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Moto Revue - - Sommaire - Par Mi­chel Tur­co. Pho­tos Jean-Ai­gnan Mu­seau.

Des cen­taines de billets à vendre sur eBay, des mil­liers de ti­fo­si en pleine dé­prime... Même si l’épreuve se jouait pra­ti­que­ment à gui­chets fer­més, le for­fait de Va­len­ti­no Ros­si au Grand Prix de Saint-Ma­rin n’a pas été sans consé­quences pour l’éco­no­mie lo­cale. « Les en­trées étaient dé­jà pra­ti­que­ment toutes ven­dues, rap­pelle An­drea, l’un des res­pon­sables du cir­cuit de Mi­sa­no. Mais beau­coup de gens ont an­nu­lé leurs ré­ser­va­tions et l’hô­tel­le­rie en a aus­si fait les frais. » Le 31 août, la nouvelle de la bles­sure du pi­lote Ya­ma­ha s’est ré­pan­due sur la Toile comme une traî­née de poudre. Cer­tains re­fu­saient d’y croire, ar­guant que l’en­fant du pays n’avait ja­mais ra­té une course à Mi­sa­no, et que même après sa bles­sure en mo­to­cross à la fin du mois de mai, il avait pu par­ti­ci­per au Grand Prix d’Ita­lie sur le cir­cuit du Mu­gel­lo. Mal­heu­reu­se­ment, cette fois, le mal était net­te­ment plus sé­rieux. Fin mai, Ros­si avait été vic­time d’un trau­ma­tisme tho­ra­cique après une mau­vaise ré­cep­tion sur un saut en mo­to­cross. Fin août, c’est avec une mo­to d’en­du­ro que le pi­lote Ya­ma­ha s’est blessé. Jambe droite coin­cée contre un ro­cher, il a été éva­cué avec une double frac­ture ti­bia-pé­ro­né. Même bles­sure qu’aux es­sais du Grand Prix d’Ita­lie 2010 ? « Pas tout à fait, ré­pond le doc­teur Pas­ca­rel­la qui a opé­ré le no­nuple cham­pion du monde à l’hô­pi­tal d’An­cône. La frac­ture était dé­pla­cée mais pas ou­verte. » La pose d’un clou et de quelques vis a ain­si per­mis à Ros­si de ren­trer chez lui le sur­len­de­main. « Et trois jours plus tard, il po­sait dé­jà le pied par terre pour mar­cher avec des bé­quilles » , té­moigne son père Gra­zia­no. De fait, après avoir craint que sa sai­son fût d’ores et dé­jà ter­mi­née, puis es­pé­ré un re­tour pour la tour­née outre-mer du mois d’oc­tobre, les res­pon­sables de l’équipe Ya­ma­ha rêvent dé­sor­mais de voir leur pi­lote em­blé­ma­tique re­mon­ter sur sa M1 dès la pro­chaine course à Al­cañiz. « Il fe­ra tout pour ça, as­sure Gra­zia­no.

« Dé­cro­cher un 10e titre est de­ve­nu une ob­ses­sion »

Sa vo­lon­té de cou­rir ne fai­blit pas. » Voi­là pré­ve­nus ceux qui, oi­seaux de mau­vais au­gure, voyaient dé­jà Ros­si prendre une re­traite an­ti­ci­pée à cause de ce nou­vel ac­ci­dent. Ales­sio Sa­luc­ci, vieux com­plice

de l’icône du Mo­toGP, confie que Va­len­ti­no est très loin de pen­ser à se ran­ger des bé­canes. « Je pense même qu’il pro­lon­ge­ra son contrat à la fin de la sai­son pro­chaine jus­qu’en 2020, dit Uc­cio. Il n’a qu’une chose en tête : dé­cro­cher un 10e titre. C’est de­ve­nu pour lui une ob­ses­sion, et si ça n’est plus pos­sible cette an­née, eh bien, il ten­te­ra sa chance l’an pro­chain. » Pour étayer son pro­nos­tic, l’homme de confiance se base sur l’en­traî­ne­ment achar­né que s’im­pose son ami. « Entre deux Grands Prix, il doit bos­ser pas loin d’une di­zaine d’heures par jour avec des ses­sions de gym et sur ses mo­tos. Et quand il ne s’en­traîne pas, il re­garde des vi­déos de Grands Prix ou de ses séances. Il ob­serve tous les pi­lotes de toutes les ca­té­go­ries, au­cun dé­tail ne lui échappe. Il sait com­ment cha­cun se com­porte

sur la piste ou dans son ga­rage… Et puis il sort de moins en moins, il ne pense plus qu’à la course. » Uc­cio sou­ligne aus­si l’im­pli­ca­tion de Va­len­ti­no au­près des jeunes pi­lotes de la VR46

Aca­de­my : « C’est pour lui une vé­ri­table cure de jou­vence. Ils lui ont re­don­né le plai­sir de s’en­traî­ner. Ils lui servent d’éta­lon, il ne les lâche ja­mais, même sur WhatsApp. » À 38 ans, Va­len­ti­no Ros­si semble donc loin de lâ­cher

l’af­faire. « Il n’a ja­mais été aus­si fort, ajoute Uc­cio. Il ne baisse pas les bras et reste concen­tré sur son ob­jec­tif. Il a com­pris qu’avec l’âge, il de­vait bos­ser en­core plus fort. C’est exac­te­ment ce qu’il fait. » Chez Ya­ma­ha aus­si, on n’ima­gine pas que Ros­si puisse prendre sa re­traite à la fin de la sai­son pro­chaine. En re­vanche, on ne pense pas que l’Ita­lien fasse une ob­ses­sion de la quête de ce qui se­rait son dixième titre de cham­pion du monde. « Tant qu’il se­ra per­for­mant, il conti­nue­ra à cou­rir, es­time Mas­si­mo Me­re­gal­li, le di­rec­teur de l’équipe de la marque aux trois dia­pa­sons. Il aime la course par-des­sus tout et il ne voit pas pour­quoi il de­vrait s’en pas­ser à par­tir du mo­ment où il peut tou­jours pré­tendre au po­dium. Mais si ce n’est plus le cas, alors il rac­cro­che­ra. » Voi­là pour­quoi Mas­si­mo croit sa­voir que Va­len­ti­no ne de­man­de­ra qu’une pro­lon­ga­tion de contrat d’un an. Et après ? « Il s’ali­gne­ra en Nas­car aux États-Unis, af­firme Uc­cio. Il a fait des es­sais avec une au­to il y a quelque temps. Ce­la lui avait plu et il avait été très ra­pide. Ce se­rait pour lui une ex­cel­lente fa­çon de conti­nuer à cou­rir. » De sur­croît dans un pays où per­sonne ne le connaît et où il pour­rait en­fin vivre comme le com­mun des mor­tels. Ou presque.

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