YA­MA­HA TY 125

Dans les an­nées 70, les Ya­ma­ha TY ont per­mis à toute une gé­né­ra­tion de s’es­sayer au trial. Cette longue li­gnée a vu le jour grâce à la ren­contre de Chris­tian Rayer et de Jean-claude Oli­vier.

Moto Revue Classic - - Sommaire - Texte : Ch­ris­tophe Gaime – Pho­tos : Ra­faelle Pao­luc­ci

Les Ya­ma­ha TY ont vu le jour grâce à la ren­contre de Chris­tian Rayer et JCO.

Chris­tian Rayer est un pi­lote fran­çais pion­nier du trial et, dès 1964, il par­ti­cipe au cham­pion­nat d’eu­rope au gui­don d’une Greeves. Plu­tôt doué, il se classe ré­gu­liè­re­ment dans les cinq pre­miers. En 1967, il re­çoit même une aide de l’usine, mais la même an­née, comme Sammy Miller deux ans au­pa­ra­vant, il suc­combe aux charmes de la Ca­ta­logne et signe un contrat avec Mon­te­sa. La marque est un peu « à l’as­pi » de Bul­ta­co et de sa Sher­pa et cherche un bon pi­lote-met­teur au point. Rayer se met donc au bou­lot et bosse sur le pro­to de la Co­ta. En 1968, lors des Six Jours d’écosse, il gagne même trois tro­phées au gui­don de la belle ibé­rique. Mais les an­nées passent et entre 1969 et 1970, il se ma­rie, ouvre son ma­ga­sin et il a de plus en plus de mal à en­trer dans la Top 10 du cham­pion­nat d’eu­rope… Chris­tian pense à son ave­nir et se dit, à juste titre, qu’un jour ou l’autre, les Ja­po­nais vont fi­nir par se mettre au trial. Il prend donc contact avec Au­guste Veuillet, im­por­ta­teur Ya­ma­ha, qui le di­rige vers l’homme de la mo­to au sein de So­nau­to : Jean-claude Oli­vier.

24 000 exem­plaires ven­dus en France

Ren­dez-vous est pris au Sa­lon de la mo­to 1970 où JCO est sen­sible aux ar­gu­ments du tria­liste : « Il y a un mar­ché à prendre et Ya­ma­ha doit lan­cer une gamme trial. » « Je vois avec les Ja­po­nais » , se contente de ré­pondre le jeune di­rec­teur. Le temps passe, Rayer s’im­pa­tiente un peu et com­mence à ne plus trop y croire. Pour­tant, en juin 1971, il re­çoit un cour­rier de JCO lui spé­ci­fiant que l’usine est prête. Les Ja­po­nais dé­barquent à Pa­ris pour dis­cu­ter avec Rayer. De sé­mi­naires en gueu­le­tons, de cro­quis en bud­gets, la fu­ture mac­hine de trial se concré­tise. Seule res­tric­tion im­po­sée par les Nip­pons : elle doit res­sem­bler à une Ya­ma­ha ! Rayer se met à la planche à des­sin, tout en de­man­dant au construc­teur de lui four­nir un mo­teur de la trail-bike RT 360 pour­vu d’une boîte de vi­tesses spé­ciale avec un éta­ge­ment « trial ». Le pre­mier pro­to roule en sep­tembre 197 ;

