In­ter­view

Eli To­mac, le fu­tur n° 1 US ?…

Moto Verte - - Sommaire -

Après une sai­son SX ma­gni­fique mar­quée par neuf vic­toires et la re­traite de Dun­gey, Eli To­mac est dé­sor­mais le pi­lote nu­mé­ro 1 de ce cô­té de l’at­lan­tique. Plus en forme et en confiance que ja­mais, le pi­lote Ka­wa­sa­ki est en po­si­tion do­mi­nante pour le titre Out­door même si la lutte risque d’être in­tense avec Mar­vin Mus­quin. Le nou­veau lea­der du cross US fait le point sur sa sai­son…

AG­len He­len, sous l’auvent du se­mi-re­morque Ka­wa­sa­ki, la KX-F 450 d’eli To­mac ar­bore fiè­re­ment sa nou­velle plaque rouge pro­vi­soire de lea­der du cham­pion­nat MX. Un vent de re­nou­veau souffle chez les verts qui n’avaient pas été à pa­reille fête de­puis le dé­part de Villo­po­to en 2014. Tout sou­rire, Eli To­mac a ou­vert les portes de son cam­ping-car rutilant pour une dis­cus­sion à bâ­tons rom­pus sur sa sai­son SX, le dé­but de l’out­door et le sport en gé­né­ral… Une in­ter­view sans langue de bois qui en dit long sur le po­ten­tiel du gar­çon…

Tu as réus­si une su­perbe sai­son de SX mais le titre t’a échap­pé. Après avoir ga­gné neuf courses, as-tu res­sen­ti ce­la comme une in­jus­tice?

« C’était une bien meilleure sai­son que celle de l’an pas­sé. On vou­lait des vic­toires et de ce point de vue, on peut par­ler de franche réus­site. Bien en­ten­du, ne pas avoir le titre a été un gros re­vers ! Je sais que c’est de ma faute. Je n’ai pas été bon as­sez tôt dans la sai­son, je suis tom­bé à Dal­las… Quand tu t’alignes sur la grille face à un Ryan Dun­gey, tu ne peux pas te per­mettre au­tant d’er­reurs. » (rires)

Au fond de toi, penses-tu être le vrai cham­pion du fait de toutes tes vic­toires ?

« J’étais le plus ra­pide, c’est cer­tain. J’ai le plus grand nombre de vic­toires mais je n’ai pas été ré­gu­lier. C’était vrai­ment très ser­ré à la fin, c’est in­croyable quand on y pense… C’était un bon scé­na­rio pour les fans ! »

Penses-tu que d’une ma­nière générale, tu as pro­gres­sé de­puis l’an der­nier ?

« Dé­jà cette an­née, je suis re­ve­nu à 100 %. L’an pas­sé, je n’avais pas en­core ré­cu­pé­ré de ma bles­sure à l’épaule. J’étais en­core as­sez faible. Au­jourd’hui, je suis en pleine forme et je suis éga­le­ment mieux sur la mo­to. L’an der­nier, je n’ar­ri­vais pas à me sen­tir à l’aise. Il m’a fal­lu un an pour pou­voir me ser­vir de mon bras nor­ma­le­ment, sans par­ler de faire de la mo­to ! C’était vrai­ment une sale bles­sure. En plus d’être en­fin dé­bar­ras­sé de ces dou­leurs dans l’épaule, cet hi­ver, j’ai pu tra­vailler mieux sur la mo­to. Au lieu de cher­cher à m’adap­ter à la KX, j’ai réus­si à faire chan­ger pas mal de ré­glages sur le châs­sis, les sus­pen­sions, les angles, de ma­nière à ce que ça cor­res­ponde à ce que j’aime. Je n’ai pas es­sayé de re­trou­ver le fee­ling Hon­da parce qu’il y a beau­coup de bonnes choses avec la Ka­wa­sa­ki, mais je l’ai

adap­tée à mes pré­fé­rences. C’est l’avan­tage d’avoir une mo­to d’usine. » (rires)

Au dé­but de la sai­son, Roc­zen qui rou­lait sur une toute nou­velle mo­to était plus fort que ja­mais. À l’in­verse, tu connais­sais ta mo­to mais tu n’étais pas dans le coup. Com­ment l’ex­pliques-tu ?

