KTM est au cou­rant

Moto Journal - - SOMAIRE - PAR Xavier de Mont­che­nu PHO­TOS KTM et Pierre Or­luc

Pour les ini­tiés, KTM évoque sur­tout la cou­leur orange et le slo­gan choc Rea­dy To Race. Prêt à cou­rir, une for­mule qu’on ne gal­vaude pas à Mat­ti­gho­fen, siège de l’usine. C’est à quelques ki­lo­mètres de là, à Salz­bourg, que la marque au­tri­chienne a dé­voi­lé sa nou­velle Free­ride E-XC dans l’antre du Han­gar-7 Red Bull, une struc­ture de mé­tal et de verre ul­tra­mo­derne si­tuée le long des pistes de l’aé­ro­port. La Free­ride E-XC (« E », pour élec­trique et « XC », pour cross-coun­try) évo­lue. Son mo­teur de 18 kw en crête (24,5 ch), in­sé­ré dans un châs­sis re­des­si­né pour une meilleure sta­bi­li­té, bé­né­fi­cie, entre autres, d’une nou­velle bat­te­rie à la ca­pa­ci­té ac­crue de 50%. Mais, avec 9 kw de puis­sance conti­nue (la va­leur de ré­fé­rence pour l’ho­mo­lo­ga­tion), elle se­ra ac­ces­sible avec un simple per­mis A1, comme une 125 cm3. Ta­lon d’achille du mo­dèle pré­cé­dent, l’au­to­no­mie de la nou­velle Free­ride at­tein­drait 1h30 au maxi­mum, se­lon KTM, grâce, no­tam­ment, à la ré­cu­pé­ra­tion d’éner­gie ef­fec­tive en roue libre ou au frei­nage. La bat­te­rie, dé­sor­mais four­nie par So­ny (Sam­sung au­pa­ra­vant), dis­pose d’un temps de charge plus ra­pide et d’une meilleure du­rée de vie, soit 70% de sa ca­pa­ci­té

ini­tiale après 700 cycles de charge. Forte de ses trois modes de conduite, de son nou­veau de­si­gn, de ses sus­pen­sions WP Xplor et de quelques amé­na­ge­ments, L’E-XC, qui se­ra pro­duite à par­tir de jan­vier 2018, re­pré­sente une par­tie ce que veut faire KTM dans l’élec­trique: des ma­chines fa­ci­le­ment ac­ces­sibles pour le fun —« En off-road, le bruit est un obs­tacle ma­jeur », rap­pelle Hu­bert Trun­ken­polz, di­rec­teur gé­né­ral de la marque— et des deux-roues lé­gers pour la mo­bi­li­té en concur­rence avec les 50. KTM, spé­cia­liste, entres autres, du tout-ter­rain avec des gammes 2-temps et 4-temps, croit dur comme fer dans l’élec­trique. La marque a ain­si in­ves­ti vingt mil­lions d’eu­ros dans ce seg­ment de­puis dix ans et a re­cru­té 500 em­ployés sup­plé­men­taires, soit 5600 au to­tal. Se­lon Ste­fan Pie­rer, le big boss ve­nu pré­sen­ter le pro­gramme élec­trique des pro­chaines an­nées, « l’e-mo­bi­li­té va bou­le­ver­ser le pay­sage du trans­port dans le fu­tur, et notre vi­sion est très claire. Pour l’ave­nir, d’ici 2025, nous pré­voyons d’avoir une gamme plus vaste de mo­dèles dis­po­nibles, avec une at­ten­tion par­ti­cu­lière por­tée au sec­teur du dé­pla­ce­ment ». D’ici sept ans, KTM pré­voit donc une offre com­plète de deux-roues dont la puis­sance os­cil­le­ra entre 250 W (la puis­sance maxi d’un vé­lo à as­sis­tance élec­trique) et 11 kw, par­mi les­quels un e-scoo­ter et un e-mi­ni. Car c’est dans cette four­chette que KTM voit le mar­ché se des­si­ner. C’est aus­si avec Pex­co, spé­cia­liste du deux-roues élec­trique avec qui KTM a créé une joint-ven­ture en août der­nier, que Mat­ti­gho­fen com­mer­cia­li­se­ra en 2018 des vé­los et deux-roues élec­triques lé­gers sous les marques R2R (Rea­dy To Race) et Hus­q­var­na, l’autre marque du groupe au­tri­chien. Ce­la, parce que KTM In­dus­tries AG (motos) ne peut com­mer­cia­li­ser des vé­los élec­triques sous son nom, ce do­maine étant ré­ser­vé à KTM Fahr­rad, une so­cié­té in­dé­pen­dante. Pour la mo­to de route de loi­sir, que les fans se ras­surent, les mo­teurs ther­miques de­vraient conti­nuer de ron­fler. Ste­fan Pie­rer en est convain­cu, il ne croit pas à la dis­pa­ri­tion du mo­teur à com­bus­tion dans les 20 ou 30 pro­chaines an­nées.

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