Clas­sique

Moto Verte - - Sommaire -

L’avey­ron­naise Clas­sic en images…

Quatre sur cinq, c’était l’ob­jec­tif pour Ya­ma­ha France et pour moi… Alors oui, je suis plu­tôt content de ma sai­son. En plus ici cette an­née, il y avait du beau monde. » In­ter­viewé à l’ar­ri­vée, Marc Bour­geois a rai­son : pour une fois la clas­sique es­ti­vale avait fait le plein, à la fois d’ama­teurs, de VIP et de pi­lotes Élite. 480 en­du­ristes au dé­part, soit un re­cord pour les or­ga­ni­sa­teurs de cette 12e Avey­ron­naise Clas­sic. Mais éga­le­ment une belle af­fiche chez les top pi­lotes avec la pré­sence de Jé­ré­my Tar­roux, Julien Gau­thier, Ma­nu Al­be­part, Fa­bien Pla­net, Sylvain Le­brun et un éton­nant re­ve­nant entre les ban­de­roles, le se­mi-re­trai­té Mi­ckaël Pi­chon. Ce à quoi s’ajou­tait un cer­tain Sé­bas­tien Loeb, ve­nu dis­pu­ter entre potes son pre­mier en­du­ro. Star in­con­tes­tée du ral­lye au­to­mo­bile, la pré­sence de l’al­sa­cien a don­né un cer­tain ca­chet à l’épreuve. At­ti­rant un pu­blic to­ta­le­ment néo­phyte en ma­tière de mo­to sur cer­taines des 13 spé­ciales dis­pu­tées du­rant les trois jours de course. Et ce quand bien même le no­nuple cham­pion du monde des ral­lyes a aban­don­né dès le pre­mier jour suite à une lé­gère bles­sure à la che­ville droite. Oui, ils étaient nom­breux à avoir fait le déplacement pour ap­pro­cher le phé­no­mène Loeb, tout comme lors du Scorpion Mas­ters au Cas­tel­let en no­vembre

clas­siques Avec quatre

s sur les cinq rem­por­tée

la sai­son, Marc ma­jeures de

semble avoir Bour­geois

Tout comme meilleur ni­veau.

de at­teint son qui, de l’avis

aise Clas­sic l’avey­ronn mil­lé­simes des plus beaux

Mo­to tous, fut l’un

Ça tombe bien, de­puis sa créa­tion.

par là… Verte traî­nait

der­nier. Et si le pi­lote Ci­troën a fait dé­faut le der­nier jour, les nom­breux spec­ta­teurs ont pu se ré­ga­ler de la ba­taille of­ferte par les ca­dors sur l’herbe vierge. Car de l’herbe, il y en avait cette an­née. Moins de chaume comme pro­mis par l’or­ga­ni­sa­tion et de belles spé­ciales avec de gros dé­vers, des pas­sages en sous-bois et un fi­nal en apo­théose dans le bar­rage as­sé­ché de Sainte-ge­ne­viève. Sans ou­blier un par­cours in­édit. Iti­né­rant comme à son ha­bi­tude, ce­lui-ci of­frait 700 ki­lo­mètres de che­mins vrai­ment très va­riés entre l’ouest et le nord du dé­par­te­ment. Et net­te­ment plus « en­du­ro » qu’à l’ac­cou­tu­mée. « Les che­mins étaient gé­niaux, confiait Mi­ckaël Pi­chon sa­me­di soir. Peut-être un peu long le pre­mier jour, mais il y avait de tout sur les trois jours, je me suis ré­ga­lé. » Et il n’est pas le seul puisque votre ser­vi­teur s’en est mis plein les yeux et les bras du­rant ces trois jours avec peu de pous­sière et beau­coup, mais alors beau­coup de pi­lo­tage fun. Vous sa­vez, quand on en­chaîne les beaux vi­rages en glisse et les « single » sau­tillants en sous-bois. Ajou­tez une mé­téo plu­tôt clé­mente vu cet été pour­ri et vous ob­te­nez un ex­cellent cock­tail à don­ner du plai­sir. Bref, l’avey­ron­naise 2014 fut un ex­cellent cru.

« Trop d’herbe pour moi »

Du cô­té de la course en tête, Marc Bour­geois a d’en­trée pris une sé­rieuse op­tion en rem­por­tant la pre­mière spé­ciale. Une spé­ciale sur­prise, trois quarts d’heure après le dé­part don­né à Rieu­pey­roux. Seuls quatre membres de

