MX des Na­tions

Pa­roles de teams-ma­na­gers…

Moto Verte - - Sommaire - Par Pas­cal Hau­di­quert

Quel a été votre pre­mier contact avec le MXDN ?

Pas­cal Fi­not (F) : « Mon pre­mier sou­ve­nir de cette épreuve re­monte à Mag­gio­ra 86. Je n’y étais pas mais j’avais sui­vi les ex­ploits de John­ny O’ma­ra dans la presse fran­çaise. Ça reste un sou­ve­nir loin­tain et as­sez vague, mais his­to­rique. Après il y a eu Villars 88. J’étais fan de Ja­cky (Vi­mond) et Jean-mi­chel (Bayle). Je connais­sais un peu plus Yan­nig (Ker­vel­la) et j’ai sui­vi via les mé­dias. Mon pre­mier vrai contact re­monte à 2000. J’étais à St-jean en spec­ta­teur, on avait loué un bus/cam­ping-car avec mon club de l’époque pour al­ler vivre cette épreuve sur le ter­rain. Après, l’his­toire a com­men­cé – j’en ai en­core des fris­sons – à Budds Creek en 2007. J’avais de­man­dé à Oli­vier (Ro­bert) d’y al­ler, j’ai payé mon billet d’avion et l’aven­ture a vrai­ment com­men­cé là aux cô­tés de Seb (Pourcel), Pela (Re­net), Ni­co (Au­bin) et tout le staff FFM ! Après, j’ai fait huit MXDN aux cô­tés d’oli­vier avant d’être nom­mé par la Fé­dé­ra­tion en­traî­neur na­tio­nal en 2015. C’est ve­nu un peu comme ça, au gré d’op­por­tu­ni­tés, et je dois dire qu’après avoir vu le MXDN 2000, jamais je me se­rais ima­gi­né être un jour à ce poste. J’ai dû avoir un bon maître et je re­mer­cie Phi­lippe Thie­baut (DTN) et Jacques Bolle (Pré­sident) pour la confiance qu’ils m’ont ac­cor­dée. » Marc Cham­ber­lain (GB) : « J’ai as­sis­té à mon pre­mier MXDN en 1988 à Villars. Je n’étais en­core jamais al­lé à une course si im­por­tante, si co­lo­rée, avec des fans sou­te­nant leur équipe res­pec­tive. Je suis de suite tom­bé amou­reux de cette épreuve que j’ai en­suite fil­mée à plu­sieurs re­prises pour réa­li­ser des cas­settes vidéo (Mo­to­vi­sion pour les plus an­ciens). J’ai vé­cu l’édi­tion 1994 que les Bri­tan­niques ont rem­por­tée de l’in­té­rieur comme re­por­ter vidéo. C’est vrai­ment une épreuve dif­fé­rente de toutes les autres et je suis fier au­jourd’hui d’être ma­na­ger de l’équipe. En fin d’an­née der­nière, j’ai en­voyé un mail à la fé­dé­ra­tion pour leur dire que si jamais ils dé­ci­daient de chan­ger de ma­na­ger, je po­sais ma can­di­da­ture. Un mois plus tard, ils m’ont de­man­dé de ve­nir à un mee­ting. Je leur ai don­né ma vi­sion des choses et ils m’ont en­suite confir­mé au poste de ma­na­ger. »

Tho­mas Tra­ver­si­ni (I) : « Mon pre­mier contact avec les Na­tions re­monte à ma pre­mière sé­lec­tion en 2000, avec beau­coup de pres­sion puisque l’italie avait ga­gné l’an­née pré­cé­dente au Bré­sil ! Je me suis re­trou­vé avec le nu­mé­ro 1 sur le maillot aux cô­tés de Bar­to­li­ni et Fe­de­ri­ci. On a ter­mi­né se­cond der­rière les USA, un bon ré­sul­tat. J’ai plein de sou­ve­nirs de cette course que j’ai en­core dis­pu­tée en 2001. Quand An­drea Bar­to­li­ni a ces­sé ses fonc­tions suite à des di­ver­gences avec l’an­cien pré­sident, je suis de­ve­nu ma­na­ger de l’équipe avant le MXDN 2011 à St-jean-d’an­gé­ly et je me suis à nouveau re­trou­vé sous pres­sion car ce n’est pas fa­cile pour un jeune comme moi de ma­na­ger un cham­pion comme An­to­nio Cai­ro­li qui a ga­gné tel­le­ment de courses. J’ai pas­sé une di­zaine de jour­nées à bien pré­pa­rer ce pre­mier mee­ting avec mes pi­lotes. Pour moi, cette épreuve est bien par­ti­cu­lière. J’ai tou­jours por­té les cou­leurs ita­liennes en course et le maillot ita­lien a une vraie va­leur. »

