KTM contre-at­taque

Moto Journal - - MOTOGP -

Jeu­di soir, on croise Mat­tia Pa­si­ni dans la Fer­ra­ri de son spon­sor, lu­nettes de so­leil sur le nez et sou­rire car­nas­sier. « Pas d’ex­cès de vi­tesse, hein ! », lan­cé-je de­puis ma Smart de loc’, tout en fai­sant vrom­bir le mo­teur. Mat­tia ri­gole et, un peu plus tard, fait de même, mais là, ce n’est pas la même mu­sique. Quel or­gane, le V8 de la 448 GTB ! 670 ch et 330 km/h sous la pé­dale de droite, ça doit lui chan­ger des 125 ca­val­li de sa Ka­lex Mo­to2. Même si la Mo­to2 en ques­tion pointe à 286,6 km/h en bout de ligne droite au Mu­gel­lo — et Bar­be­ra un in­croyable 293,3 ! L’an der­nier, c’est ici que Mat­tia a si­gné une ma­gni­fique vic­toire, neuf ans après son pré­cé­dent suc­cès, ici-même sous la pluie en 250 cm³, en 2009. Après une nou­velle vic­toire dès l’ar­gen­tine cette an­née, on comp­tait le vé­té­ran ita­lien (32 ans) par­mi les fa­vo­ris au titre, jus­qu’à son faux-pas du Mans (18e). Mat­tia a néan­moins pro­gres­sé sur le plan de la ré­gu­la­ri­té, mal­gré la bles­sure qui le han­di­cape de­puis l’âge de 14 ans. Un grave ac­ci­dent de cross qui atro­phié les muscles de son bras droit et l’oblige à em­brayer et frei­ner de la main gauche. Cette an­née au Mu­gel­lo, c’est un autre Ita­lien qui lui vole la ve­dette : le jeune Fran­ces­co Ba­gnaia (21 ans), qui ar­rive en lea­der du cham­pion­nat du monde. Et se­ra l’an pro­chain la se­conde re­crue de la VR46 Aca­de­my à ac­cé­der à la ca­té­go­rie reine, un an après Fran­co Mor­bi­del­li en 2018. « J’ai hâte d’y être, ex­plique Pec­co pour sa pre­mière con­fé­rence d’avant GP le jeu­di au cô­té des big boys. Cette an­née, je ne m’at­ten­dais pas à être aus­si ra­pide en Mo­to2. Il faut qu’on conti­nue comme ça. » Ba­gnaia se garde bien d’éta­ler ses pro­blèmes de crampes aux avant-bras, qui semblent d’ailleurs pour­rir la vie de plu­sieurs top-pi­lotes, dont Bal­das­sar­ri et Oliveira. En course, Pec­co li­mite in­tel­li­gem­ment les dé­gâts en se main­te­nant au contact des lea­ders. Tan­dis que de­vant, Mat­tia Pa­si­ni, par­ti cin­quième, se porte en tête au cin­quième tour. On se dit alors qu’il va s’en­vo­ler… Mal­heu­reu­se­ment, il le fait au propre comme au fi­gu­ré. Trop chaud à l’en­trée de San Do­na­to (vi­rage 1), il tente tout de même de re­joindre la corde et perd l’avant au 14e tour. Conster­na­tion dans les tri­bunes. Heu­reu­se­ment, Bal­das­sar­ri re­prend le flam­beau et se tire une bourre in­fer­nale avec Oliveira. Pour ne s’in­cli­ner que sous le dra­peau à da­mier. C’est le pre­mier suc­cès 2018 de Mi­guel. Lui avait do­mi­né les trois der­niers GP 2017. Alors, est-ce le re­tour d’une su­pré­ma­tie KTM ? « On es­saie d’ob­te­nir le bon équi­libre en pneus neufs et de ne pas avoir avoir tant de poids sur l’avant [l’ar­rière qui pousse l’avant en rai­son du grip sup­plé­men­taire]. On y par­vient quand on uti­lise le pneu ré­fé­rence zé­ro, c’est-à-dire le plus tendre. Si on a de la chance et que le ni­veau de grip baisse pen­dant la course, alors on est com­pé­ti­tifs. Comme ce fut éga­le­ment le cas à Je­rez. J’es­père main­te­nant qu’on va pou­voir être vite en uti­li­sant les pneus des pneus plus durs. Ce qui nous per­met­tra d’être plus ré­gu­lier aux es­sais et de ne pas avoir à prendre au­tant de risques en dé­but de course comme ce fut le cas au­jourd’hui. »

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