Ma­nu Al­be­part

l’or­ga­ni­sa­tion avaient com­plo­té cette cross test mys­tère de deux mi­nutes, tra­cée en toute der­nière mi­nute. De quoi éner­ver un peu les ca­dors qui passent de nom­breux jours à re­con­naître, mais ont dû pour l’oc­ca­sion se plier à l’exer­cice de l’im­pro­vi­sa­tion – presque – to­tale. Juste le temps de re­pé­rer à pied les pre­miers vi­rages et c’était par­ti. Toute la jour­née, l’of­fi­ciel Ya­ma­ha au­ra à faire avec ce­lui qui a rem­por­té les deux der­nières éditions de l’avey­ron­naise. Un Jé­ré­my Tar­roux bien dé­ci­dé à jouer au « ja­mais deux sans trois ». Au pre­mier soir, après la spé­ciale noc­turne de La Fouillade, les deux pro­ta­go­nistes se tiennent en seu­le­ment cinq pe­tites se­condes, Ma­nu Al­be­part en em­bus­cade à dix se­condes du pre­mier. Sa­me­di ma­tin, la ten­sion est pal­pable. Pas un mot sur la ligne de dé­part. Ça sent la re­vanche à plein nez. Pour­tant Marc Bour­geois s’of­fri­ra un fes­ti­val sans fautes jus­qu’au soir. Bous­cu­lé à deux re­prises par Sylvain Le­brun, il ne se lais­se­ra pas dé­bor­der par son ad­ver­saire qui com­met par contre la faute de trop. Une dé­ro­bade de l’avant dans la spé­ciale trois qui lui coûte une quin­zaine de se­condes. Le­brun et Al­be­part s’im­miscent entre les deux au cu­mul du jour. Julien Gau­thier est lui aus­si dans un jour sans et se laisse quelque peu dis­tan­cer après deux chutes bé­nignes. Quant à Mi­ckaël Pi­chon, il a com­pris que son manque d’en­traî­ne­ment sur l’herbe lui coûte de grosses se­condes à chaque sec­teur chrono. Et le prend avec fair­play : « J’ai re­con­nu toutes les spé­ciales à pied de­puis le dé­but de se­maine, mais il y a trop

Mar­co est à la li­mite par­tout, mais il ne tombe pas. Cette an­née, c’est lui le plus fort…

d’herbe pour moi. » (rires) Le der­nier jour, Jé­ré­my Tar­roux tente le tout pour le tout. Il le sait, son sa­lut passe par une grosse pres­sion sur l’of­fi­ciel Ya­ma­ha, sur­tout en par­tant dans les der­niers avec de beaux ap­puis creu­sés par les 400 pi­lotes en­core en course. Et le pi­lote Sher­co s’im­pose dans les quatre spé­ciales du jour, dont la fa­meuse tra­cée dans le lac as­sé­ché. Il gri­gnote plus de quinze se­condes sur son ri­val et laisse tout le monde ad­mi­ra­tif sur son at­taque. Mais Mar­co Bour­geois ne craque pas. Contrôle son écart et sort de l’ul­time chrono avec un petit sou­rire dans son in­té­gral. « L’an der­nier, j’ai per­du cette course avec 0,54 se­conde d’écart sur Tar­roux. Ça m’avait lais­sé un goût amer. C’est une belle re­vanche… » Quant à Tar­roux, il s’en veut de sa chute de la veille et ana­lyse sa course avec réa­lisme : « J’ai vou­lu rou­ler avec une 300 cm3 mais c’était un peu trop puis­sant sur les spé­ciales glis­santes des deux pre­miers jours. Et j’avais trop de re­tard pour me rat­tra­per sa­me­di. » Quant à Ma­nu Al­be­part qui prend fi­na­le­ment la 3e place après une belle bas­ton avec Sylvain Le­brun, il avoue lui aus­si un trop-plein de watts sur sa 500 Be­ta pour se sen­tir à l’aise dans cer­taines spé­ciales bien dures. Et rend hom­mage au vain­queur : « Mar­co est à la li­mite par­tout, mais il ne tombe pas. Cette an­née, c’est lui le plus fort… » ❚

Son ombre par Sui­vi comme Marc Bour­geois Yann Lozano, cette sai­son fait des mi­racles Et en Avey­ron, clas­siques. en sur les belles il s’est ré­ga­lé Com­tal. pistes du Causse

Re­ve­nu faire une pige pour KTM France, Mi­ckaël Pi­chon (ci-des­sus) a rou­lé l’en­fer mal­gré son manque de trai­ning sur l’herbe verte. 6e au fi­nal, il s’est ré­ga­lé dans les beaux che­mins de la val­lée de l’avey­ron (ci-contre).

Pas­sage à Es­taing et son drôle de châ­teau ap­par­te­nant à l’an­cien pré­sident Gis­card (d’es­taing…)

2e à 16 se­condes, Jé­ré­my Tar­roux ra­conte ses mal­heurs à Ke­vin Pa­nis le lo­cal, 8e fi­nal. Très belle perf’ de Sylvain Le­brun, 4e de cette édi­tion 2014. Le meilleur pri­vé du plateau.

Grosse at­taque de Bour­geois, li­mite par­tout, mais tou­jours sur ses roues. Un ré­gal pour les spec­ta­teurs de l’épreuve.

L’épreuve s’est ter­mi­née à Sainte-ge­ne­viève-sur-ar­gence par la tra­ver­sée d’un bar­rage as­sé­ché et une spé­ciale dis­pu­tée sur les rives du lac. Rare…

Julien Gau­thier et Fa­bien Pla­net ter­minent 5e et 7e d’une épreuve très dis­pu­tée cette an­née. Ça roule! Du bon gros single en sous-bois sur une grande par­tie des 700km du par­cours. Du bon­heur à l’état pur pour les 480 ins­crits.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.