Mar­cel Hart­man (NL) : « J’ai dé­cou­vert cette course en tant que fan alors que j’étais moi-même pi­lote. Quand tu es pi­lote, tu rêves bien sûr de faire par­tie de l’équipe un jour mais vu mon ni­veau, ma seule sé­lec­tion a été pour la Coupe de l’ave­nir ! Quand j’ai com­men­cé à tra­vailler avec la Fé­dé­ra­tion, il y a eu le MXDN à Lom­mel (2012) et on m’a de­man­dé de m’oc­cu­per de l’équipe. De­puis cette date, je suis en charge de cette équipe en plus de mon tra­vail ha­bi­tuel qui est de m’oc­cu­per des jeunes pi­lotes néer­lan­dais pour le compte de la Fé­dé­ra­tion. »

Joël Smets (B) : « Il a fal­lu attendre 2005 et mon pre­mier titre pour que je sois en­fin dans l’équipe. J’ai trou­vé le temps long mais on avait beau­coup de bons pi­lotes à cette époque ! J’aime beau­coup l’es­prit d’équipe, l’am­biance, le fait que chacun aille au-de­là de ses ca­pa­ci­tés pour l’équipe et je suis convain­cu qu’en col­lec­tif on peut faire mieux qu’en in­di­vi­duel. Joël Ro­bert vieillis­sant, il m’avait tou­jours dit que je pren­drai sa place quand j’ar­rê­te­rai de rou­ler, et comme j’ai tou­jours ado­ré cette course, je n’ai pas

ré­flé­chi long­temps. En 2006, j’avais ar­rê­té les GP et je l’ai as­sis­té. C’est par­ti de là ! Mon pre­mier MXDN comme ma­na­ger était 2007 et Budds Creek, pas vrai­ment un ca­deau car cô­té or­ga­ni­sa­tion et lo­gis­tique, ce n’est jamais simple de par­tir si loin. »

Le meilleur et le pire sou­ve­nir ?

PF : « Le meilleur for­cé­ment, c’est Er­née, et avant de rem­pla­cer ce sou­ve­nir, il va se pas­ser du temps ! Tout y était. L’épreuve se pas­sait en France, le pu­blic était là, la mé­téo, le ré­sul­tat, mes pre­mières Na­tions avec la pres­sion qu’il pou­vait y avoir, pfou… ! On m’at­ten­dait et ça a mar­ché, on a tout fait pour que ça aille bien. Et Le pire sou­ve­nir à ce jour, c’est de de­voir an­non­cer à un pi­lote mo­ti­vé pour cette épreuve qu’il n’est pas re­te­nu dans la sé­lec­tion de la Fé­dé­ra­tion, qu’il est rem­pla­çant. »

MC : « Rog­gen­burg 94. Sur le coup, ce­la nous sem­blait un peu ir­réel. On cou­rait par­tout pour fil­mer, on a mis un peu de temps à réa­li­ser qu’on avait ga­gné, c’était un fee­ling vrai­ment par­ti­cu­lier. On a fait une belle fête le di­manche soir avec le team ! Mon pire sou­ve­nir date des Na­tions à Er­née. Mon team four­nis­sait du ma­té­riel à un pi­lote ja­po­nais qui a chu­té fort et est res­té quelques mi­nutes dans le co­ma. »

