Le point sur la pol­lu­tion

La mise en place de la norme Eu­ro 5 a été re­tar­dée. L’oc­ca­sion de faire le point sur les normes de pol­lu­tion qui ré­gissent le parc mo­to­cy­cliste

Moto Revue - - Sommaire - Par Jean-Fran­çois Ro­bert. Pho­tos ar­chives MR et DR. Il­lus­tra­tions Jacques Vi­vant.

Long­temps épar­gnés par les lé­gis­la­teurs, les deux-roues font dé­sor­mais l’ob­jet de toutes leurs at­ten­tions. Pour­quoi diable ? Alors que dès les an­nées 70, on a com­men­cé à se sou­cier de la pol­lu­tion des au­to­mo­biles, avec une uni­for­mi­sa­tion des normes en 1993 (Eu­ro 1), il a fal­lu at­tendre 1999/2000 pour que les mo­tos soient réel­le­ment concer­nées. L’es­sor du parc deux-roues mo­to­ri­sé a pous­sé dans ce sens. Certes, avant – et en par­ti­cu­lier aux USA –, on avait dé­jà mis le ho­là, ce qui avait pous­sé les deux-temps vers la sor­tie. Mais en Eu­rope, on to­lé­rait qua­si­ment n’importe quoi. Quatre an­nées plus tard, la norme Eu­ro 2 en­trait en vi­gueur, di­vi­sant par 5 les émis­sions to­lé­rées, ce qui nous va­lut l’ap­pa­ri­tion des pre­miers ca­ta­ly­seurs. Eu­ro 3 in­ter­ve­nait en 2007, en­traî­nant une nouvelle baisse des re­jets de 60 % pour le CO et les HC, ren­dant les ca­ta­ly­seurs sys­té­ma­tiques, puis ce fut le tour d’Eu­ro 4 le 1er jan­vier 2016. Cette marche for­cée vise à rat­tra­per un re­tard qui avait sans doute un cer­tain pro­tec­tion­nisme pour ori­gine. Nos deux construc­teurs na­tio­naux, Mo­to­bé­cane et Peu­geot, grands pour­voyeurs de pe­tits deux-temps, traî­naient des pieds pour ré­duire les fu­mées de leurs mo­teurs. Pour­tant, dans les an­nées 70, Mo­to­bé­cane avait fait de très in­té­res­sants tra­vaux sur l’in­jec­tion… Mais à pous­ser le bou­chon trop loin, et tôt ou tard, il fal­lait s’at­tendre à un re­tour de bâ­ton.

Trop tard ?

La pol­lu­tion n’est pas qu’un mot, c’est sur­tout un mal, qui tue ou rend ma­lade, sou­vent les deux à la fois, chaque jour un peu plus, entre 10 et 15 fois plus que les ac­ci­dents de la cir­cu­la­tion !!! C’est pour cette rai­son

qu’au­jourd’hui, on parle d’ex­clure des villes des en­gins en­core ré­cents (avant 2007) pour cause d’émis­sions ex­ces­sives. Il eut fal­lu ré­agir plus tôt. De fait, si les construc­teurs de deux-roues ont alors ar­gu­men­té que dé­pol­luer un mo­teur coû­te­rait trop cher au consom­ma­teur, pour­tant ca­pable d’ache­ter du neuf, au­jourd’hui, ce sont les moins for­tu­nés, rou­lant en oc­ca­sion, qui vont payer l’ad­di­tion. D’un point de vue éco­no­mique, ce n’était que re­cu­ler pour mieux sau­ter. D’un point de vue hu­ma­niste, ce­la au­ra coû­té des mil­liers de morts pré­ma­tu­rés. Sûr que les die­sels y sont pour beau­coup plus, mais nous avons aus­si notre part du far­deau (voir en­ca­dré sur les pol­luants).

Une Ya­ma­ha R1 mo­dèle 2010, sous la norme Eu­ro 3.

1 La Su­zu­ki GT 750 deux-temps de l’époque (ré­vo­lue) des se­ven­ties. 2 Pour ré­duire les émis­sions, Bosch a dé­ve­lop­pé de nou­veaux in­jec­teurs plus longs qui pul­vé­risent le jet d’es­sence plus près de la sou­pape. 3 Mise en scène pour le ma­ga­zine L’In­té­gral en 1999 avec une En­field... die­sel.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.