MV 125 MONOALBERO

En 1953, MV Agus­ta com­mer­cia­lise la 125 « Monoalbero » (simple arbre). Elle va per­mettre à un cer­tain Mike Hail­wood de faire ses dé­buts en com­pé­ti­tion.

Moto Revue Classic - - Sommaire - Texte et pho­tos : Pe­ter Wi­cked

En 1953, MV Agus­ta com­mer­cia­lise une 125 de com­pé­ti­tion qui va per­mettre à Mike Hail­wood de dé­bu­ter.

Conçue par le cé­lèbre in­gé­nieur Pie­tro Re­mor – à qui l’onl’ doitd it aus­si i les Gi­le­ra 500 quatre-cy­lindres, les pre­mières MV 500 et les MV 125 double arbre à cames en tête d’usine –, la 125 Monoalbero (simple arbre) de 1953 est un vé­ri­table bi­jou. Elle a été pro­duite dans les usines de la Mec­ca­ni­ca Ver­ghe­ra (MV) du fa­meux comte Agus­ta pour rou­ler dans la ca­té­go­rie For­mu­la Sport, très po­pu­laire dans la pé­nin­sule italienne. Re­ve­nons en ar­rière pour com­prendre sa nais­sance. À la fin des an­nées 40 et au dé­but des an­nées 50, à la suite des mo­no­cy­lindres deux-temps, la ca­té­go­rie 125 est do­mi­née par les coû­teuses mo­tos d’usine à mo­teur quatre-temps.atre temps Après Mo­ri­ni,Mo­ri­ni Mon­dial s’at­taque à la ca­té­go­rie avec un mo­no­cy­lindre à double arbre à cames en tête conçu par l’in­gé­nieur Al­fon­so Dru­sia­ni. C’est l’ap­pa­ri­tion de cette ma­chine qui convain­quit Re­mor et son mé­ca­ni­cien Ar­tu­ro Ma­gni de conce­voir une mo­to si­mi­laire pour les pi­lotes de l’usine MV qui par­ti­ci­paient aus­si au cham­pion­nat du monde 125. Ce pe­tit mo­no dé­ve­lop­pait 17 che­vaux (136 ch/ litre) et avec la mo­to équi­pée de ce « mou­lin », l’an­glais Ce­cil Sand­ford rem­por­ta le titre mon­dial en 1952, le pre­mier de la marque italienne. Un an plus tard donc, MV dé­ci­da de com­mer­cia­li­ser une ver­sion com­pé­ti­tion­client de cette ma­chine. Sauf qu’elle ne dis­pose que d’un seul arbre à cames en tête car le nou­veau rè­gle­ment édic­té par la Fé­dé­ra­tion italienne in­ter­dit les mo­teurs double arbre dans le cham­pion­nat na­tio­nal. Une ma­nière de di­mi­nuer les coûts. Ain­si, la puis­sance des­cen­dait à 14 che­vaux à 14 000 tr/min, tan­dis que la dis­tri­bu­tion par cas­cades de pi­gnons et les va­leurs d’alé­sage et de course étaient iden­tiques. Le lan­ce­ment de cette ma­chine est ce­pen­dant pas­sé in­aper­çu à cause de la mort tra­gique du pi­lote an­glais Les Gra­ham au gui­don

de sa MV 500 à l’oc­ca­sion du Se­nior TT sur l’île de Man. La veille, le mal­heu­reux avait rem­por­té la course des 125, tou­jours pour le construc­teur ita­lien. La 125 double arbre d’usine pour­sui­vit ce­pen­dant sa car­rière aux mains de Car­lo Ubial­li qui rem­por­ta le cham­pion­nat du monde 125 en 1955 et 1956 avec des ver­sions sen­si­ble­ment dif­fé­rentes du mo­dèle d’ori­gine. À part sa dis­tri­bu­tion sim­pli­fiée, la 125 simple arbre était sem­blable à la mo­to d’usine mais dif­fé­rait sur bien des points. Concer­nant le bas-mo­teur, la lu­bri­fi­ca­tion par car­ter sec et la pompe à huile com­man­dée par pi­gnon étaient iden­tiques, mais la com­pé­ti­tion-client ne dis­po­sait que d’une boîte à quatre vi­tesses contre cinq sur la ver­sion usine. Pour la par­tie-cycle, le cadre était très res­sem­blant, tout comme la selle, le ré­ser­voir, la fourche té­les­co­pique, les amor­tis­seurs et les deux freins à tam­bour. Ce­pen­dant, il ne faut pas se leur­rer, sur la mo­to d’usine, toutes ces pièces étaient lar­ge­ment mo­di­fiées et al­lé­gées par l’équipe de mé­ca­ni­ciens di­ri­gée par Ar­tu­ro Ma­gni. Il est pro­bable aus­si que les ma­té­riaux uti­li­sés n’étaient pas tou­jours les mêmes.

Une vraie sculp­ture d’art mo­derne

Le mo­teur de la MV com­pé­ti­tion-client res­pi­rait à tra­vers un car­bu­ra­teur Dell’or­to de 27 mm et un ma­gni­fique échap­pe­ment chro­mé « col­lé » au cadre pour conser­ver une bonne garde au sol. La ma­gné­to pre­nait place de­vant le bas-mo­teur et cô­té droit, on dé­cou­vrait un vo­lant mo­teur ex­té­rieur juste de­vant le car­ter d’em­brayage. À droite, l’oeil était at­ti­ré par le ma­gni­fique car­ter de dis­tri­bu­tion re­lié au car­ter d’huile par des du­rites tres­sées. Une vraie sculp­ture d’art mo­derne (voir page 118) ! En tout cas, cette « Monoalbero » a per­mis à de nom­breux pi­lotes de se faire re­mar­quer, le plus connu étant sans doute Mike Hail­wood qui par­ti­ci­pa à sa toute pre­mière course à son gui­don. C’était à Oul­ton Park en 1957 et il fi­nit 11e. Le vain­queur se nom­mait Ce­cil Sand­ford mais ce jour-là, il pi­lo­tait une Mon­dial. À no­ter qu’une ver­sion For­mu­la Sport ho­mo­lo­guée (et donc mu­nie d’un phare, d’une bé­quille et d’un kick) per­mit à MV de s’en­ga­ger dans le très po­pu­laire Mo­to­gi­ro en 1954. On ima­gine le chant du mé­ga­phone dans les rues étroites des pe­tites villes ita­liennes !

CETTE « MONOALBERO » A PER­MIS À DE NOM­BREUX PI­LOTES DE SE FAIRE RE­MAR­QUER, HAIL­WOOD EN TÊTE

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1- Les res­sorts de sou­papes sont à l’ex­té­rieur de la cu­lasse, comme ça, on les voit tra­vailler ! 2- C’est cô­té droit que la 125 Monoalbero dé­voile son vrai vi­sage.

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