TT : « Le meilleur sou­ve­nir reste bien sûr en 2000 quand j’ai fait ma part de boulot avec ma 125 pour que l’équipe monte sur le po­dium. Quand j’ai fi­ni ma se­conde manche, mes équi­piers sont ve­nus me fé­li­ci­ter, ça reste un sou­ve­nir unique car en mo­to­cross, on se fé­li­cite ra­re­ment entre pi­lotes ! Le mau­vais sou­ve­nir date de Ke­gums (2014) où j’avais réus­si à convaincre An­to­nio de rou­ler en MX2. Il rou­lait à cette époque en GP sur la 350 et la dif­fé­rence était mi­nime avec la 250. Dès qu’il est mon­té sur cette mo­to, il a été hy­per rapide. Le sa­me­di, il a su­per rou­lé mais le di­manche, il s’est bles­sé et je lui ai dit que plus jamais je ne lui im­po­se­rai quoique ce soit ! »

MH : « Le meilleur sou­ve­nir re­monte à 2016, on a ter­mi­né se­cond après avoir été pre­miers jus­qu’à quelques vi­rages de l’ar­ri­vée, quand Febvre a dou­blé Searle dans le der­nier tour ! Après la se­conde manche, on était bien pla­cés mais pas au point d’ima­gi­ner la vic­toire. Un mau­vais sou­ve­nir ? La Let­to­nie (2014) quand dans la der­nière manche, Marc De Reu­ver a chu­té as­sez fort, ce qui nous fai­sait deux DNF. »

JS: « Le plus beau, c’est 95 sans au­cun doute. C’était ma pre­mière par­ti­ci­pa­tion et ce­la fai­sait 14 ans qu’on n’avait plus ga­gné. Il a fal­lu attendre que je sois dans l’équipe pour sau­ver le pays (rires !). C’était un fee­ling for­mi­dable, on a fê­té ça comme il faut. Le pire, c’est Na­mur en 2001, perdre à domicile ! Perdre ce n’était pas grave, mais perdre der­rière les Fran­çais (éclat de rire col­lec­tif)… J’ai tou­jours eu une re­la­tion pri­vi­lé­giée avec Na­mur, mé­lan­geant amour et haine. J’ai dû rou­ler avec la 250 car Ste­fan était en 450. Ce n’était pas ma cy­lin­drée mais pas ques­tion de ra­ter le MXDN. »

Est-ce tou­jours la plus grande épreuve de MX au monde quand on voit qu’un cer­tain nombre de pi­lotes ne veulent plus y ve­nir ?

PF: « Pour nous à la Fé­dé­ra­tion, ça reste la course la plus im­por­tante de l’an­née en MX et à peine le MXDN 2016 ter­mi­né, Phi­lippe et moi tra­vail­lions dé­jà sur 2017. Pour les pi­lotes qui roulent en Eu­rope, ce­la reste une des épreuves phares. Par contre, quand on dis­cute avec les pi­lotes et en­traî­neurs amé­ri­cains, ils pensent qu’on se fait plaisir entre nous en Eu­rope, ça reste une belle course et des teams ma­na­gers comme Ro­ger De Cos­ter la consi­dèrent tou­jours comme une épreuve im­por­tante. »

MC: « Ce n’est pas bon que des pi­lotes re­fusent d’y ve­nir. Si j’étais un spon­sor d’un pi­lote ou d’un team, il y au­rait une clause dans leur contrat les obli­geant à par­ti­ci­per. Il n’y a pas une course au monde qui ras­semble au­tant de fans. Comment peut-on re­fu­ser de re­pré­sen­ter son pays dans une telle épreuve ? C’est un hon­neur que d’être sé­lec­tion­né pour cette course, et je suis vrai­ment heu­reux que nous n’ayons pas ce genre de pro­blème avec les pi­lotes bri­tan­niques. »

TT: « En tant que pi­lote, j’ai tou­jours vou­lu faire cette course. C’était la ce­rise sur le gâ­teau en fin de saison. À cette époque, on fai­sait douze GP et quelques autres courses. Au­jourd’hui, leur ca­len­drier est beau­coup plus char­gé et l’on peut com­prendre que cer­tains teams et pi­lotes puissent hé­si­ter à y ve­nir. En Italie, on n’a pas de pro­blèmes de ce cô­té-là. Cette course reste une occasion unique de voir les Amé­ri­cains, les Aus­tra­liens et les Ja­po­nais rou­ler contre les Eu­ro­péens. »