« J’ai eu du mal à ré­gler la mo­to au dé­but de la sai­son. Avant la course de Phoe­nix, on a chan­gé les angles ain­si que les ré­glages de sus­pen­sions. C’étaient de gros chan­ge­ments et ils ont com­plè­te­ment mo­di­fié mon res­sen­ti sur la mo­to. À par­tir de là, tout est al­lé mieux. C’était comme com­men­cer une nou­velle sai­son. Je pour­rais dire que les deux pre­mières courses ne comptent même pas. »

Tu as tes­té tout l’hi­ver avec de mau­vais ré­glages pour sou­dain trou­ver la bonne recette entre deux courses ? Ça semble in­croyable…

« Lorsque tu roules à l’en­traî­ne­ment, tu peux faire ce que tu veux mais ça ne se­ra ja­mais comme les condi­tions d’un cir­cuit un jour de course. J’avais de bons ré­glages à la Mons­ter Cup, alors je les ai gar­dés. Mais ce n’était pas ce qu’il au­rait fal­lu faire. Il au­rait fal­lu adap­ter la mo­to pour des cir­cuits plus ser­rés afin d’avoir de meilleures per­for­mances en vi­rage, une plus grande ma­nia­bi­li­té sur la lon­gueur de la manche. »

À New York, avant-der­nière course de la sai­son, tu as lais­sé l’avan­tage à Dun­gey. As-tu cra­qué sous la pres­sion ce jour-là ?

« Ma plus grande er­reur a été de tom­ber dans ce vi­rage. Si j’avais dû cra­quer sous la pres­sion, j’au­rais cra­qué avant. Mais le cir­cuit était ser­ré, c’était dif­fi­cile de pas­ser. Re­ve­nir après le crash a été dif­fi­cile. Mais le point de dé­part, c’était cette chute… »

La fi­nale à Las Ve­gas a été in­croyable. Elle a sou­le­vé beau­coup de com­men­taires. Quelle a été ta stra­té­gie ce jour-là ?

« Ma tac­tique pour Ve­gas, une fois en tête, c’était de lais­ser des pi­lotes s’in­ter­po­ser entre Ryan et moi. Donc j’ai es­sayé de ra­len­tir le rythme un maxi­mum pour lais­ser une chance aux autres de s’in­ter­ca­ler. Si­non, j’au­rais pu par­tir seul de­vant, mais avec Ryan fi­nis­sant se­cond, je per­dais mes chances. »

Mais quand tu as pous­sé Dun­gey à trois re­prises, as-tu cher­ché juste à le dé­sta­bi­li­ser ou vrai­ment à le faire tom­ber ?

« Le pous­ser à com­mettre une er­reur en rou­lant agres­sif, c’est tout ce que je pou­vais faire sans fran­chir une li­mite. Je ne m’au­to­ri­se­rais ja­mais à ta­per dans un pi­lote et à le bles­ser. C’était une si­tua­tion dif­fi­cile. À ce mo­ment-là, je ne pen­sais qu’à avoir ce titre. Je ne cher­chais pas à sa­voir si mon com­por­te­ment plai­rait aux fans ou quelque chose comme ça. Mais en même temps, je suis un gars fair-play et je pré­fère une course sans coups four­rés. J’ai fait de mon mieux, ça n’a pas mar­ché, mais je n’ai rien à me re­pro­cher. »

Quel était ton état d’es­prit sur le po­dium ?

« J’étais si près… J’étais vrai­ment dé­çu car je pen­sais avoir en­fin at­teint ce but que je pour­suis de­puis que je suis gosse. Mais je me suis presque im­mé­dia­te­ment pro­mis que l’an pro­chain, ce se­rait pour moi. Tout le monde a été très com­pré­hen­sif, le team, la fa­mille… On a ga­gné plus de courses que n’im­porte qui cette sai­son, on peut dire que ça a été une sai­son réus­sie quoi qu’il en soit. »

Qu’as-tu ap­pris cette sai­son ?

