MAN­GER DU SABLE...

La troi­sième édi­tion Vin­tage de l’enduropale du Tou­quet s’est dé­rou­lée le pre­mier week-end de fé­vrier. Une réus­site.

Moto Revue Classic - - Événement - Texte : Pas­cal Le­febvre – Photos : Laurent Sca­vone

C’est en 1975 que Thier­ry Sa­bine, tra­vaillant alors à la mai­rie du Tou­quet, eut l’idée de créer une épreuve spor­tive ré­ser­vée aux mo­tos sur la plage de cette ville cô­tière du Nord de la France. Bap­ti­sée à l’époque « l’en­du­ro des Sables », ce ren­dez-vous de l’huile et du cra­chin, de la fu­mée et du vent, du froid et de la moule-frites a vu son suc­cès s’ac­croître jus­qu’à de­ve­nir in­con­tour­nable. Doit-on voir dans le nom qu’il a adop­té il y a quelques an­nées, l’enduropale, suite à l’aban­don du cir­cuit dans les dunes, le signe d’un dé­clin ? Non, cette ver­sion ne fait pas pâle fi­gure. Au contraire, le pé­ri­mètre de sa re­nom­mée s’est agran­di au fur et à me­sure que ce­lui de son cir­cuit di­mi­nuait. Au­jourd’hui, l’épreuve réunit chaque an­née un pu­blic de plus en plus en­thou­siaste. Plus de 400 000 spec­ta­teurs cette an­née et do­ré­na­vant, plu­sieurs com­pé­ti­tions sur trois jours d’af­fi­lée : di­manche, le clas­sique avec ses 1 200 concur­rents, sa­me­di, les quads et les ju­niors et ven­dre­di, l’en­du­ro Vin­tage.

Les pe­tites vieilles en ont en­core dans le cor­net !

Ce bien nom­mé En­du­ro Vin­tage, dont 2017 a été la troi­sième édi­tion, flirte évi­dem­ment avec la vague ré­tro à la­quelle per­sonne ne peut échap­per. Mais bien plus que ça en­core, il ré­af­firme un re­tour aux ori­gines. Ils étaient 283 cou­reurs en 1975, ils sont 286 au­jourd’hui. Et si à l’époque, la course per­met­tait la par­ti­ci­pa­tion d’une Hon­da 250 XL ou d’une Ya­ma­ha YZ 400 af­fu­blée d’un W garage, elle le per­met au­jourd’hui

en­core avec la même dé­con­trac­tion puis­qu’elle li­mite l’ins­crip­tion aux ma­chines d’avant 1990. Car c’est bien ça, l’es­prit du Tou­quet Vin­tage : une bande de co­pains, le plai­sir de rou­ler, man­ger du sable et trou­ver ça bon. Le pu­blic, 50 000 spec­ta­teurs, ne s’y trompe pas et pose son RTT du ven­dre­di pour as­sis­ter aux com­bats : deux manches de trente mi­nutes. Un jour de congé qui per­met de voir qu’une Os­sa 350 En­du­ro de 1975, ça roule en­core, qu’une Mon­te­sa 250 Cap­pra de la même époque, ça fait du bruit mais que ça conti­nue à grim­per. Bref, les pe­tites vieilles en ont en­core dans le cor­net ! Et puis l’en­du­ro Vin­tage, c’est aus­si l’es­prit de bande, à l’image de Chris­tophe et de ses cinq potes qui se sont ins­crits « en fa­mille » pour vivre et par­ta­ger le même plai­sir. Mé­ca­niques clas­siques, vieilles bottes, casques vin­tage, te­nue ré­tro et âge cer­tain, ils l’ont fait… et le re­fe­ront. Mais ne croyez pas que l’épreuve est ré­ser­vée aux vieux, les plus jeunes aus­si ont at­tra­pé le vi­rus. S’il y a juste une chose à re­gret­ter de cette troi­sième édi­tion, c’est peut-être que de moins en moins de pi­lotes jouent la carte du vin­tage à fond. Alors, en­cou­ra­geons ces « jus­qu’au­bot­tistes » de la moto et du look d’époque qui par­viennent à nous faire croire que nous sommes bien dans les an­nées 70 et pas tout à fait au­jourd’hui…

Le scotch amé­ri­cain pour ne pas rem­plir les bottes de sable.

1 et 2- Serge Pick, 27 ans, par­ti­ci­pait avec une Mon­te­sa 250 Cap­pra plus vieille que lui ! 3- Les fauves se­ront bien­tôt lâ­chés. 4- Même avec une Ya­ma­ha XT 500, c’est pos­sible. 5- La jeune Cé­line rou­lait sur une Suzuki RM 125. 6- Toute l’équipe de Le­gends

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