MH: « Je pense que c’est la plus belle et la plus grosse épreuve au monde d’un point de vue spor­tif mais aus­si au vu du nombre de fans qu’elle ras­semble et de l’am­biance qui y règne. On doit être fier d’y être et de rou­ler pour son pays. Je sais que pour cer­tains, ce n’est plus vrai­ment le cas, mais… On a la chance que nos pi­lotes aient la vo­lon­té de faire cette course qui amène de la no­to­rié­té au pi­lote et au team. Maintenant, si le ca­len­drier conti­nue à gros­sir chaque an­née, peut-être que ce­la chan­ge­ra ? »

JS: « Les pi­lotes qui re­fusent de ve­nir ne connaissent pas l’his­toire de leur sport, c’est une cer­ti­tude. De temps en temps, ils ont des ex­cuses di­sons “ac­cep­tables” mais il est évident que les pro­mo­teurs des deux cô­tés de l’at­lan­tique doivent trou­ver un com­pro­mis car cette course est la plus belle pro­mo­tion de notre sport. Pour moi, c’est une ca­tas­trophe si les meilleurs Amé­ri­cains ne

« Les pi­lotes qui re­fusent de ve­nir ne connaissent pas l’his­toire de leur sport. » Joël Smets

viennent pas, avec tout le res­pect que je peux avoir pour les pi­lotes sé­lec­tion­nés. Il faut qu’on trouve une so­lu­tion. Heu­reu­se­ment, je n’ai pas ce genre de pro­blème avec mes pi­lotes ! »

Comment se fait la sé­lec­tion de votre équipe ?

PF : « Je me dé­place sur de nom­breux GP et sur une ou deux épreuves US pour voir les pi­lotes fran­çais et échan­ger ré­gu­liè­re­ment avec eux. Fin 2016, j’avais dé­jà une équipe en tête et au fil de la saison, ce­la s’af­fine jus­qu’à ce que nous ayons vers fin mai une pre­mière dis­cus­sion avec Jacques Bolle et Phi­lippe Thie­baut sur les pi­lotes po­ten­tiel­le­ment sé­lec­tion­nables. Cette an­née, je suis re­tour­né aux USA en juillet et à mon re­tour, nous avons à nouveau échan­gé avant que le pré­sident Bolle ne fasse sa sé­lec­tion dé­but août. »

MC : « Dans les échanges que j’ai eus avec la fé­dé­ra­tion, ils ont été très clairs en me lais­sant carte blanche pour com­po­ser le team comme je le vou­lais. Je n’ai pas eu be­soin d’ar­gu­men­ter. D’en­trée de jeu, ils m’ont dit que j’étais le mieux pla­cé pour sa­voir qui choi­sir, en fonc­tion du bud­get dis­po­nible bien sûr, car plus on a de bud­get plus on a d’op­tions. Ce­la est bien sûr lié à Dean Wil­son qui roule aux États-unis, ce qui gé­nère des frais sup­plé­men­taires pour le team. Bon, je dois dire qu’avant de faire mon choix, j’ai mal dor­mi car dé­sor­mais nous avons plu­sieurs pi­lotes qui sont sé­lec­tion­nables, ce qui est bon pour l’ave­nir. »

TT : « C’est moi qui dé­cide de la com­po­si­tion de l’équipe après avoir consul­té quelques per­sonnes en qui j’ai confiance, dont An­drea (Bar­to­li­ni). J’échange aus­si beau­coup avec An­to­nio. L’an pas­sé, ce fut as­sez com­pli­qué de faire la sé­lec­tion car nous avions quelques bons jeunes mais cette an­née, la ques­tion ne s’est même pas po­sée au mo­ment de faire la sé­lec­tion. Dans les an­nées à ve­nir, je pense que nous in­té­gre­rons de jeunes pi­lotes en fonc­tion des ré­sul­tats. »

MH: « J’ai un rôle de conseiller au­près de la Fé­dé­ra­tion pour le MXDN. Je suis pré­sent sur tous les GP en Eu­rope, je fais une pré­sé­lec­tion fin juin et au fi­nal, je pré­sente cette liste au co­mi­té di­rec­teur de la Fé­dé­ra­tion qui fi­na­lise son choix. À ce jour, je n’ai jamais eu de re­fus d’un pi­lote, tout se passe bien. »

JS: « C’est fa­cile, c’est moi qui dé­cide. La Fé­dé­ra­tion en Bel­gique n’existe pas vrai­ment en fait, elle s’occupe sur­tout du lien avec la FIM. Pour le MXDN, c’est moi qui fais tout, qui cherche les budgets, qui dé­signe les pi­lotes, qui or­ga­nise la lo­gis­tique. Ce qui est dif­fi­cile, c’est de convaincre quand on a be­soin qu’un pi­lote roule dans une autre ca­té­go­rie que la sienne. »

Fi­nan­ciè­re­ment, comment fonc­tion­nez-vous pour bâ­tir cette équipe?