« Dé­jà, je sais que si j’avais été en concur­rence avec n’im­porte qui d’autre que Ryan Dun­gey, j’au­rais ga­gné le cham­pion­nat. Je dois lui re­con­naître cette qua­li­té d’être cette ma­chine, d’être aus­si ré­gu­lier. J’ai aus­si ap­pris cette an­née que ce que tu vois sur le ter­rain d’en­traî­ne­ment n’a que peu à voir avec ce que tu vis en course. Il faut être prêt à af­fron­ter toutes les condi­tions. »

Par­lant de condi­tions dif­fé­rentes, on est en pleine sai­son Out­door. Est-ce dif­fi­cile de faire des manches longues en pleine cha­leur com­pa­ré aux manches courtes et re­la­ti­ve­ment froides des nuits de su­per­cross ?

« C’est un des plus gros pro­blèmes à gé­rer en out­door, la cha­leur et l’hu­mi­di­té. À Hang­town, ce n’était pas hu­mide mais tout de même très chaud. La condi­tion phy­sique joue un rôle plus im­por­tant. Au-de­là de 35 °C, ça com­mence à être dur et c’est là qu’on pousse un peu les li­mites. C’est ce qui per­met de faire la dif­fé­rence… »

Sans Roc­zen ni Dun­gey, penses-tu que ce cham­pion­nat t’est dé­jà ac­quis ?

« Ce­la va être plus fa­cile, c’est sûr, mais il y a d’autres bons pi­lotes. Mus­quin, Grant, An­der­son… J’au­rais bien ai­mé battre Ryan sur un cham­pion­nat, je n’ai ja­mais été en me­sure de le faire. J’ai été dé­çu qu’il an­nonce sa re­traite car je lui au­rais bien ren­du la mon­naie de sa pièce en out­door, mais bon… On va aus­si avoir des gars qui vont re­prendre de l’es­poir main­te­nant que Ryan et Ken ne sont plus là. Ils vont se dire que ça fait deux places de libres en tête et que ça vaut peu­têtre le coup de se battre un peu. À l’in­verse les autres an­nées, la plu­part par­taient bat­tus d’avance. Je suis sûr que cette an­née, il y au­ra de la ba­garre… »

Penses-tu que tu es le pi­lote nu­mé­ro 1 aux US dé­sor­mais ?

(rires) « J’aime à le pen­ser. Je veux dire, j’ai ga­gné neuf courses en SX… C’est un sen­ti­ment agréable parce que lorsque tu tra­vailles si long­temps à quelque chose, c’est bon de voir que ça fi­nit par payer. Je roule de­puis que j’ai 5 ans, alors j’es­père ar­ri­ver à être le meilleur. »

Com­ment ex­pli­quer que tu as été si ra­pide à Hang­town, col­lant deux se­condes au tour à Mus­quin ?

(rires) « Sur un out­door, les tra­cés sont plus longs qu’en SX donc dé­jà, ça laisse plus de temps pour creu­ser l’écart. Il faut prendre de bonnes lignes, choi­sir de bons ré­glages, et ça fait la dif­fé­rence. J’avais un bon fee­ling avec ma mo­to, je fais les choses à ma fa­çon et ça marche. »

Mus­quin peut-il te battre?

« S’il part de­vant, oui. Il est lar­ge­ment as­sez ra­pide pour ga­gner une manche. Mais s’il est der­rière, il n’a au­cune chance de pou­voir me pas­ser. » (rires)

Josh Grant est plus vieux mais aus­si

« Si Mus­quin est der­rière, il n’a au­cune chance de me pas­ser. »

plus ra­pide, ce qui semble pa­ra­doxal. Qu’en penses-tu ?

