BLACK BULLET

Pré­pa­ra­teur ama­teur, Ni­co­las Baux a réa­li­sé une moto sur base de Royal Enfield à faire pâ­lir cer­tains pro­fes­sion­nels !

Moto Revue Classic - - Garage Culture - Texte : Pe­ter Wi­cked – Photos : Jean-luc Bé­nas­sis

Pour Ni­co­las Baux, ap­pren­ti pré­pa­ra­teur, la Royal Enfield 500 Bullet a un beau mo­teur et il faut le mettre en évi­dence ! Donc il a dé­pouillé au maxi­mum ce qu’il y a au­tour : la bat­te­rie, le boî­tier de filtre à air, la boîte à ou­tils, celle à fu­sibles, les fils élec­triques qui passent un peu par­tout, etc. La bat­te­rie est pla­cée sous le bras os­cil­lant et le ma­té­riel élec­tro­nique, les fu­sibles et autres re­lais, se­ront quant à eux en­fer­més dans une boîte faite mai­son. Car c’est ce qui in­té­resse Ni­co­las : fa­bri­quer des pièces ! Pour lui, as­sem­bler des élé­ments af­ter-mar­ket ache­tés à droite, à gauche ne l’in­té­resse pas, même si cer­taines bé­canes faites comme ça peuvent être vrai­ment très sympas. Il réa­lise d’abord des cro­quis, puis des ma­quettes avec du po­ly­sty­rène par exemple, avant de pas­ser à la fa­bri­ca­tion avec dif­fé­rentes tech­niques : tour­nage, frai­sage, rou­lage, ther­mo­for­mage, com­po­site po­ly­es­ter, gra­vure chi­mique ou fon­de­rie alu­mi­nium. C’est cette der­nière tech­nique qui est la plus dé­li­cate mais aus­si la plus in­té­res­sante ! Elle per­met vrai­ment de créer toutes sortes de pièces en alu en res­tant dans l’es­prit de la moto et de son gros mo­teur ron­douillard. Bon, ça ne se fait pas tout seul bien sûr, il a d’abord fal­lu ap­prendre com­ment ça marche la fon­de­rie. Une fois as­si­mi­lé les sub­ti­li­tés de la chose, Éric s’est fa­bri­qué un four, un creu­set et c’était par­ti !

De belles pièces en alu... C’est du sé­rieux

On réa­lise d’abord un mo­dèle sculp­té dans une ré­sine dure spé­ciale. À par­tir de ce mo­dèle, on fait un moule en sable en deux par­ties, et une fois le mo­dèle re­ti­ré de ce moule, on est prêt à cou­ler l’alu. Pour ça, il faut le chauf­fer à 700 °C en­vi­ron, et Éric uti­lise tout bê­te­ment du char­bon de bois qu’il ac­tive avec un sèche-che­veux. Une fois l’alu en fu­sion, on écrème pour en­le­ver les im­pu­re­tés et on coule. Si on a bien fait le moule en sable, les évents et les dif­fé­rents ca­naux né­ces­saires, quelques mi­nutes plus tard, on dé­moule une pièce de bé­cane « faite mai­son ». Sur plus de cent pièces qu’il a réa­li­sées, toutes tech­niques confon­dues, 16 sont en fon­de­rie alu. Ça lui a per­mis de sup­pri­mer cer­tains plas­tiques dis­gra­cieux, par exemple les com­mo­dos : ce­lui de droite a dis­pa­ru (le dé­mar­reur est main­te­nant com­man­dé par un gros bou­ton sur l’axe de di­rec­tion gra­vé chi­mi­que­ment avec le lo­go MCNC – Mo­to­cy­clette Cer­ti­fiée Non Conforme), et le com­mo­do de gauche est fait main, tour­né dans un bloc d’alu. Comme les lo­gos de ré­ser­voir d’ori­gine ne lui plai­saient pas (ils étaient en vul­gaire tôle em­bou­tie), il en a cou­lé deux nou­veaux

en alu bien mas­sif. Ça fait tout de suite plus sé­rieux. L’im­monde dé­mar­reur ne pou­vait pas res­ter à poil, tout seul sur ce beau mo­teur, et il n’était pas en­vi­sa­geable de le ca­cher avec le cache-plas­tique, fut-il chro­mé et gra­vé du RE, que pro­pose la marque. Il a donc cou­lé deux pièces en alu et rou­lé une tôle pour l’ha­biller plus di­gne­ment. Les com­mandes re­cu­lées mon­tées sur rou­le­ment ont éga­le­ment eu droit à un pas­sage par sa four­naise, idem pour le cou­vercle de la boîte élec­tro­nique, les lo­gos Black Bullet 500 ou l’em­blème de garde-boue avant qu’il a des­si­né pour qu’il re­prenne la forme d’une balle et du lo­go d’ori­gine avec ces fi­lets évo­quant la vi­tesse. Le phare, co­pie des fa­meux Lu­cas, est en­ser­ré dans une sorte de griffe en alu, qui donne une im­pres­sion de « mé­téore » à l’en­gin. Il a pas­sé quelques heures avec la lime à la main ! Le comp­teur « Smith re­pli­ca », fa­bri­qué en Inde bien sûr, est mon­té avec quatre voyants dans un té de fourche spé­cia­le­ment des­si­né à la CAO (c’est son mé­tier) et qui a été usi­né dans la masse. Après quelques heures de lime, pon­çage, po­lis­sage, il a fi­ni par ac­cueillir les voyants, dis­si­mu­lés der­rière de pe­tits dômes en grillage in­ox. La selle est réa­li­sée en fibre po­ly­es­ter à par­tir d’un mo­dèle sculp­té à la main dans du po­ly­sty­rène. Le dos­se­ret ren­ferme une pe­tite trappe, un lo­ge­ment pour deux, trois bri­coles. Ni­co­las a des­si­né la selle en cuir et Ako­ta­bé, un ami dont c’est le mé­tier, a réa­li­sé le tra­vail. Pour que l’en­semble soit har­mo­nieux avec les nou­veaux pneus à flanc haut, Éric a dû al­lon­ger l’em­pat­te­ment de 80 mm en re­fai­sant un bras os­cil­lant, ce qui im­pose de re­prendre aus­si les an­crages d’amor­tis­seurs au ni­veau du cadre. Il au­ra fal­lu neuf mois pour ache­ver l’en­gin, et avec 1 200 km en quatre mois, sans sou­cis majeurs, on peut dire qu’éric a fait du bon bou­lot. N’hé­si­tez pas à le contac­ter si vous sou­hai­tez lui confier votre moto.

AVEC 1 200 KM EN 4 MOIS, SANS SOU­CIS MAJEURS, ON PEUT DIRE QU’ÉRIC A FAIT DU BON BOU­LOT

Au bout de 9 mois de tra­vail, Ni­co­las a pu prendre la route avec sa Royal Enfield Black Bullet.

Fixa­tion du phare (1), mo­no­gramme (2 et 4) et com­mo­dos (3) : tout a été réa­li­sé par Ni­co­las Baux.

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