PF: « C’est vrai­ment un gros bud­get. La Fé­dé­ra­tion prend en charge tous les frais (hô­tel, dé­pla­ce­ment, res­tau­ra­tion), ain­si que l’éven­tuel trans­fert des mo­tos des pi­lotes rou­lant aux États-unis. Tout est in­té­gré, y com­pris les frais liés aux stages de pré­pa­ra­tion et il faut être clair, la Fé­dé­ra­tion n’éco­no­mise pas sur la per­for­mance. Tant qu’on tire le ni­veau vers le haut, c’est va­li­dé, et si par exemple de­main il faut faire ve­nir deux pi­lotes et deux mo­tos des USA, la Fé­dé­ra­tion le fe­ra, c’est clair. »

MC: « La Fé­dé­ra­tion me donne un bud­get. Après, c’est à moi de trou­ver des sou­tiens com­plé­men­taires pour que tout se passe le mieux pos­sible. En fait, ce job est un peu comme ce­lui de ma­na­ger d’un team. Tu dois trou­ver des so­lu­tions et des com­pro­mis pour ali­gner la meilleure équipe pos­sible. »

TT: « On dis­cute du bud­get né­ces­saire en dé­but de saison avec la fé­dé­ra­tion qui prend en charge les dé­penses de l’équipe et dé­dom­mage les teams qui, je le rap­pelle, peuvent au­jourd’hui ap­po­ser leurs par­te­naires sur les maillots. Quand je rou­lais, ce n’était pas for­cé­ment le cas et ce­la po­sait pro­blème. »

MH: « En dé­but d’an­née, la Fé­dé­ra­tion vote un bud­get pour cette épreuve en fonc­tion du lieu où elle se dis­pute, et il faut sa­voir que notre bud­get n’est pas illi­mi­té. On dis­cute en­suite avec les teams et les pi­lotes, on couvre leurs frais de dé­pla­ce­ment. Ce n’est au­jourd’hui plus mon pro­blème de né­go­cier avec les teams, c’est quel­qu’un de la Fé­dé­ra­tion qui s’en occupe. »

JS: « Ce n’est pas gai, c’est le cô­té que je n’aime pas trop. Ça me prend beau­coup de temps et d’énergie. Moi, c’est clair que ce qui m’in­té­resse, c’est le cô­té spor­tif. En fait, on a créé une as­so­cia­tion (ASBL) à but non lu­cra­tif et nous sommes un pe­tit groupe à nous en oc­cu­per. Le bud­get est un vrai pro­blème, et si rien ne change du cô­té du pro­mo­teur, je ne sais pas si on se­ra aux État­su­nis l’an pro­chain. Je n’ai plus en­vie d’être spon­sor du pro­mo­teur de l’épreuve. Chez nous, mis à part les primes de la FIM, on ne paye pas les pi­lotes, hor­mis leurs frais. Ça fait vingt ans que j’es­saye de construire quelque chose en Bel­gique, mais mal­gré ce que ce sport a ap­por­té à notre pays, on n’y ar­rive pas, c’est vrai­ment ca­tas­tro­phique. »

Le MX est un sport in­di­vi­duel. Est-ce dif­fi­cile de créer un es­prit d’équipe le temps d’un week-end ?