« En fait, il a eu des bles­sures tout au long de sa car­rière pro et ça a un peu em­pê­ché les gens de se rendre compte qu’il était un pi­lote très ra­pide. Mais au­jourd’hui, il est en forme et il roule vite, il faut comp­ter sur lui. Il va vi­ser le po­dium sur toute la sai­son out­door. C’est sym­pa d’avoir un équi­pier, on par­tage des in­fos sur le cir­cuit. C’est un bo­nus com­pa­ré à l’an pas­sé. »

On parle de bles­sures. Re­ve­nons sur celle de Roc­zen à Phoe­nix. T’a-t-elle im­pres­sion­né et as-tu eu des doutes sur les courses sui­vantes ?

ce n’est pas bon, ça va nuire à ta ca­pa­ci­té à rou­ler à ton meilleur ni­veau. Pour être franc, j’ai vu qu’il pou­vait se le­ver et mar­cher. Bien en­ten­du, c’était une très mau­vaise bles­sure au bras, mais tant que le gars est ca­pable de mar­cher, je ne m’in­quiète pas plus que ça… Je ne sais pas s’il pour­ra re­ve­nir au ni­veau où il était. Il m’a fal­lu un an pour re­ve­nir de ma bles­sure, et la sienne est bien pire. C’est dur de sa­voir vu que je ne le connais pas trop. J’es­père qu’il re­vien­dra, c’est tout ce que je peux dire. »

Tu as rou­lé contre lui des an­nées, tu le connais un peu quand même…

« On rou­lait l’un contre l’autre, on ne se par­lait pas. On vou­lait ga­gner, et pas être co­pains ! Si au der­nier tour d’une course tu dois te po­ser des ques­tions avant de faire un block-pass parce que le gars de­vant toi est un pote, ça ne va pas t’ai­der dans ta car­rière. Donc non, on n’est pas ami, on ne se par­lait pas. Quand on se­ra re­trai­tés, il se­ra bien temps de se rap­pro­cher et d’échan­ger nos sou­ve­nirs comme des vé­té­rans. » (rires)

Le for­mat des courses SX a chan­gé cette an­née, pas­sant de vingt tours à vingt mi­nutes. Est-ce po­si­tif ?

« Je pense que c’est une bonne chose. Cette ré­gu­la­ri­té sur la lon­gueur des courses per­met d’adap­ter notre en­traî­ne­ment, de pla­ni­fier en amont. Cer­tains cir­cuits sont pe­tits et avant, ça don­nait des courses ri­di­cu­le­ment courtes,

« Le cross reste un sport de mé­ca­nique et de pi­lotes. L’élec­tro­nique n’est pas pré­pon­dé­rante. »

au­tour de quinze mi­nutes. En plus, ça per­met aux fans de nous voir plus long­temps. Bien sûr, ça veut dire que dans cer­tains cas on fe­ra plus de tours et que le cir­cuit se­ra donc plus abî­mé, mais ça reste un chan­ge­ment po­si­tif mal­gré tout. »

Vois-tu d’autres chan­ge­ments à ap­por­ter à la sé­rie SX ?

« Je sup­pri­me­rais vo­lon­tiers les séances d’es­sai libres au pro­fit de qua­li­fi­ca­tions plus longues. Même chose pour les se­mi-fi­nales, je les sup­pri­me­rais. À la place, je pren­drais les neuf pre­miers en heat, comme ils le font pour les 250. De cette fa­çon, on évi­te­rait ces heats chao­tiques où ça bas­tonne en­core plus qu’en fi­nale pour as­su­rer une place dans les quatre pre­miers. Je sais que les gens ne nous voient pas sou­vent, mais ça ai­de­rait à avoir un show plus court, ce se­rait peut-être mieux, plus in­tense. »

Ver­rais-tu une sai­son de SX plus longue avec moins d’out­door ?

