­breux ! 1 2

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