PF: « On ne peut pas dire que c’est fa­cile, mais on ne peut pas dire non plus que c’est com­pli­qué. C’est mon tra­vail de­puis que j’ai ce poste, et c’est ce que j’es­saye de faire tout au long de l’an­née en ren­con­trant

« Il se­rait plus lo­gique de faire une course op­po­sant 20 pi­lotes US à 20 eu­ro­péens… » T. Tra­ver­si­ni

ré­gu­liè­re­ment les pi­lotes, en ins­tau­rant une re­la­tion de confiance entre eux et moi. Toute l’an­née, ils se battent l’un contre l’autre et là, pour l’évé­ne­ment, on doit créer un état d’es­prit. L’un des points fort de l’équipe, c’est ces échanges entre pi­lotes qui sont in­dis­pen­sables pour ti­rer vers le haut. Toute la se­maine, on échange tra­jec­toires et stra­té­gie, on es­saye d’in­ter­ve­nir le moins pos­sible pour qu’ils échangent li­bre­ment entre eux. On est là pour les ac­com­pa­gner vers les bonnes so­lu­tions. Cette mé­thode monte en puis­sance le ven­dre­di lors du tour de piste, puis ça se pour­suit lors des brie­fings ré­gu­liers que l’on a en­semble. De­puis 2015, j’ai Thier­ry Van Den Bosch comme as­sis­tant. L’an der­nier, Ja­cky Vi­mond est ve­nu ren­for­cer le staff. Ils sont sur la piste no­tam­ment pour ob­ser­ver, fil­mer et me faire des re­tours et pour ap­por­ter des in­fos lors des dé­brie­fings. »

MC : « Une fois de plus, j’ai de la chance car très vite les pi­lotes ont adhé­ré à mes idées pour créer cet état d’es­prit. Tous, d’en­trée de jeu, ont dit oui à tout ce que je leur pro­po­sais pour créer cet es­prit de groupe sans que je n’ai be­soin d’in­sis­ter ou de les convaincre. Je ne sais pas ce qui se fai­sait avant et je n’ai pas cher­ché à sa­voir, mais tous ont été de suite d’ac­cord pour qu’on aille tous s’en­traî­ner en­semble avant la course, qu’on par­tage la même vie pen­dant la se­maine pré­cé­dant la course. »

TT : « Au dé­but, ce fut dif­fi­cile, mais dès que j’ai eu ce job j’ai ré­flé­chi à ce que de­vait être ma mis­sion. Était-ce de don­ner des conseils à un gar­çon comme Cai­ro­li qui a été huit fois cham­pion du monde ? De dire à un mé­ca­ni­cien ce qu’il de­vait faire sur la mo­to ? Non, mon rôle est de rap­pe­ler à chacun les règles de cette course qu’on ne dis­pute qu’une fois par an, et de créer cet état d’es­prit in­dis­pen­sable. Quand on le peut, je réunis mes pi­lotes pour quelques jours bien avant l’épreuve, comme l’an pas­sé en Italie par exemple. Cette an­née, ce n’est pas pos­sible, puis­qu’entre le der­nier GP et le MXDN, il y a un week-end mais An­to­nio se ma­rie, alors qu’ales­san­dro et Mi­chele ont une course du cham­pion­nat d’italie. »

MH: « Ce n’est pas tou­jours fa­cile. Notre avan­tage, c’est que la Hol­lande est un pe­tit pays si bien que les pi­lotes se ren­contrent as­sez sou­vent sur les cir­cuits. Tous se connaissent en de­hors des GP. En­suite on es­saye de faire quelques séances com­munes avant l’épreuve quand le ca­len­drier le per­met pour es­sayer de créer cet état d’es­prit. Je di­rais que chaque an­née, on note une amé­lio­ra­tion. Ça va de mieux en mieux du fait no­tam­ment que j’ai connu tous les pi­lotes quand ils étaient en­core des kids. »

JS: « Non, pas du tout. Les pi­lotes sont tou­jours très fiers de faire par­tie de l’équipe et pen­dant la saison, je sens bien qu’il ne faut pas trop es­sayer de les mettre en­semble mais dès que le der­nier GP est fi­ni, pa­tate ! Au­jourd’hui, entre toutes ces courses et mon boulot, c’est com­pli­qué d’or­ga­ni­ser un trai­ning à mo­to ou autre chose du­rant la saison. Je ne veux pas sur­char­ger leur pro­gramme, mais je sais que dès qu’on va se re­trou­ver en­semble, ils au­ront tous l’es­prit com­man­do. »

Les règles du MXDN sont an­ciennes. Si vous étiez le pou­voir spor­tif, en chan­ge­riez-vous quelques-unes ?