« Ce que je sou­hai­te­rais vrai­ment, c’est avoir les courses SX et MX à la suite de ma­nière à lais­ser du temps pour une vraie cou­pure. Au­jourd’hui, la sai­son est trop longue. On a le SX, puis le MX, puis les courses in­ter­mé­diaires, la Mons­ter Cup, les Na­tions, ça n’en fi­nit plus. Il faut res­ter en forme pour ces courses hors sai­son, c’est une pres­sion constante. À peine la der­nière course ter­mi­née, on at­taque le tes­ting pour la sai­son sui­vante. C’est un rythme de dingue qui ex­plique que les pi­lotes ar­rêtent de plus en plus jeunes. Il suf­fit de voir Dun­gey, il prend sa re­traite à 27 ans, il n’en peut plus de cou­rir tous les week-ends… Si l’on pou­vait avoir deux ou trois mois sans rien, ce se­rait vrai­ment dif­fé­rent… »

Tu penses que Dun­gey est par­ti trop tôt ?

« Il a tout ga­gné, des titres en su­per­cross, des titres out­doors, plu­sieurs vic­toires aux Na­tions… Il a tout fait plu­sieurs fois et il a cer­tai­ne­ment per­du un peu de mo­ti­va­tion. En plus, si l’on re­garde ce qu’il avait à ga­gner à conti­nuer à prendre des risques, il a eu bien rai­son. Pour moi, c’est dif­fé­rent. Je n’ai pas

en­core son âge mais sur­tout, je n’ai pas en­core eu de titre 450, donc, pas de re­traite pos­sible. » (rires)

À par­tir de com­bien de titres une car­rière est-elle réus­sie ?

« Dun­gey en a eu un pa­quet, ce qui ne veut pas dire qu’on doit en avoir au­tant. Il n’y a pas de li­mite dé­fi­nie, c’est au fond de cha­cun. Le jour où tu n’as plus de plai­sir à rou­ler en mo­to, tu dois t’ar­rê­ter. »

Ai­me­rais-tu voir un cham­pion­nat unique mê­lant SX et MX ?

« Le pro­blème, c’est que les pro­mo­teurs n’ar­ri­ve­ront ja­mais à s’en­tendre là-des­sus, donc ça n’ar­ri­ve­ra ja­mais. Ils veulent tous être les plus forts, mais c’est dom­mage, ça se­rait peut-être la so­lu­tion pour avoir cette cou­pure de fin de sai­son… »

Il y a beau­coup de per­sonnes qui évoquent l’élec­tro­nique di­sant que ça donne trop d’avan­tages aux pi­lotes usine. Qu’en penses-tu ?

« Je ne re­garde pas les da­tas, je ne veux pas qu’un in­gé­nieur vienne m’ex­pli­quer com­ment rou­ler sur une mo­to de cross ! En cross, les condi­tions changent tel­le­ment qu’il est dif­fi­cile de dé­fi­nir quoi que ce soit der­rière un écran ! Mais oui, ces cap­teurs aident les in­gé­nieurs, mais de notre cô­té, pour les pi­lotes, ça ne fait pas une grosse dif­fé­rence. Même chose pour les dis­po­si­tifs d’aide au pi­lo­tage, ils sont as­sez in­utiles sur la terre. On n’est pas sur des mo­tos de vi­tesse. Pour le mo­ment, le cross reste un sport de mé­ca­nique et de pi­lotes, l’élec­tro­nique existe mais n’est pas pré­pon­dé­rante. »

Te sens-tu faire par­tie de la fa­mille Ka­wa­sa­ki main­te­nant ?

« C’est vrai que de tous les pi­lotes qui ont ga­gné chez eux, je suis le pre­mier qui est ve­nu d’une autre marque. La tran­si­tion a été un peu dif­fi­cile l’an pas­sé mais je me sens chez moi chez Ka­wa­sa­ki main­te­nant. »

Après ta belle sai­son SX, ton sa­laire a-t-il été re­vu à la hausse?

« On a éten­du mon contrat pour deux an­nées sup­plé­men­taires en mi­lieu de sai­son SX, ce qui veut dire qu’ils étaient contents de moi. En termes de sa­laire, je ne peux rien dire de pré­cis, mais di­sons que je me sens payé à ma juste va­leur. »

Tu vis dé­sor­mais avec ta co­pine. Est-ce plus fa­cile ou plus dif­fi­cile que lorsque tu vi­vais chez tes pa­rents ?

