Sen­dai

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Le len­de­main, nous sommes al­lés à la dé­cou­verte de la côte de Sen­dai. On a cou­tume de dire que les Ja­po­nais sont des gens stoïques. Il est fla­grant qu’ils ont été très mar­qués par le trem­ble­ment de terre. Un an après, la re­cons­truc­tion bat son plein et l’avan­cée des tra­vaux a de quoi sur­prendre. Mais il fau­dra en­core cinq an­nées avant que tout soit ter­mi­né. La réa­li­té est bien plus forte que les images. Un vrai dé­sastre. A hau­teur de Yu­riage, au nord de l’aé­ro­port, nos ac­com­pa­gna­teurs ja­po­nais, très im­pli­qués dans la réus­site de notre re­por­tage, nous ont si­gna­lé avec zèle et em­bar­ras qu’en cette di­rec­tion les dé­gâts se­raient plus spec­ta­cu­laires. Il est dif­fi­cile d’ima­gi­ner zone plus ra­va­gée que ce bord de mer au­tre­fois ha­bi­té, com­plè­te­ment net­toyé au­jourd’hui. Il ne reste des cons­truc­tions pas­sées que des mu­rets et des dalles de bé­ton. Seuls les ves­tiges d’une conser­ve­rie de poisson té­moignent d’une ac­ti­vi­té dis­pa­rue. On n’en­tend plus que le chant des oi­seaux et le cla­po­tis de l’eau. Le si­lence est pe­sant, les dé­tails sont poi­gnants, comme ce ba­teau qui gît loin de la côte ou ce mar­quage sur un pas­sage clou­té qui ap­pelle les en­fants à être pru­dents. La vague, haute de 40 m, a tout ra­va­gé sur une bande de 600 km.

L’in­gé­nieur de Toyo­ta qui nous ac­com­pa­gnait, Hi­ro­no­ri Ada­chi, était ve­nu plus au nord, à l’époque de la ca­tas­trophe, avec sa femme, pour don­ner un coup de main. Il vit à 700 km de là, à Na­goya. Le couple a ré­pé­té l’opération du­rant sept week-ends, pre­nant un bus de nuit le ven­dre­di, et ren­trant dans la nuit de sa­me­di à di­manche. Ils ont été des mil­liers comme eux, hé­ros ano­nymes, dé­si­reux d’ap­por­ter une aide, aus­si mo­deste soit-elle, aux si­nis­trés.

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