PF: « Je per­met­trais le rem­pla­ce­ment d’un pi­lote pen­dant le week-end pour évi­ter qu’une na­tion perde toutes ses chances dès le sa­me­di, comme l’an­gle­terre en 2015 ou l’al­le­magne l’an pas­sé quand un de leurs pi­lotes s’est bles­sé. Mais j’irais plus loin. Ce rem­pla­ce­ment d’un pi­lote pour­rait avoir lieu en per­ma­nence, ce qui in­tro­dui­rait une no­tion de stra­té­gie au fil des manches. »

MC: « Hon­nê­te­ment, je ne pense pas qu’il y a quelque chose à chan­ger. Quand un sys­tème fonc­tionne bien, pour­quoi chan­ger quelque chose ? »

TT: « Les règles du MXDN sont an­ciennes, mais je ne vois pas trop quoi chan­ger si ce n’est la for­mule de la com­pé­ti­tion elle-même. Les États-unis étant tel­le­ment vastes avec 52 états, je pense qu’il se­rait plus lo­gique et plus équi­table de faire une course op­po­sant une équipe avec vingt Amé­ri­cains contre une équipe avec vingt Eu­ro­péens. Je pense que ce se­rait sym­pa ! »

MH: « Le MXDN est une course qui a une

longue his­toire et j’aime vrai­ment les règles ac­tuelles. Je n’ai pas de mo­di­fi­ca­tion à pro­po­ser. »

JS : « Rien ! Les règles sont gé­niales. Chaque an­née il y a beau­coup de sus­pens ce qui veut dire que les règles sont aus­si simples que bonnes. Le spea­ker a un rôle im­por­tant dans la der­nière manche pour te­nir les gens in­for­més. Mag­gio­ra l’an pas­sé fut gé­nial. Il y avait en­core trois équipes qui pou­vaient ga­gner avant le der­nier tour. Il ne faut pas chan­ger ce qui marche ! »

Quel est le pro­gramme de votre équipe dans la se­maine pré­cé­dant la course ?

PF : « Ha­bi­tuel­le­ment, on es­saye de faire un stage de co­hé­sion du­rant l’été. Cette an­née, ce­la n’a pas été pos­sible pour di­verses rai­sons et l’on va donc se re­trou­ver le lun­di soir sur un cir­cuit fran­çais pour pas­ser une se­maine en­semble. Mar­di et mer­cre­di, il y au­ra un trai­ning mo­to et phy­sique, jeu­di on voyage et en­suite, il y a le pro­to­cole tra­di­tion­nel du MXDN qui dé­bute le ven­dre­di. On passe toute la se­maine en­semble. Même hô­tel, même mi­ni­bus, même cui­si­nier, même équipe mé­di­cale, c’est de­ve­nu un ri­tuel de­puis six-sept ans, une vraie équipe. »

MC: « On a loué une grande maison où nous al­lons pas­ser la se­maine en­semble. J’ai pré­vu qu’on aille rou­ler un peu lun­di, faire les pho­tos, consa­crer un peu de temps pour les fans et faire dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés en­semble. Je pense que c’est du jamais vu dans l’équipe bri­tan­nique, mais en­core une fois, je ne cherche pas à sa­voir ce qui se fai­sait avant. »

TT: « On se re­trouve en An­gle­terre jeu­di. An­to­nio veut y al­ler avec son Cam­per et les autres pi­lotes vien­dront en avion avec moi. Dès qu’on est là-bas, on se re­trouve tous en­semble au cir­cuit. On a que le jeu­di après­mi­di pour bien échan­ger et se pré­pa­rer parce qu’on sait tous qu’à par­tir de ven­dre­di, le pro­gramme est su­per char­gé. »

« Je sens nos pi­lotes hy­per­mo­ti­vés. S’ils y vont, c’est pour ga­gner… » Pas­cal Fi­not

MH: « En principe on fe­ra un en­traî­ne­ment com­mun la se­maine pré­cé­dante, puis on se re­trouve sur place le ven­dre­di. On laisse chaque pi­lote s’or­ga­ni­ser comme il veut. On peut être tous en­semble éven­tuel­le­ment mais je ne veux rien im­po­ser. Je veux que les pi­lotes soient contents et on leur sug­gère une pos­si­bi­li­té, mais ils ont le droit de faire de leur cô­té. De­puis quelques an­nées, on a une pe­tite hos­pi­ta­li­ty avec un cui­si­nier où tout le monde peut ve­nir man­ger s’il le veut. C’est un lieu qui per­met de partager quelques mo­ments en­semble, de par­ler stra­té­gie aus­si. »

