On est tou­jours le plomb de quel­qu’un

Moto Journal - - COURRIER - Úú­cé­cile

Sa­me­di, en fin d’aprém, je quitte mes amis pour ren­trer a ca­sa après une ma­gni­fique jour­née de rou­lage. Au pro­gramme : Sault, su­blime vil­lage per­ché et les somp­tueuses gorges de la Nesque. A Méounes, je ra­len­tis et me cale der­rière un cus­tom en duo, qui prend la même di­rec­tion que moi : Signes, mon pe­tit vil­lage. Si vous connais­sez ce tron­çon de 10 km, truf­fés de vi­rages ser­rés, vous sa­vez qu’il n’y a que deux ou trois en­droits où on peut dou­bler en sé­cu­ri­té. Jus­te­ment, avant que la spé­ciale ne com­mence, je double le biker en ligne droite. Certes, une voi­ture ar­rive en face, mais j’ai lar­ge­ment le temps. Ma ZRX 1100 équi­pée d’un stage 3 et d’une ligne Yosh ne fait d’ailleurs qu’une bouche de l’amé­ri­caine. Mais la pas­sa­gère lève les bras aux cieux et le mo­tard se jette sur le bas-cô­té. Bon, je les double, me range et quelques se­condes plus tard, la voi­ture qui ar­ri­vait en face nous croise. Pour moi, j’ai dou­blé en toute connais­sance de cause, sans AU­CUN dan­ger. J’ai ap­pris ré­cem­ment qu’au per­mis de conduire, on vous dit de ne pas dou­bler si une voi­ture ar­rive en face !!! Peut-être le biker est-il jeune per­mis, car moi, il y a 15 ans, on m’a ja­mais in­cul­qué ce­la. D’ailleurs, je trouve ça con. Mais bon, la France est le pays de li­ber­té où tout est de plus en plus in­ter­dit. On ne peut plus pen­ser par nous mêmes, sous pré­texte d’une sé­cu­ri­té hy­po­crite. Tout ce­la pour dire que ce mo­tard et sa com­pagne ont dû pen­ser que j’étais in­cons­ciente et me trai­ter de chauf­fard du sa­me­di. Je leur ai fait PEUR. Puis je me suis rap­pe­lé les mo­tards qui, en me dou­blant (quand je suis en voi­ture ;-) ), me font peur. Et il y en a ! Ma ré­gion, avec ses nom­breuses spé­ciales (Le Beaus­set, mon­tée du Cas­tel­let) est un ter­rain de jeu pour co­qs, co­qs en de­ve­nir et jeunes pous­sins. Des mo­tards qui doublent sur l’autre voie et vous obligent à vous pous­ser ou rentrent trop tôt lors du dé­pas­se­ment (car le vi­rage ar­rive) et vous obligent à frei­ner. Le plus sou­vent, il s’agit du der­nier d’un groupe de jeunes pi­lotes en de­ve­nir qui ne veut pas perdre de pré­cieuses se­condes afin de gar­der la tête haute et ne pas avoir la honte de sa vie. Est-ce qu’en fait, je n’ai pas à chaque fois la même ré­ac­tion que le biker ? Faute d’avoir la ré­ponse, je conti­nue­rai à re­gar­der dans les ré­tros et adap­ter ma conduite en fonc­tion du dé­pas­se­ment plus ou moins ha­sar­deux du pi­lote mo­tard.

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