« J’ap­pré­cie d’être en de­hors du nid (rires). Je suis tou­jours as­sez près du ranch de mes pa­rents, je conti­nue à rou­ler sur leur cir­cuit, donc à part le fait que je dors ailleurs, ce n’est pas vrai­ment dif­fé­rent. J’es­saie de tra­vailler à ma mai­son, j’ai dix hec­tares qu’il faut bien en­tre­te­nir… Ça me plaît bien en fait. Ma co­pine tra­vaillait pen­dant la sai­son de su­per­cross, mais elle vien­dra plus pour la sai­son MX. Par contre elle n’aime pas être au centre de l’at­ten­tion et on ne la ver­ra pas sur les po­diums… »

La vie dans le Co­lo­ra­do te convient donc tou­jours ?

« L’in­dus­trie du cross est concen­trée en Ca­li­for­nie ou en Flo­ride mais pour moi, le Co­lo­ra­do est un en­droit dif­fé­rent. Je me sens bien là-bas et même si je m’y en­traîne, ça per­met de cou­per un peu. »

Tu t’en­traînes en­core avec ton père?

« Il gère tou­jours mon pro­gramme mais n’est pas avec moi à suivre ce que je fais. Par exemple, il m’aide sur le cir­cuit, on roule en­semble en VTT, mais si je vais à la gym, il ne vient pas avec moi. Le fait de sé­pa­rer les choses per­met qu’on s’en­tende bien. La plu­part des pi­lotes fi­nissent par se fâ­cher avec leur père parce qu’ils ne sé­parent pas as­sez et font ab­so­lu­ment tout en­semble. Ça marche quand tu es jeune, mais pas­sé un mo­ment, il faut prendre de la dis­tance… »

Es-tu ac­cro aux ré­seaux so­ciaux?

« Je poste un peu parce qu’il le faut bien mais je ne suis pas un su­per fan. C’est sti­pu­lé dans mon contrat que je dois pos­ter, et je poste lar­ge­ment as­sez pour rem­plir mes obli­ga­tions. Mais je n’aime pas voir ces jeunes qui sont col­lés à leur té­lé­phone à lon­gueur de jour­née, qui vivent leur vie à tra­vers un écran. Pour moi, les ré­seaux so­ciaux ne font rien d’autre que sa­tis­faire notre ego et je n’ai pas be­soin de me ré­con­for­ter en per­ma­nence. Je jette un oeil à mon té­lé­phone mais ça s’ar­rête là. »

La meilleure et la pire choses qui sont ar­ri­vées cette an­née?

« Sur un plan per­son­nel, le fait d’avoir em­mé­na­gé avec ma co­pine, d’avoir ma vie per­son­nelle dans ma propre mai­son. D’une ma­nière plus générale, j’avoue ne pas trop re­gar­der les news, on n’y voit que du chaos et des gens qui re­jettent la faute les uns sur les autres. Je ne suis pas un grand fan des news. Je pense qu’on a beau­coup de chance de vivre ici aux US, d’avoir as­sez à man­ger, de l’eau po­table, un toit sur notre tête. On vit dans un pays sûr, on est pri­vi­lé­giés par rap­port à des gens qui vivent dans d’autres ré­gions du monde, dans des pays en guerre. J’es­saie d’en avoir conscience et d’avoir une at­ti­tude po­si­tive, c’est le moins que je puisse faire ! »

p.12

Par Oli­vier de Vaulx

Pré­sence ou non de Ken Roc­zen au dé­part à Ana­heim 2018 ? Peu im­porte, Eli To­mac se­ra consi­dé­ré comme le fa­vo­ri pour suc­cé­der à Ryan Dun­gey…

Eli To­mac dis­pose chez Ka­wa­sa­ki d’une équipe à son ser­vice très ré­ac­tive. Des mo­difs tech­niques sur sa mo­to de SX à mi-sai­son lui ont per­mis de re­trou­ver le che­min du suc­cès. Mais pas as­sez !

Après un dé­part ca­non à Hang­town, To­mac a connu plus de dif­fi­cul­tés sur la piste de Glen He­len. Pas de quoi le faire dou­ter mal­gré tout…

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