JS: « Je dois en­core ré­flé­chir un peu (itw réa­li­sée mi-août) car chez KTM, on a des tests pro­gram­més après Villars. L’idée est de faire un pe­tit en­traî­ne­ment, quelques pho­tos, un pe­tit dî­ner avant, ça a tou­jours bien fonc­tion­né jusque-là et il faut qu’on trouve un ou deux jours pour ça. On se re­trouve tou­jours le jeu­di. Le soir, je ré­serve tou­jours un pe­tit res­to sym­pa et on y va juste avec les pi­lotes et éven­tuel­le­ment leurs co­pines. C’est là que ça com­mence à chauf­fer. On ra­conte des blagues, on ri­gole, et on se pré­pare pour le jour J. »

Vos fa­vo­ris pour cette édi­tion 2017?

PF: « La France bien sûr (MDR) ! Qui peut les battre ? Les Hol­lan­dais, les An­glais, les Belges, les Amé­ri­cains, je di­rais même les Ita­liens ou les Suisses, ça reste du mo­to­cross ! Maintenant, toute l’équipe va faire le maxi­mum, don­ner le meilleur pour ne pas avoir de re­grets avec tou­jours cette no­tion de se faire plaisir. Je sens nos pi­lotes hy­per mo­ti­vés et s’ils y vont c’est pour ga­gner, pas pour faire se­conds. »

MC: « La France parce que chaque an­née, ils ont une sa­crée équipe et qu’ils res­tent sur une belle sé­rie de vic­toires. Après, il y a beau­coup de bonnes équipes : la Bel­gique, peut-être la Suisse, l’italie, la Hol­lande et bien sûr les USA. On ira là-bas avec beau­coup de res­pect pour nos ad­ver­saires, mais aus­si avec la convic­tion qu’on peut ga­gner. »

TT: « Ce sont tou­jours les mêmes, avec une in­ter­ro­ga­tion pour la Suisse. Si­non ce sont la France, les USA, les Pays-bas au­jourd’hui, les Belges, peut-être l’italie et la Gran­de­bre­tagne qui est sou­vent mal­chan­ceuse mais qui se­ra très forte chez elle. »

JS: « Comme To­ny est fort en ce mo­ment, il fau­dra te­nir compte de l’italie. Chez eux, les An­glais se­ront re­dou­tables, les Fran­çais, les Néer­lan­dais. J’ai pas en­core trop re­gar­dé mais nous on veut battre tout le monde, c’est clair ! » ❚

Une grande par­tie de l’équipe de France et de son staff telle qu’elle de­vrait se pré­sen­ter en An­gle­terre à la fin du mois. Res­tait une in­cer­ti­tude concer­nant Be­noît Pa­tu­rel au mo­ment de bou­cler ces lignes…

Te­nant du titre et fa­vo­rite à sa suc­ces­sion, l’équipe de France de­vrait être em­me­née par le trio Pa­tu­rel-febvre-pau­lin…

Les ma­na­gers belges et hol­lan­dais sont sur les dents. Ils n’en peuvent plus de voir Pas­cal Fi­not et ses boys s’ap­pro­prier le tro­phée Cham­ber­lain… !

An­to­nio Cai­ro­li se­ra évi­dem­ment le leader du team ita­lien sur une piste de Mat­ter­ley Ba­sin qu’il af­fec­tionne…

Avec un Jef­frey Her­lings au som­met de sa forme en tête de proue de l’équipe néer­lan­daise, les Ba­taves peuvent rê­ver d’un nouveau po­dium…

« On se réunit un peu avant, on va au res­to, on se ra­conte des blagues et on ri­gole… » Joël Smets tient à in­tro­duire une am­biance dé­ten­due dans son équipe. La Bel­gique vise clai­re­ment la vic­toire.

Pour Mar­cel Hart­man comme pour Tho­mas Tra­ver­si­ni, un ob­jec­tif, le po­dium. Et mieux si af­fi­ni­tés…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.