Une course de côte en Royal Enfield tur­bo-com­pres­sée, l'idée était gé­niale...

Par­ti­ci­per à une course de côte au gui­don d’une Royal Enfield tur­bo­com­pres­sée, ça n’ar­rive pas tous les jours.

Moto Revue Classic - - Sommaire - Texte : Ch­ris­tophe Gaime – Pho­tos : Royal Enfield et Fran­çois Jo­ret

Je n’ai pas re­fu­sé l’in­vi­ta­tion de Royal Enfield aux Wheels & Waves. Elle consis­tait en une par­ti­ci­pa­tion à la Punk’s Peak Race qui se dé­roule cô­té es­pa­gnol, pré­ci­sé­ment au mont Jaiz­ki­bel, la mon­tagne la plus oc­ci­den­tale des Py­ré­nées. En plus, pour moi, c’est l’évé­ne­ment le plus sym­pa de ce fes­ti­val. La route pour se rendre sur place est plu­tôt agréable puis, une fois ar­ri­vé en haut, on do­mine la mer. Bref, on tu­toie les som­mets. D’ailleurs, l’an der­nier, à force de s’ap­pro­cher trop près des nuages, les or­ga­ni­sa­teurs ont dû an­nu­ler l’épreuve car elle s’est noyée dans la pluie et le brouillard. Pas de ça cette an­née. Même si le ciel est nua­geux, la pluie ne vien­dra pas. L’idée de Royal Enfield, c’est de me faire prendre le dé­part avec une des ma­chines cus­to­mi­sées pour l’oc­ca­sion. Car vous n’êtes pas sans sa­voir que cet évé­ne­ment est La Mecque pour ce genre de mo­tos. Nor­ma­le­ment, j’au­rais dû rou­ler sur la Surf Ra­cer, un ca­fé ra­cer sur base Con­ti­nen­tal GT sor­tie des ate­liers Sin­ro­ja. Ou­blions la Surf Ra­cer qui a été fi­nie juste à temps pour être ex­po­sée mais pas pour rou­ler. Le plan B – puis­qu’il y a tou­jours un plan B avec Royal Enfield –, c’est la Mo Po­wa. Mo Po­wa en slang (l’ar­got an­glais), ça veut dire More Power. Tra­duit en bon fran­çais, on ob­tient «plus de che­vaux ».

Ca­té­go­rie Post-1975, moins de 100 ch

Bref, sous ce nom com­pli­qué se cache l’une des créa­tions des­ti­nées aux Wheels & Waves de l’an der­nier, un bob­ber dont le mo­no­cy­lindre est sur­ali­men­té par un tur­bo-com­pres­seur. Moi qui pen­sais avoir la moto la moins puis­sante du pla­teau, je me dis que j’ai peut-être une chance ! Cette bé­cane, elle a été conçue par Adrian Sel­lers, le res­pon­sable du de­si­gn de la branche an­glaise du construc­teur in­dien. Pour­tant, ce sont bien les deux frères Sin­ro­ja qui vont as­su­rer mon as­sis­tance tech­nique. Le len­de­main, me voi­là donc par­ti avec eux en di­rec­tion de San Se­bas­tian. En che­min, je taille une ba­vette avec les deux bro­thers qui m’ex­pliquent qu’ils vivent en An­gle­terre de­puis quelques an­nées seule­ment et que leur fonds de com­merce, ce sont plu­tôt les BMW mo­di­fiées. Mais ils sont ba­sés à Le­ceis­ter, comme Royal Enfield UK, et ils n’ont pas tar­dé à tis­ser des liens avec la marque an­glo-in­dienne. Logique. On ar­rive sur place et on aligne la Mo Po­wa avec les autres bé­canes de la ca­té­go­rie, en « Post-1975, moins

de 100 che­vaux ». Bien moins de 100 che­vaux car pour le mo­ment, la Mo Po­wa a du mal à dé­mar­rer. Se­rait-elle ré­frac­taire à l’air ibé­rique ? Dé­con­trac­tés, les deux frères dé­montent le car­bu­ra­teur pour un ul­time ré­glage. Ah ! Si Fritz Egli était là, me dis-je, lui en connaît un rayon sur la sur­ali­men­ta­tion. En at­ten­dant, je me ba­lade et je tombe nez à nez avec Randy Mamola qui va prendre le dé­part au gui­don d’une Honda CB 750 sau­va­ge­ment cus­to­mi­sée. On fait des ren­contres étonnantes aux Wheels & Waves. Comme ce Sa­voyard ve­nu avec son pote Néo-zé­lan­dais, les deux che­vau­chant des MV 750 des an­nées 70. La Mo Po­wa a fi­ni par dé­mar­rer mais mon ga­lop d’es­sai ne me per­met pas de consta­ter un gain de puis­sance sub­stan­tiel mal­gré le tur­bo. Dom­mage. In­utile de vous faire un des­sin, la Guz­zi 1000 à la­quelle j’étais op­po­sé n’a fait qu’une bou­chée du mo­no in­dien et, ac­ces­soi­re­ment, de ma per­sonne. Pour­tant, his­toire de faire hon­neur à mes hôtes, c’est de­bout sur la selle et sur une seule jambe que j’ai ef­fec­tué mon unique mon­tée. Et c’est de­vant un pu­blic en liesse que j’ai fran­chi la ligne d’ar­ri­vée. L’an­née pro­chaine, je re­ten­te­rai bien le coup, mais avec le nou­veau twin de la marque. À bon en­ten­deur…

« JE TOMBE NEZ À NEZ AVEC RANDY MAMOLA. ON FAIT DES REN­CONTRES ÉTONNANTES AUX WHEELS & WAVES »

1- Le tur­bo a été gref­fé sur la brave Royal Enfield. 2- Adrian Sel­lers, le créa­teur de la Mo Po­wa, en plein tra­vail. 3- Avant le dé­part, j’y croyais en­core. 4- Sur le ré­ser­voir, l’éclair ne cor­res­pond pas au sens de la marche. 5- La Mo Po­wa en cours de ré

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