EN JUIN 1971, RAYER RE­ÇOIT UN COUR­RIER DE JCO LUI SPÉ­CI­FIANT QUE LES JA­PO­NAIS DÉ­BARQUENT À PA­RIS

les ré­sul­tats sont en­cou­ra­geants mais il y a quand même du bou­lot. De leurs cô­tés, les Ja­po­nais tra­vaillent sous la di­rec­tion de l’in­gé­nieur Ta­ka­shi Mat­sui. Ils viennent par­fois en France avec un pro­to que Chris­tian Rayer doit se conten­ter d’es­sayer sans pou­voir tra­vailler des­sus. JCO, quant à lui, pousse à ce que le pro­jet reste pu­re­ment So­nau­to car après tout, le fi­nan­ce­ment pro­vient de l’im­por­ta­teur fran­çais. Pas fa­cile de tra­vailler dans ces condi­tions. La ver­sion 2 ap­pa­raît en fé­vrier 1972 et à la fin de cette même an­née, Mick Andrews, tria­liste an­glais pro­met­teur, signe chez Ya­ma­ha. Le mo­dèle de pré-sé­rie est prêt mais il se met lui aus­si à tra­vailler dans son coin, fai­sant fa­bri­quer un cadre Can­ti­le­ver et un mo­teur de 250 cm3. Au gui­don de cette mac­hine, il s’at­taque au cham­pion­nat du monde avec un cer­tain suc­cès et du coup, tout le monde ou­blie le tra­vail de Chris­tian Rayer. Reste qu’en 1973, les tria­listes peuvent s’of­frir la TY 250, ré­plique de la mo­to uti­li­sée en cham­pion­nat d’eu­rope par Mick Andrews mais qui doit tout au Fran­çais. Un an plus tard sort la 125 du même type. Le suc­cès est im­mé­diat car la TY est une mac­hine de trial certes, mais qui reste tou­te­fois fa­cile d’uti­li­sa­tion : dé­pouillée (voire ki­tée 175), elle est une ex­cel­lente mo­to d’ini­tia­tion à la dis­ci­pline (qui a le vent en poupe). D’ori­gine, elle vous sert pour al­ler bos­ser ou cra­pa­hu­ter tran­quille­ment. Elle reste au ca­ta­logue pen­dant 17 ans et s’écou­le­ra à 53 000 exem­plaires dont 24 000 rien qu’en France ! Elle a per­mis à toute une

EN 1972, LES SUC­CÈS D’ANDREWS EN COURSE FONT OU­BLIER LE TRA­VAIL DE RAYER. POUR­TANT, SA MO­TO LUI DOIT TOUT

gé­né­ra­tion de tria­listes de se faire la main. Ap­pa­rue dans une robe blanche à pa­re­ments rouges (chic et sobre à la fois), elle re­prend le mo­teur des DT 125, re­tra­vaillé pour un usage trial.

Ya­ma­ha joue à fond la carte de la po­ly­va­lence

Les lu­mières d’ad­mis­sion et d’échap­pe­ment sont dif­fé­rentes, la boîte de vi­tesses re­çoit un sixième rap­port pour per­mettre un éta­ge­ment « trial ». Le car­ter d’al­lu­mage ac­cueille un vo­lant ma­gné­tique de plus grand dia­mètre, don­nant plus d’iner­tie au mo­teur. Si les amor­tis­seurs ar­rière d’ori­gine dé­clarent vite for­fait dans les zones sé­rieuses, la fourche est en re­vanche ex­cel­lente. Pour­tant, Ya­ma­ha joue à fond la carte de la po­ly­va­lence avec la pré­sence d’un vrai équi­pe­ment rou­tier (phare, klaxon, bat­te­rie…) et la pos­si­bi­li­té de mon­ter des re­pose-pieds en po­si­tion ville, his­toire d’avoir les jambes moins re­pliées. Ils pensent à tout, ces Ja­po­nais ! Seul hic, la TY étant mo­no­place, on ne peut pas em­me­ner sa pe­tite amie… Ou plu­tôt son pe­tit co­pain pour ce qui concerne notre char­mante es­sayeuse. Reste que la plu­part des TY 125 vont être dé­pouillées (y com­pris le grais­sage sé­pa­ré), al­lé­gées, ki­tées et fi­ni­ront leur car­rière dans les zones de trial : dur au­jourd’hui de trou­ver un bel exem­plaire d’ori­gine comme ce­lui que che­vauche Cris­tia­na. ❖

1- Une Ya­ma­ha 125 TY mo­dèle 1978 100 % d’ori­gine, ou presque : les amor­tis­seurs ont été rem­pla­cés par des Ko­ni. 2- Cris­tia­na le prouve : avec un TY, vous pou­vez grim­per au mur...

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